Publius Septimius Geta

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Geta
Empereur romain
Image illustrative de l'article Publius Septimius Geta
Buste de Geta (ca. 208) originaire de Gabies.
Règne
(~11 mois)
Période Sévères
Précédé par Septime Sévère
Co-empereur Caracalla
Suivi de Caracalla seul
Biographie
Nom de naissance Publius Septimius Geta
Naissance - Milan[1]
Décès (22 ans) - Rome
Père Septime Sévère
Mère Julia Domna
Empereur romain

Geta (Lucius Publius Septimius Antonius Geta) (27 mars 189-26 décembre 211) est un empereur romain, qui régna en 211. Il est d’origine Africaine par son père qui est né dans une région d’Afrique correspondant à la Lybie actuelle et syrien par sa mère Julia Domna. À la mort de son père en 211 il hérite de l’empire avec son frère ainé Caracalla. Mais celui-ci ambitieux depuis toujours, fit assassiner son petit frère la même année pour pouvoir gouverner seul.

Biographie[modifier | modifier le code]

Geta est né Septimius Geta en 189, il tient son nom de son grand-père (père de Septime Sévère) Il est le cadet de la famille, il a toujours été le préféré surtout aux yeux de Julia Domna[2] sa mère, qui trouvait que Geta avait un caractère plus doux et plus réfléchi. Les deux frères n’ont qu’un an de différence et se sont pourtant toujours détestés. Cette haine viendrait du fait que déjà dès le plus jeune âge les frères n’aimaient pas du tout les mêmes choses. Caracalla était passionné de guerre, d’armée… Tandis que Geta était plus intéressé par les choses de l’esprit. Il était d’ailleurs préféré par le Sénat. Au niveau du caractère, les 2 garçons sont très différents[3]. On dit de Caracalla qu’il est irascible et cruel alors que Geta est doux et sensible et qu’en plus il a une physionomie plus agréable. En revanche les historiens s’accordent à dire que ses mœurs ne valent pas mieux que celles de son ainé. Lors de la campagne de Bretagne[4], Septime Sévère décide de prendre ses 2 fils avec lui pour les éloigner des plaisirs de la ville de Rome et aussi de leur faire connaitre la vie sobre des soldats, mais aussi dans le but de les éloigner des mauvais conseillers de la capitale qui aggravent leur rivalité. Sévère voulait leur faire prendre de la distance par rapport à ce milieu néfaste et il voulait essayer de les rapprocher en leur faisant exercer le pouvoir et contrôler les armées… Concrètement, Sévère voulait les préparer à lui succéder. En 209, il laisse Geta avec sa mère Julia Domna à York où il gouverne les deux provinces britanniques pendant que Sévère part avec Caracalla conclure un traité avec les Calédoniens. À leur retour, la santé de Septime Sévère se détériore et il meurt. Son projet de réconcilier ses deux fils tomba à l’eau. Les derniers instants de sa vie furent rythmés par les complots de son fils contre lui et contre le jeune Geta. Cependant, les deux frères ont bien fait un semblant de réconciliation à leur retour à Rome pour rendre les derniers hommages à leur père. La première décision prise par les deux frères peu après la mort de leur père était de faire la paix avec les Calédoniens une fois pour toute, de ramener tant bien que mal les frontières au mur d’Hadrien et de diviser la Bretagne en deux provinces. Vu leur mésentente, les deux frères ont émis l’idée de se partager l’empire, l’occident pour Caracalla et l’orient pour Geta, car il était impossible pour eux de gouverner ensemble. Mais Julia Domna mis un terme au pourparler car elle ne voulait pas voir l’œuvre de son mari disparaître.

Complots et mort[modifier | modifier le code]

À leur retour de Bretagne, le semblant de « réconciliation » ne dura pas, chacun a peur de se faire tuer par l’autre, du coup ils ne voyagent pas ensemble, ils ne mangent pas ensemble de peur de se faire empoisonner, ils ne se déplacent jamais sans leur garde rapprochée. Une fois à Rome, la cour doit se partager, un jour partisan de Caracalla, l’autre jour partisan de Geta. En revanche, les classes supérieures de la société préfèrent Geta car Caracalla a augmenté l’impôt, surtout chez les classes supérieures. Une fois rentré à Rome, c’était au premier qui tuerait l’autre. Chacun cherchait un plan pour éliminer l’autre mais ils avaient tous les deux peur des soldats et des partisans de l’autre. Caracalla élabora un plan où il impliqua sa mère, il demande à celle-ci de créer une réunion de famille ayant pour but la réconciliation des deux frères, il demanda à sa mère d’y inviter Geta et de stipuler qu’il vienne seul. Les deux hommes arrivèrent seuls chez leur mère Julia Domna, et à peine arrivé chez sa mère, des partisans de Caracalla sautèrent sur Geta et le poignardèrent dans les bras de sa mère. Caracalla[5] courut dans les camps des prétoriens et raconta qu’il avait été victime d’un complot de Geta et que le seul moyen d’en sortir avait été de tuer son frère. Lors d’un conseil du sénat, Caracalla a dû se justifier auprès d’eux, en prenant comme exemple Néron et Romulus qui ont dû comme lui assassiner leur frère pour le bien de l'empire. Hérodien stipula que le discours de Caracalla se tenait car « il étayait des considérations théologiques irréfutables que nul ne pouvait réfuter ». Il exprima son idée avec une phrase de la mythologie : « Zeus exerce seul parmi les dieux, la souveraine puissance, ainsi en fait-il don à un seul homme »[6]. Le sénat et les autres membres de l'empire ont très mal digéré le crime de Geta, Caracalla les aida à accepter, grâce à l’octroi de blé ou d’argent et fit assassiner tous les partisans de Geta (plus de 20 000 nous dit Dion Cassius) dont le fils de Pertinax ou la sœur de Commode. Caracalla fit effacer le nom et l’image de Geta des institutions, il fit détruire les statues à son effigie, il fit fondre les monnaies qui le représentaient… Cette disparition fut appelée « Damnatio Memoriae[7] ». Caracalla interdit à sa mère de pleurer son fils et lui donna en échange le pouvoir de gouverner les affaires internes, tandis que Caracalla s’occupait de l’armée.

La chute de Plautien[modifier | modifier le code]

Plautien[8] est un noble au service de Septime Sévère. Il est son préfet du prétoire et il est le collègue de Geta au consulat en 203. Septime Sévère avait besoin de s’entourer de riches nobles. Il maria Caracalla à la fille de Plautien, qui se prit directement pour ce qu’il n’était pas. Il aimait dire qu’il faisait partie de la famille impériale. Ce comportement agaçait fortement Septime Sévère. De plus Plautien n’aimait pas du tout son gendre et avait pour but de l’éliminer. Geta parla de ce complot à son père et à son frère. Geta fut donc honoré et une statue de Bronze fut érigée en son honneur. Plautien perdit sa toute puissance et Caracalla le fit assassiner en 205 avec l’accord de son père[style à revoir].

Noms successifs[modifier | modifier le code]

  • 189, naît Lucius Septimus Geta à Milan
  • 198, fait César par son père : Publius Septimius Geta Caesar
  • 209, fait Auguste par son père[9]
  • 211, devient coempereur avec Caracalla à la mort de son père : Imperator Caesar Publius Septimius Geta Augustus Britannicus
  • 212, titulature à sa mort : Imperator Caesar Publius Septimius Geta Augustus Britannicus, Tribuniciae Potestatis IV, Consul II, Pater Patriae

Cette politique dynastique s’étend à toute la famille impériale (la domus divina). Julia Domna est elle-même Augusta. Et toute la famille est associée à la divinité et sont considérés comme des dieux.

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Découverte à Desvres[modifier | modifier le code]

[10]Du 25 octobre au 2 novembre 2004, l’institut national de Recherches Archéologiques Préventives a réalisé un diagnostic archéologique à Desvres où a été faite la découverte d’une borne miliaire sur laquelle apparaissent les noms de Septime Sévère, Caracalla et Geta. Ce document date du règne de Septime Sévère (193-211). Les noms des trois personnages sont suivis du titre de leur fonction d’Auguste.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Histoire Auguste, Vie d'Antonin Geta, III,1
  2. « Les séductions d’une mater imperii »,, sur Cairn.info (consulté le 26 novembre 2016)
  3. GLOTZ Gustave, Histoire romaine, t. IV/I : L’empire romain de l’avènement des Sévères au Concile de Nicée, Paris, Presses universitaires de France,
  4. ZOSSO François et ZINGG Christian, Les Empereurs Romains. 27av. J.-C.-476ap. J.-C., Paris, Editions errance, (ISBN 2877722260)
  5. PETIT Paul, Histoire générale de l’Empire romain, t. II : La crise de l’empire (des derniers Antonins à Dioclétiens 161-284), Paris, Editions du Seuil, (ISBN 2020049694)
  6. JERPHAGNON Lucien, Histoire de la Rome antique. Les armes et les mots, Paris, Tallandier, (ISBN 2235017428)
  7. LECLANT Jean, Dictionnaire de l'Antiquité, Paris, Presses universitaires de France, (ISBN 2130505805)
  8. DAGUET-GAGEY Anne, « C. Fuluius Plautianus, hostis publicus , Rome, 205 – 208 après J.-C. », Paris-Sorbonne, presses de l'université Paris-Sorbonne, , 715 p. (ISBN 2-84050-465-0), p. 66-70
  9. LE GLAY Marcel, VOISIN Jean-Louis et LE BOHEC Yann, Histoire Romaine, Paris, Presses universitaires de France, (ISBN 213043777X)
  10. « Borne militaire de l’empereur Septime Sévère et de ses fils trouvée à Desvres (Pas-de-Calais) », sur cairn.info (consulté le 26 novembre 2016)

Bibliographie[modifier | modifier le code]