Corneille Metsys

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Metsys.
Monogrammes de Corneille Metsys.png
A. Monogrammes de Corneille Metsys,
selon Le Blanc 1856, p. 625.

Corneille ou Cornelis Metsys[1] est un artiste flamand de la Renaissance né à Anvers en 1510 ou 1511 et mort en 1556 ou 1557. Fils de Quentin Metsys et frère de Jan Metsys, il devient franc-maître à la guilde de Saint-Luc d'Anvers en 1531-1532[2]. Dessinateur, graveur et peintre, son style évoque celui de Joachim Patinier qui, à plusieurs reprises, travailla en collaboration avec son père.

Biographie[modifier | modifier le code]

Second fils issu du deuxième mariage de Quentin Metsys avec Catherine Heyns, il fait son apprentissage de peintre auprès de son père en compagnie de son frère Jan. Peintre d'histoire spécialisé dans le paysage comme Joachim Patinier dont il est un des continuateurs, il s'initie à la gravure sur cuivre au burin vers 1527. Peu après la mort de son père entre 1531 et 1532, il est reçu encore mineur franc-maître à la guilde de Saint-Luc d'Anvers. Il signe habituellement ses œuvres d'un monogramme : COR.MET. de 1937 à 1539, CME de 1539 à 1543 et CMA de 1544 à 1556 (ill. A).

Plus tard, il fréquente en compagnie de sont frère Jan les libres-penseurs de la secte libertine des loïstes dirigée par Eligius Pruystinck dit Loys de Schaliedecker. Ce dernier est arrêté en 1544, ce qui provoque la fuite des frères Metsys à l'étranger. Condamnés par contumace, ils sont bannis du Brabant et leurs biens confisqués sont vendus aux enchères publiques. Corneille reste à l'étranger[3], où il meurt en 1556-1557 à l'âge de 45 ans.[4]

Catalogue raisonné des peintures[modifier | modifier le code]

Tableaux de Corneille Metsys signés et datés[modifier | modifier le code]

Classement chronologique.
  • Retour du fils prodigue, signé et daté : « 1538 COR MET », huile sur panneau, 74,5 × 99,5 cm, Rijksmuseum, Amsterdam, inv. SK-A-1286 (ill. P1).[ref. 1]
  • Arrivée de la sainte famille à Bethléem, signé en bas à droite : « CME » et daté 1543, huile sur panneau de chêne, 27 × 38 cm, Staatliche Museen zu Berlin, Berlin, inv. 675 (ill. P2).[ref. 2]
  • Paysage avec saint Jérôme, signé et daté à gauche : « CMA 1547 », huile sur panneau, 26 × 31 cm, Koninklijk Museum voor Schone Kunsten, Anvers, inv. 830 (ill. P3).[ref. 3]
  • Paysage, signé et daté : « CMA 1556 », huile sur bois, 15,5 x 24 cm, Fondation P. et N. de Boer, collection particulière.[ref. 4]
  • Montée au calvaire, signé et daté, huile sur bois, 32 x 51 cm, collection particulière Vlastislav Zátka, Ceské Budejovice.[ref. 5]
  • Paysage avec chasse au chevreuil, signé et daté en bas au centre : « CMA 15.. », huile sur bois, 37,5 x 59 cm, Anhaltische Gemäldegalerie - Schloss Georgium, Dessau, inv. 31.[ref. 6]
  • Montée au calvaire, trace de monogramme et de date en bas à droite, huile sur bois, 30,2 x 44,5 cm, Musées royaux des beaux-arts, Bruxelles, inv. 6644.[ref. 7]

Tableaux attribués à Corneille Metsys[modifier | modifier le code]

Classement par type de collection et titre.
Collections publiques
  • Crucifixion, vers 1531-1562, huile sur bois, 52 x 72 cm, Rockoxhuis, Anvers, inv. 43625.[ref. 8]
  • Crucifixion, XVIe siècle, huile sur bois, 17,5 x 24 cm, Molenbeek-Saint-Jean, inv. 319.[ref. 9]
  • Multiplication des pains et des poissons, vers 1538-1543, huile sur bois, 124,5 x 142 cm, Monasterio San Lorenzo de El Escorial, Madrid, inv. 10014744.[ref. 10]
  • Paysage avec collines, 1565, huile sur bois, 17,6 x 23,9 cm, Museum Mayer van den Bergh, Anvers, inv. 805.[ref. 11]
  • Paysage avec fermes et forêt, huile sur bois, 17,6 x 23,9 cm, Museum Mayer van den Bergh, Anvers, inv. 805.[ref. 12]
  • Paysage avec fuite en Égypte[5], 1545-50, huile sur bois, 27 x 33 cm, Museu Nacional d'Art de Catalunya, Barcelona, inv. 065000-000.[ref. 13]
  • Paysage avec jugement de Paris, huile sur bois, 32,4 x 43,5 cm, Toledo Museum of Art, Toledo, inv. 1935.57.[ref. 14]
  • Paysage avec personnages à la taverne, huile sur bois, 23 x 27 cm, Rijksmuseum Twenthe, Enschede , inv. 64.[ref. 15]
  • Paysage avec saint Jérôme[6], 1510, huile sur bois, 29,2 x 42,5 cm, Musée de Grenoble, Grenoble, inv. MG 950 (ill. P4).[ref. 16]
  • Raccommodeur de soufflets, huile sur bois, 112 x 151,5 cm, Musée des Beaux-Arts, Tournai, inv. cat. 52.[ref. 17]
  • Tentation de saint Antoine, 1531-1562, huile sur bois, 67 x 93,5 cm, Musées royaux des beaux-arts, Bruxelles, inv. 1346.[ref. 18]
Collections particulières
  • Femme jalouse, vers 1530-1560, huile sur bois, Kasteel Nieuwburg, Oostkamp, collection particulière.[ref. 19]
  • Paysage avec fuite en Égypte et massacre des innocents, huile sur bois, collection particulière W. von Bissing, München.[ref. 20]
Tableaux repérés dans le circuit commercial
  • Allégorie du printemps (?), huile sur bois, 30,5 x 48,2 cm, vente Dorotheum, Vienne, 1996-10-15.[ref. 21]
  • Joseph et Marie cherchant refuge à Bethléem, huile sur bois, 18,8 x 16,3 cm, marchand Haboldt & Co., Paris et New York.[ref. 22]
  • Le Bon Samaritain, huile sur bois, 21,5 x 33,5 cm, vente Piasa, Paris, 2002-06-25.[ref. 23]
  • Paysage avec cavaliers et ville fortifiée, huile sur bois, 28 x 29,5 cm, vente Koller, Zürich, 2013-09-16[ref. 24]
  • Paysage avec château entouré d'eau, huile sur bois, fragment 15 x 24 cm, vente Galerie Koller, Zürich, 1996-09-18.[ref. 25]
  • Paysage avec Jupiter et autres personnages", huile sur bois, 29,8 x 44,4 cm, vente Phillips Auctioneers, Londres, 1995-07-04.[ref. 26]

Attributions hypothétiques[modifier | modifier le code]

Classement par type de collection
Collection particulière
  • Paysage avec taverne au bord de l'eau[7], huile sur bois, collection Von Scheven, Potsdam.[ref. 27]
Tableau repéré dans le circuit commercial
  • Paysage avec baptême du Christ et prédication de Jean Baptiste[8], huile sur bois, 30,8 x 43,5 cm, vente Sotheby's, Londres, 2009-04-22.[ref. 28]



Dessins[modifier | modifier le code]

Signés et datés[modifier | modifier le code]

  • Vue de Bruxelles, signé et daté en bas à droite : « Cornelis Quinten Anno [?] 1522 », encre brune à la plume sur papier, 97 x 279 mm, Kupferstichkabinett, Berlin, inv. KdZ 6837.[ref. 29]
  • Paysage de montagne, signé et daté : « CMET / 1540 », encre sur papier, 199 x 312 mm, Musées royaux des beaux-arts, Bruxelles, inv. 4060/2464.[ref. 30]
  • Paysage avec tentation du Christ, signé et daté : « CME 154[2] », encre brune à la plume sur papier, 197 x 311 mm, Scottish National Gallery, Edinburgh, inv. D 1710.[ref. 31]
  • Quatre aveugles trébuchent, signé et daté en bas à droite : « Cor. M... 15.. », plume sur papier, 79 x 124 mm, Royal Scottish Academy, Edinburgh , inv. 18530.[ref. 32]

Attributions incertaines[modifier | modifier le code]

  • Château, encre brune à la plume sur papier recto-verso, 156 x 201 mm, Graphische Sammlung Albertina, Vienne, inv. 7879.[ref. 33]
  • Paysage de montagne avec bâtiments, encre brune à la plume sur papier recto-verso, 135 x 197 mm, Graphische Sammlung Albertina, Vienne, inv. 7878.[ref. 34]
  • Paysage vallonné avec château, encre brune à la plume sur papier recto-verso, 156 x 201 mm, Graphische Sammlung Albertina, Vienne, inv. 7879.[ref. 35]
  • Paysage vallonné avec fleuve et bâtiments, encre grise à la plume sur papier, 132 x 198 mm, Graphische Sammlung Albertina, Vienne, inv. 17545.[ref. 36]
En collaboration :
  • Corneille Metsys et Pieter Huys, Überlingen et Meersburg au bord du lac de Constance, XVIe siècle, encre sur papier, 195 x 328 mm, Musées royaux des beaux-arts, Bruxelles, inv. 4060/1790.[ref. 37]

L'œuvre gravé[modifier | modifier le code]

Le premier catalogue de l'œuvre gravé de Corneille Metsys est redirigé par Bartsch en 1808, puis complété par plusieurs auteurs. Van den Branden donne en 1883 une version presque définitive à sa biographie. C'est, selon Van der Stock, le graveur sur cuivre d'Anvers le plus représentatif de la seconde génération, celle qui suit celle du Maître S.[9]

On connaît 109 estampes monogrammées de Corneille Metsys[10] :

  • 24 estampes marquées COR. MET. (1537-1539) toutes datées sauf une (ill. G1),
  • 8 estampes marquées CME (1539-1543),
  • 77 estampes marquées CMA (1544-1556) dont 37 sont datées.[11]

Dans le premier groupe figure quelques copies, comme La pêche miraculeuse (ill. G1a) exécutée librement d'après un carton de Raphaël aujourd'hui conservé au Victoria and Albert Museum de Londres (ill. G1b). C'est probablement à Bruxelles, dans l'atelier de Pieter van Aelst qui était chargé de réaliser des tapisseries commandées en 1515 par le pape Léon X et destinées à orner la chapelle Sixtine, que Corneille Metsys a vu son modèle.


G1. La pêche miraculeuse.
Corneille Metsys - Peche miraculeuse.jpg
Raphael - The Miraculous Draft of Fishes - Google Art Project.jpg
a. Corneille Metsys, copie d'après Raphaël,
vers 1538, signée : RAPH.[AEL] INVE[NIT]/COR.MET.[12]
b. Raphaël, carton de tapisserie,
Victoria and Albert Museum, Londres.[13]


On trouve également des scènes de genre comme le Couple d'estropiés (ill. G2), les Estropiés musiciens et des Paysans dansant, mais aussi des estampes d'histoire tiré de l'ancien testament comme David présentant la tête de Goliath.

Peu nombreuses, les estampes du second groupe, monogrammé « CME », comprennent notamment l'allégorie Caritas (ill. G3).

Dans le troisième groupe, monogrammé « CMA », on trouve des portraits comme celui d'Henri VIII, roi d'Angleterre (ill. G4), la série de L'histoire de Samson dont est tirée l'estampe intitulée Samson tue le lion à mains nues (ill. G5), des grotesques, une Betsabée au bain (ill. G6), ainsi que l'estampe de la Parabole des aveugles (ill. G7b) qui est considérée comme l'une des plus importantes de Corneille Metsys[14]. En effet, elle constitue un lien entre la version de Bosch (ill. G7a) et celle de Brueghel (ill. G7c) qui illustrent la parabole du Christ : « Laissez-les, ce sont des aveugles qui conduisent des aveugles ; si un aveugle conduit un aveugle, ils tomberont tous deux dans une fosse. » (Matthieu 15:14).



G7. La parabole des aveugles.
Jérôme Cock d'après Bosch.jpg
Cornelis Massijs - Quatre aveugles.jpg
Pieter Bruegel d. Ä. 025.jpg
a. Jérôme Cock (c. 1561) d'après Jérôme Bosch.[20]
b. Cornelis Metsys, vers 1545.[21]
c. Pieter Brueghel, 1568.[22]



Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) B. L. Dunbar, « The Landscape Paintings of Cornelis Massys », Bulletin des Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique,‎ 1974-1980, p. 97-126.
  • Alain Tapié (dir.), Fables du paysage flamand ; Bosch, Bles, Brueghel, Bril, Paris, Somogy éditions d'art,‎ , 368 p. (ISBN 978-2-7572-0582-2).
  • Luc Serck, « MASSYS, Cornelis », dans Dictionnaire des Peintres belges : du XIVe siècle à nos jours depuis les premiers maîtres des anciens Pays-Bas méridionaux et de la principauté de Liège jusqu'aux artistes contemporains, Bruxelles, La Renaissance du livre,‎ (ISBN 2-8041-2012-0, lire en ligne).
  • Jan Van der Stock (trad. Eugène Rouir), Cornelis Matsys 1510/11-1556/57 : Œuvre graphique, Bruxelles, Bibliothèque Royale Albert Ier,‎ , 92 p..
  • (nl) An. Zwollo, « De Landschaptekeningen van Cornelis Massys », Netherlands Yearbook for History of Art/Nederlands Kunsthistorisch Jaarboek Online, vol. 16, no 1,‎ , p. 43-65.
  • Michel Weemans, Herri Met de Bles: les ruses du paysage au temps de Bruegel et d'Érasme, Paris, Hazan,‎ , 319 p. (ISBN 978-2-7541-0689-4).
  • Charles Le Blanc, Manuel de l'amateur d'estampes, t. 2, Paris, P. Jannet,‎ , p. 625

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Son nom apparaît aussi sous les formes Matsys, Messys, Massys, Messijs, Massijs, Metsijs et Matsijs.
  2. Cf. Serck 1995.
  3. Probablement en Angleterre et en Allemagne, ainsi peut-être qu'en Italie. Cette hypothèse est formulée par Van der Stock 1985, p. 12.
  4. Cf. Van der Stock 1985, p. 11-20.
  5. Le tableau est attribué à Bles par Tapié 2012, p. 230-231 et Weemans 2013, p. 250-251, mais à Corneille Metsys par le musée.
  6. Attribué à Corneille Metsys par le musée, ce tableau était anciennement attribué à Henri Bles.
  7. Mention RKD : attribué à Joachim Patinier ou à Corneille Metsys.
  8. Mention RKD : attribué à Corneille Metsys ou attribué à Joachim Patinier ou attribué au Maître des demi-figures féminines.
  9. Cf. Van der Stock 1985, p. 11-12.
  10. Selon Jan Van der Stock (Van der Stock 1985), aucune estampe sans monogramme ne peut lui être attribué avec certitude.
  11. Cf. Van der Stock 1985, p. 14-17.
  12. Exemplaire du Rijksmuseum d'Amsterdam, inv. RP-P-1913-1450. Cf. notice du musée.
  13. Cf. notice du musée.
  14. Cf. Van der Stock 1985, p. 43.
  15. Exemplaire du Rijksmuseum, Amsterdam, inv. RP-P-OB-102.764. Cf. [ notice du musée].
  16. Exemplaire du Rijksmuseum, Amsterdam, inv. RP-P-1879-A-3018. Cf. notice du musée.
  17. Cf. Van der Stock 1985, p. 31.
  18. Exemplaire du Rijksmuseum, Amsterdam, inv. RP-P-1901-A-22259. Cf. notice du musée.
  19. Cf. Van der Stock 1985, p. 35. Exemplaire au Rijksmuseum d'Amsterdam, inv. RP-P-1893-A-18084.
  20. L'original de Bosch est perdu. Exemplaire de l'estampe de Cock à la Public Library de New York. Cf. notice WGA.
  21. Exemplaire au British Museum de Londres, inv. 1874,0711.1824. Cf. notice du musée.
  22. Détrempe sur toile, 86 × 154 cm, Musée Capodimonte, Naples, inv. Q1.

Références[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :