Culture du Botswana

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Art rupestre à Todsilo Hills

La culture du Botswana est pour une large part celle du groupe démographique le plus nombreux, les Tswanas, un peuple d'origine bantoue auquel le pays doit son nom. Nommés « Bechuanas » par les explorateurs et les missionnaires arrivés au XIXe siècle, ils sont aujourd'hui appelés « BaTswana » en langue locale. Dans l'intervalle, le Protectorat du Bechuanaland administré par les Britanniques est devenu le Botswana indépendant en 1966.

Peuples[modifier | modifier le code]

Cueillette dans le delta de l'Okavango

Les populations de langue bantoue sont majoritaires au Botswana, notamment les Tswanas qui représentent 75 % des habitants et vivent dans le sud, à proximité de la frontière avec l'Afrique du Sud[1]. Les Shonas et les Ndebeles se rattachent également à ce groupe. Les populations de langue khoïsan sont très peu nombreuses (6 %) : les Khoikhoi vivent dans le sud-ouest, les San (ou Bochimans) dans le désert du Kalahari[1].

Héritage de l'empire britannique, l'anglais est la langue officielle, alors que le tswana (setswana) est la langue usuelle[1].

La moitié de la population est chrétienne. Les plus nombreux sont les protestants (30 % de la population totale), auxquels s'ajoutent les adeptes d'Églises africaines (plus de 10 %) et les catholiques. L'autre moitié de la population reste acquise aux croyances traditionnelles[1].

Les catholiques (près de 6%, soit près de 80 000 personnes)[2], sous la guidance spirituelle du pape, sont répartis en deux juridictions territoriales: le Diocèse de Gaborone et le Vicariat apostolique de Francistown.

Art et artisanat[modifier | modifier le code]

Vannerie[modifier | modifier le code]

Les paniers tressés sont les manifestations les plus connues de l'artisanat botswanien et figurent parmi les vanneries les plus réputées d'Afrique[3]. Il en existe une grande variété, à usage agricole ou domestique. Le plus spectaculaire est le sesigo ou sefalana. Très grand – plus de deux mètres de diamètre –, renforcé, fabriqué exclusivement par les hommes, il était destiné au stockage du grain, mais il est moins utilisé aujourd'hui. Les femmes ont recours à de plus petits paniers pour transporter des marchandises sur la tête ou pour les présenter au marché. Des paniers plats servent au vannage du grain[3].

La matière première la plus fréquemment employée pour la vannerie est une fibre de palmier (Hyphaene petersiana), appelée « mokola » en langue locale setswana. Pour créer des motifs, cette fibre naturelle est teinte avec des racines ou de l'écorce de motlhakola (Euclea divinorum) ou de motsentsela (Berchemia discolor)[3]. Les modèles et les coloris sont devenus plus sophistiqués car ces paniers sont de plus en plus souvent achetés à des fins décoratives. Ils sont très appréciés des touristes et la plus grande partie de la production est désormais destinée à l'exportation[3]. Le secteur s'est professionnalisé et a acquis une véritable légitimité artistique. En effet, depuis une vingtaine d'années, le Musée national de Gaborone organise chaque année une exposition et un concours qui récompense les meilleures créations[3].

Poterie[modifier | modifier le code]

Ce sont en général les mères qui transmettent à leurs filles l'art complexe de la poterie, sauf chez les Mbukushus du Ngamiland où la fabrication est l'affaire des hommes.

L'un des centres artisanaux les plus réputés est celui attenant à l'église catholique de Thamaga, une localité située à une trentaine de kilomètres à l'ouest de Gaborone. Des missionnaires sont à l'origine du lancement, en 1974, de ce projet de développement rural[4].

Travail du bois[modifier | modifier le code]

Cuir, textiles, perles[modifier | modifier le code]

« Tablier » de femme orné de perles

Arts contemporains[modifier | modifier le code]

Le Botswana National Museum and Art Gallery a été fondé au centre de Gaborone, la capitale, en 1968[5]. À la fois musée et galerie d'art, il a pour vocation de célébrer l'héritage naturel et culturel du pays, mais aussi de faire connaître les productions artistiques contemporaines, locales et régionales. D'autres villes sont également dotées de musées significatifs : Mochudi (Phuthadikobo Museum), Serowe (Khama III Memorial Museum) et Francistown (Supa Ngwao Museum).

Architecture[modifier | modifier le code]

Musique et danse[modifier | modifier le code]

Reed dance au clair de lune (1857)

La musique traditionnelle s'exprime surtout à travers la voix, les instruments à cordes et à vent, tels que les flûtes.

Dans cet environnement de prairies sèches où la venue de la pluie constitue un enjeu majeur, on trouve un important répertoire de chants impliquant des dizaines d'interprètes et destinés à favoriser sa tombée[6].

Sous plusieurs formes et dénominations, l'arc musical est l'instrument le plus répandu[6]. Par exemple, le kwadi – ou lesoba – a la particularité d'être à la fois un cordophone et un aérophone : c'est un arc musical muni d'un tube insufflé en plume de vautour. Il est joué par les hommes, souvent voyageurs ou bergers[6].

Chez les Tswanas, on rencontre d'importants ensembles de flûtes (entre 13 et 19) qui ne produisent chacune qu'une seule note. Les hommes dansent tout en jouant, tandis que les femmes battent des mains, poussent des cris, en s'accompagnant parfois de tambours coniques à une seule peau[6].

Littérature[modifier | modifier le code]

Médias[modifier | modifier le code]

Presse[modifier | modifier le code]

En 2009, le classement mondial sur la liberté de la presse établi chaque année par Reporters sans frontières situe le Botswana au 62e rang sur 175 pays[7]. Des « problèmes sensibles » y ont été observés[8].

Créé en 1986, le principal quotidien est Mmegi, publié en anglais.

Cinéma[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d (fr) Jean Sellier (et al.), Atlas des peuples d'Afrique, La Découverte, Paris, 2003, p. 190 (ISBN 9782707141293)
  2. Portrait d'un évêque du Botswana, agence de presse Zenit, 3 juillet 2011
  3. a, b, c, d et e (en) James Denbow et Phenyo C. Thebe, Culture and customs of Botswana, Greenwood Press, Westport, Conn., 2006, p. 81-83 (ISBN 0-313-33178-2)
  4. (fr) Marie Lory, Le Botswana, Karthala, Paris, 1995, p. 198 (ISBN 2-86537-529-3)
  5. (en) The National Museum and Art Gallery[1]
  6. a, b, c et d (fr) Gérald Arnaud et Henri Lecomte, « Botswana », in Musiques de toutes les Afriques, Fayard, Paris, 2006, p. 459-460 (ISBN 2-213-62549-2)
  7. Reporters sans frontières  : Classement mondial 2009 [2]
  8. RSF : Botswana [3]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) James N. Amanze, African traditional religions and culture in Botswana : a comprehensive textbook, Pula Press, Gaborone, Botswana, 2002, XIV-459 p. (ISBN 99912-6198-2)
  • (en) Botswana baskets : a survey of basketmaking in Botswana, National Museum and Art Gallery, Gaborone, Botswana (entre 1981 et 1986), 36 p.
  • (en) Botswana's finest arts & crafts, Gaborone, Botswana, Dept. of Tourism, 2002 ou 2003, 26 p.
  • (en) James Denbow et Phenyo C. Thebe, Culture and customs of Botswana, Greenwood Press, Westport, Conn., 2006, XXI-244 p. (ISBN 0-313-33178-2)
  • (en) The future of the arts in Botswana : proceedings of a seminar held at the Botswana National Productivity Centre ; Gaborone 15-16 November, 1997, Quick Print for the Botswana Society for the Arts, Gaborone, 1997, 82 p.(ISBN 9991202390)
  • (en) Jan Knappert, Myths and legends of Botswana, Lesotho, and Swaziland, E.J. Brill, Leyde, 1985, 254 p. (ISBN 9004074554)
  • (en) Michael Main, Culture Smart! Botswana: A Quick Guide to Customs & Etiquette, Kuperard, Londres, 2007, 168 p. (ISBN 9781857333404)
  • (en) Duncan E. Miller, The Tsodilo jewellery : metal work from northern Botswana, UCT Press, Rondebosch (Afrique du Sud), 1996, 124 p. (ISBN 0799215856)
  • (en) Neil Parsons, « A Hundred Years of Botswana Films and Filming », in Botswana notes and records, National Museum and Art Gallery, Botswana Society, Gaborone, 2006, p. 33-41
  • (en) Frants Staugård, Traditional medicine in Botswana : traditional healers, Ipelegeng Publishers, Gaborone, 1985, 276 p. (ISBN 9178103967)
  • (en) Peter Thy, The postal stationery of the Bechuanalands and Botswana, British Philatelic Trust in conjunction with the Bechuanalands and Botswana Society, Londres, 2004, 184 p. (ISBN 9781871777130)

Discographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Instrumental music of the Kalahari san (enreg. Marjorie Shostak, Megan Biesele, Nicholas England), Smithsonian Folkways recordings, Washington, D.C., 1982
  • (en) Traditional music of Botswana, Africa : a journey with Tape Recorder along Southern Botswana from Mochudi to Kang (enreg. Elizabeth Nelbach Wood), Smithsonian Folkways recordings, Washington, D.C., 1983
  • (en) Tswana and Sotho voices : Botswana, South Africa, Lesotho : 1951 '57 '59 (collec. Hugh Tracey), International Library of African Music, Grahamstown, 2000

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • (en) A rite of passage, film documentaire de John K. Marshall, Documentary Educational Resources, Watertown, MA, 2007, 14' (DVD)
  • Okavango : le peuple des marais, film documentaire de Gérard Perrier, RFO, 2000, 26' (VHS)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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