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Cacique (chef)

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Sculpture de cacique indien, musée des Amériques, Auch.
Inscription figurant au pied de la statue de Hatuey, cacique de Guanahani, mort le .

Un cacique est la désignation employée par les conquistadors pour décrire le chef d'une tribu, d'une chefferie voire d'un État amérindien des Caraïbes, d'Amérique centrale ou d'Amérique du Sud. C'est un mot emprunté au taïno.

Définition

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Le territoire contrôlé par un cacique est un caciquat (de l'espagnol : cacicazgo). Par extension, ce mot est utilisé par les chroniqueurs espagnols du XVIe siècle pour traduire le terme nahuatl « tecuhtli » servant à désigner l'aristocratie aztèque et, d'une manière plus générale, pour désigner les souverains absolus des sociétés précolombiennes.

Autres usages

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Au Chili, au Venezuela et en Colombie, les habitants utilisent familièrement l'expression « beaucoup de chefs et peu d'indiens » pour décrire des situations où plusieurs personnes donnent des ordres simultanément, tandis que peu d'entre elles sont disposées à les suivre ou à accomplir réellement le travail[1].

Dans certains pays d'Amérique latine, le mot « cacique » est souvent utilisé de manière figurée et péjorative pour désigner ceux qui détiennent le pouvoir grâce à des « réseaux clientélistes », bien qu'ils n'aient rien à voir avec les peuples autochtones d'Amérique. Dans cette structure politique locale, le cacique se présente comme le bienfaiteur des habitants d’une région et ceux-ci le légitiment en apportant leur soutien à son action politique, créant ainsi un soutien réciproque[2].

Le terme « cacique » arrie dans la péninsule avec une connotation péjorative, et le Diccionario de autoridades (1729) le mentionne déjà. Il définissait « cacique » comme « seigneur de vassaux, ou le supérieur dans la province ou les villages indiens », mais ajoute que « par analogie, on entend le chef d'un village ou d'une république, qui détient le plus de commandement et de pouvoir, et qui, par orgueil, veut se faire craindre et obéir par tous ses subordonnés ». C'est ainsi que ce terme commence à s'appliquer aux personnes qui avaient le plus d'influence et de pouvoir au sein d'une communauté, et le terme « cacicada » se répand également, comme synonyme d'injustice et d'abus[3].

En 1902, le régénérationniste Joaquín Costa utilise le terme « caciquisme » (caciquismo) pour caractériser le régime politique de la Restauration[4].

Notes et références

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(es) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en espagnol intitulé « Cacique » (voir la liste des auteurs).
  1. (es) Alex Martinic Buljevic, « Muchos caciques…. Pocos indios », sur elpinguino.com, (consulté le ).
  2. (es) Elizabeth López Mir, « Caudillismo, caciquismo y clientelismo, ¿un problema conceptual? », sur Contribuciones a las Ciencias Sociales, (consulté le )
  3. Romero Salvador 2021, p. 18-20
  4. Romero Salvador 2021, p. 21

Bibliographie

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  • (es) Cline, S.L. A Cacicazgo in the Seventeenth Century: The Case of Xochimilco, In Land and Politics in Mexico, H.R. Harvey, University of New Mexico Press, 1991, p. 265-274.
  • (es) Fernández de Recas, Guillermo S., Cacicazgos y nobiliario indígena de la Nueva España. México : 351 pp. Serie: Instituto Bibliográfico Mexicano. 1961.
  • (es) Carmelo Romero Salvador, Caciques y caciquismo en España (1834-2020), Madrid, Los Libros de la Catarata, (ISBN 978-84-1352-212-8, lire en ligne).

Articles connexes

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Liens externes

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