Le Barbier de Séville

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Le Barbier de Séville
ou la Précaution inutile
Image illustrative de l'article Le Barbier de Séville

Auteur Beaumarchais
Genre Théâtre (comédie)
Pays d'origine Drapeau de la France France
Lieu de parution Paris
Éditeur Nicolas Ruault
Date de parution 1775
Date de la 1re représentation
Lieu de la 1re représentation Théâtre-Français
Chronologie
Le Mariage de Figaro Suivant

Le Barbier de Séville ou la Précaution inutile est une pièce de théâtre en quatre actes de [|Beaumarchais]], jouée pour la première fois le . C'est le premier acte d'une trilogie intitulée Le roman de la famille Almaviva. La comédie finale comportera quatre actes, dont une grande partie est destinée à la chanson.

La deuxième partie, Le Mariage de Figaro, est écrit en 1778 et mis à la scène en 1784 seulement. Le troisième, L'Autre Tartuffe ou La Mère coupable, est achevé et joué en 1792.

En 1772, Beaumarchais présente aux comédiens italiens un premier Barbier de Séville, opéra comique, qui est refusé. La pièce, remaniée, est finalement jouée en 1775 par le Théâtre-Français. La première représentation déçoit par ses longueurs mais elle est élaguée en 5 jours et le Barbier de Séville connaît enfin un succès triomphal.

L'argument de la pièce est inspiré par la situation de l'École des femmes de Molière (elle-même inspirée d’une nouvelle de Paul Scarron, La Précaution inutile, incluse dans ses Nouvelles tragi-comiques, parues de 1655 à 1657), sinon que le récit est axé sur le point de vue du jeune homme et de son valet, et non sur celui du barbon.

Le comte Almaviva, tombé amoureux d'une jeune orpheline, Rosine, est prêt à tout pour l'arracher à Bartholo, son vieux tuteur, qui a depuis toujours pour projet de l’épouser. Tandis que, déguisé, il tente de mener son projet à bien, il tombe sur son ancien valet Figaro, persifleur mais entremetteur, qui l'aidera dans ses desseins.

Le Barbier de Séville fut adapté à deux reprises pour l'opéra, d'abord par Paisiello en 1782 sous le titre Il barbiere di Siviglia, ovvero La precauzione inutile, puis par Gioachino Rossini en 1816 sous le titre Il barbiere di Siviglia.

Le Mariage de Figaro, inspira aussi un opéra, Le nozze di Figaro (Les Noces de Figaro) de Mozart, créé en 1786 à Vienne.

Acte I[modifier | modifier le code]

Le théâtre représente une rue de Séville. Un gentilhomme fait les cent pas sous la fenêtre de Rosine, la jeune femme qu'il a entrepris de séduire, déguisé en étudiant. Mais voilà quelqu'un… Un homme portant une guitare compose gaiement des couplets en se félicitant de ses trouvailles. Le gentilhomme reconnaît son ancien valet, Figaro, et l'aborde. Figaro raconte à son maître, le Comte Almaviva (qui se cache sous le nom de Lindor) ses aventures dignes d'un héros picaresque : garçon apothicaire, dramaturge malchanceux… Il en profite pour critiquer avec ironie l'illégitime supériorité des grands, ainsi que « la république des lettres », et fait part de sa philosophie épicurienne.

Mais voici que Rosine paraît à sa fenêtre accompagnée de Bartholo, un vieillard qui ne cesse de maugréer. Elle tient dans la main les couplets de la Précaution Inutile, un drame à la mode. Ciel ! La chanson tombe dans la rue. C'est un signe de Rosine au Comte.

Pendant que le vieil homme descend, le papier est ramassé par le Comte. Bartholo comprend la ruse et ferme à clef la jalousie. Le Comte lit le papier ramassé : c'est un billet où Rosine demande à son mystérieux soupirant de se faire connaître.

Figaro comprend alors les desseins d'Almaviva et lui offre ses services. Le Comte lui raconte qu'il a rencontré cette jeune femme au Prado (promenade de Madrid), qu'il l'a recherchée pendant six mois et qu'il vient de retrouver sa trace à Séville. Figaro lui apprend qu'elle n'est pas mariée au docteur Bartholo : elle n'est que sa pupille. Le Comte, fou de joie, jure de la lui arracher. Figaro, locataire, barbier et apothicaire de Bartholo, a ses entrées dans la maison du docteur. Figaro élabore un plan : il mettra à mal toute la maisonnée par quelque médication, puis le Comte, déguisé en cavalier, se présentera chez Bartholo avec un billet de logement et jouera le soldat ivre pour endormir tout soupçon. Il va le chercher.

Figaro fait répéter son rôle à son ancien maître, quand Bartholo sort, se désolant de s'être laissé duper. Il est inquiet du retard d'un certain Bazile, chargé d'arranger son mariage avec Rosine pour le lendemain. Le Comte a tout entendu et se désespère. Figaro le rassure : Bazile n'a aucune envergure.

Rosine apparaît derrière sa jalousie. Figaro prête sa guitare à Almaviva, et le pousse à chanter une romance. Le Comte déclare son amour dans ses couplets improvisés, et révèle, pour la déplorer, son humble condition d'étudiant. Rosine chante son amour en réponse, mais doit interrompre brutalement le duo. Figaro rappelle son plan, puis part, chez Bartholo.

Acte II[modifier | modifier le code]

Rosine écrit à Lindor, en se lamentant sur son sort. Figaro entre et lui fait part des sentiments de Lindor à son égard. Rosine, ravie, confie sa lettre à Figaro.

Mais voici le tuteur… Juste le temps pour Figaro de se cacher dans le cabinet. Rosine, exaspérée par son tuteur, avoue avoir vu Figaro, ce qui accroît les soupçons de Bartholo. Rosine sort, irritée. Bazile vient informer le docteur que le comte Almaviva est en ville et qu'il sort tous les jours déguisé. Il suggère alors la calomnie comme solution efficace pour éloigner son ennemi. Bartholo veut accélérer les préparatifs de son mariage avec Rosine. Bazile lui demande plus d'argent en contrepartie.

Une fois qu'ils se sont entendus, Bartholo raccompagne Bazile jusqu'à la porte et la ferme à clef. Figaro, qui a tout entendu du cabinet, sort pour informer Rosine de l'imminence du terrible mariage. Il tente de la rassurer avant de s'esquiver. Bartholo, de retour, se livre à un dur interrogatoire pour faire avouer à sa pupille qu'elle a écrit une lettre.

Ses preuves: le doigt de Rosine taché d'encre, une feuille manquante sur son écritoire, la plume noire d'encre. Rosine multiplie maladroitement les mensonges. Bartholo, incrédule, va fermer sa porte à double tour. C'est alors que le Comte, déguisé en soldat, fait une entrée bruyante en feignant d'être ivre. Il tente en vain de donner une lettre à Rosine, mais Bartholo s'en aperçoit et la renvoie dans sa chambre.

Rosine feint de se mettre en colère puis, lorsque Bartholo détourne le regard, elle intervertit la lettre de son cousin et celle du comte. Elle perd alors connaissance et Bartholo en profite pour lire la lettre (du cousin donc), et se rend compte de son erreur. Il présente ses excuses à Rosine. Celle-ci accepte ses excuses et consent à la paix ainsi qu'à lui faire lire la lettre. Bartholo sort, et Rosine se désole car, dans sa lettre, Lindor lui recommandait la querelle ouverte avec son tuteur qui étudie dans des facultés très instructives.

Acte III[modifier | modifier le code]

Peu après, le comte se présente à nouveau chez Bartholo, cette fois déguisé en maître de chant, Alonzo. Il prétend être le remplaçant de Don Bazile qui serait atteint d'une maladie.

Bartholo le croit. D'abord réticente, Rosine reconnaît Lindor et accepte une leçon de chant qui se transforme en duo d'amour. Arrive Figaro pour accomplir son office de barbier. Il renverse la vaisselle afin d'attirer Bartholo dehors. Quand Don Bazile fait irruption dans la maison, la supercherie menace d'être découverte. Grâce à une bourse d'argent et quelques petits commentaires sur sa capacité à réfléchir, Don Bazile est mis à la porte… Figaro a donc réussi à se débarrasser de Don Bazile et à préserver la supercherie.

Acte IV[modifier | modifier le code]

Bartholo et Don Bazile s'accordent sur le mariage qui devra avoir lieu à minuit. Mais le notaire est retenu par une ruse de Figaro qui feint le mariage d'une nièce. Bartholo apprend à Rosine que son bien-aimé Lindor est en vérité le messager du comte d'Almaviva, et il le prouve en lui montrant la lettre que Rosine lui a écrit le matin même. Rosine est humiliée et promet sa main à Bartholo.

Dans la nuit, pourtant, Figaro et le comte montent dans l'appartement de Rosine et font entrer le notaire et Don Bazile après que le comte eut dévoilé sa véritable identité à Rosine, qui tombe sous le charme, désormais convaincue qu'Almaviva (Lindor) l'aime vraiment. Le mariage est signé juste quelques instants avant que Bartholo ne revienne à la maison.

Une satire[modifier | modifier le code]

Par l'intermédiaire de Figaro, le personnage par qui Beaumarchais fait passer ses messages dans la pièce, l'auteur fait une satire de la noblesse. Il défend aussi la condition des valets.

  • Acte I, scène 2 « FIGARO. Je me crus trop heureux d'en être oublié, persuadé qu'un grand nous fait assez de bien quand il ne nous fait pas de mal. »
  • Acte I, scène 2 « FIGARO. Aux vertus qu'on exige dans un domestique, Votre Excellence connaît-elle beaucoup de maîtres qui fussent dignes d'être valets ? »

Une pièce comique[modifier | modifier le code]

Beaumarchais utilise tous les procédés du comique afin de faire rire son auditoire. En voici quelques exemples:

  • Le comique de caractère : Bartholo, le vieux barbon, jaloux de quiconque s'attire les faveurs de Rosine. Figaro, barbier, homme de lettres, dramaturge, apothicaire, valet avec un passé.
Acte I, scène 2:
« LE COMTE. Je ne te reconnaissais pas, mais te voilà si gros et si gras… »
« FIGARO. Que voulez-vous Monseigneur, c'est la misère. »
Acte II, scène 4:
1re réplique de Bartholo: accumulation d'insultes envers Figaro
« ROSINE: Que vos répliques sont honnêtes ! »
Acte III, scène 5:
« BARTHOLO chante.
(Nº4)
Veux-tu, ma Rosinette
[…] (Il répète la reprise en dansant. Figaro, derrière lui, imite ses mouvements.) »
Acte III, scène 11

Dans l'ensemble de l'œuvre, le valet est plus intelligent que son maître.

On peut remarquer que la réplique "allez vous coucher" est prononcée tour à tour par chaque personnage, pour convaincre Don Basile de partir dormir. Ce dernier, toujours réticent à l'idée de se coucher, voit que Bartholo, Le Comte, Figaro et Rosine lui répètent simultanément "Eh ! Sans doute" lorsqu'il dit, étonné "Que j'aille me coucher !" pour qu'il sorte définitivement de la scène.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Éditions[modifier | modifier le code]

  • Le Barbier de Séville ou la précaution inutile, Éd. Béatrice et Pierre Testud, Paris, Larousse, 1998
  • Le Barbier de Séville, Le Mariage de Figaro, La Mère coupable, Texte intégral + Les clés de l'œuvre, Préface et commentaires de Jean Delabroy, Paris, Pocket Classiques, 1993
  • Le Barbier de Séville, Le Livre de Poche no 6125, introduction de Pierre Frantz
  • Le Barbier de Séville ou la précaution inutileTexte intégral + Les clés de l'œuvre, Éd.Pocket, 1999.

Critique[modifier | modifier le code]

  • Clément Borgal, Étude sur Beaumarchais, Le Barbier de Séville, Paris, Ellipses, 2000 (ISBN 9782729849504)
  • Elisabeth Rallo et Lucie Comparini, Arlequin et Figaro : Le valet passé maître, Paris, Ellipses, 1998 (ISBN 9782729858810)
  • Jacques Schérer, La Dramaturgie de Beaumarchais, Nizet, 1954
  • Gabriel Conesa, La Trilogie de Beaumarchais, PUF, 1985
  • Béatrice Didier, Beaumarchais ou la passion du drame, PUF, 1994
  • Jean Goldzink, Comique et comédie au siècle de Lumières, Paris, L’Harmattan, 2000 anto

Mises en scène notables[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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