Andrónico Rodríguez
| Andrónico Rodríguez | ||
Portrait officiel d'Andrónico Rodriguez en 2020. | ||
| Fonctions | ||
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| Président de la Chambre des sénateurs | ||
| – (5 ans et 2 jours) |
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| Élection | 4 novembre 2020 | |
| Législature | IIIe | |
| Prédécesseur | Eva Copa | |
| Successeur | Diego Ávila | |
| Sénateur bolivien | ||
| – (5 ans et 2 jours) |
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| Élection | 20 octobre 2019 (annulée) 18 octobre 2020 |
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| Circonscription | Cochabamba | |
| Législature | IIIe | |
| Groupe politique | Mouvement vers le socialisme | |
| Prédécesseur | Efraín Chambi | |
| Biographie | ||
| Nom de naissance | Andrónico Rodríguez Ledezma | |
| Date de naissance | ||
| Lieu de naissance | Sacaba, Cochabamba (Bolivie) | |
| Nationalité | Bolivienne | |
| Parti politique | Mouvement vers le socialisme | |
| Père | Carlos Rodríguez Cuéllar | |
| Mère | Sinforosa Ledezma Camacho | |
| Diplômé de | Universidad Mayor de San Simón | |
| Profession | Politologue, syndicaliste | |
| Résidence | Entre Ríos | |
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| Présidents de la Chambre des sénateurs | ||
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Andrónico Rodríguez Ledezma, né le à Cochabamba en Bolivie, est un politologue, dirigeant syndical cocalero et homme politique bolivien. En 2018, il est élu vice-président des six fédérations cocaleras du tropique de Cochabamba, avant d'en devenir le président à la suite de la démission d'Evo Morales en 2019. Il est président de la Chambre des sénateurs de 2020 à 2025.
Biographie
[modifier | modifier le code]Andrónico Rodríguez est né le dans la ville de San Isidro, dans la municipalité de Sacaba, située dans la province du Chapare, dans le département de Cochabamba. Il est le fils de Carlos Rodríguez Cuellar, cocalero et dirigeant du syndicat de Tropique de Cochabamba, et de Sinforosa Ledezma Camacho, secrétaire des procès-verbaux du syndicat Manco Kapac.
En raison du travail de son père, la famille d'Andrónico déménage pour vivre dans la municipalité d'Entre Ríos, dans la province de José Carrasco, en 1996, alors qu'Andrónico n'avait que huit ans. C'est là qu'il commence ses études, devenant en 2006 bachelier à l'Unidad Educativa José Carrasco.
Enfant, Andrónico Rodríguez participait activement aux activités politiques de son père, assistant aux réunions et aux débats syndicaux. Entre 2005 et 2006, il effectue un service pré-militaire obligatoire en tant que membre de la 33e armée d'infanterie du colonel Ladislao Cabrera.
Il décide ensuite de poursuivre ses études professionnelles, en étudiant les sciences politiques à l'Universidad Mayor de San Simón (UMSS) de Cochabamba, et y obtient son diplôme de sciences politiques en 2011, à l'âge de 23 ans.
Pendant ses études, il rejoint les conseils universitaires des six fédérations cocaleras, dont il devient le président en 2012[1]. En 2017, il devient secrétaire aux sports des six fédérations puis en septembre 2018, il est élu vice-président aux côtés d'Evo Morales qui en demeure président[2].
En plus de consacrer son temps libre à la production de feuilles de coca, il aide sa famille dans le Chapare avec des cultures alternatives comme la culture d'ananas et de riz et la pisciculture[2].

Lors des élections générales d'octobre 2019, Andrónico Rodríguez est candidat au poste de sénateur de Cochabamba pour le Mouvement vers le socialisme (MAS). Son charisme et sa présence fréquente aux côtés de Morales l'ont amené à être considéré par beaucoup comme un successeur possible du président. Rodríguez est souvent apparu lors d'événements publics aux côtés du président et a même accueilli l'inauguration de la campagne présidentielle de Morales à Chimoré le 18 mai 2019[3].
À la suite de la démission d'Evo Morales de la présidence bolivienne le 10 novembre 2019, Andrónico Rodríguez appelle à des mobilisations exigeant qu'il serve jusqu'au bout de son mandat le 22 janvier 2020.
Élections générales de 2020
[modifier | modifier le code]Début décembre 2019, le nom d'Andrónico Rodríguez, qui a succédé à Evo Morales en tant que président des six fédérations, est évoqué comme possible candidat à la présidence du MAS, avec d'autres figures du parti[4],[5]. Deux assemblées départementales du MAS, l'une à Cochabamba et l'autre à La Paz, proposent ce même mois l'ancien ministre des Affaires étrangères David Choquehuanca et Andrónico Rodríguez comme candidats possibles aux élections présidentielles pour la mandature de 2020-2025[6]. Andrónico Rodríguez fête ses 30 ans le lendemain de la démission de Morales, l'âge minimum requis pour pouvoir se présenter à la présidence[7].
Le 15 décembre, les jeunes du MAS des Tropiques soutiennent la candidature de Rodríguez. Toujours en décembre, diverses organisations sociales, dont les six fédérations, les directions départementales, ainsi que des autorités nationales et municipales, participent à une réunion à Cliza où « le soutien à la candidature du binôme Andrónico [..., a été] déterminé à l'unanimité. » Bien que Morales lui-même ait identifié Rodríguez comme le dirigeant de sa propre base sociale, l'ex-président a finalement décidé qu'il était « trop jeune pour être candidat à la présidence »[7].
Le 22 décembre 2019, bien qu'Andrónico n'ait pas été définitivement désigné comme candidat à la présidence par le MAS, lui et l'ancien président Carlos Mesa sont en tête des sondages avec respectivement 23 % et 21 %[8]. Le 7 janvier 2020, Evo Morales dénonce les menaces dont fait l'objet Andrónico Rodríguez[9].
Le 18 janvier 2021, Rodríguez est officiellement annoncé comme pré-candidat à la vice-présidence, sur un ticket avec David Choquehuanca, mais c'est finalement l'ancien ministre de l'Économie Luis Arce qui est désigné comme candidat présidentiel du MAS le 19 janvier, avec Choquehuanca comme colistier[10]. Le 22 janvier, lors d'une réunion publique du MAS de la zone sud de Cochabamba, Andrónico Rodríguez appelle tous les secteurs de la société à s'unir et à se rendre aux urnes le 3 mai pour « récupérer la démocratie » en Bolivie[11].
Président du Sénat
[modifier | modifier le code]Après avoir été élu sénateur du département de Cochabamba lors des élections générales de 2020, il est élu président du Sénat le 3 novembre 2020 par la direction de la Chambre des sénateurs, succédant ainsi à Eva Copa[12]. En tant que président du Sénat, il appelle à l'unité des Boliviens et déclare : « Nous devons entrer dans un processus de réconciliation »[13].
À la suite de la controverse au sein du MAS concernant le choix des candidats aux élections infranationales de 2021, Rodríguez suggère que dans les futurs processus électoraux, le parti devrait envisager d'organiser des élections primaires plutôt que de permettre à la direction du parti de désigner directement les candidats. « Je pense que nous avons besoin d'autres modalités ou méthodes d'élection, il est forcément important de promouvoir les primaires au sein du MAS en raison de la quantité de militants qu'il y a actuellement. »[14]. Le 13 avril 2021, à la suite de la défaite du MAS dans les quatre scrutins de second tour des élections infranationales qui ont amené le parti à son plus faible contrôle régional depuis 2006, Rodríguez réitère son appel à l'organisation de primaires lors des futures élections[15].
Durant son mandat, il suscite des polémiques pour s'être incliné devant le roi d'Espagne Felipe VI, et pour avoir qualifié la loi contre les violence faites aux femmes, réclamée depuis des années par les associations féministes, d'« anti-hommes »[16].
Élections générales de 2025
[modifier | modifier le code]Considéré comme l'héritier d'Evo Morales, Andrónico Rodríguez est en tête de plusieurs sondages au cas où celui-ci ne se présente pas aux élections générales boliviennes de 2025. Malgré son inéligibilité pour un nouveau mandat, Evo Morales refuse cependant d'être remplacé par Andrónico Rodríguez[17],[18].
Par cette décision, il prend ses distances avec les deux camps du MAS, alors que jusqu'à présent, il avait refusé de se présenter au nom du MAS par respect à la fédération des producteurs de coca, qui soutient Evo Morales[16].
Sa candidature, déposée sous la bannière du Mouvement Troisième système, est cependant temporairement invalidée. En effet, María Maciel Terrazas Merino, cofondatrice du parti avec son ex-mari Félix Patzi, a contesté son expulsion, ce qui remet en doute la validité du congrès et des décisions qui y ont été prises, comme le choix des candidats[19]. Sa candidature est finalement validée le 6 juin[20].
D'abord bien placé dans les sondages avec plus de 20 % des intentions de vote[21] et soutenu par certaines fédérations de cultivateurs de coca, de paysans et de coopératives minières, Andrónico Rodríguez a finalement échoué à rallier les bases sociales du MAS[22]. L'aile « dure » du mouvement, très implantée dans les campagnes, a observé le vote nul promu par l'ancien président Evo Morales, tandis que l'aile plus « souple », dont les partisans du président Luis Arce, se sont tournés vers le candidat centriste Rodrigo Paz Pereira, dont les chances de victoire face à la droite apparaissent meilleures[21]. L’électorat traditionnel du MAS s'est ainsi divisé entre Andrónico Rodríguez (8,5 % des voix), Rodrigo Paz Pereira (32 %) et le vote nul (19 %)[22].
Références
[modifier | modifier le code]- (es) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en espagnol intitulé « Andrónico Rodríguez » (voir la liste des auteurs).
- ↑ (es) « De Morales a Andrónico: "Tienes que consolidar la ruta de Evo" - Diario Pagina Siete », sur www.paginasiete.bo (consulté le )
- (es) Por Tuffí Aré Vásquez 2 de junio de 2019 Desde Santa Cruz de la Sierra, « Quién es el cocalero de 29 años que prepara Evo Morales para su sucesión », Infobae (consulté le )
- ↑ (es) « Bolivia. Andronico Rodríguez: joven dirigente cocalero candidato a Senador », Resumen Latinoamericano (consulté le )
- ↑ (es) « Andrónico, dos exministros y el "Gringo" Gonzales figuran como posibles candidatos del MAS », Correo del Sur (consulté le )
- ↑ (es) « ¿Andrónico, candidato a la presidencia? - Diario Pagina Siete », www.paginasiete.bo (consulté le )
- ↑ « Choquehuanca y Rodríguez suman apoyo para formar el binomio del MAS - La Razón » [archive du 20 de diciembre de 2019], www.la-razon.com (consulté le )
- (es) « Andrónico Rodríguez cumplió 30 años y ya es presidenciable », sur Opinión Bolivia (consulté le )
- ↑ (es) « Andrónico y Mesa lideran intención de voto; Camacho y Pumari caen - Diario Pagina Siete », www.paginasiete.bo (consulté le )
- ↑ (es) « Evo Morales denuncia amenaza contra líder sindical boliviano » (consulté le )
- ↑ (es) « Evo Morales proclamó al exministro Luis Arce como su candidato presidencial », sur Perfil, (consulté le )
- ↑ « Andrónico Rodríguez llama a la unidad y acudir a las urnas para ‘recuperar la democracia’ - La Razón » [archive du 4 de febrero de 2020], sur www.la-razon.com (consulté le )
- ↑ « Senado conforma su directiva camaral con Andrónico Rodríguez como presidente »
- ↑ (es) « Andrónico Rodríguez hace eco del llamado a la reconciliación », sur www.paginasiete.bo (consulté le )
- ↑ (es) « Andrónico sugiere elecciones primarias al interior del MAS para futuras elecciones », sur Opinión Bolivia (consulté le )
- ↑ (es) « Tras el balotaje, Rodríguez sugiere que el MAS defina candidatos en primarias », sur www.paginasiete.bo (consulté le )
- (es) « Andrónico Rodríguez, el "heredero" de Evo Morales que buscará la Presidencia por su cuenta - Infobae », sur infobae, infobae, (consulté le ).
- ↑ (es) Fernando Molina, « Evo Morales renuncia al MAS, el partido que lo llevó tres veces al poder en Bolivia », sur El País América, (consulté le ).
- ↑ (es) Fernando Molina, « Balón de oxígeno para la izquierda boliviana: Andrónico Rodríguez, considerado delfín de Evo Morales, acepta ser candidato », sur El País América, (consulté le ).
- ↑ (es) « Andrónico Rodríguez denunció que podrían inhabilitarlo para competir en las elecciones de Bolivia: “Están jugando con fuego” - Infobae », sur infobae, infobae, (consulté le ).
- ↑ (es) « Corte de Bolivia avala candidatura de Rodríguez y ratifica retiro de personería al partido de Morales », sur France 24, (consulté le )
- « «Andrónico Rodríguez pourra-t-il sauver la gauche bolivienne?» – A l'encontre »,
- Diego Velásquez, Pablo Stefanoni, « Second tour bolivien : le pays plonge-t-il dans l’inconnu ? », sur lvsl.fr,
Liens externes
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