Natchez

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Natchez
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Photo prise sur le site de Grand Village des Natchez, montrant la reconstitution d'une hutte en torchis, et un tumulus en arrière-plan.

Populations significatives par région
Autres
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Carte de répartition

Les Natchez sont un peuple amérindien qui vivait dans la région de l'actuelle ville de Natchez dans le Mississippi. Vers 1730, après plusieurs guerres contre les Français, les Natchez furent vaincus et dispersés. La plupart des survivants furent soit réduits à l'esclavage par les Français ou trouvèrent refuge parmi d'autres tribus, comme les Chicachas, les Creeks et les Cherokees. De nos jours, la plupart de leurs descendants se trouvent en Oklahoma, parmi les membres des nations Cherokee et Creek.

Histoire[modifier | modifier le code]

Soulèvement de 1729[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Révolte des Natchez.

Durant ses explorations du Mississippi, Pierre Le Moyne d'Iberville rencontre fréquemment les Natchez avec qui il tiendra une rencontre diplomatique en 1700, ouvrant une période de relations cordiales avec ce peuple considéré alors comme pacifique et socialement très bien organisé. On estime alors leur population à 3 500 personnes.

L'arrivée en 1713 du gouverneur Antoine de Lamothe-Cadillac met cependant en péril la bonne entente entre les Amérindiens et les Français. Cadillac passe par les terres des Natchez et refuse même de fumer le calumet de paix avec eux, ce qui est interprété comme un geste hostile. Devant la dégradation des relations, quand quatre Français sont tués par les Natchez, on demande à Jean-Baptiste Le Moyne de Bienville d'intervenir. En 1716, avec 40 hommes, il parvient à capturer Grand Soleil et d'autres chefs Natchez. Ils seront libérés en échange de leur aide pour construire le Fort Rosalie.

Durant les années 1720, la colonie connaît un essor. La cohabitation entre les Français et les Natchez se déroule pacifiquement, malgré des frictions. Le Fort Rosalie devient un lieu de rencontre et d'entrepôt de provisions. Des accrochages, dont un raid en 1723 durant lequel plusieurs Natchez sont tués par les Français, enveniment la situation. La mort de Grand Soleil en 1728, le plus fidèle allié des Français chez les Natchez, fragilise la colonie.

À la suite de la décision d'expropriation d'une partie de leur terres au profit d'une plantation de tabac, sous la direction du gouvernant Detchéparre du Fort Rosalie, les Natchez — dont Sancousy — attaquent par surprise le camp français de Fort Rosalie le . Ils éventrent les femmes enceintes[1] et font des dizaines de prisonniers. Ils massacrent en deux heures plus de 200 colons — soit un huitième de la population blanche implantée alors le long du Mississippi. Ils mettent le feu au Fort Rosalie. Plus au nord, le poste de Yazoo est également décimé par la tribu Yazoo.

Mais la révolte des Natchez se termine par la destruction de ce peuple : les Français ripostent l'année suivante, alliés avec les Chactas et, en 1731, après la prise d'un fort Natchez, 427 sont vendus comme esclaves et emmenés à Saint-Domingue[2]. D'autres s'enfuient et se dispersent[3],[4],[5].

Organisation sociale[modifier | modifier le code]

La société Natchez apparaît comme le prolongement de la culture de Plaquemine[6]. Contrairement à beaucoup d'autres groupes amérindiens, elle était hiérarchisée en quatre groupes dirigés par un Grand Soleil que l'on peut assimiler à un roi[7]. Celui-ci était souvent transporté sur une litière[8]. Au début du XVIIIe siècle, les Français installés en Louisiane assistent aux funérailles de la Grande Reine au cours desquelles sont organisés des sacrifices humains[2], comme pour celles du Grand Soleil[9].

Les Natchez honoraient leurs divinités dans des temples : dans l'un d'entre eux, le feu sacré ne devait jamais cesser de brûler. Les villages étaient quadrillés par un réseau de voies qui menaient à une place centrale comme chez les Mound Builders et les civilisations mississippiennes.

Les Natchez vivaient sur des fermes familiales bâties près des cours d'eau et le long de chemins reliant les fermes entre elles et des centres sacrés où se tiennent des cérémonies religieuses et des événements sociaux.

Roman[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Havard et Vidal 2003, p. 303.
  2. a et b Angie Debo, Histoire des Indiens des États-Unis, Paris, Albin Michel, 1994, p. 81.
  3. culture.fr, « La guerre des Natchez », sur La Louisiane française, 1682-1803, culture.fr, (consulté le 4 juin 2010).
  4. Vincas P. Steponaitis, « Colonial Natchez: Early French Documents (Archives originaux en pdf). », sur rla.unc.edu, Research Laboratories of archæology, (consulté le 3 juin 2010).
  5. « J'étais encore très jeune lorsque je conçus l'idée de faire l'épopée de l'homme de la nature, ou de peindre les mœurs des sauvages, en les liant à quelque événement connu. Après la découverte de l'Amérique, je ne vis pas de sujet plus intéressant, surtout pour les Français, que le massacre de la colonie des Natchez à la Louisiane, en 17271. Toutes les tribus indiennes conspirant, après deux siècles d'oppression, pour rendre la liberté au Nouveau-Monde, me parurent offrir un sujet presque aussi heureux que la conquête du Mexique. » (François-René de Chateaubriand, 1768-1848.) François-René de Chateaubriand, Atala, ou les Amours de deux sauvages dans le désert : XVIIIe – XIXe siècle : 1727-1848, Paris, imprimerie de Migneret, (lire en ligne).(notice BnF no FRBNF30227639).
    Atala, Chateaubriand. Texte Intégral, audio.
    François-René de Chateaubriand, Les Natchez, 1, Œuvres complètes, Volume 19 : XVIIIe – XIXe siècle : 1727-1848, Paris, Ladvocat, 1826-1831.(notice BnF no FRBNF30227534).
  6. Cf. Christopher Morris, The Big Muddy : An Environmental History of the Mississippi and Its Peoples, Oxford University Press, (ISBN 019061076X), « 1. Valley of Mud ».
  7. Havard et Vidal 2003, p. 266.
  8. Havard et Vidal 2003, p. 297-354.
  9. Havard et Vidal 2003, p. 297-298.

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Arnaud Balvay, La Révolte des Natchez, Paris, Editions du Félin, .
  • Jim Barnett, « À la rencontre des Natchez », Cap-aux-Diamants, no 66,‎ , p. 27-31 (ISSN 0829-7983).
  • Gilles Havard et Cécile Vidal, Histoire de l'Amérique française, Flammarion, , p. 303.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]