Luce Irigaray

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Luce Irigaray (née en 1930) est une linguiste et psychanalyste féministe française.

Biographie[modifier | modifier le code]

Luce Irigaray est née en 1930 à Blaton en Belgique. Après des études à l'Université catholique de Louvain et un début de carrière en tant que professeur dans un lycée de Bruxelles, elle vient s'installer en France au début des années 1960. Elle devient, un peu plus tard, directrice de recherche au Centre national de recherche scientifique. Elle soutient en 1968 un doctorat en linguistique. De 1970 à 1974, elle enseigne à l'université Paris VIII alors située à Vincennes.

Elle participe à la même époque au Séminaire de Jacques Lacan. Elle deviendra plus tard elle-même psychanalyste, membre de l'École freudienne de Paris et sera l'analyste d'Antoinette Fouque. Elle présente une seconde thèse un peu plus tard, Speculum. De l'autre femme. On lui retire en 1974 son enseignement à l'université à la demande de Jacques Lacan à cause de ses écrits critiquant la misogynie de Freud[réf. nécessaire]. Irigaray a une grande influence sur le féminisme international contemporain.

Travaux[modifier | modifier le code]

Les premiers travaux de Luce Irigaray sont marqués par l'étude de la différence sexuelle dans la langue : il y aurait une langue des hommes et une langue des femmes, différentes et il appartiendrait, selon elle, aux hommes de comprendre que leur langue ne serait pas la langue de toute l'humanité.

En 1995, Luce Irigaray a établi un bilan en trois étapes de son cheminement[1] :

Critique du sujet masculin[modifier | modifier le code]

Œuvres majeures : Spéculum. De l'autre femme, Ce sexe qui n'en est pas un, en particulier.

« C'est la phase où j'ai montré que c'est un sujet unique, le sujet masculin, qui a créé le monde dans une perspective unique. ». La vérité comme une et unitaire, l'inexistence du multiple, l'illusion de la complémentarité des contraires sont autant de symptômes d'une omniprésence du sujet mâle.

Création d'un sujet féminin[modifier | modifier le code]

C'est le stade de la définition des « médiations qui permettraient l'existence d'une subjectivité féminine, c'est-à-dire, un autre sujet. » Il faut reconnaître ce qui est autre, qu'il y a (« au moins », ajoute-t-elle par moments) deux sexes.

Exploration de l'intersubjectivité[modifier | modifier le code]

Œuvres majeures : J’aime à toi, Être deux.

Cette dernière phase vise à définir un nouveau modèle de relations entre l'homme et la femme, sans soumission de l'un à l'autre.

Ses livres, traduits en anglais, ont influencé plusieurs universitaires et féministes aux États-Unis d'Amérique, et font partie de ce qu'on appelle la French Theory. Elle fait partie des intellectuels critiqués par Sokal et Bricmont dans Impostures intellectuelles.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Il s'agit d'une bibliographie non exhaustive.

  • Le Langage des déments (Mouton / De Gruyter, 1973.
  • Speculum. De l’autre femme (Éditions de Minuit, 1974).
  • Ce sexe qui n’en est pas un (Éditions de Minuit, 1977).
  • Et l’une ne bouge pas sans l’autre (Éditions de Minuit, 1979).
  • Amante marine de Friedrich Nietzsche (Éditions de Minuit, 1980).
  • Le Corps-à-corps avec la mère (La Pleine lune, 1981).
  • Passions élémentaires (Éditions de Minuit, 1982).
  • L’Oubli de l’air - chez Martin Heidegger (Éditions de Minuit, 1983).
  • La Croyance même (Éditions Galilée, 1983).
  • Éthique de la différence sexuelle (Éditions de Minuit, 1984).
  • Parler n’est jamais neutre (Éditions de Minuit, 1985).
  • Sexes et parentés (Éditions de Minuit, 1987).
  • Le Temps de la différence. Pour une révolution pacifique (L.G.F., « Le Livre de poche. Biblio », 1989).
  • Sexes et genres à travers les langues (Grasset, 1990).
  • Je, tu, nous. Pour une culture de la différence (Grasset, 1990 ; L.G.F., « Le Livre de poche. Biblio » n°4155, 1992).
  • J’aime à toi (Grasset, 1992).
  • Être deux (Grasset, 1997).
  • Entre Orient et Occident (Grasset, 1999).
  • Prières quotidiennes / Everyday prayers (Maisonneuve et Larose / University of Nottingham, 2004).

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Elizabeth Hirsch, « "Je-Luce Irigaray": A Meeting with Luce Irigaray », Hypatia, vol. 10, no 2,‎ 1995, p. 93–114