Pierre-Jean Mariette

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Pierre-Jean Mariette
Jean Mariette engraving by Daulle after Pesne - Mauban 1946 after p10.jpg

Portrait de son père Jean Mariette (1660-1742) gravé par Jean Daullé (1742) d'après Antoine Pesne.

Naissance
Décès
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ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
Activités
Lieux de travail

Pierre-Jean Mariette, né le à Paris où il est mort le , est un graveur, libraire, historien d’art et marchand-collectionneur d’estampes français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Retour du vainqueur du jeu de papegai par Pierre-Jean Mariette (XVIIIe siècle).

Héritier d'une importante dynastie de graveurs et éditeurs d'estampes établis rue Saint-Jacques, à Paris, Pierre-Jean Mariette est le fils de Jean Mariette (1660-1742), libraire-éditeur et graveur, et de Claude Geneviève Coignard. Sa soeur, Marie-Madeleine est baptisée le 16 septembre 1703. Il est le petit-fils de Pierre II Mariette (1634-1716) et arrière petit-fils de Pierre Ier Mariette (vers 1603-1657)[1].

Il apprend le dessin et la gravure auprès de Jean Chaufourier (1679-1757)[2]. Il suit les cours du collège des Jésuites. Il se lie d'amitié vers l'âge de 20 ans avec le comte de Caylus.

À sa sortie du collège des jésuites à Paris en 1717, son père, Jean Mariette, l'envoie en tournée pour aiguiser ses connaissances et resserrer les liens familiaux éloignés. Pierre-Jean Mariette se rend d'abord à Amsterdam, à l'époque centre du commerce d'art, puis en Allemagne. À Vienne, il catalogue la collection d'art du prince Eugène de Savoie. De caractère affable, curieux et sociable, il fait des connaissances et des contacts parmi la communauté artistique et scientifique en Europe, avec laquelle il entretient une correspondance. Il est reçu imprimeur le 14 avril 1722. Il ouvre boutique rue Saint-Jacques, son enseigne est « Aux Colonnes d'Hercule ».

En 1733, grâce à ses relations artistiques, Mariette est nommé membre de la prestigieuse Accademia delle Arti del Disegno de Florence. Sa connaissance des gravures et son amitié avec le graveur et collectionneur Caylus et l'artiste Charles Antoine Coypel lui assurent une position dominante dans la réorganisation de l'ancienne collection d'impressions de la Bibliothèque royale.

En 1741, Mariette est sollicité pour dresser le catalogue de vente de la collection de peintures et d'antiquités ayant appartenu à Pierre Crozat, mort l'année précédente. C'est le premier exemple de catalogue de vente moderne et descriptif. Il a acheté, lui-même, quelques-unes des œuvres de la collection Crozat, présentées dans son propre catalogue de vente.

En novembre 1750, il revend son fonds de librairie à six libraires parisiens pour 150 000 livres, son fonds d'estampes à Charles-Antoine Jombert et se démet de son imprimerie qu'il vend à Louis-François Delatour. Une partie de ses collections, achetée par Emmerich Joseph de Dalberg, constitue le noyau initial du cabinet d’art graphique du Musée régional de la Hesse à Darmstadt.

En 1752, il achète une charge de secrétaire du Roi et contrôleur général de l'audience de la Chancellerie de France pour les mois d'octobre, novembre et décembre.

Il se retire une partie de l'année à Croissy-sur-Seine.

On lui doit un style d’encadrement des œuvres, dit montage Mariette ou lavis Mariette, forme de lavis d’encadrement sur passe-partout basée sur une harmonie en bleu, blanc et or, et des effets de relief, ainsi que le cartouche portant titre et nom d’auteur, encore utilisée de nos jours.

Il est inhumé à Cheratte.

Sa devise était haec meta laborum.

Extraits[modifier | modifier le code]

  • Description sommaire des dessins des grands maîtres d'Italie, des Pays-Bas et de France du cabinet de Feu M. Crozat, avec des réflexions sur la manière de dessiner des principaux peintres par Pierre Jean Mariette en 1741 :
    • « J'ai vu chez M. Crozat deux dessins du vieux Breughel que je crois faits en Italie. Ce sont des vues de montagnes des Alpes; ils portent la date 1553 et pour les détails ils sont supérieurement beaux. »
  • « Abecedario et autres notes relatives à l'art et aux artistes, dans les Archives de l'Art français », in Manuel de l'Histoire de la Peinture, Paris, 1851-1853, tome 1, p. 188-189 :
    • « Pierre Breughel qu'on nomme le vieux Breughel pour le distinguer de son fils, s'est rendu célèbre dans le milieu du seizième siècle, non seulement par ses Compositions burlesques et fantastiques, mais cncore par ses Paisages, qui sont de très-grande maniere. Lorsqu'il avoit fait le voyage d'Italie, il s'étoit arrêté dans les Alpes, et y avoit dessiné des Vûës, qui ordinairement embrassent des grandes étendues de pais; on voit de ces Paisages dessinés à la plume qui ne seroient pas désavoués du Titien.... »
    • « Pierre Bruegel l'aîné fut le premier à s'appliquer à l'étude des scènes de la vie de la campagne. Il les rend d'une façon grossière et parfois triviale... ; son côté comique se révèle dans ses tableaux de l'Hiver, du Printemps, et de l'Automne. »

Publications[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Maxime Préaud, Pierre Casselle, Marianne Grivel et Corinne Le Bitouzé, Dictionnaire des éditeurs d'estampes à Paris sous l'ancien régime, Paris, Promodis, , 334 p. (ISBN 2903181608), p. 229-234.
  2. data BnF : Jean Chaufourier (1679-1757)

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Antoine Jules Dumesnil, Histoire des plus célèbres amateurs français et de leurs relations, avec les artistes : Pierre-Jean Mariette, 1694-1774, vol. 1, Paris, E. Dentu, 1856.
  • Carmelo Occhipinti, Piranesi, Mariette, Algarotti. Percorsi settecenteschi nella cultura figurativa europea. Roma, UniversItalia, 2013 (ISBN 9788865074596)
  • Louis Courajod, Documents sur la vente du cabinet de Pierre-Jean Mariette et sur les acquisitions qui y furent faites pour le Roi (1775), p. 347-370, Nouvelles archives de l'art français, 1872 (lire en ligne)

Liens externes[modifier | modifier le code]