Cavalier d'Arpin

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Cavalier d'Arpin
Image dans Infobox.
Autoportrait, 1640
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 72 ans)
RomeVoir et modifier les données sur Wikidata
Activités
Lieux de travail
Mouvement
Père
Muzio di Polidoro Cesari (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Mère
Giovanna (d)Voir et modifier les données sur Wikidata

Giuseppe Cesari dit le Cavalier d'Arpin ou il Giuseppino, en français le Joseppin ou le Chevalier Josépin, né en février 1568 à Arpino ou Rome, mort le à Rome, est un peintre maniériste italien, qui a été fait chevalier du Christ par le pape Clément VIII et fut soutenu par le pape Sixte V.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il est le fils du peintre Muzio Cesari, est né à Arpino (Latium, entre Rome et Naples) et de Giovanna, fille d'un noble espagnol. Pour certains historiens, Giuseppe Cesari est né à Rome, en . D'autres le font naître à Arpino à partir de l'inscription sur sa pierre tombale. Il est probablement venu à Rome avec sa mère en 1582 et a commencé à travailler aux Loges du Vatican comme garçon d'atelier, sous la direction de Niccolò Circignani dit le Pomarancio. Le pape Grégoire XIII lui a accordé une bourse pour sa formation grâce à l'appui d'Ignazio Danti[1] qui avait l'Intendance[2]. En il a participé à la décoration de la salle des Suisses et de la salle des Palefreniers. Il a été un élève de Giacomo Rocca qui lui a fait étudier les œuvres de Daniele da Volterra, son propre maître. Il semble qu'il est membre de l'Accademia di San Luca dès la fin de 1583. En 1584-1585, il peint la Canonisation de saint François de Paule dans le cloître de l'église de la Trinité-des-Monts où il a fait son premier autoportrait. Il travaille au Quirinal en 1585 sur des fresques aujourd'hui perdues.

En 1586, à 18 ans, il est reçu à la Congregazione dei Virtuosi al Pantheon. Commencent alors les années de maturité. Il travaille pour le cardinal Giulio Antonio Santorio à l'église Saint-Athanase-des-Grecs où il peint la Crucifixion et l' Assomption, entre 1588 et 1591. Il exécute les Scènes de la vie de saint Laurent à église San Lorenzo in Damaso, en 1588-1589, aujourd'hui détruites.

Le plafond de la sacristie de la chartreuse de San Martino

En 1589 il se rend à Naples où il peint la voûte du chœur de la Chartreuse San Martino. Il va rentrer à Rome avant d'avoir terminé son travail qui l'a été par son frère Bernardino en 1592-1593. La qualité de son travail va lui permettre de devenir à son retour le protégé du pape Clément VIII élu en 1592.

Entre le et le , il peint la décoration de la chapelle Contarelli dans l'église Saint-Louis-des-Français. Le Caravage est alors en formation dans son atelier comme peintre de fleurs et de fruits. Il a probablement été son assistant pour ce décor. Il va terminer les peintures, entre 1599/1600 et 1603, avec les Scènes de la vie de saint Mathieu. Il exécute ensuite les fresques de la chapelle Olgiati de la basilique Santa Prassede, en 1593-1595. Il peint le plafond de la loge du palais Orsini en 1594-1595. Il réalise une Annonciation dans la chapelle Aldobrandi dans l'église Santa Maria in Via de 1594 à 1596, puis les peintures de la chapelle Santa-Barbara de l'église Santa Maria in Traspontina des bombardiers du château Saint-Ange, en 1597. En 1596, puis entre 1597 et 1601 avec des arrêts, il réalise les premières fresques du palais des Conservateurs. Entre et , il peint le plafond de la sacristie de la chartreuse San Martino. Il fait un court voyage à Ferrare en 1598. En 1599 il est nommé pour réaliser la décoration du transept de la basilique Saint-Jean-de-Latran où il exécute, en 1600, la grande fresque de l' Ascension.

Il a aussi réalisé dans cette période un grand nombre de tableaux.

Le pape le nomme Cavaliere di Cristo en 1599. La même année il est élu prince (principe) de l'Accademia di San Luca. Il est de nouveau élu prince en 1615 et 1629.

Le cardinal Aldobrandini qui va assister au mariage d'Henri IV avec Marie de Médicis l'emmène en France, entre le et le .

De retour, il travaille pour Pietro Aldobrandini sur les fresques de la villa Belvédère, à Frascati, entre et .

Entre 1603 et 1612, il dessine et dirige la pose des mosaïques du dôme de la basilique Saint-Pierre. Il collabore avec Guido Reni pour l'exécution de la chapelle Pauline (ou Borghèse) de la basilique Sainte-Marie-Majeure, entre 1610-1612.

Il illustre certaines des allégories de Cesare Ripa qui paraîtront sous forme de bois gravés dans l'édition de l'Iconologie de 1603 à Rome[3].

Coupole de la chapelle Pauline de la basilique Sainte-Marie-Majeure

Après la mort du pape Clément VIII sa faveur baisse. Camille Borghèse est élu pape sous le nom de Paul V en 1605. Son neveu Scipion Borghèse a la passion de la collection d'œuvres d'art. En 1607, il obtient du pape la condamnation du Cavalier d'Arpin et la saisie de tous ses biens sous un prétexte futile (possession d'armes, en fait une collection d'arquebuses). Après un compromis auprès de la Chambre apostolique, Scipion Borghèse est entré en possession des 107 tableaux de la collection du peintre.

Entre 1610 et 1640, il est moins en faveur dans les milieux pontificaux. Il est alors le dernier maniériste romain. Une nouvelle orientation de la peinture romaine s'ouvre avec Annibale Carracci au palais Farnèse et le jeune Caravage. Ses derniers travaux montrent un affaiblissement de son invention. Il a élaboré un style sévère et rigide. Les visages sont raffinés mais inexpressifs.

Louis XIII lui décerne l'ordre de Saint-Michel en 1630. Dans son autoportrait fait pour l'Accademia il s'est représenté avec la croix de Saint-Michel.

En 1635, il peint les dernières fresques du palais des Conservateurs (Fondation de Rome, Vestales et Rapt des Sabines) de moins bonne qualité que les premières peintes, probablement à cause d'une plus grand intervention de l'atelier.

Ses seuls continuateurs directs ont été ses fils Muzio (1619-1676) et Bernardino (mort en 1703).

Quelques œuvres[modifier | modifier le code]

Peintures[modifier | modifier le code]

Dessins[modifier | modifier le code]

Cavalier d'Arpin produisit plusieurs centaines de dessins qu’il mit à disposition de ses élèves. Cet ensemble reflète aussi bien son évolution stylistique que sa méthode de travail. Le dessin est pour l’artiste un outil avec lequel il projette des études préparatoires mais aussi un support d’expérimentation. Arpino contribue à faire du dessin un art à part-entière, de nombreuses feuilles de sa main sont destinées aux amateurs et aux collectionneurs.

  • Hercule et Antée[6], sanguine et pierre noire, H. 0.402 x L. 0.256 m, Paris, Beaux-Arts de Paris[7]. En 1594, Corradino Orsini (1545-1610) fait appel à Cesari pour peindre à fresque la loggia du Palazzo del Sodalizio dei Piceni à Rome. L’iconographie choisie pour les dix lunettes murales sont les travaux d’Hercule. Dans la feuille des Beaux-arts, Cesari met en scène Hercule de dos soulevant Antée. Pour cette étude d’anatomie, l’artiste emploie de vigoureuses hachures et de grandes zones de réserve pour marquer le modelé du corps. Sa principale source graphique est sans aucun doute l’estampe conservée à Londres qui représente le Grand Hercule d’Hendrick Goltzius. Pour cette scène, Cesari exécute trois feuilles : celle des Beaux-Arts de Paris, une au Louvre et une troisième à Chatsworth.
  • Marsyas attaché à un arbre[8], sanguine, H. 0.253 x L. 0.177 m, Paris, Beaux-Arts de Paris[9]. Cette scène tirée des Métamorphoses d’Ovide est l’occasion pour les artistes de mettre en scène le supplice. Ici le personnage est attaché à un arbre nous donnant à voir sa musculature puissante. Ce corps musculeux et la position du satyre font référence aux archétypes michelangelesque des Ignudi de la Chapelle Sixtine ainsi qu’au célèbre Torse du Belvédère dans la torsion de la taille.
  • Dieu Fleuve surprenant deux nymphes[10], sanguine, H. 0.395 x L. 0.272 m, Paris, Beaux-Arts de Paris[11]. Au premier plan, un dieu fleuve allongé, regarde un couple de nymphes s’enlaçant, une scène ambiguë qui confère à la composition et au sujet un aspect mystérieux et étrange. Le format imposant et la facture soignée laissent supposer que la feuille fut conçue comme une œuvre autonome. La sanguine modèle les chairs grâce à un système de hachures et de réserves donnant aux corps un caractère sculptural.
  • Galatée sur son char[12], pierre noire et sanguine, H. 0.230 x L. 0.157 m, Paris, Beaux-Arts de Paris[13]. Ici, Arpino rend directement hommage au Triomphe de Galatée de Raphaël à la Farnésine. Fort de son succès avec cette œuvre, Arpino en exécute plusieurs contre épreuve et les destine à la vente. La feuille des Beaux-arts de Paris comporte une dédicace au poète Giovanni Battista Marino (1569-1625) qui destinait cette feuille à son recueil poétique Galeria.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Abbé Lanzi, Histoire de la peinture en Italie, tome 2, p. 149-153, H. Seguin, Paris, 1824 (lire en ligne)
  2. Note : Avec son frère, le peintre Antonio Danti, il a réalisé la galerie des cartes géographiques.
  3. Utpictura18 : Religione (Ripa, 1603) - Chevalier d’Arpin
  4. (en) « Museum / Collections / Perseus Rescuing Andromeda », sur www.clarkart.edu (consulté le )
  5. Renaissance du Musée de Brest, acquisitions récentes : [exposition], Musée du Louvre, Aile de Flore, Département des Peintures, 25 octobre 1974-27 janvier 1975, Paris, , 80 p.
  6. « Cat'zArts - Affichage d'une notice », sur www.ensba.fr (consulté le )
  7. Sous la direction d’Emmanuelle Brugerolles, Le Baroque à Rome, Beaux-Arts de Paris les éditions, 2022, p. 25-29, Cat. 1.
  8. « Cat'zArts - Affichage d'une notice », sur www.ensba.fr (consulté le )
  9. Sous la direction d’Emmanuelle Brugerolles, Le Baroque à Rome, Beaux-Arts de Paris les éditions, 2022, p. 30-32, Cat. 2.
  10. « Cat'zArts - Affichage d'une notice », sur www.ensba.fr (consulté le )
  11. Sous la direction d’Emmanuelle Brugerolles, Le Baroque à Rome, Beaux-Arts de Paris les éditions, 2022, p. 33-34, Cat. 3.
  12. « Cat'zArts - Affichage d'une notice », sur www.ensba.fr (consulté le )
  13. Sous la direction d’Emmanuelle Brugerolles, Le Baroque à Rome, Beaux-Arts de Paris les éditions, 2022, p. 35-37, Cat. 4.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • De Carrache à Guardi. La peinture italienne des XVIIe et XVIIIe siècles dans les musées du Nord de la France, p. 67-69, Édition de l'Association des Conservateurs de la Région Nord-Pas-de-Calais, Lille, 1985 (ISBN 2-902-092-05-9)

Liens externes[modifier | modifier le code]