Culture du Mali

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

En raison du nombre important d’ethnies vivant au Mali et de l’héritage historique, la culture du Mali est riche et diversifiée, conservant à la fois ses traditions comme l’oralité avec les griots ou l’artisanat et s’ouvrant depuis son indépendance à la littérature, au théâtre, au cinéma et à la photographie.

Ethnies[modifier | modifier le code]

Famille peule

Une vingtaine d’ethnies vivent au Mali. Malgré les échanges entre elles au cours de l’histoire, chacune possède une culture spécifique. Les principales ethnies sont :

Festivals[modifier | modifier le code]

À travers le pays se déroule toute l’année de nombreux festivals mettant à l’honneur les cultures traditionnelles.

  • Les Voix de Bamako, un festival d'Arts traditionnels africain né en 2008. Son édition, au palais de la culture Hampate BA se déroule chaque année en janvier, son succès repose sur la gratuité exceptionnelle de ses manifestations.
  • Le Festival international de percussion de Bamako (FESTIP), festival de percussions à Bamako, se déroule tous les ans entre mars et avril.
  • Le Festival Théâtre des Réalités, créé en 1996, réunit tous les deux ans, pendant une semaine début décembre, des compagnies de théâtre venues des quatre coins d’Afrique et d’Europe.
  • Le Festival du désert est une rencontre culturelle touarègue qui se déroule chaque année à Essakane.
  • À Markala (15 km de Ségou), se déroule tous les deux ans un festival international de masques et de marionnettes.
  • Le festival « Tamadacht » organisé en janvier dans la vallée de l'Azawagh par la commune d'Andéramboukane, pour promouvoir la culture des Touaregs.Ce festival réunit des maliens et des nigériens[1]

Langues[modifier | modifier le code]

Depuis l’indépendance en 1960, le Mali, ancienne colonie française du Soudan français, le français est la langue officielle. Elle n’est parlée que par une minorité de la population qui préfère s’exprimer dans les différentes langues nationales. Le bambara est la langue la plus parlée au Mali. Les principales autres langues sont le peul, le sénoufo, le soninké, le sonrhaï et le dogon.

Le recensement de 1987 a enregistrée la langue parlée par les personnes de plus de 6 ans. Le bambara arrive largement en tête (50,3 %), suivi du peul (10,7 %), du dogon (6,9 %), du songhay (6,3 %) et du soninké (6,3 %)[3].


Le français est la langue enseignée à l’école. Depuis les années 1990, une expérimentation, appelée « pédagogie convergente » permet aux enfants à l’école fondamentale d’apprendre d’abord à écrire en langue nationale, celle qu’ils parlent naturellement en famille, puis progressivement le français. La pédagogie convergente se généralise actuellement.

Architecture[modifier | modifier le code]

Mosquée Sankara à Tombouctou

Chaque ethnie possède une architecture propre. Tout au long de l’histoire, y compris avec les Français pendant la colonisation, les rencontres entre ethnies ont façonnées des villes où les architectures se sont combinées.

Quatre sites sont classés au Patrimoine mondiale de l’Unesco : Djenné, Tombouctou, le Tombeau des Askia à Gao et la Falaise de Bandiagara au pays dogon.

Griots ou « djéli »[modifier | modifier le code]

Le "djélia", l'art que pratiquent les griots, consiste à raconter des histoires relatives à des familles. Les griots sont présents à chaque grande occasion (mariage, baptême, fêtes religieuse…) c'est pourquoi ils sont très au fait de l'histoire des familles auxquelles ils sont liés. Quand ils sont appelés, les griots rappellent donc aux familles leurs passés, celui de leurs ancêtres… de façon élogieuse. L'usage veut que celui à qui le griot fait des éloges lui donne quelque chose (en général de l'argent, des bijoux, des vêtements…) pour honorer les souvenirs évoqués par le griot et montrer que ce dernier est digne des éloges qui lui sont faits.

Les griots sont donc des conteurs véhicules de la tradition orale, très forte au Mali. C'est pourquoi ces personnes sont considérées comme des puits de connaissance, des livres d'histoires vivants. Pour beaucoup les griots sont les ancêtres des rappeurs et donc le "djélia" l'ancêtre du rap. En effet, les griots quand ils font des éloges chantent de manière très spéciale. Leurs paroles sont tels un flux qui suit une instrumentale assez répétitive rythmée par des percussions.

Bakary Soumano, chef des griots du Mali de 1994 à sa mort en 2003, a œuvré pour réhabiliter la fonction de griot.

Parenté à plaisanterie[modifier | modifier le code]

La parenté à plaisanterie également appelé cousinage consiste pour deux groupes ayant des relations privilégiés (deux ethnies ou deux clans d’une même ethnie) à s’échanger des paroles qui révèlent les vérités supposées de chacun. Les protagonistes sont obligés d’accepter ces critiques souvent féroces.

Littérature[modifier | modifier le code]

Pays de tradition orale, le Mali connaît depuis les années 1960 plusieurs écrivains qui suivent les traces de Amadou Hampâté Bâ.

Parmi les écrivains contemporains, on peut citer :

Chaque année, un festival littéraire « Étonnants voyageurs » a lieu à Bamako et dans les principales villes du Mali.

Une littérature écrite remontant jusqu'au XIIIe siècle est conservée dans ce qu'on appelle aujourd'hui les manuscrits de Tombouctou.

Jeune joueur de balafon

Musique[modifier | modifier le code]

Les instruments traditionnels comme la kora ou le balafon sont toujours utilisés de nos jours.

De nombreux musiciens maliens sont connus internationalement. On peut citer : Ali Farka Touré, Salif Keïta, Amadou & Mariam, Rokia Traoré, Madina N'Diaye, Aly Keita, Maré Sanogo, Oumou Sangaré, Boubacar Traoré, Cheick Amadou Tidiane Seck, Idrissa Soumaoro, Toumani Diabaté, Ballaké Sissoko, Habib Koité. Plus récemment émergent de nombreux groupes de musique touaregs développant un blues touareg, dont le plus célèbre Tinariwen.

Le Super Rail Band, l'orchestre mythique du buffet de la gare de Bamako, créé en 1970, a profondément influencé la musique malienne contemporaine.

Cinéma[modifier | modifier le code]

Quelques réalisateurs maliens :

Voir aussi: Cinéma malien

Photographie[modifier | modifier le code]

Les Rencontres africaines de la photographie est une manifestation biannuelle organisée à Bamako (Mali) depuis 1994.

Quelques photographes maliens :

Théâtre[modifier | modifier le code]

Dans l’ethnie bambara se pratique une forme de théâtre traditionnel dénommé « kotéba ». Chaque année, après les récoltes, les villageois se réunissent pour une fête où se mêlent les danses, les chants et le théâtre burlesque. À travers des saynètes, on se moque des villageois et de leur travers sans jamais nommer personne afin de ne pas blesser. Le kotéba permet de préserver l’unité du village[5].

S’inspirant du kotéba, des troupes théâtrales tournent dans les villages afin de faire passer à travers les saynètes des messages concernant la santé (la prévention du sida, la vaccination) ou la protection de l’environnement.

Certains rites sacrés sont fortement liés à l'expression théâtrale[6], notamment les initiations ainsi que divers événements de la vie (mariage, baptême). La sacralisation permet de donner à l'événement un caractère plus solennel. Le théâtre sacré instruit par la participation plus que par la distraction[7].

Le théâtre moderne existe aussi, surtout dans les grandes villes. Il souffre du peu de considération sociale pour les "comédiens" et du manque d'adaptation dans les langues locales.

Le théâtre de rue vise à faire le pont entre le théâtre traditionnel populaire et le théâtre moderne, symbolisé par le Festival du Théâtre des Réalités. Il a lieu tous les deux ans (2006 était la huitième édition); il prend de l'ampleur tant par la qualité et le nombre d'événements que par les activités organisés dans différentes régions du Mali et des pays avoisinants[8]. Le « Festival des réalités » a été créé par Adama Traoré, comédien, metteur en scène et professeur d’art dramatique à l’Institut National des Arts de Bamako. Il est également Président de l'association culturelle Acte SEPT[9].(Voir aussi : Bamako)

Parmi les auteurs de théâtres renommés, on peut citer Sada Sissoko, Falaba Issa Traoré et Adama Drabo

Mode[modifier | modifier le code]

Le boubou ou Kaftan fait partie du costume traditionnel malien. Il est confectionné avec des tissus comme le bazin ou le bogolan.

Chris Seydou était un grand couturier malien.

Médias[modifier | modifier le code]

En 2009, le classement mondial sur la liberté de la presse établi chaque année par Reporters sans frontières situe le Mali au 30e rang sur 175 pays[10]. Une « situation plutôt bonne » y a été observée[11].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Andéramboukane, festival au milieu du désert sur le site de RFI
  2. Communiqué du Conseil des ministres du 30 mai 2007
  3. S.M. Traoré, la répartition spatiale de la population, in Philippe Bocquier et Tiéman Diarra, Population et société au Mali, Paris, L'Harmattan,‎ 1999, 204 p. (ISBN 2738484905 et 9782738484901), p. 21-29
  4. Malick Sidibé, la vie en positif : Malick Sidibé - Mali - Photographie - Portrait - Afrique
  5. À chaque culture son théâtre ; Le théâtre traditionnel est d’abord populaire
  6. Penser pour agir / La religion traditionnelle comme vecteur de sociabilité : le cas du jo dans le Baniko
  7. Penser pour agir / À chaque culture son théâtre
  8. Initiatives Mali Gateway
  9. Bamako-Culture
  10. Reporters sans frontières  : Classement mondial 2009 [1]
  11. Reporters sans frontières [2]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Victoria L. Rovine, Bogolan : shaping culture through cloth in contemporary Mali, Indiana University Press, Bloomington, 2008, XIV-178 p. (ISBN 978-0-253-22029-5)
  • Culture et civilisations islamiques : Le Mali, ISESCO, Casablanca, 1988
  • (en) Dorothea E. Schulz, Culture and customs of Mali, Greenwood, Santa Barbara, Calif., 2012, 201 p. (ISBN 978-0-313-35912-5)
  • Pierre Diarra, Cent ans de catholicisme au Mali : approche anthropologique et théologique d'une rencontre, 1888-1988, Karthala, Paris, 2009, 508 p. (ISBN 978-2-8111-0287-6)
  • Patricia Gérimont, Teinturières à Bamako : quand la couleur sort de sa réserve, Ibis Press, Paris, 2008, 222 p. (ISBN 978-2-910728-82-3)

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • Films sur les Dogons (Cérémonies du Sigui), réalisés par Jean Rouch en collaboration avec Germaine Dieterlen (années 1960-70)
  • Peuples et cultures du Mali : une journée musicale, film de Christophe Fraipont, Tandem films, Paris, Alcome, 2003, 90' (DVD)
  • Les mains dans le plat : la cuisine des autres, film documentaire de Nouri Bouzid, CNRS Images, Meudon, 2005, 26' (DVD)
  • Djandjon ! : hommage au Mali, film de Sophie Hoffelt, La Luna Productions, Paris, 2005, 58' (DVD)
  • Le sage de Bandiagara, film de Louis Decque, L'Harmattan vidéo, Paris, Zarafa films, 2006, 52' (DVD)
  • Jusqu'à Tombouctou : Desert Blues, un voyage musical au cœur du Mali, film documentaire de Michel Jaffrennou, Mondomix Média, Paris, Harmonia Mundi, 2007, 73' (DVD)
  • Objets blessés : la réparation en Afrique, film documentaire de Pierre Chappat, Les films d'ici, Paris, 2007, 11' (DVD)
  • Nyani, film de Amadou Khassé Théra, Doc net, Lussas, 2008, 52' (DVD)

Articles connexes[modifier | modifier le code]