Actes de génocide en Amérique

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Les actes de génocide en Amérique, également appelés exterminations et parfois simplement génocides dans les travaux sur la colonisation européenne des Amériques et les guerres indiennes, désignent certains meurtres collectifs, directs ou indirects, ainsi que d'autres persécutions, perpétrés contre des camps, des tribus ou des ethnies amérindiennes, et qui, sans avoir les modalités des grands génocides du XXe siècle, présentent néanmoins les caractères ou certains caractères d'un génocide. Ces crimes divers et espacés, commis par des conquérants et des colons pour la plupart espagnols (XVIe siècle) ou anglais (XVIIe siècle), ou par des Euro-Américains (XIXe siècle), ont des causes complexes et ne sont pas la norme coloniale. L'immense majorité des Amérindiens tués depuis 1492 sont les victimes des épidémies, des mauvais traitements infligés sans dessein meurtrier, des guerres (Indiens contre Indiens, Indiens contre Européens, guerres intercoloniales, civiles et d'indépendance). L'ethnocide qui, lui, est une constante coloniale même en dehors des Amériques, fait aussi des victimes indirectes.

Les recherches sur ces sujets sont malaisées. D'abord, les données démographiques ne sont pas sûres ou manquent. Ensuite, les souffrances de descendants de natifs, qui ne forment plus que des minorités dans leur pays, et le déni des exterminations, même s'il est aujourd'hui en général absent des débats en histoire, entrainent une réaction importante des partisans de l'indigénisme et de certains militants anticolonialistes, dont une des manifestations est l'irruption, au sein des débats, d'analyses et de théories qui amplifient au détriment des faits la dimension génocidaire de la colonisation. De natures très différentes, ces deux causes des difficultés rencontrées par les historiens se rejoignent malgré tout : grand écart militant, la thèse d'un « génocide indien » aux proportions continentales tire en effet ses chiffres énormes des données démographiques les plus incertaines.

L'oppression des Amérindiens en général, les actes de génocide en particulier, ont donc laissé des blessures dans la mémoire collective et des tensions dans les études historiques que celle-ci imprègne. Dans certains pays, leur reconnaissance politique existe mais reste souvent hésitante ou réservée, comme aux États-Unis, où le mot « génocide » est écarté du débat politique alors que le débat scientifique en fait un usage intensif.

Les faits et leur interprétation[modifier | modifier le code]

Les premières définitions du génocide datant seulement du milieu du XXe siècle, des historiens se sont interrogés sur la pertinence d'un emploi rétrospectif du terme, par exemple dans des travaux sur la colonisation américaine, phénomène très long, concernant des populations dont le déclin a commencé au début du XVIe siècle, et qui n'est pas, loin de là, seulement meurtrier. Raphael Lemkin, le juriste qui a forgé le terme, n'était pas hostile à cet emploi et même travaillait peu avant son décès sur le cas des Indiens d'Amérique[1]. Certains historiens aujourd'hui usent, souvent avec parcimonie, du mot « génocide » mais ne s'en contentent pas toujours : ils le nuancent parfois, selon les cas l'atténuent plus ou moins en utilisant et si possible en justifiant « des termes proches de meurtres de masse, qui ont des connotations normatives légèrement différentes »[2], tels que « génocide partiel », « extermination », « massacre génocidaire » ou « violence quasi génocidaire ». Les expressions juridiques « acte de génocide » et « acte génocidaire » sont souvent employées, par exemple pour qualifier des actions de miliciens où l'intention de tuer plusieurs indigènes pour la raison qu'ils appartiennent à une tribu détestée est manifeste. Toutefois, l'emploi de tels dérivés reste controversé et d'autres historiens les évitent pour travailler avec des notions moins polémiques, comme celle de massacre[3].

Les Espagnols et les habitants des Antilles[modifier | modifier le code]

Aux débuts de la conquête espagnole, les hommes de Christophe Colomb, peu nombreux en 1492 et 1493, sont bien accueillis par les Tainos, des indigènes de langue arawak qui sont majoritaires sur Hispaniola et les îles alentour. Quelques malentendus dus à la barrière des langues mis à part, les deux mondes s'entraident et échangent, et les Tainos laissent les colons installer leurs petites villes fortifiées qui abriteront rapidement les renforts venus d'Espagne. Surviennent les premières épidémies : non immunisés contre les maladies européennes telles que la variole, les autochtones commencent à mourir en grand nombre ; mais des colons succombent eux aussi à des maladies[4].

Les Espagnols espèrent initialement prendre des territoires riches en ressources et surtout soumettre par l'instruction les habitants qui vont produire les richesses. Ceux-ci doivent être évangélisés et protégés, doivent apprendre des techniques de production, travailler comme de bons chrétiens et accepter de donner en retour une partie des richesses à l'Espagne. C'est un projet intenable : eurocentré, il entraine les indigènes vers une déculturation qu'ils vivent souvent mal ; en outre, les hommes cessent d'être des bienfaiteurs quand ils comprennent qu'une fois armés ils peuvent être des maîtres, et les conquistadors ne font pas exception. Colomb et ses successeurs découvrent les réalités de la colonisation et essaient de s'y adapter : les Indiens, qui n'apprécient pas les abus, veulent se débarrasser des nouveaux venus, lesquels doivent les combattre et en faire des esclaves, même si cela irrite le pouvoir en Espagne[5].

Les guerriers du cacique Caonabo, époux d'Anacaona, intimident les visiteurs devenus envahisseurs, en assassinent certains, assiègent les autres. Mais les Espagnols réussissent une attaque surprise sur un lieu très peuplé en 1495 : cette « bataille de La Vega Real » est un tournant décisif. Durant les années qui suivent, les autochtones qui résistent encore, désunis et affaiblis par les maladies, ne peuvent rien contre des soldats bien équipés qui montent des chevaux et dressent des chiens, et qui ont parfois d'autres indigènes pour alliés[4]. Après les massacres, c'est le travail forcé de l’encomienda. Quand la main d'œuvre vient à manquer, les colons déplacent les tribus des îles voisines : elles subissent le même sort funeste. Les recensements de population alarment les Espagnols qui finalement essaient, mais en vain, de stopper les épidémies[6]. On estime la population d'Hispaniola à 300 000[4] ou peut-être 500 000[7] individus en 1492 ; trente ans plus tard, près de 90 % des Tainos ont déjà disparu, emportés par les maladies principalement, mais aussi par les guerres déséquilibrées et les mauvais traitements[8]. Tous les Arawaks des grandes Antilles sont concernés par la chute démographique, qui se poursuit pendant plusieurs dizaines d'années jusqu'à leur disparition quasi complète. Les Indiens Karibs des petites Antilles connaîtront un déclin plus lent[5].

Bien que la plupart des historiens refusent de parler de génocide au plein sens juridique du terme[9], cette longue série d'événements est dans la littérature souvent appelée génocide des Tainos ou génocide des Arawaks. Pour l'anthropologue Christian Duverger, l'extinction des Tainos est probante, l'entêtement de colons qui ont épuisé, jusqu'à l'éliminer, toute une ethnie affaiblie par le choc viral est patent, si bien qu'« on peut parler de génocide » : si la question du génocide doit se poser, c'est pour cet événement-là, exceptionnel dans l'histoire de la Conquista[8]. Le militant anticolonialiste Yves Benot imite la formule « homicide involontaire » dans son expression « génocide involontaire »[5], paradoxale pour un juriste qui sait combien l'emploi du mot est justifié par la volonté de détruire physiquement un groupe humain. Pour le philosophe Alain Brossat, le terme génocide « voué à être contesté dans tout contexte où n’est pas attestable une intention exterminatrice tournée contre un groupe humain particulier, demeure dans le cas présent cette notion fondamentale d’un désastre que rien ne viendra jamais « sauver » »[10]. Mais selon Benot par exemple, même s'il est clair que les Espagnols n'ont pas cherché à exterminer les Arawaks, que les plus hautes autorités, malgré leurs préjugés xénophobes, abominaient les meurtres de masse, et que, sans les maladies, les Amérindiens seraient encore très nombreux dans les Antilles, une épouvantable et irréparable extermination de facto a annihilé le cœur biologique et culturel d'une part de l'humanité, n'a plongé que certains envahisseurs dans le remords, n'a ému et révolté que quelques missionnaires comme Las Casas[réf. nécessaire][non neutre].

La disparition des empires du continent[modifier | modifier le code]

L'historien Ben Kiernan, directeur d'un programme d'études sur les génocides à l'université Yale, a consacré le deuxième chapitre de Blood and Soil (en), ouvrage qui a reçu plusieurs prix, à la conquête espagnole du Nouveau Monde : il estime que certaines pratiques coloniales, dont la cruauté était légitimée par leurs auteurs, pouvaient avoir un aboutissement génocidaire. La question des exterminations peut se poser pour les colonies espagnoles autres que les Antilles ; cela ne signifie pas que des génocides ou des crimes apparentés ont été effectivement commis et peuvent être recensés par les historiens.

Lorsqu'ils pénètrent dans les empires de Mésoamérique et des Andes, les empires aztèque et inca principalement, les Espagnols découvrent des civilisations raffinées et de vastes sociétés organisées qui gagnent des guerres et réduisent des peuplades en esclavage. Ces grandes puissances n'ont rien à voir avec les Arawaks des Antilles. Les chercheurs s'accordent à dire que la difficile conquête de ces territoires est tout sauf une entreprise génocidaire : les petites expéditions espagnoles échouent quelquefois, et d'autres fois doivent leur survie à l'emploi d'une meilleure technologie, aux rivalités entre Amérindiens, aux superstitions de ces derniers. Hernán Cortés, notamment, outrepasse les ordres du gouverneur de Cuba Diego Velázquez et parvient péniblement à rassurer ses troupes. Les batailles acharnées, les massacres et les crimes de guerre ne sont pas pour lui des plaisirs ou des buts mais, tout comme ses alliances avec des chefs indigènes aussi ambitieux que lui, sont les méthodes pour parvenir à soumettre un pays très peuplé qui peut se montrer très hostile. Les historiens ne relèvent pas un aspect génocidaire dans ces crimes qui, cependant, ne sont pas tous connus avec précision.

La chute des empires est suivie par un dépeuplement massif principalement dû à des pandémies dévastatrices. Beaucoup d'Indiens qui trouvent refuge sur l'Altiplano sont épargnés. Il n'est pas prouvé que des colons, comme pris de folie meurtrière alors qu'ils sont d'habitude inquiets face à la dépopulation, aient un jour utilisé les maladies pour punir des autochtones qu'ils exploitaient ou aient sciemment empoisonné des réserves d'eau, comme cela a pu être soupçonné[8].

Les massacres britanniques sur la côte Est[modifier | modifier le code]

Alors que les Espagnols ont toujours cherché à convertir des âmes au catholicisme, les puritains anglais ont été rapidement découragés dans leurs tentatives d'évangélisation, pas assez fructueuses à leurs yeux. Dès le début de la conquête britannique, les nouveaux venus sur le continent (côte Est des actuels États-Unis) se déterminent à punir collectivement des Indiens, voire à les massacrer, si un seul ou une poignée d'entre eux a menacé la survie ou même seulement l'expansion de la colonie, ou bien si le groupe a refusé de payer tribut et s'est rebellé. Les Powhatans de Virginie et leurs alliés subissent les foudres des colons dès 1622[11].

La guerre des Pequots, en 1637 en Nouvelle-Angleterre, est un des événements les plus remarquables de cette période. L'anéantissement planifié du grand village de Missituck par le feu et les armes, qui n'épargne ni les femmes ni les enfants, s'apparente à un acte génocidaire[12]. Un acte qui n'est pas isolé puisque les autorités coloniales décident même d'en finir avec la nation pequot, qu'elles fantasment comme une entité malfaisante qu'il plait à Dieu de voir détruite, en s'assurant, par des primes offertes aux autres tribus contre des scalps, par des réductions en esclavage, que les Pequots survivants dilués dans d'autres peuples ne pourront plus se regrouper.

Un négationnisme historiographique a longtemps fait des excès meurtriers des colons des actes préventifs ou de légitime défense. À partir des années 1970, l'histoire de la guerre des Pequots est révisée et l'intention exterminatrice soulignée : la question du génocide pequot apparaît[13]. Les auteurs qui argumentent contre la qualification génocidaire, tels Steven T. Katz (en) ou Guenter Lewy, sont souvent des philosophes et des politologues spécialisés dans l'étude des génocides et qui font de la Shoah un archétype ou un étalon nécessaire, alors que les nombreux historiens favorables à la qualification génocidaire se concentrent sur les définitions juridiques et leur évolution[14]. D'après Katz, plusieurs éléments font douter que, malgré l'horreur des crimes, les colonies de Nouvelle-Angleterre ont eu l'intention d'éliminer physiquement les Pequots comme tels : ceux-ci ont été craints pour la menace qu'ils représentaient (ils attaquaient les Anglais depuis plusieurs mois) plus que par un racisme anti-indien qui, même s'il existait chez beaucoup de puritains, ne les empêchait pas d'avoir des alliés amérindiens ; après les tueries impitoyables de mai 1637, les femmes et les enfants pequots capturés ont souvent été épargnés, et la disparition de leur nation est culturelle avant d'être physique ; en outre, des survivants pequots se sont à nouveau regroupés quelques années après la guerre et ont même été aidés par les colonies[13]. Ainsi, Katz théorise un manque de volonté d'exterminer le groupe pequot en tant que tel. L'historien Benjamin Madley, qui connaît à la fois les arguments de ce philosophe et ceux de ses adversaires, déclare sans hésiter que les Pequots ont subi « un des tout premiers génocides dans ce qui deviendra les États-Unis »[15] : quelle que soit l'origine de leur haine, les puritains ont voulu éliminer et ont éliminé une nation particulière, la nation pequot, en partie physiquement, ce qui reste conforme aux définitions juridiques ; il est vain de chercher des degrés dans leur volonté ou de montrer qu'ils l'ont perdue à une époque.

La guerre du Roi Philip en 1676 est elle aussi menée à outrance par la confédération de Nouvelle-Angleterre, après les attaques massives des Wampanoags contre ses établissements. Alors que les Amérindiens sont vaincus, les Britanniques s'acharnent, massacrent, vendent des captifs comme esclaves. Par la suite et jusqu'à la guerre d'indépendance des États-Unis, les autorités royales, dont la politique est expansionniste autant que protectrice des sujets anglais et des Indiens, contiennent quelque peu la violence des guerres et des massacres auxquels se livrent aussi bien les premiers que les seconds[11]. Un des signes de la haine grandissante entre Amérindiens et colons anglais, annonciateur des tragédies du XIXe siècle, est la volonté de plus en plus concrétisée de se débarrasser une fois pour toutes de l'opposant, parfois fantasmé comme un mal objectif. Lors du siège de Fort Pitt en 1763, quelques officiers et dirigeants dont Jeffery Amherst ont l'idée, pourtant difficile à mettre en pratique, de décimer des tribus en provoquant une épidémie de variole. Le capitaine Simeon Ecuyer décide de son propre chef d'offrir des couvertures infectées à des Delawares. On ignore l'efficacité de cet acte, et les critères définissant le génocide n'y sont pas tous réunis : aucun plan ni aucun ordre d'extermination ne sont venus des autorités. Cependant, comme le note l'historienne Élise Marienstras, l'intentionnalité d'une guerre par diffusion d'un agent biologique est attestée autant chez Amherst le dignitaire que chez Ecuyer le subordonné[16].

Guerres et épurations ethniques aux États-Unis[modifier | modifier le code]

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Durant la conquête de l'Ouest, le gouvernement fédéral des États-Unis poursuit une politique expansionniste et doit en théorie protéger les natifs qui en acceptent les principes, mais en pratique il perpétue l'ethnocide, pousse des tribus à l'exil, tarde parfois à découvrir et condamner les meurtres d'Amérindiens, tués par des fermiers ou des pionniers racistes, ou scalpés pour une prime. En outre, le gouvernement de chaque nouvel État membre peut contester les vues du gouvernement fédéral : sans solution face aux tensions extrêmes engendrées par les politiques coloniales, certains États oppriment plus ou moins sévèrement la population autochtone, organisent le nettoyage ethnique ou déclenchent des guerres déséquilibrées.

Le cas le plus probant concernent les Indiens de Californie, tués pendant la ruée vers l'or en Californie, certains auteurs y voyant un génocide. De nombreux livres ont été écrits sur le sujet tels que Génocide et Vendetta: Les guerres de la vallée ronde en Californie du Nord par Lynwood Carranco et Estle Beard, Murder State: le génocide amérindien en Californie, 1846-1873 par Brendan C. Lindsay et An American Genocide: Les États-Unis et la catastrophe indienne de Californie, 1846-1873 par Benjamin Madley, entre autres. Ce dernier livre de Madley était suffisamment convaincant pour que le gouverneur de la Californie reconnaisse le génocide[17].

Le gouverneur californien Peter Burnett a même déclaré ouvertement une "guerre d'extermination":

"Une guerre d’extermination continuera d’être menée entre les deux courses jusqu’à l’extinction de la race indienne."[18]

Dans plus de 370 massacres indiens[19] non-Indiens ont probablement assassiné 9 492 à 16 094 Indiens, tandis que les Indiens ont tué moins de 1 500 colons au cours de la même période[19].État de Californie a versé 5,7 millions de dollars à des milices privées pour chasser et tuer des Indiens, et les gouverneurs de Californie ont ordonné aux troupes d'État de chasser et de tuer plus de 3 000 Indiens de Californie[20].Le gouvernement fédéral des États-Unis a activement participé au génocide et a pris les devants après 1863; L'armée américaine a tué entre 1 680 et 3 741 Indiens de Californie, et le Sénat américain a versé 1,3 million de dollars à des milices privées de Californie qui chassaient et tuaient des Indiens[20].

Les réserves fédérales utilisaient délibérément la famine pour éliminer les Indiens, leur réduisant la distribution calorique de 480-980 à 160-360 et les Indiens étaient également interdits de manger de la viande[21].État de la Californie a transféré 3 000 à 4 000 enfants indiens de leurs parents dans le cadre de l'esclavage sanctionné[22].Au cours de cette période d'esclavage, de nombreuses filles indiennes ont été utilisées comme esclaves sexuelles, car un quart de la population féminine de la tribu Yuki avait contracté une maladie vénérienne[23].

À la suite du génocide sanctionné par l'État, la population indienne de Californie a été réduite de 150 000 à 31 000 personnes entre 1846 et 1873[24]. Les destructions infligées à des tribus individuelles rendent le génocide encore plus grave; la population de la tribu Yuki a été réduite de 3 500 à moins de 100 personnes[25]on sait que plus de 1 000[26]de ces décès sont dus aux massacres de Round Valley Settler de 1856 à 1859 connus par de nouveaux rapports[27]et les fonctionnaires de l'État[28]. La tribu Yahi a été complètement exterminée à l'exception d'un homme nommé Ishi[29] qui se demande s'il était même un Yahi[30].

Autres violences, exterminations et massacres[modifier | modifier le code]

  • Durant la Conquête du Désert en Argentine, la campagne menée entre 1879 et 1881 par le général Julio Argentino Roca en vue de soumettre les Mapuches qui vivent dans le sud du pays et refusent, parfois violemment, d'être assimilés, entraîne des abus haineux meurtriers de la part des militaires. Peu de chercheurs approuvent la revendication récente de certains Mapuches qui voient dans ces actes un génocide.[réf. nécessaire] Au sein de la théorie du génocide comme pratique sociale de Daniel Feierstein, la qualification de génocide se justifie même quand le but du crime est de constituer une grande nation à laquelle le groupe humain jadis visé pourra finalement appartenir[31].
  • Dans les années 1880, des chercheurs d'or et des éleveurs de moutons européens colonisent la Terre de Feu. Le gouvernement colonial chilien — tout comme son homologue argentin — entend chasser les Selknams afin de « civiliser » le territoire, d'accorder des propriétés aux éleveurs. S'ensuit une période de violences et de déplacements forcés. Estimant que leurs biens sont menacés, ou parfois par simple jeu, des éleveurs engagent des mercenaires pour assassiner les indigènes, ils les tirent au fusil ou leur envoient des chiens dressés à tuer ; en 1896, ils sont assistés de six soldats envoyés à leur demande pour mater les rébellions. Un gouverneur local juge la méchanceté gratuite et les meurtres infondés et soutient l'initiative de missionnaires d'envoyer les Selknam à l'île de Dawson[32]. La population selknam, répartie à peu près équitablement en Chili et Argentine, passe de 3 500 ou 4 000 individus en 1880 à 500 en 1905. Les survivants, dans un premier temps concentrés dans des réserves et frappés par des maladies, s'éteignent au cours du XXe siècle[33]. « Extermination » est le terme souvent employé par les universitaires pour qualifier ces actions contre les Selknams, mais « génocide » est parfois rencontré[réf. nécessaire] étant donné que la responsabilité des autorités coloniales est grande[34].
  • En 1982 et 1983, la dictature du général Efraín Ríos Montt intensifie la guerre civile guatémaltèque : armée et milices, qui recrutent parmi toutes les ethnies du pays et enrôlent donc des indigènes, rasent des villages entiers et massacrent, souvent avec une cruauté extrême (démembrements, viols, enfants frappés à mort), les « ennemis intérieurs », des dizaines de milliers de civils majoritairement mayas, suspectés ou non de supporter la guérilla, mouvement insurrectionnel marxiste qui recrute principalement parmi les Amérindiens et se livre à des massacres largement moins nombreux[35],[36]. Dans leur ensemble, les crimes de Ríos Montt constituent aux yeux de nombreux observateurs un politicide davantage qu'un génocide : l'appartenance à une ethnie n'apparaît pas comme la principale raison des meurtres collectifs[35]. Mais un procès est intenté contre l'ancien dictateur, qui est condamné le 10 mai 2013, dans son propre pays, pour divers crimes dont le génocide de 1771 Mayas ixils. Selon Reed Brody, conseiller juridique de Human Rights Watch, les preuves montrent bien l'intention de détruire ces Ixils comme tels, et ces personnes précises (et peut-être d'autres) sont les victimes d'un génocide[35]. La décision du tribunal est cependant cassée par la Cour constitutionnelle du Guatemala pour vices de forme, et le procès reprend en 2015[37].

La question du « génocide amérindien »[modifier | modifier le code]

La violence des actes de génocide se prolonge dans le déni exprimé aux survivants. Le mal-être parfois mortifère de nombreux descendants de natifs, qui se restructurent autour des idées floues de génocide et d'holocauste, est analysé comme une séquelle d'événements honteux mal assimilés par les sociétés américaines[38]. L'insuffisante reconnaissance politique des injustices du colonialisme et de l'ethnocide poursuivi jusque dans l'ère post-coloniale entraîne, à partir des années 1970, un suremploi du terme « génocide » dans le discours des partisans de l'indigénisme et de l'indianité, et même un « envahissement de l’analyse scientifique par la mémoire », écrit l'américaniste Frédéric Dorel[39].

La controverse dite du génocide indien ou amérindien, très vivante dans les années 1990 aux États-Unis, intéresse l'historiographie touchant, d'une part, le dépeuplement amérindien, et d'autre part le « phénomène meurtrier », processus qui amena à plusieurs reprises, dans toutes les Amériques, la population d'immigration et la population autochtone à se dresser l'une contre l'autre, jusqu'aux débordements génocidaires de soldats ou de gouvernants ayant perdu toute mesure. Même la thèse d'un génocide indien sur l'ensemble du continent, pourtant rejetée par l'essentiel des historiens et dénoncée pour ses possibles effets pervers, est susceptible de modifier les études dans tous ces domaines et de faire avancer ou reculer la reconnaissance des exterminations et autres crimes[3].

Le prélude de la controverse[modifier | modifier le code]

Pendant plusieurs siècles, les acteurs, les témoins, puis les historiens du dépeuplement amérindien, incapables de l'expliquer correctement, invoquent la plupart du temps deux thèses qui tarent les indigènes et exonèrent les colons : d'abord la thèse providentialiste par laquelle les puritains fondent la doctrine de la volonté divine d'une extinction ; et plus tard une thèse qui sécularise la première en s'appuyant sur les progrès de l'humanité et le néo-darwinisme[40]. Parallèlement se répand dans le monde la légende noire espagnole, qui exagère les sévices infligés aux « bons sauvages » par des conquistadors cupides. De nos jours encore, ces théories et représentations persistent chez de nombreux non-spécialistes. La minimisation des crimes coloniaux voire post-coloniaux reste le vrai problème[41].

À partir des années 1960, alors que la méthodologie scientifique a considérablement évolué et que la majorité des ethno-historiens, délaissant toute forme de négationnisme, reconnaissent et analysent le phénomène meurtrier mais aussi les premiers contacts amicaux, fructueux entre Indiens et Européens jusqu'à l'acculturation mutuelle et même le métissage, le débat sur la démographie précolombienne s'installe, avec sa dimension épidémiologique[40]. Dans les années 1970 et 1980 aux États-Unis, l'idée effrayante de holocaust (un francophone dirait plus volontiers hécatombe) fait ponctuellement son apparition, aussi bien dans le célèbre récit historique de Dee Brown, Bury My Heart at Wounded Knee, que dans quelques publications scientifiques[38]. Ainsi l'anthropologue Russell Thornton (en) nomme holocaust l'effondrement démographique amérindien principalement dû, comme l'expliquaient avant lui d'autres chercheurs, à des destructions physiques qui, pour la plupart, ont des causes naturelles (les maladies involontairement importées d'Europe). Thornton évoque aussi longuement les actes de génocide et l'ethnocide, ainsi que le repeuplement amérindien[42].

Durant cette période, la formule « génocide indien », association d'idées de militants, est raillée dans des cercles conservateurs américains, et n'est prise au sérieux par aucun spécialiste. Cependant, des glissements de sens sont observables dans les travaux de certains intellectuels, y compris en dehors des États-Unis. Par exemple, en 1982, dans La conquête de l'Amérique, livre de morale qui n'est pas à proprement parler une étude historique[43], Tzvetan Todorov présente ainsi l'hécatombe de dizaines de millions d'indigènes, en Amérique latine principalement, au XVIe siècle : « Si le mot génocide s'est jamais appliqué avec précision à un cas, c'est bien à celui-là. C'est un record, me semble-t-il, non seulement en termes relatifs (une destruction de l'ordre de 90 % et plus), mais aussi absolus, puisqu'on parle d'une diminution de la population estimée à 70 millions d'êtres humains. Aucun des grands massacres du vingtième siècle ne peut être comparé à cette hécatombe. »[44] D'après le sémiologue français, les conquistadors sont plus ou moins responsables selon les causes (il distingue le meurtre direct, les mauvais traitements et le choc microbien), et c'est pourquoi, malgré les objections qu'il anticipe, il s'autorise à parler de « génocide » avec assurance, et néanmoins ambiguïté, laquelle sera, en même temps que sa courte (non-)comparaison avec les tragédies du XXe siècle, instrumentalisée plus tard par les théoriciens du génocide-holocauste continental[45].

Autre exemple : le politologue Lyman Legters explique que le gouvernement des États-Unis pouvait difficilement ignorer les mortifications et les décès causés par le « génocide culturel » (ethnocide) qu'il imposait aux descendants des Américains natifs, qui dans leur douleur manifeste ont raison de penser qu'ils sont victimes d'un génocide[46]. Legters affirme qu'il utilise « génocide » dans son sens premier juridique ; il interprète malgré tout la définition[38]. Ainsi le concept de génocide, pris au départ dans sa vraie signification, s'étire et devient le temps d'une phrase ou deux épuration, massacre, ethnocide, populicide, esclavagisme ou encore hécatombe. D'autres mots peuvent subir le même sort. Selon l'ethno-historien James Axtell (en), qui s'est penché sur ce problème de « langues fourchues » dans le contexte parfois tendu des justes revendications des droits des Amérindiens, il arrive que des universitaires emploient sans rigueur un vocabulaire chargé idéologiquement et capable de déformer les faits[47].

Un génocide aux proportions continentales ?[modifier | modifier le code]

Le philosophe David Stannard (en), professeur d'études américaines à Hawaï, affilié à la Société américaine d'histoire, publie en 1992, année du 500e anniversaire de la découverte de l'Amérique par Colomb, un essai au titre provocateur : American Holocaust: The Conquest of the New World. Ce lecteur de Todorov, mais aussi de Thornton entre autres, donne à leurs concepts d'holocauste et de génocide le même sens et estime que la destruction de dizaines de millions d'Indiens des Amériques, y compris par des maladies, fut de loin le plus grand génocide de l'histoire[48]. Pour justifier cette audace, il essaie de montrer que les épidémies, non réfléchies, et les maltraitances et tueries, réfléchies par les conquérants, ont agi dès le premier contact entre l'Ancien et le Nouveau Monde et tout au long des siècles suivants comme deux forces, non pas complémentaires comme le pensent la majorité des historiens, mais interdépendantes, dévastant progressivement les populations indigènes[48]. Dans certains cas où microbes et virus ont contribué à réduire les possibilités de résistance de celles-ci, Stannard va jusqu'à suggérer que les Européens manipulaient intentionnellement la morbidité[49]. Notons que l'idée, étirée à l'extrême, d'un génocide faisant des victimes voulues par les meurtriers et des victimes non voulues incite ce chercheur à ranger la traite négrière atlantique dans cette catégorie[50].

Succès commercial, American Holocaust est un pavé dans la mare qui éclipse rapidement les autres travaux de son auteur. Certains journalistes et commentateurs y voient un discours engagé fascinant, une réaction presque salutaire à certaines études qui éviteraient les mots fâcheux et décriraient le phénomène meurtrier sous un angle encore trop favorable aux colons[51]. Pourtant, à la même période, l'anthropologue Gananath Obeyesekere, qui décrit le contact Européens-Indiens en critiquant les approches de Todorov[52], le politologue Rudolph Rummel, qui trouve matière à réflexion chez Stannard sans pour autant accepter son concept de génocide[53], et d'autres chercheurs publient des travaux qui relativisent American Holocaust. L'historien Richard White (en) répond à Stannard que des cas isolés de génocide ne rendent pas génocidaire toute la politique à l'égard des natifs[54]. Thornton lui-même juge que le livre fait oublier que les naissances, les décès et les migrations modifient la taille d'une population[55]. Des analyses plus récentes soulignent les inexactitudes et les biais méthodologiques d'un livre militant qui échoue à convaincre les spécialistes et n'encourage que des auteurs mineurs, parmi lesquels l'intellectuel et militant marxiste cherokee Ward Churchill (en)[56].

En France, l'avocate d'origine colombienne Rosa Amelia Plumelle-Uribe expose, à propos du génocide indien, des théories proches de celles de Churchill et voit aussi ce qu'elle appelle la « férocité blanche » (c'est-à-dire des suprémacistes blancs) à l'œuvre dans la traite négrière et dans la Shoah[57]. Il est difficile de savoir si les idées de vaste génocide séduisent beaucoup, en dehors des États-Unis, les personnes préoccupées par le sort des Amérindiens ou de leur culture. Jacques Chirac, alors président de la République française, a explicitement parlé en 2005, dans une conversation privée avec un journaliste, de l'existence — selon lui — d'un génocide amérindien qui aurait été perpétré après les conquêtes espagnoles au XVIe siècle : « Après l'arrivée des hordes hispaniques en Amérique, c'est un des plus grands génocides de l'histoire de l'humanité, qui a été perpétré : 80 millions d'Amérindiens massacrés en un peu plus de cinquante ans, du Mexique à la Terre de Feu, voilà le travail ! Tout ça, au nom de l'or et de la prétendue supériorité de notre religion ! »[58].

L'analyse historique et sociologique aujourd'hui[modifier | modifier le code]

Pour Élise Marienstras, spécialiste de l'historiographie touchant les rapports entre populations d'immigration et populations autochtones, envisager la thèse d'un génocide ou de génocides en Amérique nécessite de s'appuyer sur des données démographiques, lesquelles ont été corrigées au cours du XXe siècle. Les théoriciens du génocide continental ne proposant pas les résultats d'une recherche conventionnelle en histoire, leur démarche est contestée par beaucoup. Une des raisons tient aux défauts du procédé utilisé pour qualifier ce « génocide »[45] :

  • Dessiner une continuité entre la conquête de Colomb et celle des Français et des Anglais.
  • Opérer par citations sorties de leur contexte, tronquées ou interprétées.
  • Extrapoler le désir ultime des colons d'effacer l'Indien de la surface du globe.
  • Mêler dans la même phrase les causes biologiques de la dépopulation et les massacres.
  • Avancer sans preuve des faits dont on n'a qu'une connaissance partielle (comme ceux relatifs à la « guerre biologique » qu'auraient menée les Anglais).

Une autre raison est que ces auteurs qui trouvent les mêmes mobiles génocidaires dans la morbidité, l'esclavagisme, les guerres, les déportations, la déculturation ou encore la destruction des ressources (bisons, récoltes) et gonflent ainsi le nombre des victimes, cèdent ensuite à la concurrence des mémoires, s'invitent dans la controverse sur la singularité du génocide juif commis par les nazis, et tiennent alors des « raisonnements à la fois contradictoires, confus et fallacieux par abus d'anachronisme ou de comparaisons impossibles ». Dans ce contexte, lorsqu'ils taxent leurs opposants d'un négationnisme qui perpétue la violence raciste des anciens colons, le risque est ensuite un déplacement absurde et pervers de la responsabilité du malheur des Amérindiens sur la communauté juive[45].

Beaucoup d'Amérindiens à la recherche de leur identité, ainsi que de nombreux militants, adoptent aujourd'hui des théories plus légères que celle de Stannard : ils rangent dans le « génocide » les torts que les colons ont causés, et n'y mêlent pas le choc bactériologique qui a ravagé les Amériques. En outre, ils s'efforcent de refuser les comparaisons déraisonnables avec les génocides du XXe siècle. Frédéric Dorel estime néanmoins que ces personnes fragilisées, parfois victimes d'une propagande anti-américaine qui obscurcit les aspects de la colonisation, finissent par se méfier des études historiques méthodiques : « un voile affectif réprime l’observation rationnelle et semble autoriser les descendants d’une communauté opprimée à dénoncer les travaux des chercheurs au nom du martyre enduré, dans une forme de compétition, de guerre de la mémoire et de la souffrance entre une position indigéniste et une position scientifique ». Dorel déplore cette attitude qui n'est pas du tout à la hauteur de la cause qu'ils défendent[39].

Alfred Cave (en) estime que les approches de Churchill et de Stannard, bien qu'extrêmes, ne sont pas extérieures au débat scientifique ; il délaisse cependant l'expression « génocide indien » et regroupe dans celle de « génocide en Amériques » différents actes génocidaires et exterminations commanditées par une haute autorité, visant la plupart du temps une ou des tribus spécifiques ; il montre aussi que le racisme anti-indien était répandu chez les colons[59]. Les travaux récents de quelques historiens et en particulier de Cave témoignent que la controverse du « génocide amérindien », si tant est qu'elle soit bien nommée, n'est pas éteinte. D'ailleurs l'historien Benjamin Madley écrit en 2015 que le débat continue, non seulement pour qualifier des massacres particuliers, mais aussi pour savoir si le colonialisme, la guerre et les maladies ont pu se combiner jusqu'à donner un aspect génocidaire au désastre démographique. Comme la plupart des spécialistes, Madley prône un retour aux études, méthodiques et dépassionnées, de cas restreints tels que la guerre des Pequots ou l'extermination des Indiens de Californie[60].

Reconnaissance politique[modifier | modifier le code]

Une prise de conscience est née dans les années 1970, dans le sillage du mouvement des droits civiques aux États-Unis. Souvent, la lutte des descendants de natifs et des activistes sensibles à leur cause ne fait pas de distinction entre Amériques du Nord, Centrale et du Sud[61]. Les politiciens américains remarquent l'apparition du mot « génocide » dans la littérature, de la plus militante et passionnée à la plus méthodique et savante. En 1992, alors qu'on célèbre l'anniversaire de la découverte de l'Amérique, Lynne Cheney, alors directrice du National Endowment for the Humanities, importante organisation chargée de promouvoir la culture et l'éducation, décide de rejeter tout texte qui comprendra le mot, un refus conforme aux vues du gouvernement républicain de l'époque ; mais la gauche libérale se méfie elle aussi du mot[62].

Le 8 septembre 2000 sont célébrés les 175 ans du Bureau des affaires indiennes au secrétariat de l'Intérieur des États-Unis. Le directeur du Bureau, Kevin Gover, un Indien Pawnee, présente les excuses de son administration pour « le racisme et les actes inhumains commis dans le passé » et promet de réparer les torts, dont ceux de « l'épuration ethnique par la propagation délibérée d'épidémies, la destruction des troupeaux de bisons [...], et le meurtre lâche de femmes et d'enfants »[63]. En 2004, des sénateurs proposent que soient reconnus les déprédations, les violations de traités, les déplacements forcés dans les réserves, les politiques injustes dont le gouvernement fédéral est responsable, mais aussi les confrontations armées sanglantes et les massacres, ainsi que les actes violents commis par des citoyens américains contre des natifs. Ce n'est qu'en 2009 que les excuses de la nation sont signées, par le président Barack Obama, bien que ces excuses, notamment, rendent implicites les massacres commis par des militaires et les déplacements forcés[64]. Le mot « génocide » n'est prononcé à aucun moment, écrit à aucun endroit.

Selon Benjamin Madley, si certains politiciens craignent les conséquences de la reconnaissance d'un génocide, il faut aussi blâmer le débat historique qui n'a pas trouvé d'issue[64]. Cependant, Robert Przeklasa, chercheur au Centre pour les nations natives de Californie, considère en 2015 que le déni est scandaleux dans les cas les plus assurés : « Des universitaires ont démontré avec force que le département d'État à l'éducation de Californie est dans l'erreur quand le bureau déclare que les événements entourant la ruée vers l'or en Californie n'étaient pas un génocide. Depuis trop longtemps, le département d'État a ignoré la recherche et fourni à des millions d'écoliers sur plusieurs générations une information trompeuse sur cette période en taisant le génocide. »[65]

L'extermination des Selknams et les meurtres de membres d'une autre peuplade tehuelche, les Aonikenks, sont reconnus comme un génocide en 2003 par une commission instituée par le gouvernement chilien : cette « Commission pour la vérité historique et un nouveau traitement des peuples indigènes » demande au gouvernement de prendre des dispositions afin d'éviter que de tels agissements se reproduisent. En 2007, le comité de l'éducation du Sénat chilien propose l'adoption d'une loi reconnaissant officiellement le génocide[33],[66].

Le 13 mai 2013, Navi Pillay, alors haut-commissaire des Nations unies pour les droits de l'homme, a salué la condamnation de l'ancien dictateur guatémaltèque Efraín Ríos Montt : « Le Guatemala écrit l'histoire, en devenant le premier pays au monde où un ancien chef d'État est condamné pour génocide par une juridiction nationale »[35].

Muséographie[modifier | modifier le code]

Le musée du génocide amérindien[modifier | modifier le code]

Le musée du génocide amérindien (en) est situé dans la ville de Houston au Texas, État où la persécution des Indiens fut grande. Il se donne pour mission de « mettre en lumière la vérité historique en ayant recours à une pédagogie fondée sur la documentation actuelle à propos des événements liés à la quasi extermination ou, dans certains cas, l'extermination totale de tribus et de cultures natives. C'est un monument commémoratif dédié aux victimes du nettoyage ethnique[67]. » Le musée possède entre autres une trace écrite, sur les registres comptables de Fort Pitt, d'un don de couvertures infectées par le virus de la variole, destiné à des membres de la tribu des Delawares[68].

Autre musée[modifier | modifier le code]

Le National Museum of the American Indian, créé en 2004 à Washington, est une des principales institutions consacrées à la culture amérindienne, et porte également à la connaissance du public l'oppression dont ces peuples ont été victimes de la part des Européens et des Américains. Dans un article intitulé « La représentation muséale des génocides », R. Greenberg écrit : « Au NMAI [National Museum of the American Indian], les tragédies vécues par les autochtones après le contact sont racontées et commémorées, mais l’accent est placé sur l’enseignement des coutumes et des langues indiennes aux jeunes, l’adaptation à la société contemporaine et la lutte pour l’équité [...]. Le musée baigne dans le passé, mais celui-ci est présenté comme une force positive de l’identité autochtone contemporaine[69]. »

Cas des peuples de l'Arctique[modifier | modifier le code]

Les cas des peuples de l'Arctique (Inuits, etc.) est particulier dans la mesure où ils ont été mêlés à l'arrivée des Européens, et parfois rapprochés des Amérindiens pour cette raison historique[70], mais en négligeant les différences de taille que :

  • il y a une encore plus grande unité ethnique et culturelle[71] ;
  • il n'y a jamais eu de conflit armé avec les peuples européens ;
  • ils existent aussi en Eurasie, avec une situation politique très différente ;
  • ils subissent en revanche tous une lente pression sur leur mode de vie ;
  • toutefois, leur habitat demeure relativement protégé dû aux conditions climatiques extrêmes.

Malgré tout, on constate les mêmes symptômes sociologiques : toxicomanie[72], assistanat[73], disparition des valeurs culturelles[74].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Benjamin Madley, « Reexamining the American Genocide Debate: Meaning, Historiography, and New Methods », The American Historical Review 120:1, février 2015, p. 98-139. Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Pierre Chaunu, Conquête et exploitation des nouveaux mondes, Paris, PUF, 2010 (pour la 6e édition).
  • Alfred Cave, « Genocide in the Americas », dans Dan Stone (éd.), The Historiography of Genocide, Palgrave Macmillan, 2008, p. 273-296. Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • (en) Ben Kiernan, Blood and Soil : A World History of Genocide and Extermination from Sparta to Darfur, Yale University Press, , 724 p., chap. 2, 6 et 8.
  • Christian Duverger, « Espagnols-Indiens : le choc des civilisations », L'Histoire, no 322,‎ , p. 14-21. Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Frédéric Dorel, « La thèse du « génocide indien » : guerre de position entre science et mémoire », Amnis, revue de civilisation contemporaine Europe/Amérique, no 6,‎ (lire en ligne) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Élise Marienstras, « Guerres, massacres ou génocides ? Réflexions historiographiques sur la question du génocide des Amérindiens », dans David El Kenz (dir.), Le massacre, objet d'histoire, Gallimard, coll. « Folio histoire », (ISBN 9782070306626), p. 275-302 Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Pap N'Diaye, « L'extermination des Indiens d'Amérique du Nord », dans Marc Ferro (dir.), Le livre noir du colonialisme (XVIe – XXIe siècle). De l'extermination à la repentance, Paris, Robert Laffont, 2003, p. 53-68.
  • George Raudzens (éd.), Technology, Disease and Colonial Conquests, Sixteenth to Eighteenth Centuries: Essays Reappraising the Guns and Germs Theories, History of Warfare, vol. 2, Brill Academic Pub, 2001. Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Noble David Cook, Born to Die: Disease and New World Conquest, 1492–1650, Cambridge, Cambridge University Press, 1998.
  • David Stannard, American Holocaust: The Conquest of the New World, Oxford University Press, 1992.
  • Russell Thornton, American Indian Holocaust and Survival: A Population History since 1492, Norman: University of Oklahoma Press, 1987.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Michael A. McDonnell et A. Dirk Moses, « Raphael Lemkin as Historian of Genocide in the Americas », Journal of Genocide Research 7:4, 2005, p. 501-529.
  2. Norman Naimark, compte rendu de Kiernan, Blood and Soil, The American Historical Review 113, n° 3, juin 2008, p. 773.
  3. a et b Voir notamment Marienstras, « Guerres, massacres ou génocides ? » dans son ensemble.
  4. a b et c Raudzens, Technology, Disease and Colonial Conquests, p. 41-42.
  5. a b et c Yves Benot, La modernité de l'esclavage. Essai sur la servitude au cœur du capitalisme, coll. « Textes à l'appui / Histoire contemporaine », La Découverte, 2003, chap. 6, p. 90-98.
  6. Cette préoccupation est propre aux colons espagnols, selon Noble David Cook.
  7. Karen Anderson Córdova, Hispaniola and Puerto Rico: Indian Acculturation and Heterogeneity, 1492–1550, thèse de doctorat, Ann Arbor, Michigan: University Microfilms International, 1990.
  8. a b et c Duverger 2007.
  9. Voir Yves Ternon, L'État criminel. Les génocides au XXe siècle, Seuil, 1995, p. 79 : « La catégorie du génocide n'est pas celle du maximum ; ce ne sont ni le nombre de victimes ni le degré de cruauté dans les pratiques de mise à mort qui désignent comme tel un meurtre collectif, mais le caractère voulu et planifié de ce meurtre et l'identité des victimes. »
  10. Alain Brossat, « Métissage culturel, différend et disparition », Lignes 2001/3 (n° 6), p. 42 lire en ligne
  11. a et b Marienstras, « Guerres, massacres ou génocides ? », p. 292.
  12. Même Steven Katz, un auteur opposé à la qualification génocidaire, ne nie pas la pertinence d'une comparaison.
  13. a et b Steven T. Katz, « The Pequot War Reconsidered », The New England Quarterly 64:2, juin 1991, p. 206-224.
  14. Les méthodes des différents acteurs de la controverse du génocide indien ou bien des débats sur des crimes particuliers tels que le massacre des Pequots sont résumées, par exemple, par Brenden Rensink (« Genocide of Native Americans: Historical Facts and Historiographic Debates », dans Samuel Totten et Robert K. Hitchcock, Genocide of Indigenous Peoples, Transaction Publishers, 2011, p. 15-36), par Cave (2008), ou encore Madley (2015).
  15. Madley 2015, p. 120.
  16. Marienstras, « Guerres, massacres ou génocides ? », p. 289-290.
  17. Modèle {{Lien web}} : paramètre « url » manquant.  « http://newsroom.ucla.edu/stories/revealing-the-history-of-genocide-against-californias-native-americans Révéler l'histoire du génocide contre les Amérindiens de Californie Jessica Wolf | 15 août 2017 »
  18. Modèle {{Lien web}} : paramètre « url » manquant.  « --De second message annuel de Peter Hardeman Burnett, président de la Californie, à l'Assemblée législative, le 7 janvier 1851: », sur Le message du gouverneur (transmis le 7 janvier 1851)," transcription de Sacramento, 10 janvier 1851, 2.
  19. a et b « Madley, Benjamin, un génocide américain, les États-Unis et la catastrophe de la Californie, 1846-1873, Yale University Press, 2016, 692 pages, (ISBN 978-0-300-18136-4) , p.11, p.351 », {{Article}} : paramètre « périodique » manquant, paramètre « date » manquant
  20. a et b « Meurtre d'Amérindiens en Californie Le professeur Benjamin Madley a parlé de son livre, An American Genocide: The United States and the California Indian Catastrophe, 1846-1873. 31 août 2016 LES GOUVERNEURS DE LA CALIFORNIE ONT APPELÉ OU AUTORISÉ À 24 ANS QUE 24 EXPÉDITIONS ENTRE 1850 ET 1861, QUI ONT TUÉ PLUS DE 3000 PERSONNES INDIENNES. LES LÉGISLATEURS DE L'ÉTAT A ÉGALEMENT FAIT PASSER TROIS FACTURES ÉLEVÉES À 5,1 MILLIONS DE DOLLARS POUR FINANCER CETTE OPÉRATION, APRÈS LE FAIT. En mettant en évidence que l'État ne punirait pas les meurtriers indiens, mais au lieu de les récompenser, les expéditions de l'état MILITIA ont inspiré un nombre encore plus grand de meurtres violents. Finalement, en 1863, après que l'armée des États-Unis ait fourni à l'État de la milice comme force de mort indienne commanditée par l'État, les légistes de Californie ont réussi à obtenir 600 000 $ supplémentaires pour aider les bénévoles de la Californie. CERTAINS OFFICIELS DE LA CALIFORNIE ONT L'OCCASION D'ÊTRE SUSCEPTIBLES DE GÉNOCIDE, DE CONSPIRATION POUR COMMITER UN GÉNOCIDE, D'INCITATION PUBLIQUE DIRECTE POUR ENGAGER UN GÉNOCIDE, DE TENTER À COMMITTER UN GÉNOCIDE ET DE COMPLICITÉ DANS UN GÉNOCIDE. MALGRÉ LEUR RÔLE, ... ... LES FONCTIONNAIRES DE LA CALIFORNIE N'ONT PAS AGISSE SEULEMENT. L'armée américaine a joué un rôle crucial dans les événements, créant d'abord le système juridique d'exclusion, contribuant à la construction d'une machine à tuer, participant à la tuerie et prenant finalement le contrôle direct de celle-ci. EN TOTAL, DES SOLDATS DE L'ARMÉE AMÉRICAINE ONT ÉTÉ TUÉS AU MOINS 1680 82 3741 INDIENS DE LA CALIFORNIE - 1 680 À 3 741 INDIENS DE CALVIN. LES LÉGISLATEURS D'ÉTAT SONT LES PRINCIPAUX ARCHITECTES DU GÉNOCIDE, LES FONCTIONNAIRES FÉDÉRAUX, AIDÉS À DÉFINIR LE TRAVAIL DE BASE, DEVENU L'ARBITRE FINAL DE SA CONCEPTION, ET SONT ENTIÈREMENT PAYÉS POUR LA PLUPART DE SON EXÉCUTION OFFICIELLE. LES SÉNATEURS DES ÉTATS-UNIS ONT JOUÉ UN RÔLE PIVOT DANS LA FABRICATION DE VICTIMES DES INDIENS DE LA CALIFORNIE. En 1852, ils ont répudié les 18 traités qui traitent les Indiens de Californie à leur terre restante, ainsi que leur télécommande - ils négocient leur rôle. Ils ont également nié les droits fonciers et une protection complète. LES FONCTIONNAIRES FEDERAUX NE SONT PAS PARCOURSES A DES BESOINS ET A DES SOINS ADEQUENTS POUR LES GENS DE LA CALIFORNIE SUR LES RESERVES FEDERALES. En outre, plutôt que de protéger les Indiens, ils ont autorisé les États MILITIA à les chasser et à les tuer. LE CONGRÈS POURRAIT AVOIR RÉGISSÉ LES ACTIVITÉS DE L'ÉTAT MILITIA OU SIMPLEMENT LES FINANCEMENTS FÉDÉRAUX POUR CELUI-CI. AU LIEU, IL EST PASSÉ AUX PRINCIPALES FACTURES DE FINANCEMENT, ATTRIBUANT PLUS DE 1,3 MILLION DE DOLLARS POUR RÉÉPURER L'ÉTAT DE LA CALIFORNIE POUR SES EXPÉDITIONS MILITAIRES. Les endossant de façon rétroactive, en les supportant financièrement et en alimentant ainsi une opération de génocide supplémentaire. EN 1863, LE GOUVERNEMENT FÉDÉRAL A DONNÉ PLUS DE 1 MILLION DE DOLLARS SUR LES CAMPAGNES MILITIA. Le congrès a adopté le génocide avec empathie après le fait en payant à l'État de la Californie pour la mort de sa femme. EN 1863, L 'ARMEE DES ETATS - UNIS AURAIT EN TANT QUE BUREAU PRINCIPAL PARRAINÉ PAR LES ÉTATS ET CONTRÔLÉ PAR LE CONGRÈS - CONTRÔLÉ QUE LES INSTITUTIONS. LES LÉGISLATEURS FÉDÉRAUX ONT PAYÉ QUELQUES OU TOUTES LES NOMBREUSES CAMPAGNES LETHALES CONTRE LES INDIENS DE LA CALIFORNIE QUI ONT COMMENCÉ EN 1846 ET CONCLUS EN 1873. PAR CONSÉQUENT, CERTAINS FONCTIONNAIRES FÉDÉRAUX ONT ÉTÉ ÉGALEMENT COUPÉS DE CRIMES GÉNOCIDES. COMME INDIENS CALIFORNIENS, NATIFS », {{Article}} : paramètre « périodique » manquant, paramètre « date » manquant
  21. « Meurtre d'Amérindiens en Californie Le professeur Benjamin Madley a parlé de son livre, An American Genocide: The United States and the California Indian Catastrophe, 1846-1873. 31 août 2016 "Nous étions très enthousiastes et avons commencé à mourir rapidement. AUTRES RÉSERVATIONS ONT ÉTÉ PEU MIEUX. IL ET SES GENS RELATIFS À UNE AUTRE RÉSERVATION OESS IL N'Y A PLUS BESOIN EN ANNÉE 1860, LES OFFICIELS FOURNISSENT 480-910 CALORIES PAR JOUR AUX INDIENS DE RÉSERVATION. EN 1862, LES RATIONS QUOTIDIENNES SONT JUSTE À 160-390 CALORIES PAR PERSONNE PAR JOUR, CEUX QUI N'A PAS TRAVAILLÉ ÉTAIENT DANS LES FÉDÉRATIONS, LE CAS ÉCHÉANT, LES RÉSERVES POSSÉDENT DES CENTAINES DE BOVINS, SELON UN OFFICIEL, LES INDIENS ONT ÉTÉ ADMIS Si une réserve de Californie doit aboutir à une telle malnutrition, les systèmes immunitaires d'autres personnes ont été affaiblis, ce qui les a rendus plus vulnérables aux maladies chroniques. https://www.c-span.org/video/?414117-1/killing-native-americans-california », {{Article}} : paramètre « périodique » manquant, paramètre « date » manquant
  22. « Meurtre d'Amérindiens en Californie Le professeur Benjamin Madley a parlé de son livre, An American Genocide: The United States and the California Indian Catastrophe, 1846-1873. 31 août 2016 ENFIN, L'ETAT DE CALIFORNIE, ESCLAVES RAIDERS, ET QUE TOUS LES OFFICIERS ONT ETE TOUS IMPLIQUES - LES OFFICIERS FEDERAUX SONT TOUS IMPLIQUES DANS LA TRANSFERT D'ENFANTS DU GROUPE A UN AUTRE GROUPE. 3 000 à 4 000 enfants ou plus des Indiens de Californie ont souffert de tels transferts. En brisant les familles et les communautés, les renvois forcés ont également constitué des mesures visant à prévenir la naissance au sein du groupe. EN VIGUEUR, L'ÉTAT DE CALIFORNIE A LÉGALISÉ L'ABDUCTION ET LA MISE EN PLACE DE MINEURS INDIENS. Les esclaves ont exploré ces lois. Que les fonctionnaires empêchent l'armée des États-Unis d'intervenir pour protéger la victime. DANS CERTAINS CAS, DES ESCLAVES SUIVIS DANS LA RÉVEIL DES CAMPAGNES D'ARMÉE POUR CAPTURER LES MINEURS INDIENS », {{Article}} : paramètre « périodique » manquant, paramètre « date » manquant
  23. « souvenir de la ruée vers le sang du génocide californien Publié par The Raven Report le 1 décembre 2017 https://theravenreport.com/2017/12/01/remembering-the-bloody-rush-of-the-california-genocide/ », {{Article}} : paramètre « périodique » manquant, paramètre « date » manquant
  24. « Madley, Benjamin (2016). Un génocide américain: les États-Unis et la catastrophe indienne en Californie, 1846-1873. », {{Article}} : paramètre « périodique » manquant, paramètre « date » manquant
  25. « Thorton, Russell (1990). Holocauste et survie des Indiens d'Amérique: une histoire de la population depuis 1492. Norman, pp. 107-109. », {{Article}} : paramètre « périodique » manquant, paramètre « date » manquant
  26. « Rapports de la législature de la Californie, de la majorité et des minorités du Comité mixte spécial sur la guerre de Mendocino 1860, p. 51, déposition de Benjamin Arthur Petaluma Journal 1857, cité dans Heizer 1974b, pp. 47-48 Browne, J. Ross (août 1861). "The Coast Rangers of California". Harper's New Monthly Magazine. 23. p. 312 San Francisco Alta California 1859, p. 2. Carranco, Lynwood; Beard, Estle (1998). Génocide et Vendetta, les Round Valley Wars de la Californie du Nord. Berkeley., Pp. 64-65, 82 Secrest, William B. (1988). "La guerre de Jarboe". Californiens. 6 (6): 16-22. p. 18 », {{Article}} : paramètre « périodique » manquant, paramètre « date » manquant
  27. « Butte Record 1856. », {{Article}} : paramètre « périodique » manquant, paramètre « date » manquant
  28. « Rapports de la législature de la Californie, de la majorité et des minorités du Comité mixte spécial sur la guerre de Mendocino 1860, p. 68, John Lawson Déposition Rapports de la législature de la Californie, de la majorité et des minorités du Comité mixte spécial sur la guerre de Mendocino 1860, p. 28, Isaac Shanon déposition Tho. Henley à Chas Mix 1858. Simmon Storms to Tho. Henley 1858. », {{Article}} : paramètre « périodique » manquant, paramètre « date » manquant
  29. « https://newsmaven.io/indiancountrytoday/archive/ishi-s-life-a-california-genocide-primer-CX43NBGcJEG-7CAV6Y0eOw/ La vie d'Ishi: une introduction au génocide californien Mark R. Day 25 mars 2016 Pays indien aujourd'hui », {{Article}} : paramètre « périodique » manquant, paramètre « date » manquant
  30. « COMMUNIQUÉ DE PRESSE, 2/5/96 Ishi n'était apparemment pas le dernier Yahi, selon de nouvelles preuves de l'archéologue de recherche UC Berkeley Gretchen Kell https://www.berkeley.edu/news/media/releases/96legacy/releases.96/14310.html », {{Article}} : paramètre « périodique » manquant, paramètre « date » manquant
  31. Interview de Daniel Feierstein par Pablo Scatizza, « La dictadura se propuso transformar a toda la sociedad », sur le site 8300 web, 30 juin 2009.
  32. (es) « Informe Comisión Verdad Histórica y Nuevo Trato con les pueblos indígenas », 16 octobre 2008, 684 pages, p. 486-502 texte intégral
  33. a et b (en)Jérémie Gilbert, Nomadic Peoples and Human Rights, Routledge Research in Human Rights Law, 2014, (ISBN 9781136020162), 272 pages, p. 23-24
  34. Par exemple, l'anthropologue Jean Jackson utilise indistinctement les deux mots dans ses comptes rendus des célèbres travaux d'Anne Chapman sur les Selknams.
  35. a b c et d Paulo A. Paranagua, Le génocide des Mayas en débat au Guatemala, Le Monde, 14 mai 2013.
  36. « Genocide in the Ixil Triangle », sur le site de Guatemala Human Rights Commission.
  37. Guatemala : l’ex-dictateur Rios Montt sera jugé à huis clos pour génocide, Le Monde, 26 août 2015.
  38. a b et c Maria Yellow Horse Brave Heart et Lemyra M. DeBruyn, « The American Indian Holocaust: Healing Historical Unresolved Grief », sur le site de l'université du Colorado.
  39. a et b Dorel 2006.
  40. a et b Marienstras, « Guerres, massacres ou génocides ? », p. 283-284.
  41. Un exemple parmi tant d'autres : cette page sur un site français réputé pour ses débordements conspirationnistes et haineux, affirme ne rappeler que des évidences historiques (la pandémie, les guerres...) pour réfuter la thèse d'un génocide indien qui entrerait dans une compétition victimaire malsaine avec les études et les commémorations des génocides avérés du XXe siècle, en assortissant tout cela d'une bibliographie autoritaire ; mais elle sélectionne les citations, dont celle d'un auteur chrétien américain, sans compétences et peu diplomate, qualifié d'« historien », nie les exterminations et leurs preuves, ne voyant tout au plus que des « exactions », et ose un comptage biaisé de victimes parmi les Peaux-Rouges et de victimes parmi les Blancs, suggérant la barbarie d'Indiens qui l'auraient bien cherché et qui, aujourd'hui, ne sauraient plus quelle idée folle inventer pour se faire remarquer.
  42. Thornton, American Indian Holocaust and Survival.
  43. Voir ce bulletin de Christian Duverger ou ce compte rendu de Marianne Mahn-Lot.
  44. Tzvetan Todorov, La conquête de l'Amérique. La question de l'autre, Seuil, 1982, p. 170.
  45. a b et c Marienstras, « Guerres, massacres ou génocides ? », p. 287-288.
  46. Lyman Legters, « The American genocide », Policy Studies Journal, 16(4), 1988, p. 768-777.
  47. James Axtell, After Colombus: Essays in the Ethnohistory of Colonial North America, New York, Oxford University Press, 1988, chap. 2.
  48. a et b Stannard, American Holocaust, prologue, p. x-xii.
  49. Marienstras, « Guerres, massacres ou génocides ? », p. 286.
  50. Stannard, American Holocaust, p. 151.
  51. De nombreux mais brefs avis sont recensés sur cette page du site Oxford University Press Canada.
  52. Gananath Obeyesekere, The Apotheosis of Captain Cook: European Mythmaking in the Pacific, Princeton University Press, 1992.
  53. Des réflexions et des estimations de Rummel datées de 1994 sur les démocides en général, et en particulier sur David Stannard et les meurtres d'Amérindiens, se trouvent sur le site de l'université d'Hawaï.
  54. Richard White, « Morality and Mortality », New Republic, 18 janvier 1993, p. 33-35.
  55. Russell Thornton, compte rendu de Stannard, American Holocaust, Journal of American History 80, n° 4 (1994): 1428.
  56. Outre Marienstras, historienne spécialisée très critique envers Stannard et Churchill, il y a aussi cet article du politologue Guenter Lewy sur History News Network.
  57. Rosa Amelia Plumelle-Uribe, La férocité blanche : des Non-Blancs aux Non-Aryens. Génocides occultés de 1492 à nos jours, Paris, Albin Michel, 2001.
  58. Propos de Jacques Chirac tenus lors d'un entretien avec le journaliste Franz-Olivier Giesbert, le 30 janvier 2005, au cours d'une conversation axée sur la valeur accordée par le président français aux arts premiers. Source : Franz-Olivier Giesbert, La Tragédie du président : Scènes de la vie politique, 1986-2006, Paris, éd. Flammarion, , 414 p., 24 cm (ISBN 2-08-068948-7, notice BnF no FRBNF40133936), chap. 58 (« Quand les masques tombent »), p. 341.
  59. Cave, « Genocide in the Americas ».
  60. Madley, « Reexamining the American Genocide Debate ».
  61. Le Comité de Solidarité avec les Indiens des Amériques, créé en 1978 sur la demande de représentants indiens des États-Unis, est une association loi 1901 qui s'efforce de faire connaître et de soutenir les peuples autochtones de toutes les Amériques.
  62. Marienstras, « Guerres, massacres ou génocides ? », p. 285.
  63. Marienstras, « Guerres, massacres ou génocides ? », p. 297.
  64. a et b Madley 2015, p. 102-103.
  65. Compte rendu du symposium Killing California Indians: Genocide in the Gold Rush Era, 2015, p. 15 (lire en ligne sur le site de l'université de Californie à Riverside).
  66. Les conclusions et recommandations de la Commission relatives au génocide sont dans ce document, p. 619 (p. 39 du pdf) ; voir aussi Steve Anderson, « Slaughter of Chile's Indigenous Was Genocide, Say Legislators », The Santiago Times, 27 août 2007.
  67. Traduction du début du texte « Mission Statement », sur le site de l'American Indian Genocide Museum.
  68. Brenda Norrell, « Remembering Indian Genocide in Texas », alternet.org, 23 septembre 2004.
  69. Reesa Greenberg, « La représentation muséale des génocides : guérison ou traumatisme réactualisé ? », Gradhiva [en ligne] (Revue d'anthropologie et d'histoire des arts), 5 | 2007, mis en ligne le 15 mai 2010, consulté le 01 août 2015. URL : http://gradhiva.revues.org/758.
  70. Les familles amérindiennes d'Amérique du Nord Pour une raison de commodité, la famille eskimo-aléoute est classée parmi les «familles amérindiennes», même s'il s'agit d'un cas à part.
  71. Les peuples dits "arctiques" (Inuit, Sâmes, Évenks, etc.) Quoique ces peuples soient répartis sur une surface immense, et que leur nombre soit relativement faible, leurs vêtements, leurs outils, leurs techniques, leur organisation sociale, leurs éléments culturels ont une ressemblance frappante, qu'ils soient originaires de Sibérie, du nord de l'Europe ou de l'Amérique arctique.
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Articles connexes[modifier | modifier le code]