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Jeanine Áñez

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Jeanine Áñez
Illustration.
Jeanine Áñez en 2016.
Fonctions
Présidente de l'État plurinational de Bolivie
(intérim)
En fonction depuis le
(2 mois et 8 jours)
Gouvernement Áñez
Prédécesseur Evo Morales
Sénatrice bolivienne
En fonction depuis le
(9 ans, 11 mois et 29 jours)
Élection 6 décembre 2009
Réélection 12 octobre 2014
Circonscription Département de Beni
Présidente de la Chambre des sénateurs bolivienne
(intérim)

(3 jours)
Prédécesseur Adriana Salvatierra
Successeur Eva Copa
Seconde vice-présidente de la Chambre des sénateurs bolivienne

(4 ans, 9 mois et 27 jours)
Président Adriana Salvatierra
Elle-même (intérim)
Successeur Carmen Gonzales
Membre de l'Assemblée constituante

(1 an, 4 mois et 8 jours)
Biographie
Nom de naissance Jeanine Áñez Chávez
Date de naissance (52 ans)
Lieu de naissance Trinidad (Bolivie)
Nationalité Bolivienne
Parti politique Mouvement social démocrate
Religion Évangélisme[1]
Résidence Casa Grande del Pueblo,
La Paz (Bolivie)

Signature de Jeanine Áñez

Jeanine Áñez
Présidents de l'État plurinational de Bolivie

Jeanine Áñez, née le à Trinidad (département de Beni), est une femme d'État bolivienne.

Élue seconde vice-présidente de la Chambre des sénateurs en 2015, elle assure en tant que telle l'intérim à la présidence de l'État à partir du , à la suite de la démission controversée d'Evo Morales.

Biographie

Jeunesse et vie privée

Née le à la Trinidad[2], elle est titulaire d'une licence de droit[3]. Elle est directrice de la chaîne Totalvision[4].

Divorcée, elle est mère de deux enfants[3]. Elle est mariée à Héctor Hernando Hincapié Carvajal, un homme politique colombien qui a des liens historiques avec des groupes paramilitaires colombiens[5].

Parlementaire

Membre du Mouvement social démocrate, formation de centre droit, elle est membre de l'Assemblée constituante de 2006 à 2009[3], puis élue sénatrice pour le département de Beni aux élections de 2009 et réélue à celles de 2014. Elle devient seconde vice-présidente de la Chambre des sénateurs le [6]. Elle est très critique à l'égard du président Evo Morales[7].

Elle se fait régulièrement remarquer par des déclarations discriminantes, voire teintées de racisme, envers les Indigènes. En 2013, elle écrit sur Twitter : « Je rêve d'une Bolivie libérée des rites sataniques autochtones, la ville n'est pas aux Indiens, ils feraient mieux d'aller dans les hauts plateaux ou à El Chaco »[8]. Elle qualifie également Evo Morales de « pauvre Indien accroché au pouvoir »[9].

Présidente de l'État par intérim

Investiture

Elle accède par intérim à la présidence de l'État après la démission du président Evo Morales, du vice-président Álvaro García Linera, et du président de la Chambre des députés Víctor Borda[10],[11]. Le premier vice-président de la Chambre des sénateurs, Rubén Medinace, démissionne également. Le successeur d'Evo Morales est donc Jeanine Áñez, seconde vice-présidente de la chambre[12]. La présidente du Sénat Adriana Salvatierra, troisième dans l'ordre de succession, affirme cependant ne pas avoir démissionné et avoir été empêchée d’accéder au Parlement[13]'[14].

Le , elle annonce la convocation prochaine d'une nouvelle élection présidentielle, de façon à ce qu'un nouveau président prenne ses fonctions d'ici le , comme prévu[15]. La séance parlementaire destinée à fixer la date de la présidentielle a lieu le [16]. La séance étant suspendue pour cause de quorum non atteint par le boycott des parlementaires du Mouvement vers le socialisme (MAS), conformément à la Constitution plurinationale. Elle se déclare en charge de l'intérim de la présidence de l'État, arguant de la nécessité de ne pas laisser le pays sans gouvernement et la nécessité de pacifier le pays[17]. Evo Morales dénonce alors « le coup d'État le plus astucieux et le plus odieux de l'histoire »[18].

Le Tribunal constitutionnel plurinational valide l'accession de Jeanine Áñez à la présidence de l'État par intérim dans un communiqué publié le [19], en s'appuyant sur la jurisprudence de 2001 relative à la démission d'Hugo Banzer Suárez[20]. Son accession au pouvoir est cependant contestée, des spécialistes estimant que les deux chambres parlementaires auraient dû élire leurs nouveaux présidents, et que la séance de ratification de la démission ne peut pas se tenir sans quorum[21]. Cependant, la Constitution est floue et ne précise pas si une démission doit être acceptée par le Parlement pour devenir effective[22].

Jeanine Áñez entre dans le palais présidentiel en tenant une Bible, déclarant : « La Bible est de retour dans le palais », puis prête serment dans la foulée[23]. L'Assemblée législative plurinationale, où le MAS détient la majorité parlementaire, tente d'invalider son investiture[7]. Elle reçoit également le soutien des opposants Carlos Mesa et Luis Fernando Camacho[24]. Elle devient la deuxième femme à la tête du pays, après Lidia Gueiler Tejada[25].

Politique intérieure

Elle se montre favorable à l'usage du Wiphala comme emblème national, mesure instituée par Evo Morales[3]. Elle promet ensuite un gouvernement de transition et déclare que les élections auront lieu lorsque les conditions seraient réunies[26].

Le , elle change le chef de l'armée[27]. Elle forme un nouveau gouvernement, limité aux fonctions régaliennes, notamment des Finances, de l'Intérieur et de la Défense[7]. La composition de ce gouvernement, dont les membres ont, à l'instar de la présidente, prêté serment sur la Bible, alors qu'Evo Morales a fait du pays un État laïc en 2009, ne comprend pas de ministre indigène, alors que le ministère des Affaires étrangères leur est traditionnellement dévolu[28].

Elle déclare ensuite qu'en cas de retour dans le pays, son prédécesseur serait poursuivi pour fraudes électorales et pour corruption[29]. Elle a auparavant déclaré que celui-ci n'était pas éligible à un quatrième mandat[30]. Elle met par ailleurs en doute la possibilité pour le Mouvement vers le socialisme (MAS) de participer aux prochaines élections[31].

Par la suite, des ministres émettent le souhait de réformer le pays, avant de convoquer de nouvelles élections[1].[pertinence contestée] Le 20 novembre, elle annonce la convocation prochaines de nouvelles élections générales[32]. Pour ce faire, elle présente au Parlement un projet de loi destiné à annuler les résultats des élections législatives et présidentielle, et à renouveler la composition du Tribunal suprême électoral, qui devra fixer la date des élections[33]. Le 23 novembre, le Sénat approuve cette mesure et l'interdiction pour un individu ayant déjà effectué un deuxième mandat d’en faire un troisième[34], ainsi qu'une loi d'amnistie pour Morales — contre qui le gouvernement provisoire a porté plainte la veille pour « sédition » et « terrorisme »[35] —, une dernière mesure que la présidente par intérim rejette[36]. La Chambre des députés adopte quelques heures plus tard ce projet de loi[37]. Jeanine Áñez promulgue le texte le 24 novembre[38]. Celui-ci prévoit que le scrutin puisse se tenir d'ici juin 2020[39].

Le 6 décembre, le Parlement adopte la loi amnistie pour les autorités sortantes au sujet du processus électoral, Áñez menaçant toujours d'apposer son veto à cette loi[40]. Le 15 décembre, elle annonce l'émission d'un mandat d'arrêt à l'encontre de son prédécesseur[41].

Politique étrangère

Après sa prise de fonction, elle reçoit la reconnaissance des États-Unis[42] et de la Russie[43], qui qualifie cependant son accession au pouvoir de « coup d'État »[44]. De son côté, son gouvernement reconnaît l'opposant vénézuélien Juan Guaidó comme président du Venezuela[45]. Elle décide ensuite de l'expulsion du personnel vénézuélien de l'ambassade du Venezuela à La Paz[46].

Elle annonce également le retrait de l'Alliance bolivarienne pour les Amériques (ALBA)[29].

Plus de 700 membres de la mission de coopération médicale cubaine en Bolivie sont invités à quitter le pays dans les plus brefs délais[47].

Le 26 novembre, son gouvernement nomme un ambassadeur à Washington, une première depuis 2009[48]. Le 28 novembre, le pays rétablit ses relations avec Israël, rompues elles aussi en 2009[49].

Gestion des manifestations

Un décret est pris le 15 novembre, après la mort de neuf producteurs de coca[1], pour autoriser l'armée à intervenir lors des manifestations et exonérer de responsabilité pénale les policiers et militaires participant à ces opérations. Dans les cinq jours qui suivent la constitution de son gouvernement, 24 manifestants sont tués. Le gouvernement bolivien est critiqué par la Commission interaméricaine des droits de l'homme, qui lui reproche d'avoir « ignoré les normes internationales relatives aux droits de l'homme » et d'avoir « encouragé la répression violente »[50]. L'Organisation des Nations unies dénonce de son côté l'« usage disproportionné de la force »[51]. Amnesty International appelle la présidente par intérim à abroger le décret[52]. Celui-ci est finalement suspendu le 25 novembre, après un accord avec les manifestants, qui acceptent de mettre fin à leur mouvement en échange du retrait des forces de l'ordre[53].

Le , la ministre de la Communication du gouvernement intérimaire annonce que sera utilisé un article du Code pénal pour interdire la diffusion de nouvelles pouvant pousser à la sédition[54].

Prorogation du mandat

Le 17 janvier, la Cour constitutionnelle prolonge son mandat et celui du Parlement jusqu'à l'investiture des nouvelles autorités élues[55].

Notes et références

  1. a b et c Claire Meynial, « Bolivie, l'effondrement du mythe Evo Morales », sur Le Point, lepoint.fr, (consulté le 19 novembre 2019).
  2. « Jeanine Áñez Chávez », sur Cámara de Senadores (consulté le 13 novembre 2019)
  3. a b c et d La-Croix.com, « Bolivie: Jeanine Añez, deuxième femme à la tête du pays », sur La Croix (consulté le 13 novembre 2019)
  4. « La Bible à la main, une sénatrice s’approprie le pouvoir en Bolivie », sur L'Humanité,
  5. (en-US) Jacquelyn Kovarik, « Bolivia’s Anti-Indigenous Backlash Is Growing », The Nation,‎ (lire en ligne, consulté le 13 novembre 2019)
  6. Posesionaron a las directivas de las Cámaras de Senadores y Diputados de la Asamblea Legislativa Plurinacional, site de la Présidence de l'Assemblée législative plurinationale], 19 janvier 2015.
  7. a b et c « Bolivie: Jeanine Añez compose son gouvernement, Morales prêt à rentrer », sur TV5MONDE (consulté le 13 novembre 2019)
  8. « Quand la nouvelle présidente autoproclamée de Bolivie écrivait des tweets racistes envers les indigènes », Nouvel Obs,‎ (lire en ligne)
  9. « En Bolivie, transition houleuse après Evo Morales », sur Le Monde.fr (consulté le 15 novembre 2019)
  10. « Evo Morales renuncia a la presidencia de Bolivia y denuncia un "golpe cívico, político y policial" », sur BBC News Mundo (consulté le 11 novembre 2019)
  11. Rulers, 10 novembre 2019.
  12. Jeanine Añez podría ser la Presidenta del país, YouTube, journal télévisé de Bolivisión, minute 0:40, 10 novembre 2012.
  13. « Bolivie. Trump adoube Jeanine Añez, le coup d’État est parachevé », sur L'Humanité,
  14. « Jeanine Añez, visage de la droite en Bolivie », sur letemps.ch, (consulté le 19 novembre 2019).
  15. « Bolivie : convocation d'une élection présidentielle par la future présidente par intérim », sur Le Figaro.fr (consulté le 11 novembre 2019)
  16. « Chaos en Bolivie après la démission du président Morales », sur Boursorama (consulté le 11 novembre 2019)
  17. « Bolivie : la sénatrice Jeanine Añez se proclame présidente par intérim », sur Le Monde.fr (consulté le 12 novembre 2019)
  18. « Bolivie : la sénatrice Jeanine Añez devient présidente par intérim, Evo Morales dénonce un "coup d'Etat" », sur Franceinfo, (consulté le 13 novembre 2019)
  19. Tribunal Constitucional de Bolivia avala posesión de Añez como presidenta interina, El Universal, 12 novembre 2019.
  20. « Jeanine Áñez asume la presidencia de Bolivia y Evo Morales la acusa de "autoproclamarse" », sur BBC News Mundo (consulté le 13 novembre 2019)
  21. « Départ de Morales: a-t-on affaire à un coup d'État en Bolivie? », sur RTBF Info (consulté le 13 novembre 2019)
  22. Claire Meynial, « Bolivie : coup d'État ou fraude électorale ? », sur Le Point, lepoint.fr, (consulté le 19 novembre 2019).
  23. « En Bolivie, la sénatrice Jeanine Añez auto-proclamée présidente par intérim », sur Le Temps (consulté le 13 novembre 2019)
  24. « Bolivie : la nouvelle présidente par intérim, Jeanine Añez, plébiscitée par l'opposition », sur LExpress.fr (consulté le 14 novembre 2019)
  25. « Bolivie : Jeanine Añez, deuxième femme à la tête du pays », sur la-croix.com, (consulté le 13 novembre 2019).
  26. « Bolivie: incohérences autour de la nomination de Jeanine Añez - Amériques - RFI », sur RFI (consulté le 13 novembre 2019)
  27. « Bolivie: un mort dans des heurts entre partisans d'Evo Morales et la police », sur Le Figaro.fr (consulté le 13 novembre 2019)
  28. « En Bolivie, un gouvernement de combat anti-Morales », sur France 24 (consulté le 15 novembre 2019)
  29. a et b RTL Newmedia, « Bolivie: 5 paysans pro-Morales tués, Añez menace son prédécesseur de poursuites », sur RTL Info (consulté le 16 novembre 2019)
  30. « Bolivie: la présidente par intérim tente de pacifier le pays », sur Boursorama (consulté le 16 novembre 2019)
  31. (es) « Jeanine Áñez puso en duda la participación del partido de Evo Morales en las elecciones de Bolivia: “Lo decidirá el tribunal” », sur Infobae,
  32. « Bolivie : une loi bientôt votée pour convoquer de nouvelles élections », sur Le Point, lepoint.fr, (consulté le 21 novembre 2019).
  33. « Bolivie : la présidente par intérim présente au Parlement une loi visant à organiser de nouvelles élections », sur lemonde.fr, (consulté le 21 novembre 2019).
  34. « Bolivie: le Sénat approuve l'organisation d'élections présidentielle et législatives », sur lefigaro.fr, (consulté le 24 novembre 2019).
  35. « Le gouvernement provisoire de Bolivie accuse Morales de sédition et terrorisme », sur Challenges, (consulté le 24 novembre 2019).
  36. « En Bolivie, la présidente par intérim rejette une demande d'amnistie pour Evo Morales », sur france24.com, (consulté le 24 novembre 2019).
  37. « Bolivie: Le Congrès donne son accord à un nouveau scrutin sans Morales », sur Challenges, (consulté le 24 novembre 2019).
  38. « La présidente bolivienne par intérim convoque de nouvelles élections », sur www.20minutes.fr (consulté le 24 novembre 2019).
  39. « La Bolivie doit se réorganiser avant la tenue d'une nouvelle élection - Amériques - RFI », sur RFI, RadioFranceInternationale, (consulté le 25 novembre 2019).
  40. « Bolivie: une loi d’immunité contre les crimes de la crise post-électorale votée - Amériques - RFI », sur RFI, RadioFranceInternationale, (consulté le 7 décembre 2019).
  41. « La Bolivie va émettre un mandat d’arrêt contre son ancien président Evo Morales », sur Le Monde.fr, Le Monde, (ISSN 1950-6244, consulté le 15 décembre 2019).
  42. « Bolivie: Jeanine Añez nomme son gouvernement et obtient le soutien des Etats-Unis », sur Libération.fr (consulté le 14 novembre 2019)
  43. « Rusia reconoce a Jeanine Áñez como Presidenta de Bolivia », sur Los Tiempos (consulté le 14 novembre 2019)
  44. « La Russie reconnaît de facto Jeanine Añez en tant que présidente par intérim de la Bolivie », sur Le Figaro.fr (consulté le 14 novembre 2019)
  45. « Le nouveau gouvernement bolivien reconnaît Guaido en tant que président du Venezuela », sur Le Figaro.fr (consulté le 14 novembre 2019)
  46. « La Bolivie va expulser tout le personnel diplomatique vénézuélien », sur Le Figaro.fr (consulté le 16 novembre 2019)
  47. « Bolivie: rapatriement de 226 coopérants cubains après le changement de pouvoir », sur Le Figaro.fr,
  48. « La Bolivie nomme un ambassadeur aux États-Unis, une première en 11 ans », sur Radio-Canada.ca, (consulté le 29 novembre 2019).
  49. « La Bolivie annonce le rétablissement de ses relations avec Israël », sur Radio-Canada.ca, (consulté le 29 novembre 2019).
  50. Marco Teruggi, « La persecución golpista amenaza al Congreso », sur Pagina12,
  51. « Bolivie : l'ONU dénonce «l'usage disproportionné de la force» », sur Le Figaro.fr, lefigaro, (ISSN 0182-5852, consulté le 19 novembre 2019).
  52. « Bolivie. Jeanine Añez doit immédiatement abroger les dispositions promouvant l’impunité pour les membres des forces armées », sur Amnesty France (consulté le 21 novembre 2019).
  53. « Accord de «pacification» en Bolivie », sur L'Opinion, (consulté le 25 novembre 2019).
  54. « Bolivia: la ministra de Comunicación acusó de sedición a periodistas extranjeros », La Nación,
  55. (en) « Prensa Latina - Latin American News Agency », sur www.plenglish.com/ (consulté le 20 janvier 2020).

Voir aussi