Chapelle royale de Dreux

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Chapelle royale de Dreux
Image illustrative de l'article Chapelle royale de Dreux
Chapelle royale
Présentation
Culte Catholique romain
Style dominant Néo-gothique
Protection Logo monument historique Classé MH (1977)
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Région Centre
Département Eure-et-Loir
Commune Dreux
Coordonnées 48° 44′ 17″ N 1° 21′ 48″ E / 48.73806, 1.36333 ()48° 44′ 17″ Nord 1° 21′ 48″ Est / 48.73806, 1.36333 ()  

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Chapelle royale de Dreux

La chapelle royale Saint-Louis de Dreux est la nécropole de la famille d'Orléans, située dans l'enceinte du château de Dreux.

La chapelle royale fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le [1].

Historique[modifier | modifier le code]

À l'origine, Louis Jean Marie de Bourbon, duc de Penthièvre, contraint de laisser Rambouillet à Louis XVI, son cousin, qui lui a cédé le comté de Dreux en 1775, fait transférer de l'église de Rambouillet le les neuf cercueils renfermant les corps de ses parents, le comte Louis Alexandre de Bourbon et de son épouse Marie Victoire de Noailles, le comte et la comtesse de Toulouse, de sa femme Marie-Félicité d'Este, princesse de Modène, de leur fils le prince de Lamballe, et de leurs cinq autres enfants morts en bas âge. Il choisit comme sépulture pour sa famille la collégiale Saint-Étienne du château de Dreux[2].

Dans la nuit du 6 au 7 mars 1793 le corps du duc, mort à Bizy le 4 mars, est transporté et inhumé clandestinement à Dreux entre le comte de Toulouse et sa femme. Le , afin de récupérer les plombs des sépultures, le caveau est violé, les corps en sont extraits et "jetés dans une fosse profonde de six pieds" dans le cimetière des chanoines, dont l'emplacement sera plus tard reconnu par Lefebvre et Cholet, anciens serviteurs des Bourbon-Penthièvre.

En septembre 1797, quatre ans après avoir été incarcérée à la prison du Luxembourg, Louise Marie Adélaïde de Bourbon, duchesse d'Orléans, fille unique du duc, est expulsée de France; le château et la collégiale, biens séquestrés depuis la mort de son père, sont confisqués au profit de la Nation et vendus le à un marchand de bois chartrain qui démolit le toit de l'église pour en récupérer les matériaux et revend en 1801 le domaine à François Belois, maçon à Dreux, qui y demeura jusqu'en 1816.

Le , la duchesse lui rachète le terrain, fait construire une chapelle par Charles-Philippe Cramail, architecte parisien, chargé dès octobre 1814 de ce projet. Il ouvre le chantier début mai 1816 à l'emplacement de la fosse commune et la 1re pierre est posée le 19 septembre. Certains matériaux proviennent de la démolition de l'ancienne abbaye bénédictine de Coulombs, près de Nogent-le-Roi, et des ruines du château de la Ferté-Vidame.

Chapelle royale

À partir du printemps 1839, cette chapelle de style néo-gothique fut agrandie par son fils, le roi Louis-Philippe, qui en fit la nécropole de sa famille et de ses descendants, d'où le nom de "Saint-Denis des Orléans". Victor Hugo a narré la translation des restes des ancêtres de la famille le , translation à laquelle le roi lui-même contribua.

La chapelle primitive de 1816 fut alors complétée grâce à des ajouts de style néo-gothique et de 1843 à 1845 ses nombreuses fenêtres furent garnies de somptueux vitraux tous exécutés à la manufacture de Sèvres sur des dessins d'Eugène Delacroix, Hippolyte Flandrin, Dominique Ingres - qui reproduisit les vitraux de la chapelle funéraire de Neuilly (1842) - Horace Vernet, Eugène Viollet-le-Duc ayant dessiné des ornements architecturaux encadrant douze figures de saints et de saintes. Une vingtaine de tombeaux, regroupés autour de la sépulture royale, sont surmontés de gisants, œuvres des meilleurs sculpteurs de leur temps.

La flèche de la chapelle de la Vierge qui abritait une cloche fut détruite par la foudre en juillet 1875, et non reconstruite; le , des obus allemands endommagèrent le déambulatoire, détruisirent trois des huit verrières sur la vie de Saint-Louis placées en 1843, ainsi que des sculptures et gisants.

Léguée avec le château de Dreux par Henri d'Orléans (1908-1999), « comte de Paris », la chapelle appartient désormais à la Fondation Saint-Louis.

Sépultures de la famille d'Orléans[modifier | modifier le code]

Chapelle haute[modifier | modifier le code]

Chapelle de la Vierge[modifier | modifier le code]

Tombeaux de Ferdinand-Philippe d'Orléans (au premier plan) et de son épouse Hélène de Mecklembourg-Schwerin (en arrière plan)

1. Louis-Philippe Ier, roi des Français, duc d'Orléans (6 octobre 1773 - 26 août 1850) (fils de Louis-Philippe d'Orléans et de Marie-Adélaïde de Bourbon) Inhumé dans la chapelle Saint-Charles Borromée à Weybridge au Royaume-Uni, il fut réinhumé le 9 juin 1876 dans la nécropole des Orléans (Tombeau du couple d'Antonin Mercié, 1886)

1. Marie-Amélie de Bourbon-Siciles, reine des Français, duchesse d'Orléans (26 avril 1782 - 24 mars 1866) (épouse de Louis-Philippe Ier) Inhumée dans la chapelle Saint-Charles Borromée à Weybridge au Royaume-Uni, elle fut réinhumé le 9 juin 1876 dans la nécropole des Orléans (Tombeau du couple d'Antonin Mercié, 1886)

2. Ferdinand-Philippe d'Orléans, prince royal, duc d'Orléans et de Chartres (3 septembre 1810 - 13 juillet 1842) (fils de Louis-Philippe Ier et de Marie-Amélie de Bourbon-Siciles) (Gisant de Pierre Loison)

3. Hélène de Mecklembourg-Schwerin, duchesse d'Orléans (24 janvier 1814 - 17 mai 1858) (épouse de Ferdinand-Philippe d'Orléans) Inhumée dans la chapelle Saint-Charles Borromée à Weybridge au Royaume-Uni, elle fut réinhumé le 9 juin 1876 dans la nécropole des Orléans (Étant de religion protestante, elle repose dans une chapelle annexe de celle de la vierge à proximité de son mari) (Gisant d'Henri Chapu)

4. Marie-Clémentine de Habsbourg, archiduchesse d'Autriche, princesse de Salerne (1er mars 1798 - 3 septembre 1881) (épouse de Léopold de Bourbon-Siciles, mère de Marie-Caroline de Bourbon-Siciles, future duchesse d'Aumale) Inhumée dans la basilique Santa Chiara à Naples en Italie, elle fut réinhumée des années plus tard dans la nécropole des Orléans (Gisant de Charles Joseph Lenoir)

5. Adélaïde d'Orléans, mademoiselle de Chartres (23 août 1777 - 31 décembre 1847) (fille de Louis-Philippe d'Orléans et de Marie-Adélaïde de Bourbon) (Gisant d'Aimé Millet)

6. Marie-Adélaïde de Bourbon, duchesse d'Orléans (13 mars 1753 - 23 juin 1821) (fille de Louis-Jean-Marie de Bourbon et de Marie-Thérèse d'Este, épouse de Louis-Philippe d'Orléans) (Gisant de Jean-Auguste Barre) Son tombeau contient également les restes des Bourbon-Penthièvre (voir infra).

Déambulatoire côté nord[modifier | modifier le code]

08 - Bathilde d'Orléans (1750-1822), princesse de Condé, duchesse de Bourbon.

09 - Philippe d'Orléans (1838-1894), comte de Paris, inhumé dans la chapelle Saint-Charles Borromée à Weybridge, transféré en 1958.

10 - Marie-Isabelle d'Orléans (1848-1919), comtesse de Paris, inhumée dans la chapelle Saint-Charles Borromée à Weybridge, transférée en 1958.

11 - Philippe d'Orléans (1869-1926), duc d'Orléans, transféré dans la chapelle royale de Dreux en 1931. Gisant de Maxime Real del Sarte.

12 - Ferdinand d'Orléans (1884-1924), « duc de Montpensier » (gisant par Maxime Real del Sarte ?)

13 - Victoire de Saxe-Cobourg-Gotha (1822-1857), duchesse de Nemours, inhumée dans la chapelle Saint-Charles Borromée à Weybridge, transférée en 1979.

14 - Henri d'Orléans (1822-1897), duc d'Aumale. Gisant de Paul Dubois.

15 - Marie-Caroline de Bourbon (1822-1869), princesse des Deux-Siciles, duchesse d'Aumale, inhumée dans la chapelle Saint-Charles Borromée à Weybridge, transférée en 1876. Gisant de Charles Joseph Lenoir.

16 - François d'Orléans (1854-1872), « duc de Guise », fils du duc d'Aumale.

17 - Louis Philippe d'Orléans (1845-1866), prince de Condé, fils du duc d'Aumale.

18 à 24 - dans un tombeau double les corps de six enfants du duc d'Aumale inhumés dans la chapelle Saint-Charles Borromée à Weybridge, transférés en 1876 : Henri (1847-1847), une fille (1849-1849), deux enfants morts-nés en 1861 et 1864, et François-Paul (1852-1852).

25 et 26 - Ferdinand d'Orléans (1859-1873), infant d'Espagne et son frère Louis d'Orléans (1867-1874), fils du duc de Montpensier. Gisants de Aimé Millet avec la figure de "l'Enfant Voilé".

27 et 28 - Charles d'Orléans (1875-1875) et Jacques d'Orléans (1880-1881), enfants de Philippe d'Orléans, comte de Paris. Gisant de Louis Julien; marbre par Franceschi.

29 - Charles d'Orléans (1820-1828), duc de Penthièvre, fils de Louis-Philippe Ier, roi des Français. Gisant de James Pradier.

Déambulatoire côté sud[modifier | modifier le code]

30 - Françoise d'Orléans (1816-1818), Mademoiselle de Montpensier. Gisant de James Pradier.

31 - Louis d'Orléans (1814-1896), duc de Nemours. Gisant de Pierre Campagne.

32 - Sophie-Charlotte en Bavière (1847-1897), duchesse d'Alençon. Gisant de Charles-Albert Walhain.

33 - Ferdinand d'Orléans (1844-1910), duc d'Alençon. Gisant de Charles-Albert Walhain.

34 - François d'Orléans (1818-1900), prince de Joinville. Gisant de Antonin Mercié.

35 - Françoise de Bragance (1824-1898), princesse de Joinville.

36 et 37 - enfants du prince de Joinville et du duc de Chartres.

38 et 39 - Dans un tombeau double Jean d'Orléans (1874-1940), « duc de Guise », et Isabelle d'Orléans (1878-1961), « duchesse de Guise ».

40 - Pierre d'Orléans (1845-1919), duc de Penthièvre.

41 - Sophie d'Orléans (1898-1928), fille du « duc de Vendôme ». Gisant de Charles-Albert Walhain.

42 - Emmanuel d'Orléans (1872-1931), « duc de Vendôme ».

43 - Henriette de Belgique (1870-1948), « duchesse de Vendôme ».

44 - Robert d'Orléans (1866-1885), fils du duc de Chartres.

45 - Henri d'Orléans (1867-1901), fils du duc de Chartres. Gisant de Antonin Mercié.

46 - Françoise d'Orléans (1844-1925), duchesse de Chartres. Gisant de Paul Gasq.

47 - Robert d'Orléans (1840-1910), duc de Chartres. Gisant de Antonin Mercié.

48 - Marie d'Orléans (1813-1839), duchesse de Wurtemberg, fille de Louis-Philippe Ier, roi des Français. Gisant de Hector Lemaire. Elle a sculpté l'Ange de la Résignation qui surmonte son tombeau.

Chapelle basse[modifier | modifier le code]

  • Crypte circulaire :

Voir l'image

49 - Henri d'Orléans (1908-1999), « comte de Paris ».

50 - Isabelle d'Orléans et Bragance (1911-2003), « comtesse de Paris », épouse du précédent.

51 - François d'Orléans (1935-1960), « duc d'Orléans », fils des précédents.

  • Crypte galerie :
Tombeau du prince Thibaut d'Orléans (1948 † 1983).

52 - Antoine d'Orléans et Bragance (1881-1918).

53 - Louis d'Orléans et Bragance (1878-1920). Gisant par Jean Magrou.

54 - Maria-Pia de Bourbon (1878-1973), son épouse.

55 - Louis Gaston d’Orléans-Bragance (1911-1931).

56 - Thibaut d'Orléans (1948-1983), « comte de La Marche ».

57 - Louis-Philippe d'Orléans (1979-1980), fils du « comte de La Marche ».

Le gisant d'Antoine d'Orléans (1775-1807), duc de Montpensier, inhumé dans l'abbaye de Westminster, copie par Trouchaud de l'œuvre de Westmacott, et celui de Louis Charles d'Orléans, comte de Beaujolais, par Pradier, inhumé dans la cathédrale Saint-Jean à Malte furent enlevés du musée de Versailles pour être placés dans la chapelle en 1986.

(source : J. Lelièvre, la chapelle royale de Dreux, SAEP édition, 1986)

Trois copies de ces cénotaphes se trouvent dans la nef de la chapelle néo-classique du château de Randan (1831), domaine auvergnat d'Adélaide d'Orléans de 1821 à 1847.

  • Caveaux inférieurs dont l'ancien "caveau de Penthièvre":

58 - Louis François Joseph de Bourbon (1734-1814), prince de Conti, beau-frère du duc de Penthièvre, mort exilé à Barcelone et transféré ici en 1844.

59 - urne contenant le cœur de Philippe d'Orléans (1674-1723), régent de France pendant la minorité du futur Louis XV.

60 - urne contenant les restes d'un membre de la famille de Bourbon-Conti.

61 - urne contenant le cœur de Mademoiselle de Montpensier (1816-1818), fille de Louis-Philippe.

  • Place non déterminée :

62 - Charles Philippe d'Orléans (1905 - 1970), « duc de Nemours ».

63 - Marguerite Watson (1899 - 1993), « duchesse de Nemours ».

64 - Jacques-Marie Rouzet, comte de Folmont.

65 - le cœur de Louis-Jean-Marie de Bourbon, duc de Penthièvre, aurait été sauvé et serait aussi dans la chapelle.

Sépultures des Bourbon-Penthièvre[modifier | modifier le code]

Le tombeau de la duchesse d'Orléans contient aussi les restes des Bourbon-Penthièvre :

66 - Louis-Alexandre de Bourbon (1678 - 1737), comte de Toulouse.

67 - Marie Victoire de Noailles (1688 - 1766), comtesse de Toulouse.

68 - Louis Jean Marie de Bourbon (1725 - 1793), duc de Penthièvre.

69 - Marie Thérèse Félicité d'Este-Modène (1726 - 1754), duchesse de Penthièvre.

70 - Louis-Marie de Bourbon (1746 - 1749), duc de Rambouillet.

71 - Louis de Bourbon (1747 - 1768), prince de Lamballe.

72 - Jean-Marie de Bourbon (1748 - 1755), duc de Châteauvillain.

73 - Vincent de Bourbon (1750 - 1752), comte de Guingamp.

74 - Marie-Louise de Bourbon (1751 - 1753), Mademoiselle de Penthièvre.

75 - Louis de Bourbon (1754 - 1754).

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Chanoine Martin, Dreux. La Chapelle royale Saint-Louis, sépulture de la famille d'Orléans - son origine - son histoire - sa description, 1930 ;
  • Jean Lelièvre, Dreux, la chapelle royale ;
  • Éphéméride de la Maison de France de 1589 à 1848.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Lien externe[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Notice no PA00097097 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  2. Édouard Lefèvre, Documents du les comté et la ville de Dreux, p. 190.