Kōtoku

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Kōtoku Tennō
孝徳天皇
Titre
36e empereur du Japon
12 juillet 64524 novembre 654
Prédécesseur Kōgyoku Tennō
Successeur Saimei Tennō
Biographie
Dynastie Lignée Yamato
Date de naissance 596
Date de décès 24 novembre 654 (à 58 ans)

Kōtoku
Empereurs du Japon

L'empereur Kōtoku (孝徳天皇, Kōtoku Tennō?) (597 - 24 novembre 654) était le trente-sixième empereur du Japon, selon l'ordre traditionnel de la succession. Il a régné du 12 juillet 645 à sa mort.

Généalogie[modifier | modifier le code]

Son nom personnel était prince Karu. Descendant de l'empereur Bidatsu, il est un fils du prince Chinu par la princesse Kibihime, et donc un jeune frère de l'impératrice Kōgyoku à qui il succède. Chinu était un fils du prince Oshisaka hikohito no ōe, lui-même fils de l'empereur Bidatsu. Kōtoku a au moins eu trois consorts, incluant son impératrice, Hashihito no Himemiko (princesse Hashihito), la fille de l'empereur Jomei et de sa sœur Kōgyoku.

Impératrice et consorts[modifier | modifier le code]

  • Princesse Hashihito, fille de l'empereur Jomei et de l'impératrice Takara ; impératrice en 645 ; impératrice douairière ; morte en 665.
  • Abe no Otarashi Hime, fille de Abe no Kurahashi Maro ; épouse impériale; dont il eut un enfant :
    • Prince Arima ° 640 + 658
  • Soga Chi no Iratsume, fills de Soga Ishikawamaro ; épouse impériale.

Biographie[modifier | modifier le code]

En 645, durant le premier règne de sa sœur Kōgyoku, le clan Soga tente de prendre le contrôle de la cour, et le prince Naka no Ōe assassine Soga no Iruka, le chef du clan, juste devant le trône (voir l'article Itsushi no hen). Choquée, l'impératrice abdique en faveur de son fils le prince héritier Naka no Ōe, mais celui-ci insiste pour que ce soit Kōtoku qui monte sur le trône, ce qu'il fait deux jours après ces événements.

L'ère Taika[modifier | modifier le code]

L'ère Taika commence la troisième année de le règne de l'impératrice Kōgyoku (645). Kōtoku, en montant sur le trône, introduit au Japon l'usage des nengō ou titres honorifiques des années du règne des empereurs. Il nomme les premières années du sien Taika.

  • Taika gannen (大化元年) ou Taika 1 (645): Kōtoku introduisit la réforme de Taika (大化の改新, Taika no kaishin). Cette réforme systématique (律令, ritsuryō ou ritsuryô) consiste d'une série d'articles rédigés sous le règne de l'empereur Kōtoku. L'empereur divise l'empire en huit provinces, et règle le rang de tous les officiers du gouvernement, qu'il distingue par dix-neuf bonnets de formes et de couleurs différentes, selon leur rangs[1].
  • Taika 1 (645): L'empereur Kōtoku quitte Asuka, capitale classique jusqu'alors. Il transfère la capitale à Naniwa aux environs de la baie d'Osaka et y centralise le pouvoir. Kōtoku résida dans un palais, Toyosaki no Miya à Nagara, construit sur un promontoire dans le voisinage de Naniwa en le province de Settsu (摂津国)[2].
  • Taika 2, le 1re du 1re mois (646): Kōtoku fixe les jours des grandes audience de la Cour. Il établit, dans toutes les provinces de l'empire, des magistratures, des barrières et des relais de poste, divise le pays d'après les montagnes et les rivières, place des gouverneurs dans chaque province, et fixe le salaire des porteurs. Il nomme des chefs dans les districts et les villages, et fut le premier à recenser les foyers la population et le produit des terres de chaque lieu et à lever des impôts. Il introduit les revues d'infanterie et de cavalerie, ordonne de prendre pour chaque centaine de familles une femme pour le service du palais. Un officier était envoyé tous les ans dans chaque province pour examiner la conduite des gouverneurs. Il fit également construire des magasins et des arsenaux[3]. L'udaijin (le Ministre de Droite) Sogo Yamada Isikawa maro fut chargé de l'avertir de toutes les fautes qu'il pourrait commettre dans le gouvernement. Ce fut lui qui inventa et introduisit en grande partie de l'étiquette qu'on observe encore à la cour. Naka no Ōe-shinno et le régent Nakatomi no Kamatari lui conseillèrent toutes ces mesures[4].
  • Taika 5, 3e mois (649): Sogo-no Kiyouga, frère cadet de l'udaijin Soga Yamada Ishikawa Maro, ayant informé l'empereur que son frère aîné tramait un conspiration, l'empereur envoya des gens armés à sa demeure pour le mettre à mort. Yamada se suicide. Par la suite, lorsque son innocence fut prouvée, son frère Kiyouga fut exilé en Tokachi (十勝国) sur l'île d'Hokkaido, alors un pays sauvage et désert[4].
  • Taika 5 (649): L'établissement du nouveau système du gouvernement (le hasshō hyakkan), huit administrations ou ministères et cent bureaux[6].
  • Taika 6 (650): On envoya de la province de Nagato a l'empereur un faisan blanc; ce qui fut jugé d'un heureux présage. L'empereur en fut très content, et manda toutes les personnes de sa cour pour leur montrer cet oiseau. Kōtoku ordonna que le prince de Nagato fut avancé en rang d'un degré[7].

Selon le Nihon Shoki, Kōtoku a une personnalité noble, est favorable au Bouddhisme et très inspiré par la Chine. En 645, il crée une nouvelle ville dans un endroit appelé Naniwa, et déplace la capitale d'Asuka vers cette nouvelle ville. La nouvelle capitale dispose d'un port maritime et est donc parfaite pour le commerce et les activités diplomatiques. L'année suivante, Kōtoku met en place la réforme de Taika, remodelant l'empire sur le modèle chinois.

L'ère Hakuchi[modifier | modifier le code]

L'ère Hakuchi a commencé la sixième année de Taika (650). À cette occasion, le nengō fut changé en Hakuchi, qui veut dire faisan blanc[7].

  • Hakuchi gannen (白雉元年) ou Hakuchi 1 (白雉一; 650): Kōtoku demanda que fussent relâchés tous les prisonniers du Yamato[7].
  • Hakuchi 2 (651): L'empereur fit faire une image de Bouddha haute de seize pieds, à partir de laquelle on grava mille autres images de cette divinité. Il fit rassembler dans son palais deux mille cent religieux et religieuses, chargés d'y lire les livres de la loi de Bouddha (issai kyō). À cette occasion, la Cour fut illuminée de deux mille sept cent lanternes[8].
  • Hakuchi 5 (654): Kōtoku mourut à l'âge de 59 ans, après un règne de dix ans -- cinq ans du nengō Taika, et cinq ans du nengō Hakuchi[11].
  • Hakuchi 6 (655): Saimei fut le nouveau nom honorifique de l'impératrice Kōgyoku, qui reprit, à la mort de Kōtoku, le gouvernement qu'elle lui avait auparavant cédé. C'est le premier exemple dans l'histoire du Japon où la même personne a occupé le trône une seconde fois. Sur sa proposition, l'impératrice transporta sa résidence de Naniwa au palais Kawara no Miya dans le district d'Asuka dans la province de Yamato. Une énorme quantité de rats et de souris arrivèrent de Naniwa. Peu de temps après, Saimei quitta le district d'Asuka, et alla résider dans le palais de Okamoto no Miya dans la province d'Ōmi. Le naidaijin (le Ministre de l'intérieur) Nakatomi no Kamatari fut nommé régent de l'empire[12].

Naka no Ōe continue de porter le rang de prince héritier, et est le dirigeant de facto du gouvernement. En 653, il propose de déplacer à nouveau la capitale dans la province de Yamato. Kōtoku refuse, mais le prince ne tient pas compte de cet avis et retourne à Asuka. De nombreux membres de la cour, y compris l'impératrice Hashihito le suivent, et l'empereur reste presque seul et oublié dans son palais. Il meurt l'année suivante de maladie. Naka no Ōe refusant toujours de monter sur le trône, sa mère, l'ancienne impératrice Kōgyoku, remonte sur le trône sous le nouveau nom de règne de Saimei (斉明).

Références[modifier | modifier le code]

  1. Tisingh, I. (1834). Annales des empereurs du Japon, p. 48.
  2. Brown, Delmer et al. (1979). Gukanshō, p. 266 -- l'histoire au site municipal d'Osaka
  3. Tisingh, p. 48.
  4. a, b et c Brown, p. 266; Titsingh, p. 49.
  5. a et b Brown, p. 266.
  6. Varley, H. Paul. (1980). Jinnō Shōtōki, p. 133; Titsingh, p. 49.
  7. a, b et c Titsingh, p. 49.
  8. Titsingh, p. 50; Brown, Delmer et al. (1979). Gukanshō, p. 267.
  9. Titsingh, p. 50. [1834 transliteration, avant-Hepburn]
  10. Brown, p. 267.
  11. Varley, H. Paul. (1980). Jinnō Shōtōki, p. 133; Titsingh, p. 50.
  12. Titsingh, pp. 50-51; Brown, p. 267.
  • (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Emperor Kotoku » (voir la liste des auteurs) et celle d'anglais et une traduction de Wikipedia en japonais (sans références)

Lire aussi[modifier | modifier le code]