Parti communiste d'Allemagne

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Parti communiste d'Allemagne
(de) Kommunistische Partei Deutschlands
Image illustrative de l’article Parti communiste d'Allemagne
Logotype officiel.
Présentation
Fondateurs Karl Liebknecht
Rosa Luxemburg
Fondation
Disparition en Allemagne nazie
dans la zone d'occupation soviétique en Allemagne
en Allemagne de l'Ouest
Journal officiel Die Rote Fahne
Organisation de jeunesse Ligue des jeunes communistes d'Allemagne
Organisation paramilitaire Roter Frontkämpferbund
Positionnement Extrême gauche
Idéologie Communisme
Marxisme
Luxemburgisme (lors de la fondation)
Marxisme-léninisme (à partir de la fin des années 1920 et de la stalinisation)
Affiliation internationale Internationale communiste
Adhérents 360 000 (1932)[1]
Couleurs Rouge
Drapeau du Parti communiste d'Allemagne.

Le Parti communiste d'Allemagne (en allemand : Kommunistische Partei Deutschlands, abrégé en KPD) était un parti politique allemand, fondé en dans le contexte de la révolution allemande de 1918-1919, autour de la Ligue spartakiste.

Ses premiers dirigeants, Rosa Luxemburg et Karl Liebknecht, sont rapidement assassinés après l'échec de la révolte de Berlin ; leur successeur Paul Levi est ensuite exclu en 1921. Le Parti communiste d'Allemagne est mis sous contrôle par le Komintern et l'URSS, puis progressivement stalinisé. Dirigé notamment, durant l'entre-deux-guerres, par Ernst Thälmann, le KPD est l'un des partis d'opposition les plus importants sous la république de Weimar, et le parti communiste le plus puissant d'Europe occidentale. Après l'arrivée au pouvoir d'Adolf Hitler, le Parti communiste d'Allemagne est interdit et ses militants persécutés. À nouveau autorisé après-guerre, le KPD se scinde en deux dans l'Allemagne occupée, au début de la guerre froide : ses cadres présents dans la zone d'occupation soviétique fondent le Parti socialiste unifié d'Allemagne (SED) en absorbant les sociaux-démocrates locaux ; à l'Ouest, le KPD continue d'exister sous son nom propre. Le SED est ensuite le parti au pouvoir sous la République démocratique allemande, tandis que le KPD, réduit à la marginalité, est interdit en 1956 par le gouvernement ouest-allemand.

Naissance du parti et Révolution allemande de novembre 1918[modifier | modifier le code]

Le ralliement, en 1914, de la majorité des partis sociaux-démocrates de la IIéme Internationale à l'Union Sacrée, en soutien à la première guerre mondiale, marque un tournant dans l'histoire de la sociale-démocratie. Seuls, quelques partis et militants s'opposent à l'union sacrée, et restent attachés au mot d'ordre de Karl Marx : "Prolétaires de tous les pays, unissez-vous". En Allemagne, cette opposition prend forme dès 1915 autour de Rosa Luxemburg, puis pendant les années 1916 et 1917. Elle se caractérise par le refus croissant des parlementaires du SPD de voter les crédits de guerre, puis par une scission de l'aile gauche pacifiste du SPD, qui s'organise dans l'USPD en . Au sein de l'USPD, autour de Rosa Luxemburg, de Karl Liebknecht et de Leo Jogiches, s'organise une fraction qui pense que la fin de la guerre n'est pas assez et qu'il faut une révolution en Allemagne. Ce groupe deviendra la Ligue Spartakiste.

Au même moment, des groupes qui pensent la même chose que la Ligue Spartakiste, mais refusent de militer dans l'USPD, s'organisent localement dans des groupes de « radicaux de gauche », puis se coordonnent nationalement au sein des Communistes Internationaux d'Allemagne (IKD).

L'année 1917 est très inquiétante pour le pouvoir impérial allemand. À une vague de grève s'ajoute l'exemple de la Révolution Russe puis de la prise de pouvoir des Bolcheviques, qui sont des sociaux-démocrates tout comme les spartakistes et les radicaux de gauche. 1918 voit s'aggraver la situation militaire. Le , Stuttgart s'insurge et passe aux mains d'un conseil ouvrier, mais reste isolée. Entre le 5 et le , la grève générale, déclenchée par les marins et les ouvriers de Kiel, met le feu aux poudres et balaye l'Empire Allemand.

Face à ces événements, la majorité de la Ligue Spartakiste se rapproche des IKD et souhaite former un parti unifié.

Révolution allemande de 1918 et fondation du KPD (S)[modifier | modifier le code]

Le , la Ligue spartakiste crée, en fusionnant avec les (IKD), le Parti communiste d'Allemagne. Pour marquer la continuité, le nom complet adopté est Parti communiste d'Allemagne (Ligue spartakiste) (Kommunistische Partei Deutschlands (Spartakusbund), KPD ou KPD (S).

On compte parmi ses membres Rosa Luxemburg, Karl Liebknecht, Eugen Leviné, Leo Jogiches, Paul Levi, Käte Duncker (de), Herman Gorter, Karl Korsch, Ruth Fischer, Arkadi Maslow, Paul Frölich, Franz Mehring, Hugo Eberlein, Franz Pfemfert, Heinrich Brandler, August Thalheimer, Wilhelm Pieck...

Le parti est poussé dès sa création à participer à l'insurrection de Berlin au début de . La répression de cette révolte et des multiples insurrections qui l'ont suivies les mois suivants, porte de rudes coups au KPD (S), de nombreux militants et dirigeants de premiers plan du parti sont assassinés, ce qui le désorganise profondément.

Parmi les morts, on peut noter :

  • Rosa Luxemburg et Karl Liebknecht le  ;
  • Leo Jogiches le (Paul Levi prend alors la tête du KPD) ;
  • Eugen Leviné le .

En outre, deux militants importants dans la direction du KPD, Franz Mehring et Johan Knief (en), meurent de maladie dans les premiers mois de 1919.

Sous la république de Weimar (1919-1933)[modifier | modifier le code]

Années révolutionnaires (1919-1923)[modifier | modifier le code]

Les années 1919-1923 sont pour l'Allemagne une époque de trouble politique et économique, qui ouvre des possibilités de révolution de type « soviétique ». Cette période est marquée pour le jeune Parti communiste d'Allemagne par des débats idéologiques tendus, parfois motifs d'exclusion, se déroulant dans une atmosphère surchauffée par l'idée que la révolution allemande est pour le lendemain.

Lors du deuxième congrès de KPD (S), le à Heidelberg, Paul Levi prend l'initiative d'attaquer l'aile "gauchiste" du parti, qui refuse la participation aux élections et souhaite créer des "unions ouvrières", opposées aux syndicats. Cette « gauche » regroupe en fait des éléments très différents, qui se divisent sur des sujets fondamentaux, sur les questions nationales (faut-il s'allier à la bourgeoisie allemande pour attaquer les impérialistes franco-anglais qui ont imposé le traité de Versailles ?) ou le rôle du parti, et cela permet à Levi d'en exclure une partie, qui forment alors le Parti communiste ouvrier d'Allemagne (KAPD). Cette exclusion est comprise comme un putsch par l'aile gauche du parti, et rencontre la vive opposition de Radek et de Lénine, qui pensent que la scission est prématurée. Cette scission affaiblit fortement le KPD, qui compte moins de 30 000 militants, surtout implantés à Chemnitz et Stuttgart. Le KAPD, fort de 50 000 membres, est admis comme parti sympathisant de l'Internationale communiste en .

Mais au même moment, les pourparlers entre le KPD (S) et l'aile gauche de l'USPD ont abouti. En , l'aile droite du parti à scissionné de l'organisation quand celle-ci a annoncé son adhésion à l'Internationale Communiste. Du 4 au à lieu à Halle le congrès d'unification des deux organisations, ce qui fait naître le premier parti communiste de masse de l'histoire[8], comptant plus entre 350 000 et 600 000 membres. Le KPD prend alors un temps le nom de Parti communiste unifié d'Allemagne (Vereinigte Kommunistische Partei Deutschlands, ou VKPD) qu'il conservera jusqu'en 1922. Ce rapprochement a été rendu possible par la résistance commune des deux partis au cours du putsch de Kapp et par la politique de Paul Levi, qui ne conçoit pas d'action hors d'un parti de masse. L'organisation de jeunesse du parti est à partir de 1925 la Ligue des jeunes communistes d'Allemagne.

En , le KPD se lance dans « l'action de mars », tentative d’insurrection inspirée par l'envoyé de l'Internationale communiste Bela Kun. Rapidement écrasée, elle fait apparaître que les tendances gauchistes aux putschs, à l'action hors des organisations de masse, que combat Levi depuis les débuts du parti, sont toujours présentes. En termes de militants, les résultats sont catastrophique, le VKPD perd 200 000 membres en quelques semaines. Levi, pour protester, démissionne de la présidence du parti, et publie une brochure critiquant « l'action de mars » et les méthodes autoritaires de l'Internationale communiste. Le KPD exclut alors Levi de ses rangs. Cette décision est entérinée par l'Internationale communiste, qui critique vivement l'action de mars, mais est de plus en plus contrôlée par les partisans de Zinoviev, qui soutiennent Bela Kun. Levi crée un groupe communiste dissident (qui rejoint ensuite l'USPD en ).

Sa tactique de front uni ouvrier n'est pourtant pas abandonnée par le KPD, sous la direction de Brandler et Thalheimer. En 1923, l'hyperinflation détruit l'économie allemande. La misère se répand dans toute la société, et provoque en réaction une grève générale en août qui fait s’effondrer le gouvernement Cuno. Le KPD voit une opportunité, et prépare soigneusement une tentative de prise de pouvoir en alliance avec la gauche sociale-démocrate. Cela aboutit à un échec, le seul soulèvement ayant été celui de Hambourg. Le KPD est interdit pour quelques mois.

Période de la consolidation de la République de Weimar (1924-1927)[modifier | modifier le code]

Cet échec permet aux partisans de Zinoviev d'éliminer Brandler et Thalheimer du comité central. Une nouvelle direction s'installe, avec notamment Werner Scholem, Ruth Fischer, Arkadi Maslow, Ernst Thälmann et Arthur Rosenberg. Cette nouvelle direction met en œuvre la politique de "bolchevisation", qui consiste à faire entrer les partis communiste dans le moule du parti russe. La politique de front uni est abandonnée, le KPD commence à mener une politique de scission systématique des syndicats pour créer des "syndicats rouge", entièrement communistes. Les sociaux-démocrates sont dénoncés comme des traîtres, assassins de Luxemburg et Liebknecht. Il y a un décalage profond entre le discours très révolutionnaire de la direction du KPD et la reprise économique allemande, qui fait oublier la misère et éloigne le spectre de la révolution.

La vie interne du KPD est de plus en plus liée à ce qui se déroule en URSS. Zinoviev est écarté de la présidence de l'Internationale communiste par les partisans de Boukharine et de Staline en 1925. Ceux-ci imposent une nouvelle direction, avec Heinz Neumann et Ernst Thälmann à sa tête.

Lutte contre la social-démocratie et le nazisme (1928-1933)[modifier | modifier le code]

Karl-Liebknecht-Haus en 1930, elle fut le siège du KPD de 1926 à 1933.
Camion du KPD à Essen, lors de la campagne d'Ernst Thälmann pour l'élection présidentielle de 1925.

Au sixième congrès de l'Internationale communiste à Moscou en , Staline décide de donner priorité à la lutte contre la social-démocratie. Les communistes allemands, également influencés par l'attitude anti-communiste du SPD de l'époque et par le souvenir de la répression des années 1918-19, soutiennent les consignes. Selon l'historien du socialisme Jacques Droz, ils « considèrent les sociaux-démocrates comme leur principal ennemi, et vont même jusqu’à leur préférer les nazis, dont les excès pensent-ils, provoqueront la guerre civile puis la dictature du prolétariat. (..) Dans ces conditions, il est évident que la collaboration entre les deux partis de gauche, qui aurait été indispensable pour résister à la terreur nazie, ne peut s’organiser. En , on lit dans la Rote Fahne, l’organe communiste : « le fascisme de Brüning n’est pas meilleur que celui de Hitler… C’est contre la social-démocratie que nous menons le combat principal »[9].

Les effets dramatiques de la crise sur les classes populaires propulsent les effectifs du Parti communiste de 124 000 en 1928 à 206 000 en 1931, et ses suffrages, qui étaient de 3,2 millions de voix en 1928, passèrent à 4,6 millions en 1930 et à 5,9 millions en . Ses membres sont pour beaucoup des chômeurs. Près de 50 % des militants berlinois étaient sans emploi en 1930, contre 40 % travaillant en usine, et seulement 17 % des effectifs nationaux étaient en mesure de militer sur leurs lieux de travail en 1931. Cette situation nuit aux capacités d'action du parti, notamment en matière d'organisation de grèves[10].

En , le KPD refuse de participer au Front de fer républicain contre le Front de Hazburg (nationaliste)[11]. En , c'est au tour du SPD de rejeter la proposition de front commun avancée par le KPD suite à un putsch en Prusse. À nouveau, en , les communistes proposent d'organiser une grève générale en protestation contre la nomination d'Hitler à la chancellerie, mais le SPD s'y oppose[12].

En 1931-1932, le KPD et le parti nazi NSDAP mènent des actions parallèles et parfois concertées : le référendum contre le gouvernement social-démocrate de Prusse en , la motion de censure contre le gouvernement social-démocrate de Prusse en , la motion provoquant la dissolution du Parlement allemand de , la grève commune des transports de Berlin en .

Certains historiens soulignent également une attitude ambivalente à la base du parti. D'un côté, des combats de rue sans concession entre militants nazis et militants communistes. En 1931, on relève ainsi la mort de 103 militants communistes et de 79 militants nazis[13]. De l'autre, une partie de la base prolétarienne oscille entre le parti communiste et le parti nazi[14]. Le parti communiste tente à plusieurs reprises de séduire la gauche nazie[15] et en particulier les SA[16]. Le cas le plus célèbre est celui de Richard Scheringer (de), héros nazi, converti au communisme et futur dirigeant communiste ouest-allemand après 1945[17].

Au total, et malgré le martyre que subira le parti sous le Troisième Reich, certains historiens ont jugé très sévèrement la stratégie du Parti communiste d'Allemagne face au nazisme (précédés en cela par des contemporains[18]). L'historien du socialisme Jacques Droz écrit ainsi : « De cette évolution qui aboutissait à l’effondrement des deux grands partis de la gauche allemande, c’est incontestablement le Parti communiste qui porte la plus lourde responsabilité. En dénonçant la social-démocratie, et non le nazisme, comme l’ennemi à abattre, il avait certes contribué à assouvir les haines personnelles de Staline, mais il avait fait preuve d’une servilité et d’une cécité dont l’histoire doit lui demander compte »[11].

D'autres historiens, comme le germaniste et spécialiste de Rosa Luxembourg Gilbert Badia, soulignent cependant la responsabilité des sociaux-démocrates allemands dans la division de la classe ouvrière allemande et du camp socialiste. La répression sanglante des Spartakistes en , l'assassinat de leurs dirigeants par les corps francs, constitués pas des ministres sociaux-démocrates, avaient profondément sapé la confiance que les communistes pouvaient porter en eux. Par ailleurs, en réprimant les républiques de conseils, en faisant la promotion d'un nationalisme qui préservait la figure d'Hindenburg, des dirigeants sociaux-démocrates tels qu'Ebert ou Noske ont également pu favoriser l'émergence du mouvement national-socialiste. Ainsi, selon Gilbert Badia, c'est « l'écrasement de la Révolution (qui) a rendu possible le développement ultérieur du national-socialisme »[19].

Répression nazie et résistance (1933-1945)[modifier | modifier le code]

Ernst Thälmann (1932), président du KPD de 1925 à 1933.

Le , Ernst Thälmann, président du KPD, est arrêté. Après un long séjour à la prison d'État de Bautzen, il est transféré au camp de concentration de Buchenwald le . Il y est exécuté le lendemain sur ordre d'Adolf Hitler et sa dépouille incinérée dans un four crématoire.

Les communistes allemands (membres ou non du KPD) sont massivement internés dès 1933 et l'arrivée au pouvoir d'Adolf Hitler, dans des camps de concentration comme Dachau. Une activité clandestine sera maintenue dans certains camps (notamment Buchenwald), organisant la solidarité, et une résistance extrêmement difficile et dangereuse.

Pour la seule année 1935, 15 000 résistants du KPD furent arrêtés en Allemagne[20].

Cependant, certains dirigeants ayant fui à temps organisent un KPD en exil. Ce sont des membres du comité central de ce parti qui, à l'instigation de Moscou, créèrent le à Krasnogorsk (à proximité de la capitale soviétique), dans le camp modèle no 27, le Comité national de l'Allemagne libre (NKFD) dont les membres les plus influents, Wilhelm Pieck et Walter Ulbricht, furent à l'origine de la création de la République démocratique allemande. Ce comité était présidé par le poète Erich Weinert.

D'autres courants communistes participent aussi activement à la résistance allemande au nazisme de 1933 à 1945.

Après 1945[modifier | modifier le code]

Au moment de l'occupation de l'Allemagne, scindée en plusieurs zones d'occupation, le KPD se trouve divisé de fait. Cette situation se pérennise avec la guerre froide et la division de l'Allemagne en deux États rivaux.

  • Dans la zone d'occupation soviétique, sur instruction de l'URSS, le KPD fusionne en 1946 avec les cadres locaux du SPD pour former le Parti socialiste unifié d'Allemagne (Sozialistische Einheitspartei Deutschlands, SED). Ce parti est placé à la tête d'une coalition du nom de « Bloc antifasciste », regroupant les seuls partis autorisés par les occupants soviétiques. Le SED est par la suite au pouvoir en RDA. Le Bloc antifasciste est rebaptisé Front national de la République démocratique allemande et regroupe les partis autorisés en Allemagne de l'Est, le SED exerçant un rôle dirigeant.
    À partir de 1989, lors de l'instauration du pluripartisme, le SED se transforme en PDS, parti de la gauche communiste de tendance réformatrice. Les communistes « orthodoxes » reconstituant pour leur part le KPD en 1990 (Parti communiste d'Allemagne), auquel adhéra notamment l'ancien dirigeant de la RDA, Erich Honecker.
  • En RFA, le KPD continue d'exister en tant qu'organisation séparée du SPD qui, n'étant pas soumis à l'Ouest à la pression soviétique, a refusé la fusion. Le KPD de l'ouest existe jusqu'en 1956, date à laquelle le Tribunal constitutionnel fédéral ordonne sa dissolution en tant qu'organisation inconstitutionnelle. Une partie de ses dirigeants passe alors à l'Est, tandis que des militants continuent d'animer un KPD clandestin. En 1968, un Parti communiste allemand (Deutsche Kommunistische Partei, DKP) est créé pour prendre la succession du KPD : dans le contexte de la détente, les autorités ouest-allemandes s'abstiennent de l'interdire. Malgré le soutien financier de la RDA qui lui permet de conserver une visibilité certaine, ce nouveau PC ouest-allemand ne dépasse pas le stade groupusculaire[21],[22]. Très rapidement, en outre, les restes du KPD de RFA se dispersent en de nombreuses scissions (comme le Parti communiste d'Allemagne/Marxistes-léninistes, dissidence maoïste du DKP). Encore aujourd'hui, certains petits groupes d'extrême gauche se présentent comme les héritiers du KPD.

Résultats électoraux[modifier | modifier le code]

Reichstag[modifier | modifier le code]

Année Voix % Rang Sièges Gouvernement
1920 589 454 2,1 8e
4 / 459
Opposition
mai 1924 3 693 280 12,6 4e
62 / 472
Opposition
décembre 1924 2 709 086 9,0 5e
45 / 493
Opposition
1928 3 264 793 10,6 4e
54 / 491
Opposition
1930 4 590 160 13,1 3e
77 / 577
Opposition
juillet 1932 5 282 636 14,3 3e
89 / 608
Opposition
novembre 1932 5 980 239 16,9 3e
100 / 584
Opposition
mars 1933 4 848 058 12,3 3e
81 / 687
Opposition
1949 1 361 706 5,7 4e
15 / 402
Opposition
1953 611 317 2,2 7e
0 / 509
Opposition

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Catherine Epstein, The last revolutionaries: German communists and their century, Harvard University Press, , p. 39.
  2. (de) Steffen Kailitz, Politischer Extremismus in der Bundesrepublik Deutschland: Eine Einführung, p. 68.
  3. (de) Teichert Olav, Die Sozialistische Einheitspartei Westberlins Untersuchung der Steuerung der SEW durch die SED, Kassel Univ. Press, (ISBN 9783899589955, 3899589955 et 9783899589948, OCLC 793082043, lire en ligne), p. 93.
  4. (de) Jesse Eckhard et Flemming Lars, Deutsche Geschichte : vom Kaiserreich bis heute, Compact-Verl, 2008, c 2008 (ISBN 9783817466061 et 3817466064, OCLC 311062306, lire en ligne), p. 264.
  5. (de) Diestelkamp Bernhard, Zwischen Kontinuität und Fremdbestimmung : zum Einfluss der Besatzungsmächte auf die deutsche und japanische Rechtsordnung 1945 bis 1950 : Deutsch-Japanisches Symposion in Tokio vom 6. bis 9. April 1994, J.C.B. Mohr, (ISBN 3161466039 et 9783161466038, OCLC 36378714, lire en ligne), p. 308.
  6. Beschluss vom 31. Mai 1946 der Alliierten Stadtkommandantur: In allen vier Sektoren der ehemaligen Reichshauptstadt werden die Sozialdemokratische Partei Deutschlands und die neugegründete Sozialistische Einheitspartei Deutschlands zugelassen.
  7. Vgl. Siegfried Heimann: Ostberliner Sozialdemokraten in den frühen fünfziger Jahren.
  8. En dehors de la Russie, mais il s'agit d'un parti au pouvoir.
  9. Droz 1968, p. 209
  10. Chris Harman, Une histoire populaire de l'humanité, La Découverte, 2015, page 523
  11. a et b Droz 1968, p. 211
  12. « Les communistes allemands, responsables du nazisme ? Allons donc ! », Arrêt sur images,‎ (lire en ligne)
  13. Thierry Wolton, Rouge-Brun, le mal du siècle, JC Lattès, 1999, page 102.
  14. Thierry Wolton écrit : « À cette époque, s’opère une sorte de symbiose entre les communistes et les nazis avec des allers-retours significatifs entre les deux partis. » (Rouge-Brun, le mal du siècle, JC Lattès, 1999, page 99) Voir aussi l'historien américain Timothy S. Brown sur les SA et sur le cas Scheringer.
  15. Thierry Wolton écrit : « Durant l’hiver 1930-1931, une majorité des 5 000 membres d’une organisation nazie de gauche entre au KPD » (Wolton, Rouge-Brun, page 99). Des partisans d'Otto Strasser ou du chef SA Stennes.
  16. Par exemple, la « Lettre ouverte aux électeurs ouvriers du NSDAP » (Die Rote Fahne du ) dans laquelle Walter Ulbricht (futur dirigeant de la RDA) écrit : « Les membres prolétariens du NSDAP sont entrés dans les rangs du front uni du prolétariat. » (Wolton, Rouge-Brun, page 101)
  17. Timothy S. Brown, étude sur le cas Scheringer. Il cite aussi des exemples de faux journaux SA édités en fait par le KPD, de cas de recruteurs communistes habillés en SA, d'une section des troupes de KPD habillée en SA, etc.
  18. Boris Souvarine écrivait en décembre 1931 : « La défaite du faux communisme est acquise avant tout combat. Un parti asservi n’a jamais fait de révolution. Mais, en particulier, ce parti qui a renié l’enseignement de ses fondateurs, Rosa Luxemburg et Karl Liebknecht, qui s’est fait l’instrument docile de la bureaucratie soviétique, qui a […] favorisé l’élection de Hindenburg […], qui récemment encore soutenait l’initiative de plébiscite des nationaux-socialistes […], incapable de réaliser avec l’ensemble de la classe ouvrière une action commune contre le danger nazi, il ne saura que laisser son élite se sacrifier trop tard » (La Critique sociale no 4, page 147)
  19. Gilbert Badia, Les Spartakistes. 1918: l'Allemagne en révolution, collection archives, Julliard, 1966, p. 277.
  20. Alfred Wahl, L'Allemagne de 1918 à 1945, Armand Colin, 1999, p. 141.
  21. Fabien Conord, Les Gauches européennes au XXe siècle, Armand Colin, 2012, pages 165-166
  22. José Gotovitch, Pascal Delwit et Jean-Michel De Waele, L'Europe des communistes, Complexe, 1992, page 258

Annexe[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Pierre Broué, Révolution en Allemagne, 1918-1923, éditions de Minuit, .
  • Gilbert Badia, Histoire de l'Allemagne contemporaine 1917-1933, Éditions sociales, .
  • Gilbert Badia, Histoire de l'Allemagne contemporaine 1933-1962, Éditions sociales, .
  • Cécile Denis, Continuités et divergences dans la presse clandestine de résistants allemands et autrichiens en France pendant la Seconde Guerre mondiale : KPD, KPÖ, Revolutionäre Kommunisten et trotskystes, (thèse de doctorat réalisée sous la direction d’Hélène Camarade, soutenue publiquement le 10 décembre 2018 à l’université Bordeaux-Montaigne) (lire en ligne).
  • Jacques Droz, Le Socialisme démocratique 1864-1960, Armand Colin, .
  • Ossip Kurt Flechtheim (trad. Marcel Ollivier), Le Parti communiste allemand (K.P.D.) sous la république de Weimar, Éditions Maspero, coll. « « Bibliothèque socialiste 23 », , 342 p.
  • Oskar Hippe, Et notre drapeau est rouge. Du Spartakusbund à la IVe Internationale, éditions La Brèche, .

Liens externes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]