Abbatiale Sainte-Foy de Conques

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Abbatiale Sainte-Foy de Conques
Image illustrative de l'article Abbatiale Sainte-Foy de Conques
Présentation
Culte Catholique romain
Type Abbatiale
Rattachement Ordre des Prémontrés
Début de la construction XIe siècle
Fin des travaux XIIe siècle
Style dominant Roman
Protection Logo monument historique Classé MH (1840, 2002)
Patrimoine mondial Patrimoine mondial (1998)
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Midi-Pyrénées
Département Aveyron
Ville Conques
Coordonnées 44° 35′ 57″ N 2° 23′ 53″ E / 44.599235, 2.39810344° 35′ 57″ Nord 2° 23′ 53″ Est / 44.599235, 2.398103

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Abbatiale Sainte-Foy de Conques

L'abbatiale Sainte-Foy de Conques est une église abbatiale située dans la commune française de Conques, dans le département de l'Aveyron.

En raison de sa vocation à l'accueil des pèlerins et au culte des reliques de sainte Foy, elle est qualifiée d'église de pèlerinage et constitue même le prototype d'autres grandes églises de pèlerinages, l'abbatiale Saint-Martial de Limoges, l'église Saint-Sauveur de Figeac, la basilique Saint-Sernin de Toulouse et la cathédrale de Saint-Jacques-de-Compostelle. Considérée comme un chef-d'œuvre de l'art roman du sud de la France, elle reste surtout célèbre pour son tympan et son trésor comprenant des pièces d'art uniques de l'époque carolingienne, dont la statue-reliquaire de sainte Foy.

Cette abbaye a été construite à partir de 1041 par l'abbé Odolric à l'emplacement de l'ancien ermitage de Dadon (819). Depuis 1994, l'intérieur est décoré avec des vitraux de Pierre Soulages, un enfant du pays.

L'abbatiale Sainte-Foy de Conques fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques par la liste de 1840[1]. Elle est également inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO au titre des chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle en France depuis 1998.

Histoire[modifier | modifier le code]

L'abbatiale Sainte-Foy, vue Ouest.
Au nord et à l'est, l'abbatiale se dégage à grand peine de la pente du terrain qui a été vigoureusement tranché sur une dizaine de mètres.

L'ermite Dadon s'installe vers 795 à Conques et y fonde un ermitage qui évolue en monastère. La communauté monastique élève une église dédiée à Saint-Sauveur (Conques I). L'empereur Louis le Pieux, par le capitulaire de 817, impose la règle bénédictine à tous les monastères et place celui de Conques sous sa protection en 819, lui accordant d'importantes donations[2].

Pour être considérée comme une grande étape sur la route de pèlerinage du Puy-en-Velay à Saint-Jacques-de-Compostelle, les moines de Conques, soucieux du développement économique et spirituel de leur sanctuaire, ont besoin de reliques[3]. La tradition issue du Liber miraculorum sancte Fidis de Bernard d'Angers, raconte qu'un moine de Conques, Aronisde (nommé aussi Ariviscus) passe dix ans à Agen pour endormir la méfiance de ses collègues et, un soir d'Épiphanie, vole les restes de sainte Foy, une martyre enfant, dans l’église Sainte-Foy d'Agen dont il avait la garde (pieux larcin connu sous l'appellation pudique de « translation furtive »). Après un voyage miraculeux, il ramène les reliques, le 14 janvier 866, dans son abbaye de Conques où elles sont accueillies solennellement. Vers 900, l'ensemble du corps de Foy est placé dans une châsse. La partie la plus noble, le crâne, est logé dans une majesté. Les miracles obtenus à l'invocation des reliques intensifient rapidement le pèlerinage à Conques, si bien que l'abbé Étienne 1er fait construire au milieu du Xe siècle une basilique plus grande à trois nefs (Conques II). Le culte de la sainte s'étend même dans toute l'Europe où des prieurés sont fondés en son nom[4].

L'afflux de pèlerins incite l'abbé Odolric (1039-1065) à construire l'abbatiale romane actuelle (Conques III). L'édifice bénédictin est commencé, entre 1041 et 1052. Son chevet est certainement achevé avant son décès en 1065[5]. Ensuite, les travaux traînent quelque peu et la nef n'est terminée qu'au début du XIIIe siècle. Il est, en outre, possible que le monument ait été modifié en cours de chantier. Ainsi, le chevet débute-t-il par une série de quatre chapelles échelonnées pour n'adopter qu'ensuite le système à déambulatoire et chapelles rayonnantes[réf. nécessaire].

Elle est construite suivant un plan en croix classique, mais à cause de la configuration du terrain (en pente) le transept est plus long que la nef. Les deux tours de façade datent du XIXe siècle.

Sainte-Foy a été une des principales sources d'inspiration pour les églises romanes d'Auvergne. Par son architecture, l'église abbatiale se rattache à une série de cinq édifices dont elle constitue le prototype, Saint-Martin de Tours, Saint-Martial de Limoges, Saint-Sernin de Toulouse et Saint-Jacques-de-Compostelle, tous situés sur la route du pèlerinage de Saint-Jacques et présentant des caractéristiques communes[6] : plan à déambulatoire et chapelles rayonnantes, transept pourvu de bas-côtés pour faciliter la circulation des pèlerins. Ces traits communs s'étendent également à l'élévation et au système de contrebutement.

Après la période des grands abbés bâtisseurs de Sainte-Foy, le déclin s'amorce pour la communauté monastique au début du XIIIe siècle. La sainte passe de mode et l'abbaye, pénalisée par sa situation marginale, s'est mise à péricliter. Pendant les guerres de Religion, l'édifice est pillé et endommagé par un incendie. L'abbaye connaît un sursaut au XVIIe siècle avant qu'elle ne subisse de sérieux dommages pendant la Révolution française : les chanoines sont dispersés et l'édifice est laissé à une municipalité appauvrie, le cloître abandonné est exploité en carrière par les villageois. Prosper Mérimée, inspecteur général des Monuments historiques, impose la réhabilitation du site en 1837. Les travaux sont dirigés par l'architecte Étienne-Joseph Boissonnade dans les années 1839-1846. L'abbatiale conquoise retrouve son statut de centre religieux et cultuel actif en 1873 lorsque l'évêque de Rodez Joseph Bourret y installe les Pères prémontrés de Saint-Michel de Frigolet[7].

Liste des abbés[modifier | modifier le code]

Abbés[modifier | modifier le code]

  • 785-801 Dadon
  • 801-820 Medrald
  • 820-823 Geoffroy
  • 823-838 Anastase
  • 838-8?? Hélie
  • 8??-844 Blandin
  • 844-862 Guimbert
  • 862-878 Bégon I
  • 878-887 Frotaire
  • 887-903 Ayrald I
  • 903-930 Raoul
  • 931-932 Frédelon
  • 932-933 Saint Géraud I d’Aurillac
  • 933-942 Jean I
  • 942-984 Etienne I
  • 984-9?? Bégon II
  • 9??-9?? Ayrald II
  • 9??-996 Hugues I
  • 996-1004 Arnaud
  • 1004-1006 Girbert
  • 1006-1010 Ayrald III
  • 1010-10?? Népos
  • 10??-10?? Adalger
  • 10??-10?? Odolric I de Maleville
  • 10??-10?? Lautard
  • 10??-10?? Guillaume I
  • 10??-1030 Airard
  • 1031-1065 Odolric II
  • 1065-1087 Étienne II
  • 1087-1107 Bégon III de Mouret
  • 1107-1125 Boniface
  • 1125-1154 Gaucelin
  • 1992-2007 Jean-Régis Harmel
  • 1154-1165 Eudes
  • 1165-1167 Hugues II
  • 1167-1172 Isarn
  • 1172-1175 Olric
  • 1175-1179 Guillaume II
  • 1180-1189 Géraud II
  • 1189-1195 Sicard
  • 1195-1199 Pons
  • 1199-12?? Vézian
  • 12??-1244 Guillaume III
  • 1244-1250 Humbert
  • 1250-1268 Hugues III de Panat
  • 1268-1311 Raymond I Dufour
  • 1311-1316 Hugues IV de Milhat
  • 1316-1323 Pierre de Ulmo
  • 1323-1324 Guillaume IV de Cardaillac
  • 1324-1356 Bertrand I de Saint-Gilles
  • 1356-1364 Hugues V
  • 1364-1374 Bertrand II de La Barrière
  • 1374-1390 Raymond II de Reilhac
  • 1390-1424 Raymond III de La Salle
  • 1424-14?? Raymond IV de Romiguière
  • 14??-1460 Forton Mancip de Flars
  • 1460-1474 Étienne III de Barthon
  • 1474-1482 Louis I de Comborn
  • 1482-1496 Louis II de Crevant
  • 1496-1513 Louis III de Marcenac
  • 1513-1529 Antoine de Rousselet
  • 1529-1544 cardinal Georges d'Armagnac
  • 1544-1566 Claude de Rousselet
  • 1566-16?? Alexandre de Corretto
  • 16??-16?? Jean II Mignot
  • 16??-1654 Louis IV de Crussol d’Uzès
  • 1654-1712 Jean III Armand Fumée des Roches
  • 1712-1734 Charles de Véry de Renouard
  • 1734-1754 Paul de Durfort-Deyme
  • 1754-1790 François-René d’Adhémar de Panat

Prieurs[modifier | modifier le code]

  • 1992-2007 Jean-Régis Harmel
  • 2007-20?? Cyrille Deverre

Architecture[modifier | modifier le code]

Le tympan de la façade principale[modifier | modifier le code]

Le tympan.

Le porche est encadré de deux tours aux contreforts puissants. Ces tours massives ont été surélevées et surmontées de pyramides de pierre en 1881. Elles ont deux ouvertures géminées dans leur partie supérieure que surmonte un toit quadrangulaire. Le portail occidental de l'abbatiale Sainte-Foy s'ouvre sur deux portes que sépare un large trumeau. Un vaste tympan en plein cintre les surmonte, abrité sous un fronton saillant. Plus haut, sous un arc de décharge en plein cintre, deux fenêtres de même forme sont surmontées d'un oculus. Six rosaces en marqueterie polychrome de pierre accostent ces fenêtres. La façade est couronnée par un pignon à rampants peu inclinés.

Ce tympan est considéré comme « l'une des œuvres fondamentales de la sculpture romane par ses qualités artistiques, son originalité et par ses dimensions »[8]. Il jouit dans le Midi d'une réputation qui lui vaut un dicton aveyronnais[9].

Il représente le Jugement dernier, d'après l'Évangile selon Matthieu. Il comporte 124 personnages, l'ensemble est divisé en trois niveaux. Tout en haut dans les angles on peut voir deux anges sonneurs de cor, au centre trône le Christ en majesté, avec les élus à sa droite, au Paradis, et les damnés à sa gauche, en Enfer.

Derrière lui les anges portent la Croix et le fer de lance évoquant la Passion.

Au niveau médian le cortège des élus est en marche vers le Christ, on peut reconnaître la Vierge Marie et Saint-Pierre (personnages nimbés), qui sont suivis par les personnages ayant marqué l'histoire de l'abbaye : l'abbé Dadon (son fondateur), Charlemagne (son bienfaiteur). Dessous, sainte Foy sous la main de Dieu, à côté des menottes des prisonniers qu'elle a libérés. De l'autre côté des anges-chevaliers repoussent les damnés essayant d'échapper à l'Enfer. On peut y voir de mauvais moines, un ivrogne pendu par les pieds.

Le troisième niveau est divisé en deux parties. À gauche se trouve le Paradis présidé au centre par Abraham, à sa porte un ange fait entrer les élus. La partie droite est consacrée à l'enfer où préside Satan, et où sont châtiés les péchés capitaux : l'Orgueil, désarçonné d'un cheval, l'Avarice pendue haut et court avec sa bourse, la Médisance dont la langue est arrachée par un démon, l'Adultère représenté par une femme, poitrine dénudée, liée par le cou avec son amant. Sur le linteau on peut lire la phrase suivante : « Pécheurs, si vous ne réformez pas vos mœurs, sachez que vous subirez un jugement redoutable ».

L'intérieur[modifier | modifier le code]

Dès l'entrée dans l'édifice, le visiteur est marqué par la verticalité de la nef principale[10] que l'arcature large et basse du narthex cachait en partie.

L'église est construite sur un plan en croix latine à chapelles rayonnantes (trois sur le chevet) et bénédictines (quatre chapelles alignées sur le transept)[11]. Elle présente une double enveloppe (nef et abside pour la première, collatéraux et déambulatoire pour la seconde), et une élévation à deux niveaux, les tribunes donnant sur le vaisseau central par des baies géminées. Elle présente des volumes ramassés en raison des contraintes topographiques, le premier ermitage ayant été fondé dans la vallée escarpée de la Dourdou. L'abside est de faible profondeur, la nef petite (longue de 20,70 m et large de 6,80 m) par rapport au transept (35 m). La voûte en berceau (contrebutée par les voûtes en demi-berceau de la galerie supérieure) de 22,10 m de hauteur[12] et les arcatures surhaussées des bas-côtés de 9,40 m de hauteur révèlent une réelle recherche de verticalité du projet architectural[13].

L'intérieur de l'abbatiale est très sobre avec le chœur, la voûte peinte et les tribunes de couleur claire, presque blanche. Le haut des murs, l'abside et de nombreuses piles sont en pierre calcaire de Lune de couleur jaune variable. Les murs Est du Transept, du déambulatoire et des chapelles, ainsi que les murs du collatéral Sud sont en grès rouge de Nauviale[14].

La travée du narthex est la plus large (5 m 70), les trois suivantes sont identiques (4 m 30), la cinquième accuse un élargissement (5 m 20) qui semble prévenir le rétrécissement de la suivante (2 m 90) donnant sur le transept.

Le chœur est entouré d'un déambulatoire permettant aux fidèles de défiler autour des reliques de Foy d'Agen. Il est orné de grilles en fer forgé datant du XIIe siècle et qui, selon la tradition légendaire rapportée dans le Liber miraculorum sancte Fidis de Bernard d'Angers, auraient été réalisées avec les chaînes, colliers et bracelets de fer apportés par d'anciens prisonniers délivrés par l'intercession de la sainte[15]. La sacristie est décorée de fresques du XVe siècle qui racontent le martyre de la sainte. Au fond du transept gauche, on peut admirer un haut-relief représentant l'Annonciation, sculpté par le même artiste que celui qui exécuta le tympan. Les vitraux de Pierre Soulages réalisés entre 1987 et 1994 en collaboration avec le verrier Jean-Dominique Fleury ajoutent un aspect contemporain à l'atmosphère sobre et recueillie de l'église.

L'ensemble de près de 250 chapiteaux sculptés constitue un exemple parfait de l'art roman. Alors que les chapiteaux étaient ornés jusque là que de motifs végétaux et géométrique, ceux de Conques voient l'apparition de figures humaines, d'abord timidement prises dans le motif ornemental puis de plain pied. Le plus ancien de ceux-ci semble être celui de Saint Pierre crucifié la tête en bas (un ensemble de chapiteaux constitue le cycle de saint Pierre : reniement, évasion). Sur un chapiteau du croisillon nord est représenté la scène de l'Ascension d'Alexandre le Grand grâce à deux griffons ailés. Des chapiteaux à entrelacs sont également présents. Il y a aussi l'arrestation de sainte Foy et des thèmes de combats entre cavaliers et hommes d'armes, peut-être liés aux croisades[16].

Le cloître[modifier | modifier le code]

Chapiteau sculpté du cloître.

Au sud de l’abbatiale subsistent quelques vestiges du cloître dont six baies géminées de la galerie occidentale. Il servit longtemps de réserve de pierres pour construire les maisons du village.
Au centre le bassin claustral de serpentine verte. Remontée et restaurée, cette grande fontaine, de 2,72 m de diamètre, est dépourvue de sa vasque centrale. Sous la margelle, entre les colonnes décorées de motifs végétaux, animaux ou imaginaires, qui cernent le bassin, des atlantes ont été sculptés, des têtes encadrées par les bras et les mains qui les soutiennent.
La construction du cloître par l'abbé Bégon III, à la charnière des XIe et XIIe siècles, entraîna à son tour une véritable floraison de chapiteaux. Dix-neuf d'entre eux restent en place dans la galerie occidentale ouvrant sur l'ancien réfectoire. D'autres se trouvent déposés au musée lapidaire. Un certain nombre ont disparu après la ruine et la destruction du cloître, vers 1830.
Depuis 1975, l'aire du cloître a été rétablie avec un chemin dallé par Bernard Fonquernie, architecte en chef et inspecteur général des Monuments historiques. Cette aire, ainsi que les bâtiments adjacents, a été classée aux monuments historiques le 22 novembre 2002[1].

Le trésor[modifier | modifier le code]

Statue-reliquaire de sainte Foy Xe siècle). Trésor de l'abbatiale Sainte-Foy de Conques

Exposée dans l'ancien réfectoire des moines, la section d'orfèvrerie religieuse est la plus complète collection d'orfèvrerie religieuse française, s'étalant du IXe au XVIe siècle, avec en particulier des reliquaires dus à des artistes locaux et datant du XIe siècle.

La pièce maîtresse du Trésor est la statue reliquaire de Sainte Foy, celle qui est à l'origine de la prospérité de l'abbaye et dont la relique a été volée à Agen. Datant du IXe siècle, elle est faite de plaques d'or et d'argent sur une âme en bois. Au cours des âges, elle a reçu de nombreux bijoux.

Dans l'ordre de la visite (et chronologique des pièces), on peut ainsi admirer :

  • le reliquaire hexagonal, assemblage de pièces différentes du VIIe siècle au XIIe siècle ;
  • le reliquaire pentagonal, assemblage réalisé au XVIe siècle de fragments d'orfèvrerie datant du VIIe au XIIIe siècle ;
  • le A de Charlemagne, que l'abbé Bégon III (1087 - 1107) a fait faire ;
  • la châsse de Pépin, petit reliquaire qui comprend des éléments du IXe au XIe siècle avec quelques ajouts aux XIIe, XIIIe et XVIe siècles ;
  • la plaque de la Crucifixion, découverte en 1954 sur la châsse de Pépin, date de la fin du VIIIe siècle ;
  • la lanterne de Bégon, en forme de tombeau antique, date du XIe - XIIe siècle ;
  • une Vierge à l'Enfant trônant de la fin du XIIIe siècle ;
  • le reliquaire du Pape Pascal, portant une inscription qui indique l'abbé Bégon III comme commanditaire et le pape Pascal II comme donateur des reliques ;
  • un triptyque-reliquaire de la seconde moitié du XIIIe siècle,
  • le bras reliquaire de saint Georges, un moine de Conques devenu évêque de Lodève en 877[17].

Le A de Charlemagne est en argent doré sur âme de bois, selon la tradition, l'empereur dotait chaque abbaye d'une lettre de l'alphabet, il aurait attribué la lettre A à Conques, signe de son excellence. Pour qu'ils soient visibles sur toutes leurs faces, la châsse de Pépin, le A de Charlemagne et la lanterne de Bégon sont présentés sur des socles tournants, commandés par le visiteur.

Les vitraux[modifier | modifier le code]

La photo couleur montre un vitrail d'aspect blanc. Les lignes abstraites sont à l'image des œuvres du peintre.
Vitrail de l'extérieur.

À la fin des années 1980, Pierre Soulages, peintre ruthénois, a travaillé sur le verre pour doter l'abbatiale de Conques de vitraux. L'artiste voulait un verre non teinté correspondant à la règle stricte des moines réguliers : les vitraux de cathédrales étaient destinés à enseigner la Bible au peuple illettré, pas à distraire les moines érudits. Ne trouvant pas de verre a sa convenance, il a élaboré, après plusieurs centaines d'essais, un verre sur lequel des fragments de verre ont été soudées par cuisson, donnant un verre translucide. Le côté lisse est vers l'extérieur pour ne pas accrocher les impuretés et réfléchir la lumière, le côté rugueux vers l'intérieur, diffusant une lumière qui change avec les heures du jour. Le verre a été réuni en vitraux aux lignes droites et courbes reflétant les peintures de l'artiste[18]. Les dessins du projet sont exposés au musée Soulages de Rodez.

Galerie photos[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Notice no PA00093999 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  2. Jean-Régis Harmel, Conques : un religieux raconte son village, Editions de l'Atelier,‎ 1998, p. 58
  3. Michèle Gaillard, « Les Reliques. Objets, cultes, symboles », Médiévales, vol. 20, no 40,‎ 2001, p. 168-169
  4. Marie Renoue, Renaud Dengreville, Conques : moyenâgeuse, mystique, contemporaine, Éd. du Rouergue,‎ 2004, p. 25
  5. André Gybal, L'Auvergne, berceau de l'art roman, G. de Bussac,‎ 1957, p. 41
  6. Jean Vallery-Radot, Églises romanes : filiations et échanges d'influences, Gérard Monfort,‎ 1979, p. 188
  7. Marie Renoue, Renaud Dengreville, Conques : moyenâgeuse, mystique, contemporaine, Éd. du Rouergue,‎ 2004, p. 56-60
  8. Description du tympan du jugement dernier sur le site de l'office de tourisme de Conques.
  9. « Qui n'a pas bist Clouquié de Roudès, Pourtel de Counquos, Gleizo d'Albi, Compono dé Mondé, N'a pas res bist » (Qui n'a pas vu le clocher de Rodez, le portail de Conques, l'église d'Albi, la cloche de Mende , N'a rien vu).
  10. La verticalité est également soulignée par les quatorze piliers de la nef et du transept qui montrent l'alternance de supports : se succèdent sur de larges socles circulaires des piliers orthogonaux et de grosses piles dont le noyau carré est alternativement cantonné de demi-colonnes rondes ou de pilastres rectangulaires lisses. Cette alternance représente une recherche d'effet purement esthétique et apparemment la survivance d'une tradition ancienne.
  11. Marie Renoue, Renaud Dengreville, Conques : moyenâgeuse, mystique, contemporaine, Éd. du Rouergue,‎ 2004, p. 106
  12. Hauteur exceptionnelle pour l'époque.
  13. Marie Renoue, Renaud Dengreville, Conques : moyenâgeuse, mystique, contemporaine, Éd. du Rouergue,‎ 2004, p. 116
  14. Marie Renoue, Renaud Dengreville, Conques : moyenâgeuse, mystique, contemporaine, Éd. du Rouergue,‎ 2004, p. 128
  15. Marie Renoue, Renaud Dengreville, Conques : moyenâgeuse, mystique, contemporaine, Éd. du Rouergue,‎ 2004, p. 28
  16. Jean Claude Fau, Les chapiteaux de Conques, Éd. Privat,‎ 1956, 104 p.
  17. Descriptions et datations données par Claire Delmas, Conservateur des antiquités et objets d'art de l'Aveyron, in dépliant "Trésor de Conques", distribué aux visiteurs.
  18. « Vitraux de Pierre Soulages », Site tourisme-conques.fr (consulté le 11 novembre 2014)
  19. Le soubassement du chevet est en grand appareil de grès rouge et au niveau des chapelles rayonnantes en calcaire et grès jaune. Ce chevet comprend rois chapelles rayonnantes tandis que le transept compte quatre chapelles. Cette prolifération provoque un raccord malaisé entre le transept et le chevet, raccord masqué par l'adjonction d'une fenêtre.
  20. Grilles obturant les entrecolonnements de l'abside, elles sont constituées d'un réseau de brindilles (qui tiennent le rôle des poteaux de bois) qui déterminent trois types de tracés : quatre volutes reliées par un losange central, quatre volutes soudées par des embrasses et un arbre stylisé à quatre branches. Elles sont couronnées de pointes, de dards et de tête de dragons.
  21. Marcel Deyres, « Les grilles de Sainte-Foy de Conques », Cahiers de civilisation médiévale, vol. 15, no 58,‎ 1972, p. 143-150
  22. Dans ce tableau, la Vierge donne la cordelière à François d'Assise, qui la remet lui-même, à gauche, à Élisabeth de Hongrie, et à droite, à Louis IX dont le couronne, le sceptre et les fleurs de lys sur la robe ont été grattés.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Ouvrages utilisés pour la rédaction de l'article[modifier | modifier le code]

  • Claire Delmas et Jean-Claude Fau (photogr. André Kumurdjian), Conques, Millau, Éd. du Beffroi, coll. « Tourisme et culture en Aveyron »,‎ , ill. en coul., couv. ill. en coul. ; 22 cm, 79 p. (ISBN 2-908123-04-5, ISSN 1242-5052, notice BnF no FRBNF41347679)
  • Jacques Dubourg, Les abbayes de Midi-Pyrénées, Saint-Cyr-sur-Loire, A. Sutton, coll. « Passé simple »,‎ , ill. en noir et en coul., carte, couv. ill. en coul. ; 23 cm, 192 p. (ISBN 978-2-8138-0020-6, ISSN 1623-118X, notice BnF no FRBNF42073273), p. 49-58
  • Marcel Aubert, Conques-en-Rouergue : Extrait du "Congrès archéologique de France", 1937, Nogent-le-Rotrou, Daupeley-Gouverneur,‎ , In-8°, 65 p. (notice BnF no FRBNF34196584), p. 459-523
  • Jean-Claude Fau, Rouergue roman : 3e éd. entièrement nouvelle, Saint-Léger-Vauban, Zodiaque, coll. « La Nuit des temps » (no 17),‎ , ill. en noir et en coul. ; 22 cm, 411 p. (ISBN 2-7369-0148-7, ISSN 0768-0937, notice BnF no FRBNF35072436), p. 29-31, 81-247
  • Congrès archéologique de France, Aveyron / Congrès archéologique de France, 167e session, 2009 ; organisé par la Société française d'archéologie : Monuments de l'Aveyron, Paris, Société française d'archéologie,‎ , ill. en noir et en coul., cartes, plans, couv. ill. en coul. ; 27 cm, 442 p. (ISBN 978-2-901837-40-4, notice BnF no FRBNF42564207), pour les articles suivants :
    • Éliane Vergnolle, Henri Pradalier et Nelly Pousthomis-Dalle, Conques, Sainte-Foy. L'abbatiale romane., p. 71-160
    • Christian Heck, Conques, Sainte-Foy. Les vitraux de Soulages., p. 161-165
    • Jean-Claude Fau, Conques, Sainte-Foy. Le cloître., p. 167-174

Autres ouvrages[modifier | modifier le code]

  • (la) Gustave Desjardins (Éditeur scientifique), Cartulaire de l'abbaye de Conques en Rouergue, Paris, A. Picard,‎ , in-8, 518 p. (notice BnF no FRBNF34114898)
    Cartulaire de l'abbaye de Conques en Rouergue disponible sur Gallica
  • Marcel Aubert, L'église de Conques, Paris, H. Laurens,‎ , in-8°, 120 p. (notice BnF no FRBNF34196585)
  • Jean-Claude Fau, Les Chapiteaux de Conques : Extrait des "Mémoires de la Société archéologique du Midi de la France", Toulouse, É. Privat, coll. « Visions méridionales »,‎ , In-4°, 108 p. (notice BnF no FRBNF32093706)
  • Jean-Claude Fau et Abbaye Sainte-Marie de la Pierre-qui-Vire (photogr. Jean Dieuzaide), Conques, Saint-Léger-Vauban, Zodiaque, coll. « Les Travaux des mois » (no 9),‎ , ill. en noir et en coul., couv. ill. en coul. ; 26 cm, 127 p. (ISSN 0493-797X, notice BnF no FRBNF35349080)
  • Noëlle Devilliers, Sainte-Foy de Conques : sa triomphale histoire, Aurillac, Éd. Gerbert,‎ , 38 p. (notice BnF no FRBNF34855199)
  • Jean-Claude Bonne, L'Art roman de face et de profil : le tympan de Conques, Paris, le Sycomore, coll. « Féodalisme »,‎ , 361 p. (ISBN 2-86262-229-X, ISSN 0751-106X, notice BnF no FRBNF34971707)
  • Elisabeth Bolufer (ill. Alain d'Orange), Sainte Foy de Conques, Conques, Syndicat d'initiative de Conques,‎ , ill. en noir et en coul., couv. ill. en coul. ; 29 cm, 33 p. (notice BnF no FRBNF35419228)
  • Pierre Séguret, Abc de Conques, l'ineffable, Conques, Office du tourisme de Conques,‎ , ill., couv. ill. en coul. ; 27 cm, 128 p. (ISBN 2-9508479-0-0, notice BnF no FRBNF35771717)
  • Xavier Kawa-Topor, Conques : le tympan, Toulouse, Le Pérégrinateur éd., coll. « L'esprit curieux » (no 1),‎ , ill. en coul., couv. ill. en coul. ; 19 cm, 10 p. (ISBN 2-910352-12-9, ISSN 1631-6258, notice BnF no FRBNF38807144)
  • Xavier Kawa-Topor, Conques : le trésor, Toulouse, Le Pérégrinateur éd., coll. « L'esprit curieux » (no 2),‎ , ill. en coul., couv. ill. en coul. ; 19 cm, 12 p. (ISBN 2-910352-13-7, ISSN 1631-6258, notice BnF no FRBNF38873110)
  • Danielle Gaborit-Chopin (Éditeur scientifique) et Élisabeth Taburet-Delahaye (Éditeur scientifique), Le trésor de Conques : exposition du 2 novembre 2001 au 11 mars 2002, Paris, Musée du Louvre, Paris, Monum, Éd. du patrimoine : Louvre,‎ , ill. en noir et en coul., couv. et jaquette ill. en coul. ; 28 cm, 79 p. (ISBN 2-901785-18-2, notice BnF no FRBNF37714105)
  • Dominique-Marie Dauzet, Petite vie de Sainte-Foy, Paris, Desclée de Brouwer, coll. « Petite vie »,‎ , ill., couv. ill. en coul. ; 18 cm, 119 p. (ISBN 2-220-05137-4, ISSN 0991-4439, notice BnF no FRBNF38934483)
  • Pierre Soulages, Jacques Le Goff et Centre européen d'art et de civilisation médiévale (Éditeur scientifique) (préf. Xavier Kawa-Topor), De la pertinence de mettre une œuvre contemporaine dans un lieu chargé d'histoire : entretien / Pierre Soulages, Jacques Le Goff (Textes de la conférence de P. Soulages et J. Le Goff organisée par le Centre européen d'art et de civilisation médiévale de Conques le 25 septembre 1995), Toulouse, Le Pérégrinateur éd.,‎ , ill. en coul., couv. ill. en coul. ; 24 cm, 30 p. (ISBN 2-910352-42-0, notice BnF no FRBNF39115620)
  • Emmanuelle Jeannin (photogr. Henri Gaud), Conques, Moisenay, Éd. Gaud, coll. « Monuments et histoires »,‎ , ill. en coul., couv. ill. en coul. ; 26 cm, 80 p. (ISBN 2-84080-126-4, ISSN 1242-8299, notice BnF no FRBNF39249562)
  • Jean-Claude Fau (photogr. Pascal Moulin), Conques, Bordeaux, Éd. "Sud-Ouest",‎ , ill. en noir et en coul., couv. ill. en coul. ; 30 cm, 93 p. (ISBN 2-87901-697-5, notice BnF no FRBNF40200045)
  • Robert Taussat et Centre européen d'art et de civilisation médiévale de Conques (Directeur de publication) (photogr. Patrice Thébault), Chapiteaux, Sainte-Foy de Conques, Rodez, Éd. Au fil du temps,‎ , ill. en coul., couv. ill. en coul. ; 15 x 21 cm, 80 p. (ISBN 2-9526745-2-3, notice BnF no FRBNF40945018)

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