Prière de Manassé

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La Prière de Manassé est un texte de la Bible, rattaché à l'Ancien Testament, et souvent intégré au dernier chapitre du Second livre des Chroniques (Paralipomènes), sans titre ni chapitre propre. Ce texte court (15 versets) est une prière de pénitence du roi de Juda, Manassé, captif à Babylone, qui était, selon la Bible[1], parmi les plus idôlatres. Cependant, après avoir été fait prisonnier par les assyriens, il pria pour son pardon[2] et se détourna de son idolâtrie.

Elle contient de nombreuses réminiscences des Psaumes, en particulier du Psaume 50.

La Prière de Manassé fait partie de certaines éditions de la Septante grecque et de certaines versions de la Vulgate latine ("Oratio Manasse"). Saint Jérôme ne l'intègre pas à la traduction du Second livre des Chroniques qu'il a faite à partir de l'hébreu. Cependant, jusqu'au 6e siècle au moins, la traduction latine de la Prière de Manassé a fait partie du corpus des hymnes bibliques utilisées dans certaines liturgies latines, en Afrique du Nord notamment, comme l'atteste le commentaire qu'en a donné l'évêque Verecundius de Junca, mort après 552 [3] . La Glose ordinaire de la Bible (édition princeps, A. Rusch, Strasbourg, 1481, t. 2) en propose un commentaire extrait de celui de Verecundius. Les manuscrits de la version parisienne ou universitaire de la Vulgate latine du 13e siècle [4] l'intègrent à la suite du chapitre 36 du second livre des Chroniques (Paralipomènes), ainsi que les premières éditions imprimées de la Vulgate, dont la Bible de Mayence à 42 lignes en 1452).

Le Canon des Ecritures, promulgué par le Concile de Ferrare-Florence et le Concile de Trente, ne la mentionnent pas. Aucun acte conciliaire ne l'écarte explicitement du Canon. Cependant, la version Sixto-Clémentine de la Bible latine (Vulgate), promulguée en 1592 en application des décrets du Concile de Trente, la place à la suite de tous les livres bibliques (en appendice). Elle précise que la Prière de Manassé ne fait pas partie du corpus des Ecritures défini par le concile de Trente, mais qu'il convient d'en conserver la mémoire puisqu'elle est citée par certains Pères et se trouve dans certains manuscrits de la Bible[5].

Le Judaïsme{références souhaitées} et le Protestantisme la rejettent comme apocryphe ; l'Église catholique romaine et les Chrétiens orthodoxes la considèrent comme deutérocanonique.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Bible 2 Roi 21:1-18
  2. 2 Chroniques 33:10-17
  3. Cf. Verecundius Iuncensis, Commentaria super cantica ecclesiastica, Corpus christianorum Series Latina, 94, Turnhout, p. 148-160
  4. "Biblia sacra iuxta Vulgatam latinam", t. 7, Rome, 1948, p. 323
  5. Biblia Sacra vulgate editionis, Roma 1592.

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