Jean-Jacques Lequeu

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Jean-Jacques Lequeu
Image illustrative de l'article Jean-Jacques Lequeu
Autoportrait (1786).
Présentation
Naissance 14 septembre 1757
Rouen, France
Décès 28 mars 1826 (à 69 ans)
Paris, France
Nationalité française
Mouvement(s) Néo-classicisme
Formation Le Brument
Œuvre
Agence François Soufflot le Romain

Jean-Jacques Lequeu, né le 14 septembre 1757 à Rouen et mort le 28 mars 1826 à Paris, est un architecte et dessinateur français.

Un artiste énigmatique[modifier | modifier le code]

À part deux « folies » aux environs de sa ville natale, aucun de ses projets n'a été construit. Tout le reste de son œuvre architecturale consiste dans des dessins de bâtiments parfois fantaisistes, et souvent utopistes. Le reste de son œuvre picturale, tels ses autoportraits en travesti, ses études anatomiques sur les organes génitaux, contemporains de Sade, et ses physionomies, appartiennent peut-être au fantasme et a constitué en tous cas une inspiration pour, entre autres, le surréalisme qui a vu en lui un précurseur. On sait que Marcel Duchamp eut accès aux planches et notes de Lequeu déposées à la BnF, quand d'autres, dont Philippe Duboy, rappellent que l'humour ne cesse de se dissimuler derrière l'œuvre.

Il signait ses compositions « J L Q », « J. J. Le Queu » ou « Jn-Jques Lequeu ».

Formation[modifier | modifier le code]

On ne sait pas grand-chose de sa vie. On sait qu’il est fils de maître menuisier, qu'il a travaillé dans sa ville natale avec l’architecte Le Brument, qu'il fut formé au dessin, art dans lequel il excellait, par Jean-Baptiste Descamps. Il a ensuite reçu deux prix de l’Académie de Rouen en 1776 et 1778, puis une bourse qui lui permet de partir pour Paris. Il se dit « architecte de l’Académie royale des Sciences, Belles-Lettres, et Beaux-Arts de Rouen »[1].

Un disciple de Soufflot[modifier | modifier le code]

En 1779, il travaille comme dessinateur ou inspecteur au bureau des bâtiments de l’église Sainte-Geneviève, c'est-à-dire pour l’agence de Jacques-Germain Soufflot : par la suite, Lequeu passe au service de François Soufflot le Romain. Pour lui, il exécute la plupart des esquisses du futur hôtel de Montholon (1785) en s'inspirant de Samson-Nicolas Lenoir. Vers cette même époque, il compose une suite de planches intitulée Dessin[s] qui représente[nt] avec des figures, par quelle[s] teintes, et comment on doit laver les plans, élévations et profils des corps opaques, relevant clairement du fantastique, dont un tombeau creusé dans la montagne à même la roche (qui n'est pas sans rappeler certains projets de cénotaphe d’Étienne-Louis Boullée). On connaît deux autres portfolios : Architecture civile et Nouvelle méthode. Il dessine un pavillon chinois pour le secrétaire d’État Henri Bertin pour son domaine situé à Chatou[2].

Un bureaucrate visionnaire[modifier | modifier le code]

Un « projet fantasque » de Lequeu : « Porte de sortie du parc des Plaisirs, de la Chasse du prince ».

Employé au bureau du Cadastre en 1793, il sauve de la profanation la sépulture de son maître, Soufflot. C'est sous la Révolution qu'il produit ces étranges portraits, dont le plus connu est celui de la bonne sœur dévoilant ses seins et légendé ainsi : « Et mais nous aussi nous serons mères, car... ! »

En 1802, il travaille au bureau des bâtiments civils du ministère de l’Intérieur tout en continuant à produire pour lui-même quantité de dessins. En juillet 1825, il donne l’ensemble de ses dessins et manuscrits à la Bibliothèque royale : le fonds a hélas été quelque peu recomposé, la logique en a été bousculée par les conservateurs de l'époque.

Il est souvent considéré comme un architecte « révolutionnaire », au même titre que Étienne-Louis Boullée et Claude Nicolas Ledoux. Cette épithète ne vient pas de ce qu’ils ont révolutionné l’architecture ou qu’ils aient été particulièrement engagés à cette période, mais qu’ils sont contemporains de la Révolution française.

Il est inhumé au cimetière du Père-Lachaise dans une concession à perpétuité non localisée[3].

Sources[modifier | modifier le code]

  • Jacques Guillerme, « Lequeu et l’invention du mauvais goût », Gazette des Beaux-Arts, Paris, septembre 1965, p. 153-166.
  • Emil Kaufmann, Trois architectes révolutionnaires, Boullée, Ledoux, Lequeu, Paris, SADG, 1978.
  • Philippe Duboy, Jean-Jacques Lequeu : une énigme, Hazan, Paris, 1987, 367 p., (ISBN 978-2-85025-129-0).
  • Annie Jacques et Jean-Pierre Mouilleseaux, Les Architectes de la Liberté, Gallimard, Paris, 1988.
  • Comité régional d'Histoire de la Révolution, La Révolution en Haute-Normandie : 1789-1802, Rouen, éditions du P'tit Normand,‎ 1989, 464 p. (ISBN 9782906258181, OCLC 22218029).
  • Philippe Duboy, « La Fantasmagorie de l’architecte », in catalogue de l’exposition Les architectes de la liberté 1789-1799, ENSBA, Paris (4 octobre 1989 - 7 janvier 1990) (ISBN 978-2-90363-965-5).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Autoportrait de 1786, sur Gallica.
  2. Christopher Drew Armstrong, article « Lequeu, Jean-Jacques » in Encylopædia Universalis, Thesaurus, T. III.
  3. Werner Szambien, « L'inventaire après décès de Jean-Jacques Lequeu », Revue de l'Art, vol. 90, no 90,‎ 1990, p. 104-107 (lire en ligne).

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