Julio Argentino Roca

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Julio Argentino Roca
Julio A Roca.jpg

Alejo Julio Argentino Roca Paz en 1900

Fonctions
Président de l'Argentine (en)
-
Membre du Sénat de la Nation argentine
Province de Tucumán
-
Membre du Sénat de la Nation argentine
Province de Tucumán
-
Membre du Sénat de la Nation argentine
Buenos Aires
-
Président de l'Argentine (en)
-
Biographie
Naissance
Décès
Nationalité
Activités
Père
José Segundo Roca (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Mère
Agustina Paz (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Frère
Ataliva Roca Paz (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Conjoint
Clara Funes de Roca (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Enfant
Julio Argentino Pascual Roca (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Parti politique
Parti Autonomiste National (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Firma de J. A. Roca.jpg

signature

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Alejo Julio Argentino Roca Paz (San Miguel de Tucumán, - Buenos Aires, ) est un homme politique et militaire argentin des XIXe et XXe siècles. Président de la Nation à deux reprises, du au et du au .

Les débuts[modifier | modifier le code]

Julio Roca débuta une carrière militaire en 1858. Vétéran de la guerre fratricide entre Buenos Aires et la Confédération argentine qui eut lieu de 1859 à 1861, il participa aussi à la guerre de la Triple Alliance contre le Paraguay de 1865 à 1870, guerre dans laquelle il perd son père et ses deux frères.

Il tira les ficelles de la politique argentine pendant plus de 30 ans par le biais du Partido Autonomista Nacional, tissant des systèmes d'alliance complexes avec différentes forces, ce qui lui valut le nom de « el Zorro » (en français : le Renard). Roca se fit donner la charge du ministère de la guerre. Il fit adopter le 14 août 1878 un plan de guerre offensive contre les indigènes habitant la Patagonie, dans le but d'accroître le territoire sous souveraineté effective de l'Argentine. Il s'agissait aussi de damer le pion au Chili qui depuis longtemps lorgnait vers ces territoires jamais encore soumis.

La campagne du « désert »[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Conquête du Désert.

Il mit au point la très mal nommée Conquête du Désert (1879-1884), que les spécialistes modernes ont qualifié d'acte de génocide et de purification ethnique caractérisé. Le nom même de la dite campagne rend compte de la manière dont les peuples autochtones étaient perçus à l'époque : comme des sauvages qu'il n'y avait qu'à exterminer puisque malgré leur présence sur ces terres habitées on appelait ces terres un désert.

Roca, à la tête d'une puissante armée moderne et bien entrainée parvint à soumettre la Patagonie en venant à bout de la résistance tenace des peuples de l'ethnie mapuche, causant un nombre épouvantable de victimes. On estime que la guerre fut la cause directe de la mort de plus de 20 000 indigènes non combattants (femmes, enfants, vieillards)[1]. D'après Eduardo Galeano les soldats recevaient une prime par paire de testicules qu’ils rapportaient de leur "chasse aux Indiens"[2]. À la suite de sa victoire, Roca s'attribua 30 000 hectares de terres.

Atrocités et génocide[modifier | modifier le code]

Mais la simple victoire ne lui suffisait pas. Les survivants furent déportés au loin dans les régions les plus stériles de Patagonie et d'ailleurs. Quelques 10 000 natifs[Quoi ?] (hommes et femmes) sont faits prisonniers, dont 3 000 sont déportés à Buenos Aires, où on les sépara par sexe, afin d'empêcher qu'ils puissent procréer des enfants: les femmes furent dispersées dans les différents quartiers de la ville, et utilisées comme servantes, tandis que les hommes sont envoyés dans l'île de Martín García, sorte de camp d'extermination, où ils meurent en grande majorité après quelques années de réclusion.

À la même époque, pareilles horreurs se déroulent dans d'autre pays, notamment aux États-Unis.

L'Argentine avait acquis ainsi des millions d'hectares de nouvelles terres. Ces énormes domaines furent vendus à bas prix, voire tout simplement offerts à des politiciens et gros propriétaires influents. Pour justifier une opération aussi cruelle on allégua que ces territoires étaient sur le point d'être conquis par le Chili, vu qu'ils étaient partiellement l'objet d'un litige entre les deux pays, et cela jusqu'à la signature du traité de 1881 entre l'Argentine et le Chili.

Première présidence de la Nation (1880 - 1886)[modifier | modifier le code]

Développement de la population argentine de 1868 à 2015 (en vert : les projections). L'accroissement de la population argentine est intense à la fin du XIXe siècle.

En 1880, il est élu président de l'Argentine, charge qu'il assuma jusqu'en 1886. À l'âge 35 ans, il est le président le plus jeune de toute l'histoire du pays. Son gouvernement apporte une grande prospérité au pays, alimentée par une immigration massive, la construction de chemins de fer et le développement des exportations agricoles.

Il construit les bases de l'État argentin moderne. Il sépare effectivement l'Église de l'État, fait voter les lois du registre civil et du mariage civil, ce qui amène la rupture des relations avec le Vatican et le pape Léon XIII. Il donne une forte impulsion à l'éducation grâce à la « loi 1420 » (initiative de Domingo Faustino Sarmiento, alors directeur du Conseil National de l’Éducation) qui établissait l'enseignement primaire gratuit, obligatoire et laïque pour tous les habitants du pays.

Cependant, la spéculation financière et la corruption règnent en maître pendant son gouvernement, aggravées par la fraude électorale. Il résout le problème laissé en suspens de la situation de la capitale de la République, en transformant la ville de Buenos Aires en territoire fédéral, en 1881.

L'interrègne[modifier | modifier le code]

Son beau-frère Miguel Juárez Celman lui succède, bien que les ressorts principaux de la vie politique argentine restent en grande partie entre les mains de Roca et de son Parti Autonomiste, à tel point que Juárez Celman dira, dans son discours au Congrès de 1889 :

« Il n'existe pas d'autre parti que le Parti Autonomiste National auquel appartiennent les majorités parlementaires et tous les gouvernements de la nation et de ses états. »

Juárez Celman doit démissionner en 1890 au milieu d'une grave crise économique et financière. Carlos Pellegrini, qui termine son mandat et conduit habilement la sortie de crise se profile comme opposant à Roca. Il avait en effet la même conception du progrès que Roca (création d'infrastructures, immigration et exportations agricoles), mais il pensait qu'il fallait abandonner le caudillisme et la fraude électorale comme moyen d'accéder au pouvoir. D'autres hommes politiques du parti partageaient ces idées comme Roque Sáenz Peña. Dans le même temps l'Unión Cívica de Leandro N. Alem se posait en alternative révolutionnaire et les secteurs des classes moyennes urbaines s'identifiaient à lui. L'Unión Cívica avait été à la tête de soulèvements insurrectionnels en 1890, 1892 et 1893, écrasés finalement par l'armée commandée par Roca et par le général Ignacio Fotheringham.

Une fois débarrassé de cette opposition de l'Unión Cívica, Roca manœuvra pour se défaire de l'opposition interne au sein de son propre parti autonomiste. Face à la menace de candidature présidentielle de Roque Sáenz Peña, il opposa celle du propre père de ce dernier, Luis Sáenz Peña, qui fut élu pour la période 1892-98. Mais bientôt privé de l'appui de Roca, Sáenz Peña démissionna en janvier 1895 et José Evaristo Uriburu son vice-président lui succéda, bien plus obéissant aux instruction du « Renard ».

Deuxième mandat de Roca (1898-1904)[modifier | modifier le code]

Ayant ainsi éliminé les possibilités de tous ses adversaires, Roca se représenta et fut à nouveau élu président pour un deuxième mandat de six ans (1898-1904) en pleine situation de tension avec le Chili. Le 15 février 1899, il rencontre son homologue, le président chilien Federico Errázuriz Echaurren à Punta Arenas. Cette rencontre est connue sous le nom d'Abrazo del Estrecho (littéralement « accolade du détroit »). Roca obtient la paix avec son voisin et la résolution des litiges frontaliers grâce à la sentence arbitrale frontalière entre l'Argentine et le Chili de 1902 (es).

La croissance économique continua, et il fait entreprendre des travaux publics importants.

Par la suite, il créé la Copa Roca, une compétition de football entre le Brésil et l'Argentine dans le but de développer le sport et une saine rivalité au sein de ces deux pays[3].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Le Peuple oublié d’argentine, 22 janvier 2004
  2. (es) E. Galeano, Las Venas Abierta de América Latina, Catálogos, Argentine, 2001, p. 74
  3. Copa Julio Roca

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