André-Georges Haudricourt

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André-Georges Haudricourt (1911-1996) est un linguiste, botaniste, géographe et ethnologue français, directeur de recherche au CNRS[1].

Carrière[modifier | modifier le code]

Élève et ami de Marcel Mauss, contemporain de Claude Levi-Strauss et d'André Leroi-Gourhan, A-G. Haudricourt est un scientifique autodidacte[2], érudit et atypique.

Il obtient un diplôme d'Ingénieur Agronome en 1931. Il fait une première mission en URSS en 1934 auprès du généticien Nikolaï Vavilov. Il entre au CNRS en 1939, dans le laboratoire de botanique appliquée du Muséum national d'histoire naturelle, où Auguste Chevalier lui demande de traduire du russe une anthologie des travaux de Vavilov sur l'origine des plantes cultivées, qu'il popularisera dans son livre fondateur d'ethnobotanique, L'Homme et les plantes cultivées (1943). Il séjourne ensuite en Asie du Sud-Est (il fut bibliothécaire à l'École Française d'Extrême-Orient à Hanoï en 1948-1949).

A-G. Haudricourt a joué un rôle fondamental dans le développement de l'anthropologie des techniques, de l'ethnoscience et de l'ethnolinguistique. Cet amoureux de la flore, des langues et des objets techniques a laissé une œuvre difficile à classer par l'immense variété des sujets qu'elle embrasse, depuis l'origine et l'histoire de l'attelage ou des plantes cultivées, la phonologie des langues austronésiennes, les rapports entre le traitement des plantes et le traitement d'autrui, jusqu'à l'écologie des poux ou la forme des boutons.

Savant d’une extraordinaire érudition[n 1] notoire pour son ironie[n 2] mordante, son anticonformisme et l’hallucinant fouillis d’ouvrages dans lequel il vivait, il a marqué d’une empreinte indélébile toute une génération d’ethnologues et de linguistes.

Parmi ses contributions scientifiques principales figurent ses travaux sur l'origine des tons du vietnamien et du chinois archaïque.

Haudr. est l’abréviation botanique officielle de André-Georges Haudricourt.
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Publications : articles scientifiques et chapitres d'ouvrages[modifier | modifier le code]

Chapitres d'ouvrages ou articles

  • 1940, Méthode pour obtenir des lois concrètes en linguistique générale, BSLP 41(1):70-74.
  • 1948, Les Phonèmes et le vocabulaire du thaï commun, Journal Asiatique 236:197-238 [rééd. dans Problèmes de pholologie diachronique, SELAF, 1972].
  • 1953, La place du vietnamien dans les langues austroasiatiques, BSLP 49(1):122-128.
  • 1953, 4 articles sur les langues d'Océanie, in A. Leroi-Gourhan et C.-A. Julien (eds), Ethnologie de l'Union française, Paris, PUF. [Articles dans trois thématiques: "L'écriture et les langues" (L'Indochine) - "Les langues" (Nouvelle-Calédonie et dépendances, Nouvelles-Hébrides) - " La langue" (Polynésie française)].
  • 1954, Comment reconstruire le chinois archaïque, Word 10(2-3): 351-364.
  • 1954, De l'origine des tons en vietnamien, Journal Asiatique 242:69-82.
  • 1956, De la restitution des initiales dans les langues monosyllabiques : le problème du thaï commun, BSLP 52:307-322.
  • 1956, Une discipline nouvelle : l'ethnobotanique, Les Cahiers rationalistes 158 (novembre 1956) [réédité en 1986 à la Manufacture, Lyon].
  • 1957, Les transformations de la linguistique, Scientia 51(12):1-6.
  • 1961, Bipartition et tripartition des systèmes de tons dans quelques langues d'Extrême-Orient, BSLP 56(1):163-80.
  • 1961, Richesse en phonèmes et richesse en locuteurs, L'Homme 1(1):5-10.
  • 1962, Domestication des animaux, culture des plantes et traitement d'autrui, L'homme 2(1):40-50.
  • 1965, Les mutations consonantiques des occlusives initiales en môn-khmer, BSLP 60(1):160-72.
  • 1969, La linguistique panchronique nécessaire à la linguistique comparée, science auxiliaire de la diachronie sociologique et ethnographique, Ethnies 3:23-26.
  • 1970, Les arguments géographiques, écologiques et sémantiques pour l'origine des Thaï, Scandinavian Institute of Asian Studies Monographs Series 1:27-34. (Readings on Asian topics : Papers read at the inauguration of the Scandinavian Institute of Asian StudiesStudentlitteratur, Lund).
  • 1975, Le système des tons du karen commun, BSLP 70(1): 339-343.
  • réédition 1986 : Une discipline nouvelle : l'ethnobotanique (Les Cahiers rationalistes, no 158, novembre 1956, réédité en 1986 à la Manufacture, Lyon).
  • posthume, 2008 : Essai sur l'origine des différences de mentalité entre Occident et Extrême-Orient (suivi de) Un certain sens du concret de Jean-François Bert, Les Carnets 6, (Strasbourg), 85 p.

Publications : livres[modifier | modifier le code]

  • Avec Louis Hédin (1880-?), L'Homme et les plantes cultivées, avec une préface d'Auguste Chevalier (Gallimard, Paris, 1943, réédité en 1987 chez A.-M. Métailié, Paris, avec une préface de Michel Chauvet).
  • Avec Alphonse Juilland (1922-2000) et André Martinet (1908-1999), Essai pour une histoire structurale du phonétisme français (C. Klincksieck, Paris, 1949, réédité en 1970 chez Mouton, Paris et La Haye).
  • Avec André Leroi-Gourhan (1911-1986) et Charles-André Julien (1891-1991), Ethnologie de l'Union française (Presses universitaires de France, Paris, 1953).
  • Avec Mariel Jean-Brunhes Delamare, L'Homme et la charrue à travers le monde (Gallimard, Paris, 1950).
  • Avec Jacqueline M.C. Thomas, La Notation des langues, phonétique et phonologie (Institut géographique national, Université de Paris, Institut d'ethnologie, 1967).
  • Problèmes de phonologie diachronique (Société pour l'étude des langues africaines, Paris, 1972).
  • Avec Claude Hagège (1936-), La Phonologie panchronique : comment les sons changent dans les langues (Presses universitaires de France, Paris, 1978).
  • Avec Françoise Ozanne-Rivierre, Dictionnaire thématique des langues de la région de Hienghène (Société pour l'étude des langues africaines, Paris, 1982).
  • Avec Pascal Dibie, Les Pieds sur terre (A.-M. Métaillé, Paris, 1987).
  • La Technologie science humaine (Édition de la Maison des sciences de l'Homme, Paris, 1988).
  • Des gestes aux techniques. Essai sur les techniques dans les sociétés pré-machinistes. (Édition de la Maison des sciences de l'Homme et Quæ, Paris, 2010). Livre prêt à la fin des années 1950 mais resté inédit.

Diplômes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Barbara Niederer, Alban Bensa et Jean-François Bert, « La matière du monde : Préface », Le Portique,‎ 4 août 2011 (lire en ligne) : “Pratiquant autant les sciences humaines que les sciences naturelles, il a su mettre en évidence les liens intrinsèques entre ces champs traditionnellement séparés dans des études pionnières sur la domestication des animaux, la culture des plantes, l’évolution des langues, la technologie, ou encore le traitement d’autrui. […] Les discussions avec lui se poursuivaient bien souvent au restaurant ou finissaient en excursion botanique.”
  2. Antoine de Gaudemart, « Haudricourt, retour à la terre. L’ethnologue, qui se passionna pour les langues et les plantes, est mort à 85 ans », Libération,‎ 22 août 1996 (lire en ligne) : “Sans craindre de malmener certains tabous, André-Georges Haudricourt s’est demandé toute sa vie, sans trouver de réponse, si au fond ce n’était pas les autres êtres vivants qui avaient éduqué les hommes, si ce n’était pas les chevaux qui leur avaient appris à courir, les grenouilles à sauter, les plantes à patienter. Et à ceux qui lui reprochaient l’éclectisme de ses recherches et leur caractère dispersé, il répondait avec malice: Mais non, au contraire, je rassemble!

Références[modifier | modifier le code]

  1. Haudricourt et les ethnosciences au Muséum national d’histoire naturelle (texte en ligne)
  2. Jean-François Bert, « Marcel Cohen et André Georges Haudricourt : un regard singulier sur la linguistique », Langage et société, n°2,‎ février 2009, p. 77-97 (lire en ligne).

Liens externes[modifier | modifier le code]

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