Contour

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En arts plastiques, le contour est la ligne qui délimite la surface extérieure d'un objet.

La psychologie de la forme a recherché les indices que l'être humain utilise pour concevoir la forme. Le contour représente en général un moyen efficace de désigner un objet. Certaines illusions visuelles montrent que le tracé du contour n'est pas absolument nécessaire, ni suffisant, pour cela.

La détection automatisée du contour est un problème important dans l'imagerie numérique.

Quand il ne s'agit pas d'arts plastiques, le mot contour signifie, par synecdoque, l'extérieur, la superficialité, la forme d'ensemble.

Représentations[modifier | modifier le code]

Le théâtre d'ombres, la silhouette, que le mythe de Boutadès place à l'origine de la peinture, se basent exclusivement sur le contour, rempli d'une couleur uniforme.

Le dessin au trait[1] ou linéaire consiste en le tracé du contour, sans indication des volumes. Dans ce contexte, ligne peut être synonyme de contour[2]. La géométrie descriptive de Monge a établi des règles géométriques précises pour établir la ligne de contour apparent d'un objet depuis n'importe quel point de vue. En dessin technique, on représente toutes les arêtes visibles des objets et le contour s'il n'y a pas d'arêtes en trait continu ; un trait interrompu indique les arêtes et contours cachés.

Esthétique[modifier | modifier le code]

Les plasticiens, tout comme la critique d'art, attachent des valeurs esthétiques fortement divergentes au contour[3].

Le tracé du contour est à la base du dessin linéaire que des artistes comme John Flaxman investissent d'une valeur esthétique suprème. En peinture, la valorisation du contour aboutit soit à peindre la figure et le fond dans des teintes très différentes, soit à marquer un cerne autour des figures[4]. Cette tendance s'illustre du XVe siècle avec Sandro Botticelli au XXe siècle avec Pablo Picasso ou Amedeo Modigliani. En photographie, ce cerne, clair, s'obtient avec une forte lumière à contre-jour.

L'école caravagesque utilise une lumière fortement contrastée, dans laquelle seule une partie du contour est très marquée, tandis qu'il se perd dans la partie du sujet restée dans l'ombre, et que les reliefs intérieurs acquièrent un contour indépendant.

La peinture classique exige au contraire que le contour soit atténué[5], et laisse des passages en certains endroits où la couleur de l'objet se confond avec celle du fond[6].

Lorsqu'une option domine, il arrive fréquemment que des artistes en prennent le contrepied ; ainsi, au XIXe siècle, l'école de Pont-Aven s'oppose avec le cloisonnisme aux contours vaporeux et indéfinis qu'Eugène Carrière affectionnait peu auparavant[7]. Quelques années plus tard, Paul Cézanne s'oppose vigoureusement à l'école qui « circonscrit les contours d'un trait noir, défaut qu'il faut combattre à toute force »[8].

Perception[modifier | modifier le code]

La vision d'un contour suffit le plus souvent à désigner un objet. Le lobe occipital est impliqué dans la perception du contour.

Le psycholoque italien Gaetano Kanizsa a démontré, en présentant une forme simple, que la représentation intégrale du contour n'est pas nécessaire pour concevoir la forme d'un objet. Le motif de Kanizsa présente six segments de droite formant deux à deux un un angle et trois disques noirs dont un secteur a été coupé. On y repère cependant normalement deux triangles l'un au-dessus de l'autre.

L'information réduite que présente le contour peut aboutir à une ambiguïté dans la ségrégation figure-fond ; tandis que l'interprétation d'un tracé comme contour, associé à l'habitude de la perspective peut amener la perplexité devant un objet impossible comme le blivet.

Tracé automatique des contours[modifier | modifier le code]

La détection des contours dans une image matricielle numérisée, telle que produite par une photographie numérique, présente un grand intérêt pratique dans de nombreux domaines. Elle aboutit à la création de deux zones, comme on peut le faire manuellement à l'écran par détourage.

Dans de nombreux cas, la détection de contours est une simple détection des variations rapides de la luminosité[a] pour aboutir à une ligne de partage des eaux. L'existence de passages où le fond a la même luminosité que l'objet rend un traitement supplémentaire nécessaire pour définir une ligne de contour continue et fermée, qui permette la segmentation de l'image, équivalent en traitement d'images de la ségrégation de l'objet et du fond en psychologie de la forme. Ce traitement convertit l'image matricielle en image vectorielle du contour.

En vidéo, selon un procédé inventé au cinéma, on utilise souvent la détection de couleur pour détourer un sujet sur un fond dont la couleur ne se trouve en aucune de ses parties. Le signal sert ensuite pour l'incrustation.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Le réglage de détail dit aussi netteté ou contour en imagerie électronique et numérique effectue un filtrage de même nature.
  1. Jules Adeline, Lexique des termes d'art, nouvelle, (1re éd. 1884) (lire en ligne), p. 148 « Dessin ».
  2. Béguin 1995, p. 358 ; « Ligne et contour sont donc, quand il s'agit de dessin et de sculpture, synonymes autant que deux mots puissent l'être », écrivait Jean Baptiste Bon Boutard, Dictionnaire des arts du dessin, la peinture, la sculpture, la gravure et l'architecture, Paris, (lire en ligne), p. 395.
  3. Souriau 2000, p. 503.
  4. Bergeon-Langle et Curie 2009, p. 727.
  5. Watelet 1791, p. 142-145.
  6. André Lhote, Traités du paysage et de la figure, Paris, Grasset, (1re éd. 1939, 1950), p. 31 sq.
  7. Béguin 1990, p. 188.
  8. Paul Cézanne, « Lettres », dans Émile Bernard, Souvenirs sur Paul Cézanne et Lettres, Paris, (lire en ligne), p. 86.