Lucien Jerphagnon

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Lucien Jerphagnon
Lucien Jerphagon.jpg
Lucien Jerphagnon en 2002.
Naissance
Décès
Nationalité
Principaux intérêts
Œuvres principales
Vivre et Philosopher sous les césars, Histoire de la Rome antique, Histoire de la pensée, Saint-Augustin, Julien dit l'apostat.
Influencé par
Célèbre pour
Sa traduction de Saint-Augustin dans la Pléiade et ses travaux sur l'histoire de l'antiquité Greco-Romaine.
Citation
« On n'a pas le droit d'emmerder un lecteur qui ne vous a rien fait. »
Fratrie
Jean Jerphagnon (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Conjoint
Thérèse Jerphagnon (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Distinction

Lucien Jerphagnon, né le à Nancy et mort le à Rueil-Malmaison, est un historien de la philosophie grecque et romaine, professeur émérite des Universités et membre correspondant de l'Académie d'Athènes, proche de Vladimir Jankélévitch, de Jean Orcibal, de Paul Ricœur, de Pierre Grimal, de Jacqueline de Romilly et Paul Veyne.

Biographie[modifier | modifier le code]

Lucien Jerphagnon est le fils d'Émile Jerphagnon, ingénieur (1891-1975), et de Jeanne, née Lallemand (1895-1927), mariés le 19 octobre 1910. Alors qu'il n'a que six ans, sa mère meurt à 32 ans. Son père se remarie et neuf ans plus tard, naît Jean Jerphagnon (1936-2005), qui fait une haute carrière dans les télécommunications. Pour sa part, Lucien Jerphagnon commence ses études à Nancy puis au lycée de Bordeaux.

Pendant l'Occupation, dénoncé comme réfractaire au STO, il est déporté vers une usine d'explosifs à Steyerberg à côté de Hanovre (1943-1945)[1].

À la Libération, il suit des études de théologie et de philosophie puis rejoint l'abbaye de Meaux. Il est ordonné prêtre le 29 juin 1950. Il enseigne alors la philosophie au grand séminaire de Meaux entre 1951 et 1961, date à laquelle il choisit de quitter les ordres.

Le 3 février 1962, il épouse Thérèse Noir (1934-2015).

Il poursuit sa formation à l’École pratique des hautes études (EPHE) et rédige son mémoire pour l'obtention de son diplôme avec Jean Orcibal, grand spécialiste du jansénisme et du mysticisme[1].

Lucien Jerphagnon est attaché de recherche au CNRS (1961-1965), chargé de cours à La Sorbonne (1961-1966) et au Conservatoire national des arts et métiers (1965-1966).

Après avoir consacré une thèse de psychologie à Pascal, il soutient sa thèse de doctorat de philosophie en 1965 sous la direction de Vladimir Jankélévitch qui est alors son maître en philosophie (et dont il fut l'assistant)[1]. La thèse, De la banalité. Essai sur l'ipséité et sa durée vécue : durée personnelle et co-durée, est publiée la même année[2]. Outre l'influence de Jankélévitch, il est également marqué par les travaux de Paul Veyne[3].

Il est professeur de philosophie au lycée Janson-de-Sailly et devient maître de conférences à l'Université de Franche-Comté de Besançon (1966-1970), tout en étant conseiller à l'Institut international de philosophie (CNRS et UNESCO 1966-1984). Il enseigne ensuite l'histoire de la pensée antique et médiévale à l'université de Caen (1970-1984)[1] où il a pour étudiant Michel Onfray qui le qualifie de « professeur d'exception »[4][pertinence contestée]. Il prend sa retraite en 1984, et Luc Ferry lui succède.

Professeur émérite des universités, Lucien Jerphagnon est l'un des membres fondateurs du Centre international d'études platoniciennes et aristotéliciennes d'Athènes. Il est membre correspondant de l'Académie d'Athènes, de l'Académie des sciences et lettres de Montpellier et de l'Académie des sciences, arts et belles-lettres de Caen.

Travaux[modifier | modifier le code]

Parmi ses nombreuses publications consacrées à la Grèce et à la Rome antique, il consacre une monographie à Julien, dit l'Apostat[5]. Dans Vivre et philosopher sous les Césars (1980), il propose une histoire « non philosophique » de la philosophie antique et expose de quelle manière les philosophes ont tenté d'incarner leurs principes moraux et politiques dans le monde sensible. Il montre également l'intérêt que les empereurs ont porté à la philosophie en tant qu'instrument pour consolider leur pouvoir[6]. Il est connu pour ses « ambitieuses synthèses » (Histoire de la Rome antique, Histoire de la pensée : d'Homère à Jeanne d'Arc, Les Divins césars), rééditées à de nombreuses reprises[1].

Résultat de douze années de travail[7], il dirige l'édition française des trois volumes des œuvres de saint Augustin pour la collection Bibliothèque de la Pléiade chez Gallimard (1998-2002).

Prix[modifier | modifier le code]

Commentaire[modifier | modifier le code]

Jean d'Ormesson l'a défini de la sorte :

« Un savant qui sait unir un style rapide et séduisant à l'érudition la plus rigoureuse », lui trouvant « une simplicité familière, souvent mêlée de drôlerie, avec une précision sans faille[8]. »

Œuvres[modifier | modifier le code]

Conférence publique du Collège de philosophie à la Sorbonne, Lucien Jerphagnon (à droite) et Pierre-Henri Tavoillot, en février 2008.
  • 1955 : Le Mal et l'existence : réflexions pour servir à la pratique journalière, Les Éditions Ouvrières
  • 1956 : Pascal et la souffrance, Les Éditions Ouvrières
  • 1958 : L'Homme et ses questions
  • 1958 : Servitude de la liberté ? : liberté - providence - prédestination, A. Fayard
  • 1960 : Pascal, Éditions Ouvrières
  • 1961 : Qu'est-ce-que la personne humaine ? : Enracinement, nature, destin, Privat
  • 1962 : Le Caractère de Pascal, Essai de caractérologie littéraire PUF
  • 1966 : De la banalité. Essai sur l'ipséité et sa durée vécue, Vrin, coll. « Problèmes et controverses » ; rééd. 2016, Vrin
  • 1968 : Introduction à la philosophie générale, SEDES-CDU
  • 1969 : Vladimir Jankélévitch, ou de l'Effectivité.Seghers Philosophie de tous les temps
  • 1973, 1980, 1989 : Dictionnaires des grandes philosophies, sous la dir. de L. Jerphagnon, Privat
  • 1980, 1982, 1987 : Histoire des grandes philosophies, sous la dir. de L. Jerphagnon, Privat
  • 1980 : Vivre et philosopher sous les Césars, Privat
    Ouvrage couronné par l'Académie française
    1983, Vivre et philosopher sous l'Empire chrétien, Privat
  • 1986 : Julien, dit l'Apostat, Seuil ; réed. préface de Paul Veyne, Tallandier, 2008.
  • 1987, 1994, 2002 : Histoire de la Rome antique, Tallandier ; rééd. Fayard Pluriel, 2016
  • 1989 : Du banal au merveilleux, mélanges offerts, Les Cahiers de Fontenay, 55-57
  • 1989, 1993 : Histoire de la Pensée, Tome 1 "Antiquité et Moyen Âge", Tallandier
  • 1991 : Les Divins Césars. Étude sur le pouvoir dans la Rome impériale, Tallandier, coll. « Approches »
  • 1998-2002 : Œuvres de saint Augustin, Gallimard, Bibliothèque de la Pléiade, 3 vol.
    Ouvrage couronné par l'Académie française.
  • 2002 : Saint Augustin. Le pédagogue de Dieu, Gallimard, coll. « Découvertes Gallimard / Religions » (no 416)
  • 2002, 2006 : Les Dieux ne sont jamais loin, Desclée de Brouwer
  • 2004 : Le Petit Livre des citations latines, Tallandier Éditions, Paris
  • 2006 : Augustin et la sagesse, Desclée de Brouwer
  • 2007 : Au bonheur des sages, Hachette Littératures
  • 2007 : La Louve et l'Agneau, Desclée de Brouwer
  • 2007 : Laudator temporis acti, Tallandier
  • 2008 : Entrevoir et Vouloir : Vladimir Jankélévitch, La Transparence
  • 2009 : La Tentation du christianisme avec Luc Ferry, Grasset
  • 2010 : La… sottise ? (Vingt-huit siècles qu'on en parle), Albin Michel
  • 2011 : De l'amour, de la mort, de Dieu et autres bagatelles, entretiens avec Christiane Rancé, Albin Michel
  • 2012 : Les Armes et les mots, préface de Jean d'Ormesson, coll. « Bouquins », Robert Laffont
  • 2012 : Connais-toi toi-même… Et fais ce que tu aimes, préface de Stéphane Barsacq, Albin Michel
  • 2013 : L’homme qui riait avec les dieux, Albin Michel
  • 2014 : Les Miscellanées d'un Gallo-Romain, Perrin
  • 2014 : À l'école des Anciens, Perrin
  • 2014 : Mes leçons d'antan, Les Belles Lettres ; rééd. 2015, préface de Michel Onfray, Fayard Pluriel
  • 2016 : Entrevoir et vouloir : Vladimir Jankélévitch, préface de François Félix, Les Belles Lettres coll. « encre marine »
  • 2017 : L'au-delà de tout , préface du Cardinal Paul Poupard, Collection Bouquins dirigée par JL Barré ,Robert Laffont
  • 2017 : L'astre mort, préface d'Ariane Jerphagnon, Robert Laffont

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d et e Philippe-Jean Catinchi, Lucien Jerphagnon, un croyant qui récusait les dogmes, lemonde.fr, 22 septembre 2011
  2. Maurice Nédoncelle, Lucien Jerphagnon, De la banalité. Essai sur l'ipséité et sa durée vécue : durée personnelle et co-durée, 1965 (compte-rendu), Revue des Sciences Religieuses, Année 1967, 41-2, pp. 188-189
  3. Paul-François Paoli, Le testament d'un érudit, lefigaro.fr, 29 septembre 2011
  4. Lucien Jerphagnon est mort, lexpress.fr, 19 septembre 2011
  5. Robert Turcan, Lucien Jerphagnon. Julien dit l'Apostat (compte-rendu), Revue de l'histoire des religions, Année 1987, 204-3, pp. 296-297
  6. Jacques Follon, Lucien Jerphagnon, Vivre et philosopher sous les Césars (compte-rendu), Revue Philosophique de Louvain, Année 1981, 41, pp. 104-107
  7. Jean-Louis Ezine, Lucien Jerphagnon, l'apôtre de saint Augustin est mort à 90 ans, bibliobs.nouvelobs.com, 21 septembre 2011
  8. Le Figaro littéraire, 24 avril 2008.

Annexes[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]