Ramzi Yousef

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Ramzi Yousef
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Biographie
Naissance
Voir et modifier les données sur Wikidata (49 ans)
KoweïtVoir et modifier les données sur Wikidata
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Abdul Basit Mahmoud Abdul Karim, mieux connu sous le pseudonyme Ramzi Ahmed Yousef ou Ramzi Mohammed Yousef (en arabe : رمزي يوسف), également connu sous des dizaines d'autres pseudonymes, né le au Koweït, est un terroriste islamiste pakistanais.

Il est l'un des planificateurs de l'attentat du World Trade Center de 1993, de l'opération Bojinka — précurseur des attentats du 11 septembre 2001 —, d'une conspiration envers Benazir Bhutto et de l'attentat manqué sur le vol 434 Philippine Airlines en décembre 1994[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Famille et enfance[modifier | modifier le code]

Abdul Basit Mahmoud Abdul Karim, dit Ramzi Yousef, utilise de nombreux pseudonymes[2],[3]. Il est né au Koweït de parents pakistanais. Son père, plus précisément, est originaire de la province du Baloutchistan.

La mère de Ramzi Yousef est suspectée d'être la sœur de Khalid Cheikh Mohammed[réf. nécessaire].

Parcours international[modifier | modifier le code]

Lorsque sa famille quitte le Koweït pour revenir au Pakistan, Yousef part pour le Swansea Institute (en) au Pays de Galles en 1986[4]. Il s'enregistre à l'université sous le nom d'Abdul Basit Mahmoud Kareem[4]. Il obtient un diplôme d'ingénieur en électronique en 1989[4]. Il est de retour au Koweït en 1990 lorsque les troupes irakiennes envahissent le pays[4]. Il quitte la ville de Koweit le pour le Pakistan en passant par l'Irak[4]. Au début de l'année 1991, il est aux Philippines avec l'objectif d'entrer en contact avec le groupe militant islamique Abou Sayyaf qui se bat pour l'indépendance de l'île de Mindanao[4]. En 1992, il quitte les Philippines pour Bagdad où il n'est que de passage avant d'entrer au Pakistan avec un passeport irakien le [4]. Il passe l'été à Peshawar avec Ahmed Ajaj avant de partir pour les États-Unis le [4].

Attentat du World Trade Center de 1993[modifier | modifier le code]

Décombres du parking où a eu lieu l'explosion.

Yousef a reçu une formation dans les camps d’entraînement d’Al-Qaida en Afghanistan avant de planifier les attentats aux États-Unis. Khalid Cheikh Mohammed, considéré plus tard comme le principal architecte des attentats du 11 septembre 2001, lui transmet des conseils par téléphone portable.

L'attentat du World Trade Center de 1993 se déroula le , quand une voiture piégée explose sous la tour Nord du World Trade Center, à New York. Les 680 kg de l'engin explosif au nitrate[5] sont placés dans l'intention de faire basculer la tour Nord sur la tour Sud, afin de détruire ainsi le complexe et de tuer des milliers de civils[6]. Malgré l'échec de l'opération, la bombe tua néanmoins 6 personnes et en blessa 1 042[7]. Les attaques sont planifiées par un groupe de conspirateurs, dont Ramzi Yousef. Le financement est assuré par Khalid Cheikh Mohammed. Cet attentat, inspiré par Al-Qaïda, peut être considéré comme le premier attentat djihadiste contre un pays occidental de l'histoire[8].

Opération Bojinka[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Opération Bojinka.

L'opération Bojinka est un plan d'attentats terroristes sur des avions de lignes américains découvert en janvier 1995. Ce plan est considéré comme le précurseur des attentats du 11 septembre 2001 visant des bâtiments symboliques du nord-est des États-Unis[9].

Conspiration envers Benazir Bhutto[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Benazir Bhutto.

Après son retour au Pakistan en février 1993, Yousef se cache. Cet été-là, il aurait accepté l'assassinat contre le Premier ministre du Pakistan, Benazir Bhutto, à la demande de membres du Sipah-e Sahaba Pakistan. Le complot échoue quand Yousef et son complice Abdul Hakim Murad (en) sont interrompus par la police à l'extérieur de la résidence de Bhutto. Yousef décide d'annuler l'attentat à l'explosif mais ce dernier explose alors que Yousef essaye de récupérer l'appareil[réf. nécessaire].

Vol 434 Philippine Airlines[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Vol 434 Philippine Airlines.

Le , le Boeing 747 effectuant le vol 434 Philippine Airlines est sur la deuxième étape de son itinéraire entre Manille, Tokyo et Cebu quand une bombe constituée de nitroglycérine liquide camouflée dans une bouteille de solution pour lentilles de contact explose. Un passage est tué par la bombe posée par Ramzi Yousef mais le commandant de bord — un pilote expérimenté — réussi quand même à poser l'avion en urgence[10].

Arrestation, condamnation et emprisonnement[modifier | modifier le code]

Le , il est arrêté à Islamabad par le Diplomatic Security Service et transféré aux États-Unis[11]. Il purge une peine de prison à vie à ADX Florence[12].

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « CNN - 'Proud terrorist' gets life for Trade Center bombing - Jan. 8, 1998 » (consulté le 17 septembre 2016)
  2. (en) « First of 2 Trials to Open for Key N.Y. Blast Figure », sur latimes (consulté le 4 avril 2018)
  3. (en) Benjamin Weiser, « MASTERMIND GETS LIFE FOR BOMBING OF TRADE CENTER » (consulté le 4 avril 2018)
  4. a, b, c, d, e, f, g et h (en) David B. Ottaway et Steve Coll, « Retracing The Steps of a Terror Suspect », Washington Post,‎ (lire en ligne).
  5. (en) Craig Whitlock, « Homemade, Cheap and Dangerous - Terror Cells Favor Simple Ingredients In Building Bombs », Washington Post,‎ (lire en ligne)
  6. (en) Wright, Lawrence, Looming Tower, Knopf, (2006) p.178
  7. (en) « FBI 100 First Strike: Global Terror in America », FBI.gov (consulté le 8 septembre 2011)
  8. Jean-Claude Cousseran et Philippe Hayez, Renseigner les démocraties, renseigner en démocratie, Paris, Odile Jacob, , 374 p. (ISBN 2738132413), p. 172
  9. « Un avion devait s'écraser sur la Maison-Blanche », Le Parisien, 12 octobre 2002.
  10. (en) « Yousef bombs Philippines Airlines Flight 434 »
  11. (en) Mary Ann Weaver, « Children of the Jihad », The New Yorker,‎ , p. 40-42 (lire en ligne).
  12. (en) By Matt Smth, CNN, « '93 WTC plotter Ramzi Yousef wants contact ban lifted - CNN.com » (consulté le 17 septembre 2016)