Henri Tisot

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Henri Tisot (né Henri Augustin Louis Laurent Jean Tisot le 1er juin 1937 à La Seyne-sur-Mer, et mort le 6 août 2011 à Sanary-sur-Mer, dans le Var, est un acteur, imitateur, humoriste et écrivain français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Henri Tisot est le fils unique de parents pâtissiers. Il fréquente l’école laïque bien qu’élevé dans la religion catholique, entre une grand-mère très croyante et un grand-père communiste[1].

Pensionnaire de la Comédie-Française[modifier | modifier le code]

En 1957, il entre au Conservatoire national supérieur d'art dramatique chez Béatrix Dussane.

En 1958, il devient pensionnaire de la Comédie-Française grâce à Jean Meyer, qui lui offre le rôle d’un laquais du tailleur de Monsieur Jourdain, dans son Bourgeois Gentilhomme avec Louis Seigner.

L’imitateur du général de Gaulle[modifier | modifier le code]

Henri Tisot se fait connaître en 1960, alors qu’il présente un spectacle au Théâtre de Dix heures, grâce à ses imitations de la voix du général de Gaulle. Il prend garde de ne mentionner que Qui vous savez sans jamais citer le général nommément.

Son sketch L’Autocirculation parodie la politique algérienne du chef de l’État. Le 45 tours tiré du spectacle se vend alors à un million d’exemplaires, une diffusion exceptionnelle pour un disque humoristique.

L’enregistrement de La Dépigeonnisation, un autre sketch qui se vend à 300 000 exemplaires, aurait suscité cette réflexion de la part du Général de Gaulle : « Tisot baisse, je vais encore me retrouver tout seul ! ».

« La force de De Gaulle, c'est qu’il parle toujours aux Français ! Je suis entré dans la peau du Général, mais il a fini par avoir la mienne. Il me tient, il est toujours là dans les recoins de ma personne et, lorsque l’on me voit, on pense à lui. De là, mon amour de la France et sa défense à tous crins. »

Resté un fervent soutien du Général, il publie en 2010 De Gaulle et moi. Quelle Aventure !, un livre préfacé par Maurice Druon.

Le comédien au théâtre, au cinéma et à la télévision[modifier | modifier le code]

Henri Tisot poursuit une carrière de comédien, interprétant des rôles, généralement comiques, au cinéma, à la télévision. Il interprètera, pour la télévision française (RTF), le rôle de Lucien Gonfaron dans le fameux feuilleton de Jean Canolle, Le Temps des copains, qui passionna les téléspectateurs entre octobre 1961 et 1962.

En 1979, il incarne Louis XVI dans La Nuit de l'été. Depuis les années 1980, il s’est principalement consacré au théâtre. Son maître Jean Meyer, dans l'une de ses dernières mises en scène, lui confiera (malgré leurs relations tendues) le rôle de « l’Anglais marseillais » dans Le Dindon de Feydeau, en 1988, aux côtés de Robert Lamoureux, Pierre Mondy et Jean-Luc Moreau.

Militantisme catholique[modifier | modifier le code]

En 1986, il se convertit au catholicisme, il décide alors « de renoncer aux rôles profanes » et s’investit dans la religion[2]. Il raconte sa découverte de la foi dans Le rendez-vous d'amour, qui narre l’enseignement mystique et religieux reçu d’un homme d’église, le Père Albert, qui était aussi gardien au musée du Louvre. Henri Tisot étudie aussi l’hébreu pendant 40 ans auprès de son maître, le rabbin Albert Abécassis, pour accéder au texte original de la Torah.

Il consacre plusieurs ouvrages au fait religieux, notamment une exégèse entre la foi juive et la foi chrétienne. Il met en exergue « l’immensité cosmique du texte original hébreu de la Torah (Premier Testament), dont les rapports sont constants avec les Évangiles. »

Henri Tisot monte deux de ses créations d’inspiration religieuse : en 1988 Les Sept Miracles au Théâtre de la Madeleine, improvisation basée sur l’Évangile de Saint-Jean, et en 1995 De de Gaulle à Jésus-Christ au Théâtre du Palais-Royal. À l’occasion du Jubilé de l'an 2000, il présente A la lumière de Dieu, un spectacle très personnel, où seul en scène, il invite le public à découvrir les raisons de sa foi et à redécouvrir le sens profond des Évangiles. En 2007, il publie un plaidoyer pour Ève, « la première femme, notre mère à tous », considérant que l’avoir chargée du péché originel constituait « la plus flagrante erreur judiciaire ».

En septembre 2008, lors de la venue du pape Benoît XVI au Collège des Bernardins pour son discours au monde de la culture, Henri Tisot est un des représentants de la scène théâtrale invités par le cardinal André Vingt-Trois[3].

En juin 2010, il a figuré parmi les signataires de la pétition en soutien à Roman Polanski lancée au lendemain de l'arrestation du cinéaste en Suisse[4].

En collaboration avec Pierre Delavène, Henri Tisot préparait Mes arrière-pensées, spectacle qu’il devait interpréter en hiver 2011 à l’Auguste Théâtre pour quelques représentations exceptionnelles avant de partir en tournée. Il meurt à 74 ans, le 6 août 2011, dans sa résidence de Sanary-sur-Mer dans le Var[5]. Ses obsèques ont lieu le 10 août 2011 à La Seyne-sur-Mer, où il est enterré.

Hommages posthumes[modifier | modifier le code]

« Henri Tisot, grande figure populaire qui s’est illustré depuis cinquante ans dans la satire politique, avait aussi suivi une carrière insolite au théâtre à la télévision mais aussi au cinéma. Imitateur génial du Général de Gaulle, son modèle l’a tellement habité tout au long de sa vie qu’il en revendiquait presque l’héritage.
Son destin singulier l’a conduit sur les planches au côté de Jean Meyer, Louis Seigner, Georges Descrières, Robert Lamoureux et à l’écran avec Brigitte Bardot ou Marc Allégret.
Sa truculence qui ne masquait pas le mordant de son impertinence, son authenticité, sa générosité, son audace et son humilité ont définitivement marqué la satire des saltimbanques contemporains. »[6]
  • De son vivant, l’espace municipal et culturel de La Seyne-sur-Mer portait son nom.
  • Le Théâtre Poquelin de la Seyne-sur-Mer, a annoncé qu’il allait rebaptiser son festival de théâtre Festival Henri-Tisot.

Discographie[modifier | modifier le code]

Il est l’auteur de quinze disques :

  • Apprends-moi, dis
  • L’autocirculation
  • La calendrierisation
  • Ce que l’on dira de qui vous savez en l’an 4000
  • Comment imiter qui vous savez… sans peine
  • Conférence de presse sur la dépigeonnisation
  • Duclos-Poher
  • Lettre à Pompidou
  • Lui ou moi
  • Mes adieux à qui vous savez
  • Mon week-end à Colombey-les-Deux-Églises
  • Pompon face aux sioux-nistes
  • Union pour la défense du rire
  • La vie secrète de qui vous savez
  • 10e anniversaire de multi-technique (disque d’or) (compilation) 1966
  • 11 Je pêche avec deux gaules

Filmographie[modifier | modifier le code]

Cinéma[modifier | modifier le code]

Télévision[modifier | modifier le code]

Théâtre[modifier | modifier le code]

Œuvres[modifier | modifier le code]

Citations[modifier | modifier le code]

« Le hasard est le pseudonyme de Dieu quand il ne veut pas signer. » de Dialogue avec mon ange gardien.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]