Professeur documentaliste

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Le professeur documentaliste est, en France, un enseignant du second degré, exerçant majoritairement son activité dans le CDI (centre de documentation et d'information) de son établissement scolaire.

Son activité professionnelle est définie par la circulaire no 2017-051 du 28 mars 2017[1], intitulée Les missions des professeurs documentalistes.

Définition[modifier | modifier le code]

Missions[modifier | modifier le code]

Le professeur documentaliste a trois missions définies par la circulaire de mars 2017 :

En premier lieu, il a une mission pédagogique et éducative. Elle s'exerce directement auprès des élèves, au cours de séances de formation à la culture et la maîtrise de l'information animées seul ou avec un autre enseignant ou un autre membre de l'équipe éducative : conseiller principal d'éducation (CPE), infirmier scolaire, psychologue de l'éducation nationale...). Cette action pédagogique s'exerce principalement dans le cadre des programmes et des dispositifs interdisciplinaires. Les compétences enseignées aux élèves relèvent de l'éducation à l'information ainsi que de l'éducation aux médias. Elles sont issues prioritairement de programmes institutionnels : le Socle Commun de connaissances, de compétences et de culture[2], et le programme d'Éducation aux Médias et à l'Information du cycle 4[3].

Sont aussi utilisés des référentiels info-documentaires, comme les Repères pour la mise en œuvre du parcours de formation à la culture de l'information (Pacifi)[4], publiés en 2010 par la DGESCO (Direction générale de l'enseignement scolaire), ou le Wikinotions[5] publié par l'APDEN (Association des Professeur.e.s Documentalistes de l'Education Nationale)[6]. Dans le cadre de cette mission pédagogique, la circulaire précise également qu'il est « maître d’œuvre de l'acquisition par tous les élèves d'une culture de l'information et des médias » : ce qui sous-entend qu'il lui revient d'organiser au sein de son établissement, et en concertation avec ses collègues (au sein du conseil pédagogique par exemple), une progression d'apprentissages info-documentaires visant à toucher tous les élèves. Cette progression fait partie de la politique documentaire de l'établissement, dans le volet traitant de la formation des élèves (cf. paragraphe suivant). Toutefois, sans une volonté claire et l'impulsion du chef d'établissement, cela s'avère compliqué : en effet, aucune instruction officielle ne demande formellement aux enseignants de discipline de travailler en ce sens avec le professeur documentaliste. Enfin, il est à noter que cette mission pédagogique s'exerce de préférence par des méthodes pédagogiques actives, où l'élève se rend acteur de ses apprentissages.

En deuxième lieu, il est responsable du Centre de Documentation et d'Information (CDI), et des ressources documentaires qui s'y trouvent. Ce travail de gestion se traduit par l'élaboration d'une politique documentaire, soumise pour validation au chef d'établissement et au conseil d'administration. Elle comprend différents volets : formation des élèves, politique d'acquisition, modalités de mise à disposition et d'accès des ressources, organisation de l'espace documentaire (en lien avec les autres espaces de vie scolaire de l'établissement). Dans ce cadre, il peut également être sollicité par la direction et ses collègues pour le choix de ressources numériques, et veille à développer l'accès distant aux ressources.

En troisième lieu, il est un acteur important de l'ouverture de l'établissement sur son environnement éducatif, culturel et professionnel. Cette mission d'ouverture se traduit par des activités culturelles variées : l'incitation à la lecture, qui est une préoccupation majeure des professeurs documentalistes, les découvertes culturelles, liens avec les structures culturelles locales, ... Sont également incluses les activités favorisant l'apprentissage de la citoyenneté, l'éducation à la santé, l'ouverture sur le monde professionnel, en lien avec les personnels concernés : CPE, équipe santé-social, psychologues de l’Éducation nationale. Les relations avec les partenaires extérieurs à l'établissement scolaire permettent de mettre en œuvre cette mission, en les impliquant dans les projets menés.

Compétences[modifier | modifier le code]

En juillet 2013, le référentiel de compétences du professorat et de l'éducation (Bulletin officiel de l'Éducation nationale n° 30 du 25 juillet 2013[7]) définit les compétences attendues du professeur documentaliste. En plus des compétences communes à tous les professeurs et personnels d'éducation, il doit maîtriser quatre domaines de compétences et connaissances spécifiques, décrites ainsi :

  • Maîtriser les connaissances et les compétences propres à l'éducation aux médias et à l'information : ces connaissances et compétences relèvent des sciences de l'information et de la communication, de la sociologie des médias et de la culture, et des sciences de l'éducation - en particulier, la pédagogie et de la didactique info-documentaires.
  • Mettre en œuvre la politique documentaire de l'établissement qu'il contribue à définir : il s'agit pour cela de mobiliser des connaissances en bibliothéconomie, telles que la gestion d'un système d'information, la politique d'acquisition, la veille informationnelle, l'accueil et la formation des publics accueillis, la politique de lecture.
  • Assurer la responsabilité du centre de ressources et de la diffusion de l'information au sein de l'établissement : regroupées avec celles du domaine précédent, les compétences décrites sont ici plus techniques : chaine documentaire, travail en réseaux, gestion et intégration des ressources numériques dans les pratiques pédagogiques.
  • Contribuer à l'ouverture de l'établissement scolaire sur l'environnement éducatif, culturel et professionnel, local et régional, national, européen et international : sont mises en œuvre dans ce cadre des compétences en gestion de projet, en montage de partenariats, pour mettre en place une politique de lecture et participer activement aux actions d'éducation artistique et culturelle de l'établissement.

Recrutement[modifier | modifier le code]

Ces compétences sont validées lors du recrutement du professeur documentaliste, qui se fait par voie de concours. Les candidats doivent passer et réussir le certificat d'aptitude au professorat de l'enseignement du second degré (CAPES) - ou son équivalent pour l'enseignement privé - de documentation. Ce CAPES se réfère aux sciences de l'information et de la communication. Il s'obtient par différents concours :

  • Le concours du CAPES externe (ou Certificat d'Aptitude aux Fonctions d'Enseignement du Privé - CAFEP - pour l'enseignement privé) comprend deux épreuves écrites pour l'admissibilité (épreuve de maîtrise de savoirs académiques et étude d'un sujet de politique documentaire) et deux épreuves orales pour l'admission (épreuve de mise en situation professionnelle et épreuve d'entretien à partir d'un dossier[8].
  • Le concours CAPES interne (ou Concours d'accès à l’échelle de rémunération - CAER - pour l'enseignement privé) est accessible aux fonctionnaires déjà titulaires. Il comprend une épreuve écrite pour l'admissibilité et une épreuve orale pour l'admission[9].
  • Le troisième concours pour obtenir le CAPES est accessible sous certaines conditions aux personnes ayant une expérience professionnelle. Il comprend deux épreuves du CAPES externe : l'épreuve écrite de maîtrise de savoirs académiques pour l’admissibilité, et l'épreuve orale d'entretien à partir d'un dossier pour l'admission[10].
  • Il est également possible d'être recruté comme professeur documentaliste par un concours réservé, pour les personnes justifiant d'une expérience comme contractuel dans l’Éducation Nationale. L'épreuve d'admissibilité demande de rédiger un dossier de reconnaissance des acquis de l'expérience professionnelle, rédigé par le candidat et examiné par le jury. L'admission consiste en un oral au cours duquel le candidat présente son dossier puis répond aux questions du jury [11].

Conditions d'exercice[modifier | modifier le code]

Les professeurs documentalistes exercent principalement leur activité au CDI, mais peuvent également intervenir dans d'autres lieux de l'établissement auprès d'élèves (Par exemple, en salle de classe ou en salle informatique.). Ils ont également une activité reconnue hors de l'établissement scolaire: Leur temps de travail comprend 36 heures hebdomadaires, dont 30 heures au sein de l'établissement, et 6 heures dédiées aux relations extérieures. Ce temps de travail est défini dans la circulaire no 2015-057 du 29 avril 2015: Missions et obligations réglementaires de service des enseignants des établissements publics d'enseignement du second degré[12]. Cette circulaire prévoit la possibilité de décompter de ce temps de travail une heure pour une heure d'enseignement assurée : « Les 30 heures peuvent comprendre, avec leur accord, des heures d'enseignement telles que définies au 1 du B du I de la présente circulaire. Chacune d'elles est alors décomptée pour la valeur de 2 heures ». Cette disposition s'avère toutefois difficile à appliquer car elle est formulée de façon ambigüe. En effet, la plupart du temps, les heures d'enseignement sont dispensées à l'initiative du professeur documentaliste, et non à la demande du chef d'établissement - en supposant que l'expression avec leur accord résulte d'une demande de celui-ci. Par ailleurs, les heures d'enseignement ne comprennent pas les séances mises en place en dehors des horaires disciplinaires, telles par exemple les initiations à la recherche documentaire, souvent dispensées en sixème. Enfin, n'est pas abordée dans cette circulaire la question de l'ouverture du CDI : en effet, ces heures décomptées entrainent de fait une fermeture du CDI, ce qui pose souvent problème. Il est donc parfois difficile aux professeurs documentalistes qui le souhaitent de faire valoir ce droit.

Historique du métier[modifier | modifier le code]

La création puis l’évolution du métier de professeur documentaliste sont liées à l’histoire des centres de documentation et d’information en France. En 1958, Marcel Sire, alors proviseur du lycée Janson-de-Sailly à Paris, crée dans son établissement le premier service de documentation afin de gérer la documentation administrative et technique pour les enseignants. Par la suite, devenu inspecteur général de l’Éducation nationale, il impulse le développement des Services de Documentation et d'Information (SDI) en y rassemblant l'ensemble des fonds documentaires des établissements (essentiellement les bibliothèques générales). D'abord destinés aux enseignants, ces SDI s'ouvrent ainsi rapidement aux élèves, et trouvent leur légitimité par une circulaire de 1973 disposant qu'ils doivent être présents dans tous les établissements secondaires. En 1974, ils prennent leur nom actuel de Centre de Documentation et d'information (CDI), signe d'une évolution majeure : on les considère comme vecteur de la rénovation pédagogique et de l'ouverture souhaitées des établissements scolaires.

1958 - 1976 : Des responsables sans statut ni missions, mais une identité professionnelle qui émerge[modifier | modifier le code]

Dans les établissements scolaires en 1958 coexistent donc des bibliothécaires, responsables des bibliothèques générales des lycées, et des documentalistes, responsables des services de documentation nouvellement créés. Le cadre réglementaire les emploie sous le statut d'adjoint d'enseignement, mais des enseignants sont aussi amenés à occuper ces postes (reconversion, discipline excédentaire, démotivation pour le métier de professeur...). À la suite de la création des SDI, ces personnels sont appelés documentalistes-bibliothécaires. Leur formation professionnelle en documentation et bibliothéconomie est succincte, et non formalisée par l'institution. Quant aux missions qui leur sont confiées, seules des circulaires indiquant les « tâches à exécuter en début et en fin d'année scolaire par les responsables des SDI » paraissent régulièrement chaque année à partir de 1967 : on y trouve des activités essentiellement administratives, de gestion du fonds et de communication interne sur les événements de l'établissement.

Toutefois, ces personnels s'investissent dans leur métier, se mobilisent et font rapidement valoir une identité professionnelle spécifique. En 1972, la FADBEN (Fédération des enseignants documentalistes de l’Éducation nationale) est créée, ainsi que la revue professionnelle InterCDI.

1977- 1986 : Premières circulaires définissant la profession[modifier | modifier le code]

Du côté de l'institution, l'inspecteur général Georges Tallon s'intéresse de près à la question des CDI ; il est à l'origine de la circulaire de 1974 sur l'aménagement des CDI[13], consacrant leur existence et leur rôle central dans les établissements scolaires. Il lance également une concertation avec les professionnels qui aboutit en 1977 à la première circulaire de mission, intitulée Les fonctions des responsables de centre de documentation et d'information des établissements d'enseignements du second degré[14]. Le responsable est nommé documentaliste bibliothécaire, et sa mission pédagogique est clairement affirmée en début de circulaire : « au même titre que ses collègues enseignants, [il] est membre à part entière de la communauté éducative que constitue un établissement scolaire. Quelles que soient les formes que prend son action, il contribue toujours, soit indirectement, soit directement, à la formation des élèves : sa fonction est donc d'ordre essentiellement pédagogique ». Sont ensuite déclinées les différentes fonctions, dans cet ordre : aspect technique, accueil et information, relations extérieures, loisirs, information scolaire et professionnelle, et animation pédagogique.

En 1986, une nouvelle circulaire définissant « Les missions des personnels exerçant dans les centres de documentation et d’information»[15] marque une évolution majeure, en parlant de missions et non plus de fonctions. Elle est motivée par la volonté de positionner les CDI au cœur de la mise en œuvre des projets de rénovation pédagogique, et d'introduction dans les établissements des nouvelles technologies audiovisuelles et informatiques. Il s'agit donc de repréciser le rôle qu'ont à y jour les personnels qui y travaillent. Si est réaffirmée la nature essentiellement pédagogique de la mission du documentaliste-bibliothécaire, celle-ci doit toujours s'exercer en étroite liaison avec les professeurs de l'établissement. Quatre axes définissent ensuite cette mission : le premier précise le contenu de l'initiation à l'utilisation du centre de ressources à dispenser à tous les élèves, qui reprend les étapes de la recherche documentaire. Viennent ensuite la participation aux actions pédagogiques, où le travail par projets est largement mentionné, la gestion du centre de ressources, et l’ouverture de l’établissement sur l'extérieur. Cette circulaire restera en vigueur jusque mars 2017. Entre-temps, deux projets de circulaires verront le jour, en 2002 et en 2010, sans toutefois être promulguées.

Avec ces deux circulaires (de 1977 et de 1986), le documentaliste-bibliothécaire voit son rôle pédagogique clairement affirmé, est reconnu comme membre à part entière de l'équipe éducative, mais la question de son statut n'est pas abordée. La revendication du statut d'enseignant reste forte dans la profession, et des discussions à ce sujet entre syndicats, association professionnelle et ministère se poursuivent après 1986.

1989 : Création du CAPES de documentation[modifier | modifier le code]

En 1989, la loi d’orientation publiée au BOEN reconnait « au documentaliste un rôle capital dans l’établissement ». Le 19 mai de la même année débute à Strasbourg le premier congrès de l'APDEN (ex-FADBEN). Lionel Jospin, ministre de l’Éducation nationale, y annonce la création d’un CAPES de documentation pour l’année 1990[16]. Les documentalistes de l’Éducation nationale intègrent alors le corps des enseignants certifiés. La première version du CAPES comprenait pour l'admissibilité une épreuve écrite d'une discipline d'enseignement et une épreuve spécifique. En 2001, il est rattaché à une discipline universitaire qui lui est propre, les Sciences de l'Information et de la Communication (SIC)[17].

L'obtention d'un recrutement par CAPES, avec des contenus scientifiques et professionnels précis et rattachés aux SIC et au monde des bibliothèques, a favorisé l'émergence et la reconnaissance d'une identité professionnelle spécifique, ainsi qu'un positionnement plus clair au sein des équipes éducatives. Il a également permis de rationaliser le recrutement et d'apporter des personnels formés et qualifiés dans les établissements. Toutefois, le nombre de postes offerts aux concours ne permet pas de pourvoir l'ensemble des postes vacants. La discipline Documentation étant déficitaire, des dispositifs de reconversion peuvent être mis en place par les académies pour permettre à des enseignants d'autres disciplines de devenir professeurs documentalistes. Les services académiques peuvent alors les accompagner par une formation. Mais la disparité entre académies, le contenu forcément allégé de ces formations, et surtout le fait que des personnels non formés (fonctionnaires titulaires ou vacataires) soient trop souvent positionnés sur ces postes discréditent le métier, et dégradent la reconnaissance difficilement acquise de la profession. Au mois d’octobre 2011, un courrier au Ministère cosigné par le SNES, le SNESUP et le SNETAP pour demander la création d’une agrégation en Information-Documentation est resté sans réponse[18].

Le professeur documentaliste aujourd'hui : enjeux et perspectives[modifier | modifier le code]

L’Éducation aux médias et à l'Information, nouveau programme d'enseignement au cycle 4.[modifier | modifier le code]

Les différentes réformes de l'enseignement secondaire et la rénovation des programmes modifient régulièrement les cadres d'intervention, notamment pédagogique, des professeurs documentalistes. La loi d'orientation et de programmation pour la refondation de l'école de la République du 8 juillet 2013[19] a abouti à la définition de nouveaux programmes, notamment pour le cycle 4[20]. Ce programme du cycle 4 comprend un chapitre sur l'Éducation aux Médias et à l'Information (EMI), domaine qui relève des compétences et des missions du professeur documentaliste. Toutefois, il ne s'agit pas d'une discipline en tant que telle, et sa mise en œuvre n'est pas de la seule responsabilité du professeur documentaliste. En effet, le texte précise que cette EMI, présente dans tous les champs du savoir transmis aux élèves, est prise en charge par tous les enseignements, et que tous les professeurs, dont les professeurs documentalistes doivent veiller à ce que les élèves acquièrent les compétences qui y sont décrites. Et d'ailleurs, ces compétences se retrouvent également dans le nouveau Socle commun[21] ainsi que dans les programmes disciplinaires.

Ce texte doit donc être confronté et mis en œuvre en cohérence avec les compétences et les missions du professeur documentaliste, maître d’œuvre de l'acquisition car tous les élèves d'une culture de l'information et des médias. Si ce programme EMI, la reconnaissance de compétences spécifiques par le référentiel des métiers du professorat et de l'éducation (2013) et la nouvelle circulaire de mission (2017) lui donne de nouveaux leviers pour son action pédagogique, il n'en reste pas moins qu'il doit la construire au niveau de son établissement, avec ses collègues, en s'insérant dans des projets pédagogiques et éducatifs. Les nouveaux dispositifs de la Réforme du collège[22], mise en œuvre à la rentrée 2016, lui permettent de s'insérer dans ses nouveaux dispositifs : Enseignements Pratiques Interdisciplinaires (EPI), Accompagnement Personnalisé (AP), parcours éducatifs (parcours citoyen, parcours avenir, parcours d'éducation à la santé et parcours d'éducation artistique et culturelle. Si ces évolutions lui permettent de se positionner et d'être reconnu comme expert et personne ressource pour l'EMI, il reste difficile de réussir à initier et construire un parcours d'éducation aux médias et à l'information cohérent et continu pour l'élève. Et ce parcours se décline dans son établissement, localement : les textes actuels ne garantissent pas l'acquisition par tous les élèves des compétences décrites dans les textes.

Vers des Centres de Culture et de Connaissances[modifier | modifier le code]

En 2012, la Direction générale de l'enseignement scolaire publie un guide intitulé Vers des centres de culture et de connaissances[23], rédigé par un groupe de travail dirigé notamment par Jean-Louis Durpaire, Inspecteur général de l’Éducation nationale. S'adressant aux professeurs documentalistes, mais aussi aux chefs d'établissements scolaires et aux équipes éducatives, il a pour objet de proposer des pistes de réflexion pour faire évoluer les CDI vers des Centres de Connaissances et de Culture (CCC), en prenant en compte à la fois l'évolution des usages des élèves, des technologies : il intègre également des réflexions menées dans le monde des bibliothèques publiques à partir des modèles anglo-saxons des learning centres. Ce Vademecum a suscité de nombreux débats dans la profession, certains professeurs documentalistes déplorant le manque de place faite à leur mission d'enseignement, d'autres craignant de perdre leur identité professionnelle dans un lieu devenu multipolaire et partagé avec les services de vie scolaire. En réalité, ce guide est essentiellement une proposition de pistes de réflexion pour adapter les CDI et les espaces de vie hors la classe aux pratiques informationnelles, documentaires et culturelles des jeunes, et pour mettre en cohérence ces espaces, sans constituer un modèle à suivre impérativement. La notion de CCC n'a été reprise officiellement que dans la Circulaire d'orientation et de préparation de la rentrée 2013[24] ; toutefois, certains CDI ont opéré le changement d'appellation, souvent pour signifier une prise en compte de ces évolutions dans leur politique documentaire (accès aux ressources, politique d'acquisition, modalités de formation des élèves, aménagement de l'espace... etc).

Professeur ou documentaliste ?[modifier | modifier le code]

Il est possible de soulever une question de réflexion sur la terminologie et la qualité de la fonction. Cette confrontation entre les missions du professeur et celle du documentaliste existe depuis la création du métier. Son devenir dépend de la réponse des institutions de l'éducation nationale et de l'enseignement supérieur et de la recherche. Deux visions du métier peuvent être présentées :

  • une fonction d'enseignant spécialisé dans l'information, la communication média cognitive et la recherche documentaire dont la discipline est la documentation.
  • une fonction de bibliothécaire spécialisé dans la pédagogie et l'enseignement scolaire et supérieur.

La réponse à cette problématique entraînera des enjeux conséquents en termes de :

  • dénomination de la fonction (enseignant ou bibliothécaire) et des missions qui y seront associées,
  • parcours de formation et de qualification,
  • carrière et mobilité des agents,
  • revendications professionnelles,
  • reconnaissance institutionnelle.

Le professeur documentaliste et l'enseignement[modifier | modifier le code]

Quoique sans programme et sans horaire alloué, les professeurs documentalistes construisent depuis vingt ans de nombreuses séquences pédagogiques. Leur ancrage dans les enseignements dispensés en établissement secondaire n'est pas figé.

On constate trois grandes familles d'organisation :

  1. une organisation disciplinaire, avec un volume horaire en information-documentation attribué au professeur documentaliste ;
  2. une organisation partagée en utilisant des heures spécifiques allouées sur des créneaux non permanents sur l'année (heures de vie de classe notamment) ;
  3. une organisation partenariale, les séances pédagogiques étant organisées en collaboration avec un enseignant disciplinaire, tant sur les horaires que sur les contenus.

Ce rôle pédagogique s'inscrit dans la volonté de développer une véritable culture de l'information. Il reste que le flou et le manque de reconnaissance de ce rôle donne parfois l'impression au professeur documentaliste de devoir bricoler à défaut de s'appuyer sur un curriculum définissant une progression[non neutre].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. France. Ministère de l’Éducation Nationale, Les missions des professeurs documentalistes, Bulletin officiel de l’Éducation nationale no 13 du 30 mars 2017. Disponible sur : [1], consulté le 17 novembre 2017.
  2. France. Ministère de l’Éducation nationale, Socle commun de connaissances, de compétences et de culture, Bulletin officiel de l’Éducation nationale no 17 du 23 avril 2015. Disponible sur : [2], consulté le 17 novembre 2017.
  3. France. Ministère de l’Éducation nationale, Annexe 3 Programme d'enseignement du cycle des approfondissements (cycle 4), Bulletin officiel de l’Éducation nationale spécial no 11 du 26 novembre 2015. Disponible sur : [3], consulté le 17 novembre 2017.
  4. Jean-Louis Durpaire et Mireille Lamouroux (coord.), Repères pour la mise en œuvre du parcours de formation à la culture de l'information, Ministère de l’Éducation nationale - DGESCO, octobre 2010. Disponible sur : [4], consulté le 17 novembre 2017).
  5. « WikiNotions », sur http://apden.org, (consulté le 17 novembre 2017)
  6. « APDEN », sur apden.org, (consulté le 17 novembre 2017)
  7. Ministère de l'Éducation nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, « Formation des enseignants », sur Ministère de l'Éducation nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche (consulté le 30 mars 2016).
  8. Devenir enseignant, « Les épreuves du Capes externe et du Cafep-Capes section documentation », Devenir enseignant,‎ (lire en ligne, consulté le 5 février 2018)
  9. Devenir enseignant, « Les épreuves du Capes interne et du CAER - Capes section documentation - Devenir enseignant », sur www.devenirenseignant.gouv.fr (consulté le 5 février 2018)
  10. Devenir enseignant, « Les épreuves du troisième concours du Capes et du troisième Cafep - Capes section documentation », Devenir enseignant,‎ (lire en ligne, consulté le 5 février 2018)
  11. Devenir enseignant, « Les épreuves du concours réservé de recrutement de professeurs certifiés exerçant dans les disciplines d'enseignement général », Devenir enseignant,‎ (lire en ligne, consulté le 5 février 2018)
  12. France. Ministère de l’Éducation nationale, Missions et obligations réglementaires de service des enseignants des établissements publics d'enseignement du second degré, Bulletin officiel de l’Éducation nationale no 18 du 30 avril 2015. Disponible sur : [5], consulté le 17 novembre 2017.
  13. « Savoirs CDI : Circulaire no 74-108 du 14 mars 1974 », sur reseau-canope.fr (consulté le 27 novembre 2017)
  14. « Savoirs CDI : Circulaire n° 77-070 du 17 février 1977 », sur www.reseau-canope.fr/ (consulté le 27 novembre 2017)
  15. « Savoirs CDI: Circulaire n° 86-123 du 13 mars 1986 », sur www.reseau-canope.fr (consulté le 30 mars 2016)
  16. « Discours de Lionel Jospin, ministre de l’Éducation Nationale, prononcé au congrès de la FADBEN », sur Savoirs CDI, (consulté le 31 mars 2016)
  17. « Ministère de inéducation: Bulletin Officiel de l’Éducation nationale BO spécial no 8 du 24 mai 2001 », sur www.education.gouv.fr (consulté le 5 février 2018)
  18. Démarche fédérale FSU pour une agrégation d’Information Documentation
  19. Loi no 2013-595 du 8 juillet 2013 d'orientation et de programmation pour la refondation de l'école de la République, (lire en ligne)
  20. Ministère de l'Éducation nationale, « Annexe 3 Programme d'enseignement du cycle des approfondissements (cycle 4) », Ministère de l'Éducation nationale,‎ (lire en ligne, consulté le 5 février 2018)
  21. Ministère de l'Éducation nationale, « Socle commun de connaissances, de compétences et de culture », Ministère de l'Éducation nationale,‎ (lire en ligne, consulté le 5 février 2018)
  22. Éduscol, « Collège - L'organisation du collège - Éduscol », sur eduscol.education.fr (consulté le 5 février 2018)
  23. Direction générale de l'enseignement scolaire, Vers des centres de connaissances et de culture, Paris, Ministère de l'éducation nationale, de la jeunesse et de la vie active., , 60 p. (ISBN 978-2-11-129523-0, lire en ligne)
  24. Ministère de l'Éducation nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, « Circulaire d'orientation et de préparation de la rentrée 2013 », Ministère de l'Éducation nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche,‎ (lire en ligne, consulté le 12 janvier 2017)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]