Suzanne Lilar

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Suzanne Lilar

Description de cette image, également commentée ci-après

Suzanne Lilar dans les années 1980

Nom de naissance Suzanne Verbist
Activités dramaturge, essayiste, romancière
Naissance 21 mai 1901
Gand, Drapeau de la Belgique Belgique
Décès 11 décembre 1992 (à 91 ans)
Bruxelles, Drapeau de la Belgique Belgique
Langue d'écriture française
Genres essai, roman

Suzanne Lilar (née Suzanne Verbist) (Gand, Belgique, 21 mai 1901 - Bruxelles, 11 décembre 1992) est une dramaturge, essayiste et romancière belge flamande de langue française.

Vie[modifier | modifier le code]

La mère de Suzanne Lilar était institutrice, son père chef de gare. Après avoir vécu sa jeunesse à Gand, et après un bref premier mariage, elle s'installe à Anvers où elle est la première femme avocate à s'inscrire au barreau, et où en 1929 elle épouse l'avocat Albert Lilar qui deviendra plus tard un ministre de Justice et ministre d'État, parti libéral. Elle est la mère de l'écrivain Françoise Mallet-Joris (née en 1930) et de l'historienne d'art Marie Fredericq-Lilar (née en 1934). Après la mort de son mari en 1976, elle quitte Anvers pour Bruxelles en 1977.

Éducation[modifier | modifier le code]

Suzanne Lilar et camarades de classe à l'Université de Gand, 1920

En 1919 Suzanne Lilar s'inscrit à l'université de Gand où elle étudie la philosophie et est la première femme à obtenir son diplôme en droit en 1925. Pendant ses études elle participe à un séminaire sur Hadewijch d'Anvers. Son intérêt pour la poétesse et mystique du XIIIe siècle va jouer un rôle très important dans ses essais, pièces de théâtre et romans futurs. La perspicacité historico-culturelle de Suzanne Lilar, son analyse sur la conscience et l'émotion, sa recherche de la beauté et de l'amour sont en même temps temporels et intemporels.

Carrière littéraire[modifier | modifier le code]

Les écrivains Marnix Gijsen (au fond à gauche), sa fille Françoise Mallet-Joris (à droite), S. Lilar, et la future reine Paola (années 1960).

Suzanne Lilar est un auteur complètement moderne et féministe. En 1956 elle remplace Gustave Van Zype comme membre de l'académie royale de langue et de littérature françaises[1]. Son œuvre a été traduite en plusieurs langues.

Théâtre[modifier | modifier le code]

Suzanne Lilar a commencé sa carrière littéraire comme journaliste écrivant sur l'Espagne républicaine pour L'Indépendance belge en 1931. Plus tard elle est devenue dramaturge avec Le Burlador (1946), une réinterprétation originale du mythe de Don Juan vu d'une perspective féminine et indiquant une capacité profonde de l'analyse psychologique. Elle a écrit deux autres pièces de théâtre, Tous les chemins mènent au ciel (1947), un drame théologique mis en scène dans un couvent dans le XIVe siècle, et Le Roi lépreux (1951), une pièce néo-pirandellienne sur les Croisades.

Essais critiques[modifier | modifier le code]

Suzanne Lilar dans sa maison à Anvers, dans les années 1960.

Ses premiers essais traitent tous du théâtre. Soixante ans de théâtre belge (1952), publié à New York en 1950 sous le titre The Belgian Theater since 1890, souligne l'importance de la tradition flamande. En 1954 paraît le Journal de l'analogiste, dans lequel l'origine de l'expérience de la beauté et de la poésie est guidée par des analogies. Un essai court Théâtre et le mythomanie a été publié en 1958. Transcendance, métamorphose et dépassement sont centrales à la thèse profondément originale de Le Couple (1963). Dans des pages érudites sur Rubens, l'Androgyne ou l'homosexualité dans la Grèce antique, Suzanne Lilar médite sur le rôle de la femme dans l'amour conjugal à travers les âges dans la culture occidentale. Traduit en néerlandais en 1976, il inclut un texte de Marnix Gijsen. Dans la même veine elle écrit des essais fortement critiques sur Jean-Paul Sartre (À propos de Sartre et de l'amour, 1967) et Simone de Beauvoir (Le Malentendu du Deuxième Sexe, 1969).

Œuvres autobiographiques, romans[modifier | modifier le code]

Sa fille Marie Fredericq-Lilar, S. Lilar et André Delvaux dans les années 1980.

Suzanne Lilar a écrit deux livres autobiographiques, Une Enfance gantoise (1976) et À la recherche d'une enfance (1979), et deux romans, datant de 1960, Le Divertissement portugais et La Confession anonyme, une idéalisation néoplatonicienne de l'amour à partir d'une expérience personnelle. Le cinéaste belge André Delvaux a recréé ce roman au cinéma comme Benvenuta en 1983. Les Moments merveilleux et le Journal en partie double, I & II ont été publiés dans les "Cahiers Suzanne Lilar" (1986).

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Prix littéraires[modifier | modifier le code]

Travaux critiques[modifier | modifier le code]

  • Autour de Suzanne Lilar. Textes de Georges Sion, Françoise Mallet-Joris, Julien Gracq, R. P. Carré, Roland Mortier, Armand Lanoux, Jacques de Decker, Jean Tordeur, Suzanne Lilar. Bulletin de l'Académie Royale de Langue et de Littérature françaises. Bruxelles, 1978, t. LVI, nr. 2, p. 165-204.
  • Alphabet des Lettres belges de langue française. Bruxelles, Association pour la promotion des Lettres belges de langue française, 1982.
  • René Micha, 1982. <<Benvenuta>> d'André Delvaux: Une adaptation exemplaire de la <<Confession anonyme>> de Suzanne Lilar, p. 215-219. In André Delvaux ou les visages de l'imaginaire, Ed. A. Nysenhole, Revue de l'Université de Bruxelles.
  • Cahiers Suzanne Lilar. Paris, Gallimard, 1986 (avec une bibliographie de Martine Gilmont).
  • Marc Quaghebeur, 1990, Lettres belges : entre absence et magie. Bruxelles, Labor, Archives du Futur.
  • Paul Renard, 1991. Suzanne Lilar : Bio-Bibliographie, vol. 17, p. 1-6, Nord - Revue de Critique et de Création Littéraires du Nord-Pas-de-Calais. Suzanne Lilar- Françoise Mallet-Joris, ISSN 0755-7884.
  • Béatrice Gaben-Shults, 1991. Le Théâtre de Suzanne Lilar: tentation et refus de mysticisme, vol. 17, p. 7-13, Nord - Revue de Critique et de Création Littéraires du Nord/ Pas-de-Calais. Suzanne Lilar - Françoise Mallet-Joris, ISSN 0755-7884.
  • Colette Nys-Mazure, 1991. La part du feu, vol. 17, p. 15-22, Nord - Revue de Critique et de Création Littéraires du Nord-Pas-de-Calais. Suzanne Lilar - Françoise Mallet-Joris, ISSN 0755-7884.
  • Colette Nys-Mazure, 1991. Dossiers Suzanne Lilar, dans Dossiers Littérature Française de Belgique (Service du Livre Luxembourgeois) fasc. 3(32): 1-27. ISSN 0772-0742
  • Michèle Hecquet, 1991. L'Éducation paternelle : Une enfance gantoise, vol. 17, p. 23-28, Nord - Revue de Critique et de Création Littéraires du Nord-Pas-de-Calais. Suzanne Lilar - Françoise Mallet-Joris, ISSN 0755-7884.
  • Colette Nys-Mazure, 1992, Suzanne Lilar. Éditions Labor, Bruxelles, 150 pp., ISBN 2-8040-0698-0
  • Frans Amelinckx, 1995, L'apport de John Donne à l'œuvre de S. Lilar, p. 259-270 dans La Belgique telle qu'elle s'écrit.
  • Françoise Mallet-Joris, Portrait de l'auteur; Colette Nys-Masure, préface Suzanne Lilar - Théâtre, 1999, Collection Poésie Théâtre Roman, Académie royale de langue de littérature françaises, ISBN 2-8032-0033-3
  • Suzanne Fredericq, 2001, 'Elegance: A Brief, Perfectly Balanced Instant of Complete Possession of Forms", p. 14-19 dans Elegance, Beauty and Truth", Ed. Lewis Pyenson, New Series Vol. 2, Center for Louisiana Studies, Univ. of Louisiana at Lafayette, ISBN 1-889911-09-7.
  • Hélène Rouch, 2001-2002, Trois conceptions du sexe : Simone de Beauvoir entre Adrienne Sahuqué et Suzanne Lilar, Simone de Beauvoir Studies, no 18, p. 49-60.
  • Susan Bainbrigge, 2004, Writing about the In-Between in Suzanne Lilar's Une Enfance gantoise, Forum for Modern Language Studies 40(3):301-313.

Interview[modifier | modifier le code]

  • Une enfance gantoise - Une interview de Madame Suzanne Lilar dans Le Rail, 1977(2): 23-27
  • Au delà de l'apparence - Une interview de Suzane Lilar par Jean-Marie Mersch et Joseph Benedek - 1979 [2]

Galerie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]