Certificat d'aptitude au professorat de l'enseignement du second degré

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Le certificat d’aptitude au professorat de l’enseignement du second degré (CAPES) est un diplôme professionnel du ministère français de l'Éducation nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, qui sanctionne cinq années d'études après le baccalauréat. Il est délivré aux candidats qui, après avoir réussi les épreuves d’un concours de recrutement (externe, interne ou troisième concours), ont été admis à l'examen de qualification professionnelle.

Depuis 2010, les professeurs certifiés doivent valider simultanément les épreuves du CAPES et un diplôme de master. Ils sont ensuite fonctionnaires stagiaires une année (règle générale appliquée à l'ensemble des fonctionnaires).

Le CAPES permet d'enseigner au collège et au lycée d'enseignement général et technologique (y compris en BTS), ainsi que parfois en université (statut des PRCE). Pour les besoins du service, il peut être demandé aux professeurs certifiés d'effectuer une partie de leur service en lycée professionnel. Le certificat d'aptitude aux fonctions d'enseignant du second degré dans les établissements d'enseignement privé sous contrat (CAFEP) est l’équivalent du CAPES pour enseigner dans le privé sous contrat.

Historique[modifier | modifier le code]

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Le CAPES a été créé en 1950 pour le recrutement des professeurs des collèges et lycées généraux et techniques publics. Il succède au certificat d'aptitude à l'enseignement dans les collèges (CAEC) créé en 1941 (les « collèges » conduisaient alors jusqu'au baccalauréat, en parallèle des lycées d'État).

Il concerne alors les disciplines suivantes :

  • arts plastiques ;
  • éducation musicale et chant choral ;
  • philosophie ;
  • lettres modernes ;
  • lettres classiques ;
  • histoire-géographie ;
  • langues vivantes (allemand, anglais, arabe, chinois, espagnol, hébreu, italien, néerlandais, portugais, russe) ;
  • mathématiques ;
  • physique-chimie ;
  • sciences économiques et sociales ;
  • sciences de la vie et de la terre ;
  • éducation physique et sportive.

Le CAPES de documentation a été créé en 1989 par Lionel Jospin, alors ministre de l’Éducation nationale, pour le recrutement des professeurs documentalistes.

Le CAPES Coordination Pédagogique et Ingénierie de la Formation a été créé en 2000 par Michel Sapin, ministre de la Fonction publique et de la Réforme de l'État (2000-2002) dans le gouvernement Lionel Jospin.

1991-2009[modifier | modifier le code]

De 1991 à 2009, l’obtention du certificat s'est faite en deux ans après la licence :

  • à l'issue d'une première année d'IUFM, la réussite au concours externe (ouvert aux titulaires d'un diplôme de niveau bac+3).
  • une seconde année d'IUFM, associant formation en IUFM (environ deux jours par semaine) et « stage de responsabilité » face à des classes (de 4 h à 6 h de cours par semaine jusqu'en juin 2006, puis de 6 h à 8 h de cours par semaine à partir de la rentrée 2006).

Un jury académique (présidé par le recteur) délivrait l'examen de qualification professionnelle, qui validait pleinement le certificat d'aptitude (CAPES) et permettait la titularisation dans le corps des professeurs certifiés.

Depuis 2010[modifier | modifier le code]

Les candidats du concours doivent à présent obtenir un master pour valider leur CAPES. Les deux formations sont simultanées. Après son année de stage, le professeur a donc un niveau bac +5.

Le CAPES de lettres classiques est supprimé en 2013, et fusionné avec le CAPES de lettres modernes pour donner le CAPES de lettres.

Le Ministère de l'éducation nationale a annoncé en 2014 la création d'une option informatique au CAPES externe et au CAFEP-CAPES de mathématiques à compter de la session 2017 du concours[1].

À l'occasion de son déplacement au Japon, Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l'éducation nationale, annonce en 2016 la création d'un CAPES de japonais[2].

Concours[modifier | modifier le code]

On distingue un concours interne, un concours externe, et un troisième concours.

Condition pour passer le concours[modifier | modifier le code]

Pour se présenter au concours externe, il faut justifier, au minimum, d’une inscription en première année de master ou d’une équivalence reconnue[3].

Le concours interne concerne les fonctionnaires, les enseignants non titulaires ou les assistants d’éducation[4] ayant au moins trois années d'ancienneté dans la fonction publique.

Sections[modifier | modifier le code]

Les concours sont organisés en plusieurs sections[5].

Section postes offerts en 2017[6]
au concours externe au concours interne au troisième concours
Arts plastiques 200 41 0
Documentation 217 60 8
Éducation musicale et chant choral 150 26 0
Histoire et géographie 680 63 0
Langue corse 1 0 0
Langue des signes française 2 0 1
Langues régionales :
  • basque
  • breton
  • catalan
  • créole
  • occitan-langue d'oc
  • 3
  • 4
  • 3
  • 6
  • 6
  • 0
  • 0
  • 0
  • 0
  • 0
  • 0
  • 0
  • 0
  • 0
  • 0
Langues vivantes étrangères :
  • 345
  • 1190
  • 5
  • 16
  • 512
  • 0
  • 28
  • 2
  • 0
  • 5
  • 0
  • 31
  • 149
  • 0
  • 6
  • 44
  • 0
  • 4
  • 0
  • 2
  • 0
  • 4
  • 10
  • 91
  • 0
  • 0
  • 52
  • 0
  • 0
  • 0
  • 0
  • 0
  • 0
Lettres :
  • 230
  • 1288
  • 17
  • 119
  • 0
  • 51
Mathématiques 1440 187 137
Philosophie 100 15 0
Physique et chimie 344 13 0
Sciences de la vie et de la Terre 424 44 0
Sciences économiques et sociales 113 16 0
Tahitien 1 0 0
Total 7 315 835 350

Épreuves[modifier | modifier le code]

Le concours se décompose en deux parties :

  • les épreuves écrites, d'abord, permettent de sélectionner les candidats « admissibles », c’est-à-dire autorisés à passer les épreuves orales.
  • les épreuves orales, ensuite, retiennent les seuls candidats admis définitivement.

Chaque année le ministre chargé de l'Éducation nationale, après avis conforme du ministre chargé de la Fonction publique fixe, pour chaque discipline, le nombre de postes mis au concours[7]. Ces nombres sont très variables d’une discipline à l’autre et peuvent fluctuer d'une année à l’autre. Les jurys, dans chaque discipline, sont souverains et décident des barres d’admissibilité et d’admission. Les jurys sont composés d’inspecteurs généraux de l'éducation nationale, d’inspecteurs d'académie-inspecteurs pédagogiques régionaux, de membres des corps enseignants de l'enseignement supérieur et de professeurs agrégés et certifiés[8].

Année de formation et titularisation[modifier | modifier le code]

Les candidats reçus au concours sont nommés fonctionnaires stagiaires et affectés pour la durée du stage dans une académie par le ministre chargé de l’Éducation. Le stage dure un an et alterne la mise en situation professionnelle dans un établissement scolaire et des périodes de formation au sein de l’établissement d'enseignement supérieur[4].

À l’issue du stage, la titularisation est prononcée par le recteur de l’académie dans le ressort de laquelle le stage est accompli, sur proposition du jury[9].

Le certificat d’aptitude au professorat de l’enseignement du second degré est délivré aux candidats qui ont subi avec succès les épreuves et ont accompli le stage[10].

Difficultés de recrutement[modifier | modifier le code]

1970-2000: besoins croissants et augmentation du nombre de postes[modifier | modifier le code]

Le nombre de postes proposés au concours a été multiplié par 8 entre 1970 et 2006. Malgré la croissance des besoins, l'attractivité du métier permet, avec quelques mesures transitoires, de pourvoir tous les postes nécessaires au fonctionnement de l'institution[11].

2000: Alertes sur la pénurie de candidats[modifier | modifier le code]

Alors qu'on estime qu'il faut environ 4 fois plus de candidats admissibles que de postes proposés pour assurer un recrutement de qualité, ce rapport a diminue pour passer en dessous du seuil minimum dès 2000 dans certaines disciplines.

Alors que la situation se détériorait, et que des mesures incitatives améliorant l'attractivité du métier étaient préconisées dans les rangs même du Ministère de l'Education nationale, les choix politiques ont ajouté un peu plus de boulets pesants sur le recrutement.

L'effort de financement global de l'éducation en France (dite Dépense intérieure d'éducation ou DIE) a baissé de près d'un point de PIB entre 2000 et 2009[12].

Le pilotage des recrutements d'enseignants exige une vision au long terme pour coordonner les prévisions de besoins liés à la démographie, aux capacités de formation et de recrutements qui nécessitent 5 puis 6 années d'anticipation (réforme dite de "masterisation en 2010). Les objectifs affichés de suppression de postes de fonctionnaires lors de la présidentielle 2007, et la diminution du nombre de postes créés annuellement accentuent la désaffection pour le métier et le nombre de candidats poursuit sa chute. Les candidats potentiels rechignent à s'engager dans des études longues, avec des chances de réussir aux concours qui semblent de plus en plus compromises au moment de choisir les filières universitaires adéquates.

Des primes aux recteurs qui réussissent à supprimer des postes[modifier | modifier le code]

La pénurie de recrutement n'est pas une mauvaise affaire pour tout le monde: Les recteurs d'académie bénéficient à partir de 2010 de "primes au mérite" jusqu'à 22 000 euros par an , en fonction de "la réalisation des "objectifs qui leur seront assignés[13]. Le ministère diffuse aux recteurs une douzaine de pistes pour supprimer des postes de 2011 à 2013, dans le cadre de la politique de non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite, parmi lesquelles notamment l'augmentation du nombre d'élèves par classe. La suppression à marche forcée des postes amènent à chaque rentrée à des situations intenables, des classes sans enseignants. Dans chaque académie, il faut trouver en urgence à chaque rentrée plus d'enseignants non titulaires. Au passages, le temps de réussir à recruter, les élèves perdent des semaines, voire des mois de cours, mais le nombre de postes de fonctionnaires diminue, les primes des recteurs augmentent, et les coûts diminuent pour l'état (semaines de salaire en moins, coûts salariaux des non titulaires beaucoup moins élevés).

2010: il devient impossible de recruter des candidats au niveau exigé[modifier | modifier le code]

Recrutement CAPES, Postes offerts de 2008 à 2017
Recrutement CAPES, Postes non pourvus de 2008 à 2017. Ces chiffres prennent en compte le CAPES externe, le CAPES interne et le concours réservé (Sources Ministère de l'Education Nationale)

Avec la "masterisation", le nombre de candidats aux métiers enseignants a fortement régressé passant par exemple de 34952 en 2009 à 18.000 candidats en 2010. A partir de 2010, la pénurie de candidats est telle que, malgré la baisse du nombre de postes mis aux concours, les jurys de concours commencent de façon significative et systématique à sélectionner moins de titulaires que le nombre de postes offerts au CAPES (postes non-pourvus et perdus), estimant malgré les besoins criants, que le niveau des candidats éliminés ne permet pas leur recrutement. A la session de 2014, la moitié des postes du CAPES de mathématiques ne sont par pourvus (793 admis pour 1592 postes à pourvoir), il en va de même pour le CAPES de lettres classiques (156 admis pour 300 postes ouverts au concours)[14].

A la session de 2015, 17% des postes ne sont pas pourvus[15] puis on s'approche des 20% de postes non-pourvus et perdus en 2017.

Le site Jobintree spécialisé dans les annonces et recrutement online, publiait en 2016 un sondage sur les professions les moins aimées des Français et dans le pire du classement se situait alors la profession d'enseignant. Pour compenser ce désamour, et essayer de pourvoir les postes dont l'Éducation nationale a besoin, le ministère a choisi d'accepter l'abaissement du seuil d'admissibilité des concours, ainsi pour le concours de professeur des écoles, le seuil admissible est depuis quelques années largement raboté. Dans les académies de Créteil et de Versailles, en 2016, pour pouvoir espérer réussir son concours, des moyennes de 4,17/20 ou 4,57/20 suffisaient respectivement[16].

2017: La crise de recrutement à son paroxysme historique[modifier | modifier le code]

Près de 20% des postes offerts dans le secondaire n'ont pas été pourvus en juillet 2017 (1606 non pourvus sur 8500). Un record historique, battu quasiment chaque année depuis 2010. 1066 postes pourvus sur 1440 offerts en Mathématiques, 384 postes perdus, plus de 55000 élèves supplémentaires qui ne pourront suivre un cursus de qualité normale pendant la prochaine année scolaire, qui s'ajoute aux rangs des dizaines de milliers dans ce cas chaque année depuis 2010, des centaines de milliers de cursus de mathématiciens et de scientifiques qui traineront pendant toute leur scolarité les séquelles de l'incapacité des gouvernements successifs à prendre la dimension de la crise de recrutement, de cette perte d'attractivité sans précédent du métier d'enseignant.

Conséquences quotidiennes sur le non-remplacement des enseignants[modifier | modifier le code]

Selon la cour des comptes, 80 % des absences non remplacées sont dues à des « motifs institutionnels » : participation à des jurys ou à l’organisation d’examens, sorties scolaires, formation continue des enseignants [17]

L'état est régulièrement condamné pour des profs non remplacés sur la base d'une jurisprudence bien établie. « Cela fait des années que cette situation existe », selon Bernard Toulemonde, juriste et inspecteur général honoraire de l’éducation nationale. « Un problème endémique », renchérit Hervé-Jean Le Niger, vice-président national de la FCPE. « Il y a énormément de parents qui nous sollicitent tout au long de l’année. »« Il faut qu’il y ait autant d’enseignants que nécessaire ». Le nombre de titulaires sur zones de remplacement (TZR), chargés d’assurer les remplacements dans le secondaire, a considérablement diminué sous le mandat de Nicolas Sarkozy, en tant que gisement de suppression de postes moins visibles. Les rares TZR qui subsistent sont majoritairement affectés sur des postes à l'année, les rendant indisponible pour leur fonction initiale de remplacement. Un élève du secondaire perd en moyenne 29 heures de cours par an, certaines zones dépassent les 100h/an perdues (l'équivalent d'un mois de cours)[18].

Accumulation des raisons du manque d'attractivité du métier[modifier | modifier le code]

Un rapport de l'Inspection générale de l’Éducation nationale [19] sur les difficultés de recrutement d’enseignants recense des raisons de la désaffection des étudiants pour la carrière enseignante:

  • les salaires peu attractifs pour un niveau master (BAC+5), les nouveaux professeurs commencent au SMIC (1244 euros net à l'échelon 1[20], soit 1,08 SMIC) alors que dans certaines disciplines comme les Master de Mathématiques, les salaires d'embauche dépassent 3000€ mensuels[21]. Les données internationales sur les salaires des enseignants placent la France dans une situation très défavorable, si on compare les rémunérations entre pays en les rapportant au de niveau de vie, le salaire de base d’un enseignant débutant en France est de 85 % du revenu moyen par habitant, il s’élève en Allemagne à 141 % du revenu moyen par habitant, et la situation empire au bout de 15 ans de carrière.
  • Dégradation du niveau de vie: Le point d'indice de rémunération des enseignants a perdu plus de 33% par rapport à l'inflation en 30 ans (indice de référence 100 en 1987, l'inflation est à 169 en 2017, le point d'indice à 136), dont 8% sur la seule période 2010-2015 (gel du point d'indice). La chute du pouvoir d'achat est encore pire du fait de l'évolution défavorable pour les tranches fiscales concernant les enseignants. Malgré l'urgence d'une revalorisation soulignée de longue date dans les rapports officiels, l'indice de rémunération a été gelé de nouveau en 2017.
  • la longueur des études implique un pari à long terme pour un étudiant, peu engageant dans une période où l'air du temps est à la diminution du nombre de fonctionnaires.
  • l'augmentation du niveau de recrutement (donc la nécessité de financer au moins une année d'étude supplémentaire) sans mesures favorisant l’accès à tous (pré-recrutements,c’est-à-dire un "financement des études en échange d’un engagement décennal et d’une participation modérée à l’encadrement scolaire dès l’attribution du premier salaire")[22]
  • les difficultés de l'entrée dans le métier: les jeunes enseignants sont souvent affectés dans des établissements les plus difficiles et loin de leur lieu d'origine, particulièrement en Île-de-France
  • la violence dans le cadre scolaire
  • le recours aux heures supplémentaires s'est intensifié depuis 2007(1,3h par semaine en moyenne).
  • la suppression de l'année de stage en alternance pour les néo-enseignants a entraîné une hausse sensible des démissions et des situations professionnelles difficiles[23].
  • les classes surchargées.
  • les incitations politiques négatives: diminution du nombre de fonctionnaire, dégradation de l'image et des statuts, image négative du métier offerte par les médias, mauvaise reconnaissance du

travail des enseignants par la société, préjugés négatifs portant sur le métier, statut social dégradé

  • les économies budgétaires sous-jacentes qui elles, incitent l'administration à pérenniser ce qui n'est pas une crise pour leurs finances.

Dégradation des exigences de recrutement[modifier | modifier le code]

Le seuil empirique qui consistait à estimer qu'il fallait environ 4 fois plus de candidats présents que de postes proposés pour assurer un recrutement de qualité[24], ce rapport a diminué pour passer en dessous du seuil minimum dès 1997 pour les mathématiques (8204 candidats présents pour 1154 postes en 1997, 2251 candidats présents pour 1440 postes en 2016)[25].

Pour pallier les urgences, les enseignants non-titulaires constituent la marge de manœuvre ultra-majoritaire depuis 2007. Des procédures de recrutement improbables voient le jour partout en France: Journée de recrutement organisée par pôle emploi[26]. Les recrutements se font par « phoning ». «Face à la pénurie de postes (…), Pôle Emploi s'essaye au démarchage», «les candidats potentiels acceptent un entretien de «deux ou trois minutes» mené par Pôle emploi pour recruter des professeurs des écoles en Seine-Saint-Denis[27]. Les rectorats mettant peu d'empressement (15 jours de salaires en moins à la rentrée sont autant d'économies budgétaires) ou se montrant incapables de recruter, les établissements locaux, quelquefois même les associations de parents d'élèves tentent de pallier les carences en utilisant les petites annonces[28]. Chacun se résignant (les parents), s'estimant heureux (les personnels d'encadrement) ou se frottant les mains (les rectorats qui suppriment des postes, primes à la clé, et qui ré-affectent les budgets économisés sur des sujets plus prioritaires que les élèves) d'avoir ainsi des enseignants devant les élèves, fusse en abandonnant les exigences de recrutement et de formation[réf. nécessaire].

Plusieurs témoins, parmi lesquels des journalistes en infiltration[29] qui ne faisaient pas mystères de leur fonction, décrivent leur expérience de recrutement comme enseignant sans aucune évaluation des capacités pédagogiques ni formation étant donné l'urgence[30]. Des recrutement du jour au lendemain qui piétinent la légalité, la sécurité des élèves et des personnels, ne permettant ni signature de contrat de travail, ni contrôle des diplômes, ni les habituelles précautions minimales comme la vérification du casier judiciaire[31]. Les enseignants non-titulaires ainsi mal accueillis dans le métier, se voient proposer des statuts de recrutement qui les privent de congés payés, de formation, d'allocation chômage[32] (vacations, contrats se terminant la veille de la sortie, reprenant le lendemain de la rentrée, mise devant le fait accompli a posteriori avec signature de contrats antidatés)[33].

Sans expérience préalable, sans aide, ces enseignants au pied levé héritent des postes dont personne ne veut dans les établissements les plus difficiles, des tâches ingrates voire illégales, pour lesquelles la pression de la réembauche étouffe les récriminations. Les journalistes racontent ces situations ahurissantes où, livrés à eux-mêmes, ils s'acquittent de leur tache de leur mieux, avec le soutien et la sollicitude des personnels d'encadrement qui comprennent leurs difficultés, en les assurant qu'ils auront une chance de faire mieux le lendemain, qui tentent de les motiver en leur disant que des élèves avec un enseignant en difficulté, c'est toujours mieux que des élèves livrés à eux-mêmes. Les milliers d'élèves concernés par ces remplacements improvisés, eux, n'ont hélas pas de mois de deuxième chance, ni d'enseignements de deuxième chance, ni de scolarité de deuxième chance[34].

Sources[modifier | modifier le code]

  1. « Enseigner au collège ou au lycée général : le CAPES »
  2. « Najat Vallaud-Belkacem annonce la création du CAPES externe de japonais à l'occasion de son déplacement au Japon »,
  3. Article 8 du décret du 4 juillet 1972
  4. a et b Article 9 du décret du 4 juillet 1972
  5. Article 1 de l’arrêté du 19 avril 2013 fixant les modalités d'organisation des concours du certificat d'aptitude au professorat du second degré
  6. « Les postes offerts aux concours du CAPES à la session 2017 », sur www.devenirenseignant.gouv.fr
  7. Article 2 de l’arrêté du 19 avril 2013
  8. Article 4 de l’arrêté du 19 avril 2013
  9. Article 26 du décret du 4 juillet 1972
  10. Article 6 du décret du 4 juillet 1972
  11. « La qualité du recrutement des enseignants est en hausse », vousnousils.fr citant Le Monde de l'éducation et la DEP,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne)
  12. « Le bilan de Sarkozy sur l'éducation : le grand malaise », Nouvel Obs,‎ (lire en ligne)
  13. « Pour la première fois, les recteurs d'académie auront une prime au mérite », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne)
  14. « Capes 2014 : la moitié des postes non pourvus en maths et lettres classiques », RTL.fr,‎ (lire en ligne)
  15. « L’éducation nationale peine toujours à recruter », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne)
  16. Quentin Baraton, « Education Nationale : des candidats avec une moyenne de 5/20 au concours... sont recrutés », gentside.com,‎ (lire en ligne)
  17. Aurélie Collas, « La Cour des comptes dénonce « l’échec durable » du remplacement des enseignants absents », lemonde.fr,‎ (lire en ligne)
  18. Hélène Assekour, « L’Etat condamné pour des profs non remplacés », lemonde.fr,‎ (lire en ligne)
  19. « Les difficultés de recrutement d'enseignants Rapport IGEN - juillet 2013 page 12 raisons de la désaffection des étudiants pour la carrière enseignante », education.gouv.fr,‎ (lire en ligne)
  20. Recherche, Ministère de l'Éducation nationale, de l'Enseignement supérieur et de la, « La rémunération des enseignants », Ministère de l'Éducation nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche,‎ (lire en ligne)
  21. « Les difficultés de recrutement d'enseignants Rapport IGEN - juillet 2013 page 20 salaires trop bas: concurrence d’autres débouchés bac + 5 », education.gouv.fr,‎ (lire en ligne)
  22. Antoine Corlay, « INFOGRAPHIE - L’éducation nationale manque de professeurs », La Croix,‎ (lire en ligne)
  23. Nolwenn Le Blevennec, « Profs ou instits, déprimés et mal formés, ils ont démissionné », L'Obs,‎ (lire en ligne)
  24. « Les difficultés de recrutement d'enseignants Rapport IGEN / IGAENR - juillet 2013 page 6 taux de sélectivité 4présents/1poste », education.gouv.fr,‎ (lire en ligne)
  25. « Historique du nombre de postes au CAPES de mathématiques », sur le Forum les-mathematiques.net, (consulté le 25 juillet 2017)
  26. Noémie Schulz, « Pôle emploi recrute des profs remplaçants », europe1.fr,‎ (lire en ligne)
  27. « Pôle emploi recherche enseignants désespérément », lefigaro.fr,‎ (lire en ligne)
  28. « Le boncoin.fr, canal de recrutement des enseignants », Humanité,‎ (lire en ligne)
  29. « Prof à la gomme: Envoyé spécial du jeudi 3 novembre 2016 », Envoyé spécial France Télévision,‎ (lire en ligne)
  30. « Un journaliste d'"Envoyé spécial" raconte comment il a réussi à devenir prof de maths après un entretien de 10 minutes », francetvinfo.fr,‎ (lire en ligne)
  31. « Devenir prof? Rien de plus simple (c'est après que ça se complique) », slate.fr,‎ (lire en ligne)
  32. « SNESUP FSU Droit syndical Statuts et carrières Enseignants vacataires », snesup.fr,‎ (lire en ligne)
  33. « SUD éducation: Guide de l’enseignant-e contractuel-le », sudeduccreteil.org,‎ (lire en ligne)
  34. Louise Tourret, « J'ai compris pourquoi le métier de prof est un sacerdoce », slate.fr,‎ (lire en ligne)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Textes réglementaires[modifier | modifier le code]