Capital culturel

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Page d'aide sur les redirections Cet article concerne le capital culturel au sens sociologique. Pour la traduction de l'anglais « cultural capital » au sens de patrimoine culturel, voir patrimoine (culture).

Le capital culturel est un concept sociologique introduit par Pierre Bourdieu, qui désigne l’ensemble des ressources culturelles dont dispose un individu. Il existe aux côtés du capital économique et du capital social.

Trois formes distinctes[modifier | modifier le code]

Pierre Bourdieu y voit un instrument de pouvoir au niveau de l'individu sous forme d'un ensemble de qualifications intellectuelles produites par l'environnement familial et le système scolaire. C'est un capital parce qu'on peut l'accumuler au cours du temps et même, dans une certaine mesure, le transmettre à ses enfants, l'assimilation de ce capital à chaque génération étant une condition de la reproduction sociale. Comme tout capital, il donne un pouvoir à son détenteur.

Le capital culturel défini par Bourdieu se présente sous trois formes distinctes :

  • Une forme incorporée : c'est l'habitus culturel. Il se construit par socialisation successive et comprend par exemple l'aisance sociale et la capacité à s'exprimer en public.
  • Une forme objectivée : ce sont les biens culturels (livres, tableaux, disques, etc.). Pour s'approprier un bien culturel, il faut être porteur de l'habitus culturel.
  • Une forme institutionnalisée : ce sont les titres scolaires. Un titre scolaire s'évalue sur un "marché" : celui des titres scolaires. Sa valeur est relative et dépend de sa position au sein de l'échelle toute relative des titres scolaires. C'est notamment la valeur d'un titre qui permet de se monnayer ensuite, par exemple, sur le marché du travail ou sur le marché des productions de biens culturels[1]

Approches critiques[modifier | modifier le code]

La notion de capital culturel a largement été employée en sociologie. Toutefois, le concept fait actuellement part de critiques. La vision de Bourdieu ne prendrait pas en compte la culture populaire décrite par Richard Hoggart dans La culture du pauvre. D'autre part, le transfert héréditaire conçu par Bourdieu fait abstraction des cas atypiques de personnes issues d'un milieu culturellement défavorisé et qui réussissent à l'école (et des cas inverses). À la légitimité de la culture savante, vient s'opposer la légitimité de l'éclectisme, qui pour Philippe Coulangeon n'est toutefois qu'une autre forme de compétences inégalement distribuées[2].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Pierre Bourdieu, « Les trois états du capital culturel », Actes de la recherche en sciences sociales, vol. 30,‎ novembre 1979, p. 3-6 (DOI 10.3406/arss.1979.2654)
  2. Christine Détrez, Le capital culturel en questions Idées n° 142, décembre 2005 [PDF]

Voir aussi[modifier | modifier le code]