Radio-identification

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Une puce de radio-identification EPC utilisée par Wal-Mart
RFID Chip 008.JPG

La radio-identification plus souvent désignée par le sigle RFID (de l’anglais Radio Frequency IDentification) est une méthode pour mémoriser et récupérer des données à distance en utilisant des marqueurs appelés « radio-étiquettes » (« RFID tag » ou «  RFID transponder » en anglais)[1]. Les radio-étiquettes sont de petits objets, tels que des étiquettes autoadhésives, qui peuvent être collées ou incorporées dans des objets ou produits et même implantées dans des organismes vivants (animaux, corps humain[2]). Les radio-étiquettes comprennent une antenne associée à une puce électronique qui leur permet de recevoir et de répondre aux requêtes radio émises depuis l’émetteur-récepteur.

Ces puces électroniques contiennent un identifiant et éventuellement des données complémentaires.

Cette technologie d’identification peut être utilisée pour identifier :

Sommaire

[modifier] Principe

Un système de radio-identification se compose de marqueurs, nommés radio-étiquettes ou transpondeurs (de l'anglais transponder, contraction des mots transmitter et responder) et d’un ou plusieurs lecteurs. Un marqueur est composé d’une puce et d’une antenne.

[modifier] Les lecteurs

Ce sont des dispositifs actifs, émetteurs de radiofréquences qui vont activer les marqueurs qui passent devant eux en leur fournissant à courte distance l’énergie dont ceux-ci ont besoin. La fréquence utilisée est variable, selon le type d’application visé et les performances recherchées :

Une fréquence plus élevée présente l’avantage de permettre un échange d’informations (entre lecteur et marqueur) à des débits plus importants qu’en basse fréquence. Les débits importants permettent l’implémentation de nouvelles fonctionnalités au sein des marqueurs (cryptographie, mémoire plus importante, anti-collision). Par contre une fréquence plus basse bénéficiera d’une meilleure pénétration de la matière.

L’anti-collision est la possibilité pour un lecteur de pouvoir dialoguer avec un marqueur lorsque plus d’un marqueur se trouve dans son champ de détection. Plusieurs algorithmes d’anti-collision sont décrits par les normes (ISO 14443, ISO 15693 et ISO 18000).

On évite toute fréquence qui serait en résonance avec celle des molécules d’eau contenues entre autres dans le corps humain pour des raisons de sécurité (principe du four à micro-ondes).

[modifier] Les radio-étiquettes

Ce sont des dispositifs passifs, ne nécessitant aucune source d’énergie en dehors de celle fournie par les lecteurs au moment de leur interrogation. Auparavant, la lecture des puces passives était limitée à une distance d’environ 10 mètres, mais maintenant, grâce à la technologie utilisée dans les systèmes de communications avec l’espace lointain, cette distance peut s’étendre jusqu’à 200 mètres[3].

Outre de l’énergie pour l’étiquette, le lecteur envoie un signal d’interrogation particulier auquel répond l’étiquette. L’une des réponses les plus simples possibles est le renvoi d’une identification numérique, par exemple celle du standard EPC-96 qui utilise 96 bits. Une table ou une base de données peut alors être consultée pour assurer un contrôle d’accès, un comptage ou un suivi donné sur une ligne de montage, ainsi que toute statistique souhaitable.

Le marqueur est extrêmement discret par sa finesse (parfois celle d’un morceau de rhodoïd), sa taille réduite (quelques millimètres), et sa masse négligeable. Son coût étant devenu minime, on peut envisager de le rendre jetable, bien que la réutilisation soit plus « écologiquement correcte ».

Le marqueur se compose :

Notons aussi l’existence des marqueurs « actifs » et « semi-actifs » (aussi appelés BAP, (en)Battery-Assisted Passive tags, (fr)marqueurs passifs assistés par batterie) qui incluent une batterie.

Les étiquettes actives sont équipées d’une batterie leur permettant d’émettre un signal. De ce fait, ils peuvent être lus depuis de longues distances, contrairement aux marqueurs passifs. Cependant, une émission active d’informations signale à tous la présence des marqueurs et pose des questions quant à la sécurité des marchandises.

Les étiquettes semi-actives n’utilisent pas leur batterie pour émettre des signaux. Elles agissent comme des étiquettes passives au niveau communication. Mais leur batterie leur permet, par exemple, d’enregistrer des données lors du transport. Ces étiquettes sont utilisées dans les envois de produits sous température dirigée et enregistrent la température de la marchandise à intervalle régulier.

[modifier] Contraintes

[modifier] Vie privée

La CNIL dans son rapport annuel du 16 mai 2008 s'inquiète des risques de traçabilité des individus qui n'ont pas accès à leurs données.

[modifier] Obstacles

[modifier] Environnement métallique

La lecture de radio-étiquettes posées sur des objets situés dans un conteneur métallique est plus difficile. La distance de communication possible est diminuée, par effet de cage de Faraday, qui réalise un blindage électromagnétique.

[modifier] Collisions

Lorsque plusieurs marqueurs se trouvent dans le champ d’un même lecteur, les communications sont brouillées par l’activité simultanée des marqueurs.

La détection de la collision est en fait une détection d’erreur de transmission, à l’aide d’un bit de parité, d'une somme de contrôle ou d'une fonction de hachage. Dès qu’une erreur est détectée, l’algorithme d’anticollision est appliqué.

Plusieurs méthodes d’anticollision ont été développées. Voici les quatre principales:

[modifier] Utilisations

Marquage d'objets

Transactions financières :

Marquage d'êtres vivants :

[modifier] Le marché des RFID

En 2005, IBM dénombrait 4 millions de transactions RFID chaque jour.
En 2010, ce constructeur évalue à environ 30 milliards le nombre d'étiquettes RFID produites dans le monde et 1 milliard de transistors par être humain[5].

[modifier] Applications

[modifier] Applications existantes

[modifier] Applications potentielles

Les étiquettes "intelligentes" sont souvent envisagées comme un moyen de remplacer et d’améliorer les codes-barres de la norme UPC/EAN. Les radio-identifiants sont en effet assez longs et dénombrables pour envisager de donner à chaque objet un numéro unique, alors que les codes UPC utilisés actuellement ne permettent que de donner un numéro pour une classe de produits. Cette propriété de la radio-identification permet de tracer le déplacement des objets d’un endroit à un autre, depuis la chaîne de production jusqu’au consommateur final. C’est cette propriété qui fait que la technologie est considérée par de nombreux industriels de la chaîne logistique comme la solution technologique ultime à tous les problèmes de traçabilité, notion essentielle depuis les crises sanitaires liées aux filières alimentaires.

Cependant les solutions de radio-identification, bien qu’opérationnelles, souffrent d’un manque de normalisation. La jungle des solutions proposées par les différents fabricants rend la traçabilité universelle difficile à réaliser.

EPCglobal[13] est une organisation qui travaille dans ce sens sur une proposition de standard international afin de normaliser les usages techniques de radio-identification. Le but est de pouvoir disposer d’un système de distribution homogène des identifiants afin de disposer d’un EPC (electronic product code ou code produit électronique) pour chaque objet présent dans la chaîne logistique de chaque entreprise du monde.

Les propriétés des radio-étiquettes permettraient également d’envisager des applications à destination du consommateur final, comme :

Une autre proposition d’utilisation de cette innovation est l’inclusion dans les documents à caractère officiel de radio-marqueurs comme système d’identification et de validation, notamment pour les passeports, mais aussi pour les permis de conduire. On peut ainsi envisager d’inclure des données biométriques d’authentification afin de renforcer les dispositions de sécurité.

[modifier] Galerie

image représentant une voiture roulant sur des systèmes de détections, et dont le boitier RFID collé sur le pare-brise échange des informations avec des capteurs placés en hauteur, au dessus de la voiture
Péage (en)FasTrak (littéralement : (fr)VoieRapide) : Système de télépéage automatique, sans arrêt du conducteur. Dans la voie de péage, des capteurs (1) détectent le véhicule. lisent (2) le transpondeur (3) monté sur le pare-brise. Le "rideau de lumière" (4) compte (5) le nombre d'essieux, et le compte-propriétaire de la puce est facturé. Un panneau électronique (6) affiche le prix facturé. Un véhicule sans transpondeur, est classé comme contrevenant ; les caméras (7) filment et mémorisent la plaque d'immatriculation pour une contravention (si la plaque est celle d'un utilisateur FasTrak enregistré, il ne paiera que le prix du péage)

[modifier] Risques

Les technologies de radio-identification pourraient s’avérer dangereuses pour l'individu et la société (ex : santé et protection de la vie privée)[15], avec :

[modifier] Protection de l'individu

La législation française prévoit une certaine protection de la vie privée en interdisant :

Selon l’association allemande FoeBuD, la législation n’est pas assez restrictive pour la technologie de radio-identification et la protection des informations personnelles[19].
Certaines associations proposent des outils pour se protéger d’une utilisation non autorisée de la radio-identification, tel que RFID Guardian[20].
D’autres associations proposent le boycott de cette technologie qu’elles estiment liberticide[21]. Selon elles, le fichage d’informations non contrôlables dans une carte d’identité électronique serait préjudiciable à la liberté des individus[22].

[modifier] Défaut de sécurité ?

Un groupe de hackers a annoncé à la convention bi-annuelle Sixth HOPE à New York avoir cracké (cassé) les sécurités de la fameuse puce sous-cutanée[23]. Ils prétendent aussi avoir pu la cloner. Ils estiment que la législation est trop souple avec cette technologie, au regard de son potentiel d'atteinte à la vie privée et de fuite d'information.

[modifier] Notes et références

  1. legifrance.gouv.fr - décision de la Commission générale de terminologie et de néologie sur le terme français radio-identification, le 9 septembre 2006[pdf]
  2. lefigaro.fr - Le premier homme contaminé par un virus informatique
  3. Mojix redéfinit la distance de lecture pour les systèmes RFID passifs, Radio RFID
  4. Jean-Baptiste Waldner, « Nano-informatique et Intelligence Ambiante - Inventer l’Ordinateur du XXIe siècle [1] », dans {{{périodique}}}, Hermes Science, 2007, p. p251 (ISBN 2746215160) 
  5. Smart Objects: IBM Global Technology Outlook 2005.
  6. Recherches RFID portant sur la réduction des ruptures de stock chez Wal-Mart, Radio RFID
  7. filrfid.org - Vélib et radio-identification
  8. Advanco et Sanofi, ou IBIZZ et Pfizer pour la traçabilité des médicaments.
  9. Analogon suivi et maintenance de matériel urbain, jeux publics, arbres d'ornement.
  10. DMD Associates spécialiste de l'échange de cartes de visites électroniques par RFID
  11. Maintag implants corporels.
  12. Maintag contrôle de la lactation.
  13. epcglobalinc.org
  14. Jean-Baptiste Waldner, Nanocomputers & Swarm Intelligence, ISTE, Londres, 2007, 242 p. (ISBN 9781847040022) 
  15. Dossier futura-sciences
  16. Les puces RFID à l’origine de cancers chez les souris
  17. van der Togt R, Jan van Lieshout E, Hensbroek R, Beinat E, Binnekade JM, Bakker PJM, Electromagnetic interference from radio frequency identification inducing potentially hazardous incidents in critical care medical equipment, JAMA, 2008;299:2884-2890
  18. Avis de l’Agence française de sécurité sanitaire de l’environnement et du travail - AFSSET, 26 janvier 2009 [pdf]
  19. (de) Association allemande FoeBuD pour prévenir les abus potentiels des radio-marqueurs
  20. Libération/écrans - Interview de Mélanie Rieback (juin 2006)
  21. Pièces et main d’œuvre - RFID : la police totale [pdf]
  22. L’En Dehors - Vers un contrôle social policier sans faille
  23. Annonce de cassage des sécurités de la puce sous-cutanée

[modifier] Bibliographie

[modifier] Annexes

[modifier] Articles connexes

[modifier] Liens externes

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