Bertrand Burgalat

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Bertrand Burgalat 2008

Comme on l’a dit de Coco Chanel, Bertrand Burgalat est un irrégulier, une personnalité d’un calibre insolite qui n’appartient à rien, se tient à la périphérie des genres reconnus où il secrète son univers propre. Artiste polymorphe, ce musicien est à la fois auteur, compositeur, arrangeur, interprète, producteur, chef de bande et agent d’influence.

Ses pairs l’admirent, le respectent, en font leur banque de données. Le grand public connaît surtout ses compositions pour Christophe Willem. Il a également croisé les chemins d'Alain Chamfort, Philippe Katerine, Mick Harvey, Supergrass, Robert Wyatt ou Marc Lavoine.

En vingt ans, Bertrand Burgalat a travaillé sur plus de 150 albums comme producteur, arrangeur, compositeur ou musicien.


TRICATEL

Dès ses premières tentatives en studio Burgalat réalise qu'il doit compter sur ses propres forces : il lui faut, pour que ses projets hors-normes voient le jour, fabriquer les outils lui permettant d’avoir un contrôle complet sur les différents aspects de son travail et de produire les projets qui lui tiennent à cœur.

En 1995, Bertrand Burgalat crée donc le label Tricatel, une principauté non-alignée, indépendante et souveraine, une aventure collective aussi, où il produit les projets les plus éclectiques.

Tricatel est un hommage élégant et léger à la singularité et à l'esprit de groupe : équipes de musiciens, de paroliers (Pascal Mounet, Matthias Debureaux, Elisabeth Barillé..), de réalisateurs (Kuntzel et Deygas, Daniel Klein, Serge Bozon). Sinueuse et fantasque, sa ligne éditoriale est inclassable : Burgalat fabrique des disques comme on offre des cadeaux. Le label répare des oublis (André Popp, David Whitaker), fait la part belle aux écrivains (Michel Houellebecq, Jonathan Coe, Jean-Jacques Schuhl), lance des groupes (A.S Dragon, Les Shades), produit des musiciens secrets (April March, Count Indigo, Etienne Charry, Burgalat lui-même). Des artistes qui n’appartiennent à rien, qui se tiennent à l’écart et qu’on méconnaît.

Menant une guerre du goût, Tricatel organise, à la fin des années 90, des lundi musicaux au Bowling de l’Etoile. On y écoute une musique choisie, sans distinction de bon ou de mauvais goût, rock, hip hop, soul, musique électronique, tout, sauf le tapis de house qui colonise alors les night-clubs. L’entrée est gratuite (pour que ce ne soient pas les pauvres et les enthousiastes qui paient alors que les autres sont sur guest list ), la soirée démarre à 19 heures. Pour semer les branchés qui rappliquent, l’irrécupérable Tricatel se décale de l’autre côté du périphérique à Main d’Oeuvres, Saint Ouen. Un public de passionnés vient y écouter, le samedi après midi, des artistes Tricatel ou pas en concert et des D.J amateurs passent leurs disques préférés. L’entrée est à 5 euros pour tout le monde. Lorsque ces approches se généralisent le label passe à autre chose, sa mission accomplie.

Si l’influence de Burgalat grandit, le succès commercial reste timide. Pour faire vivre le label, Burgalat exécute des travaux de commande, musiques de publicité, génériques et habillages en tous genres, le plus souvent sous la houlette d'Olivier Kuntzel et Florence Deygas.


Le chatoyant catalogue comportera 33 titres cette année, du tout premier Valérie Lemercier chante au tout dernier Cinq sur cinq des Shades

Bertrand Burgalat est un producteur, un musicien et un compositeur français né à Bastia en 1963. D'un père Préfet de Corse. Il est connu pour divers projets éclectiques :


Il a été promu chevalier des arts et Lettres en avril 2009 par la ministre de la Culture, Christine Albanel. Etaient présents lors de la remise des insignes : Valérie Lemercier, Marc Lavoine, Jean-Paul Rouve, Philippe Manoeuvre, et Jean-Charles de Castelbajac.

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