Abbatiale Sainte-Foy de Conques

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Abbatiale Sainte-Foy de Conques
Image illustrative de l'article Abbatiale Sainte-Foy de Conques
Présentation
Culte Catholique romain
Type Abbatiale
Rattachement Ordre des Prémontrés
Début de la construction XIe siècle
Fin des travaux XIIe siècle
Style dominant Roman
Protection Logo monument historique Classé MH (1840, 2002)
Patrimoine mondial Patrimoine mondial (1998)
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées
Département Aveyron
Ville Conques
Coordonnées 44° 35′ 57″ Nord, 2° 23′ 53″ Est

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Abbatiale Sainte-Foy de Conques

L'abbatiale Sainte-Foy de Conques est une église abbatiale située dans la commune française de Conques, dans le département de l'Aveyron.

En raison de sa vocation à l'accueil des pèlerins et au culte des reliques de sainte Foy, elle est qualifiée d'église de pèlerinage et constitue même le prototype d'autres grandes églises de pèlerinages, l'abbatiale Saint-Martial de Limoges, l'église Saint-Sauveur de Figeac, la basilique Saint-Sernin de Toulouse et la cathédrale de Saint-Jacques-de-Compostelle. Considérée comme un chef-d'œuvre de l'art roman du sud de la France, elle reste surtout célèbre pour son tympan et son trésor comprenant des pièces d'art uniques de l'époque carolingienne, dont la statue-reliquaire de sainte Foy.

Cette abbaye a été construite à partir de 1041 par l'abbé Odolric à l'emplacement de l'ancien ermitage de Dadon (819). Depuis 1994, l'intérieur est décoré avec des vitraux de Pierre Soulages, un enfant du pays.

L'abbatiale Sainte-Foy de Conques fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques par la liste de 1840[1].

Elle est également inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO au titre des chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle en France depuis 1998.

Histoire[modifier | modifier le code]

L'abbatiale Sainte-Foy, vue Ouest.
Au nord et à l'est, l'abbatiale se dégage à grand-peine de la pente du terrain qui a été vigoureusement tranché sur une dizaine de mètres.

Les origines de Conques sont relatées dans des textes en partie légendaires et qui datent, pour les plus anciens, du IXe siècle[2]. Il s'agit des chartes de 801, de 813, de 817, accordant donations et faveurs, et surtout d'un acte du 8 avril 819 signé par Louis le Pieux[3], ou encore d'un poème du clerc Ermold le Noir qui a écrit une épopée en l'honneur de ce souverain. Le Livre des miracles de sainte Foy et la Chronique de l'abbatiale sont datés au plus tôt du XIe siècle. Selon cette chronique dénuée de valeur historique, des chrétiens se seraient réfugiés dans les montagnes rouergates pour y fonder un ermitage avant d'être massacrés par les païens en 371. Diverses communautés cénobitiques se seraient succédé mais elles sont tourmentés par les Francs au VIe siècle, puis par les Sarrasins en 730[4].

Selon les récits magnifiés du poème d'Ermold le Noir et de la Chronique de l'abbatiale, l'ermite Dadon s'installe vers 790 à Conques et y fonde un ermitage qui évolue en monastère en 800[5]. La communauté monastique élève une église dédiée à Saint-Sauveur (Conques I). L'empereur Louis le Pieux, par le capitulaire de 817, impose la règle bénédictine à tous les monastères et place celui de Conques sous sa protection en 819, lui accordant d'importantes donations[6].

Pour être considérée comme une grande étape sur la route de pèlerinage du Puy-en-Velay à Saint-Jacques-de-Compostelle, les moines de Conques, soucieux du développement économique et spirituel de leur sanctuaire, ont besoin de reliques[7]. La tradition issue du Liber miraculorum sancte Fidis de Bernard d'Angers, raconte qu'un moine de Conques, Aronisde (nommé aussi Ariviscus) passe dix ans à Agen pour endormir la méfiance de ses collègues et, un soir d'Épiphanie, vole les restes de Sainte-Foy, une martyre enfant, dans l’église Sainte-Foy d'Agen dont il avait la garde (pieux larcin connu sous l'appellation pudique de « translation furtive »). Après un voyage miraculeux, il ramène les reliques, le 14 janvier 866, dans son abbaye de Conques où elles sont accueillies solennellement. Vers 900, l'ensemble du corps de Foy est placé dans une châsse. La partie la plus noble, le crâne, est logée dans une majesté. Les miracles obtenus à l'invocation des reliques intensifient rapidement le pèlerinage à Conques, si bien que l'abbé Étienne 1er fait construire au milieu du Xe siècle une basilique plus grande à trois nefs (Conques II). Le culte de la sainte s'étend même dans toute l'Europe où des prieurés sont fondés en son nom[8].

L'afflux de pèlerins incite l'abbé Odolric (1039-1065) à construire l'abbatiale romane actuelle (Conques III). L'édifice bénédictin est commencé, entre 1041 et 1052. Son chevet est certainement achevé avant son décès en 1065[9]. Ensuite, les travaux traînent quelque peu et la nef n'est terminée qu'au début du XIIIe siècle. Il est, en outre, possible que le monument ait été modifié en cours de chantier. Ainsi, le chevet débute-t-il par une série de quatre chapelles échelonnées pour n'adopter qu'ensuite le système à déambulatoire et chapelles rayonnantes[réf. nécessaire].

Elle est construite suivant un plan en croix classique, mais à cause de la configuration du terrain (en pente) le transept est plus long que la nef. Les deux tours de façade datent du XIXe siècle.

Sainte-Foy a été une des principales sources d'inspiration pour les églises romanes d'Auvergne. Par son architecture, l'église abbatiale se rattache à une série de cinq édifices dont elle constitue le prototype, Saint-Martin de Tours, Saint-Martial de Limoges, Saint-Sernin de Toulouse et Saint-Jacques-de-Compostelle, tous situés sur la route du pèlerinage de Saint-Jacques et présentant des caractéristiques communes[10] : plan à déambulatoire et chapelles rayonnantes, transept pourvu de bas-côtés pour faciliter la circulation des pèlerins. Ces traits communs s'étendent également à l'élévation et au système de contrebutement.

Après la période des grands abbés bâtisseurs de Sainte-Foy, le déclin s'amorce pour la communauté monastique au début du XIIIe siècle. La sainte passe de mode et l'abbaye, pénalisée par sa situation marginale, s'est mise à péricliter. Pendant les guerres de Religion, l'édifice est pillé, endommagé par un incendie. L'abbaye connaît un sursaut au XVIIe siècle avant qu'elle ne subisse de sérieux dommages pendant la Révolution française : les chanoines sont dispersés et l'édifice est laissé à une municipalité appauvrie, le cloître abandonné est exploité en carrière par les villageois. Prosper Mérimée, inspecteur général des Monuments historiques, impose la réhabilitation du site en 1837. Les travaux sont dirigés par l'architecte Étienne-Joseph Boissonnade dans les années 1839-1846. L'abbatiale conquoise retrouve son statut de centre religieux et culturel actif en 1873 lorsque l'évêque de Rodez Joseph Bourret y installe les Pères prémontrés de Saint-Michel de Frigolet[11].

Liste des abbés[modifier | modifier le code]

  • 785-801 Dadon
  • 801-820 Medrald
  • 820-823 Geoffroy
  • 823-838 Anastase
  • 838-8?? Hélie
  • 8??-844 Blandin
  • 844-862 Guimbert
  • 862-878 Bégon I
  • 878-887 Frotaire
  • 887-903 Ayrald I
  • 903-930 Raoul
  • 931-932 Frédelon
  • 932-933 Saint Géraud I d’Aurillac
  • 933-942 Jean I
  • 942-984 Etienne I
  • 984-9?? Bégon II
  • 9??-9?? Ayrald II
  • 9??-996 Hugues I
  • 996-1004 Arnaud
  • 1004-1006 Girbert
  • 1006-1010 Ayrald III
  • 1010-10?? Népos
  • 10??-10?? Adalger
  • 10??-10?? Odolric I de Maleville
  • 10??-10?? Lautard
  • 10??-10?? Guillaume I
  • 10??-1030 Airard
  • 1031-1065 Odolric II
  • 1065-1087 Étienne II
  • 1087-1107 Bégon III de Mouret
  • 1107-1125 Boniface
  • 1125-1154 Gaucelin
  • 1154-1165 Eudes
  • 1165-1167 Hugues II
  • 1167-1172 Isarn
  • 1172-1175 Olric
  • 1175-1179 Guillaume II
  • 1180-1189 Géraud II
  • 1189-1195 Sicard
  • 1195-1199 Pons
  • 1199-12?? Vézian
  • 12??-1244 Guillaume III
  • 1244-1250 Humbert
  • 1250-1268 Hugues III de Panat
  • 1268-1311 Raymond I Dufour
  • 1311-1316 Hugues IV de Milhat
  • 1316-1323 Pierre de Ulmo
  • 1323-1324 Guillaume IV de Cardaillac
  • 1324-1356 Bertrand I de Saint-Gilles
  • 1356-1364 Hugues V
  • 1364-1374 Bertrand II de La Barrière
  • 1374-1390 Raymond II de Reilhac
  • 1390-1424 Raymond III de La Salle
  • 1424-14?? Raymond IV de Romiguière
  • 14??-1460 Forton Mancip de Flars
  • 1460-1474 Étienne III de Barthon
  • 1474-1482 Louis I de Comborn
  • 1482-1496 Louis II de Crevant
  • 1496-1513 Louis III de Marcenac
  • 1513-1529 Antoine de Rousselet
  • 1529-1544 cardinal Georges d'Armagnac
  • 1544-1566 Claude de Rousselet
  • 1566-16?? Alexandre de Corretto
  • 16??-16?? Jean II Mignot
  • 16??-1654 Louis IV de Crussol d’Uzès
  • 1654-1712 Jean III Armand Fumée des Roches
  • 1712-1734 Charles de Véry de Renouard
  • 1734-1754 Paul de Durfort-Deyme
  • 1754-1790 François-René d’Adhémar de Panat

Prieurs[modifier | modifier le code]

  • 1992-2007 Jean-Régis Harmel
  • 2007-20?? Cyrille Deverre

Architecture[modifier | modifier le code]

La façade principale[modifier | modifier le code]

Le porche est encadré de deux tours aux contreforts puissants. Ces tours massives ont été surélevées et surmontées de pyramides de pierre en 1881. Elles ont deux ouvertures géminées dans leur partie supérieure que surmonte un toit quadrangulaire. Le portail occidental de l'abbatiale Sainte-Foy s'ouvre sur deux portes que sépare un large trumeau. Un vaste tympan en plein cintre les surmonte, abrité sous un fronton saillant. Plus haut, sous un arc de décharge en plein cintre, deux fenêtres de même forme sont surmontées d'un oculus. Six rosaces en marqueterie polychrome de pierre accostent ces fenêtres. La façade est couronnée par un pignon à rampants peu inclinés.

Le tympan de la façade principale[modifier | modifier le code]

Les anges curieux de l'archivolte.
Le tympan.

Ce tympan est considéré comme « l'une des œuvres fondamentales de la sculpture romane par ses qualités artistiques, son originalité et par ses dimensions »[12]. Il jouit dans le Midi d'une réputation qui lui vaut un dicton aveyronnais[13].

Ce tympan représente une parousie, l'histoire du Salut et le Jugement dernier, d'après l'Évangile selon Matthieu. Le maître de Conques a sculpté sur 24 blocs calcaire jaune (blocs juxtaposés, sculptés avant la pose et repris ensuite) trois registres en 29 tableaux et 124 personnages qui présentent des traces de polychromie[14]. Ces trois registres correspondent à une organisation verticale du temps (les trois niveaux temporels) et de l'espace (les trois mondes célestes, terrestres et souterrains) : le registre inférieur représente les mondes souterrains, l'ici-bas des temps passés avec à gauche (à droite du Christ) le Paradis et le Limbe des patriarches, à droite le séjour des morts dans les enfers. Le registre médian est associé au monde terrestre, au temps présent, l'ici-bas des contemporains, avec à gauche la procession des élus et à droite les pécheurs vivants qui n'ont pas subi encore leur jugement particulier. Le registre supérieur correspond aux Cieux (domaines de l'éternité, de l'intemporel), à l'avenir, l'au-delà céleste d'après le Jugement[15].

Quatre anges curieux de l'issue du procès sont sculptés sur l'archivolte. Ils pointent leur nez au-dessus du bandeau et, avec leurs mains, roulent le tapis du firmament[16].

Le registre inférieur est divisé en deux parties. À gauche se trouve le Paradis, présidé au centre par Abraham tenant entre ses bras deux élus (symbolisant peut-être les Saints Innocents), porteurs de sceptres ou de courtes tiges fleuronnées[17]. À sa droite, sont placés les martyrs reconnaissables à leurs attributs, les palmes, puis les Saintes Femmes portant des flacons de parfums et les Vierges sages tenant leurs lampes et un livre ouvert. À sa gauche, des prophètes portent des rouleaux de parchemins, puis les apôtres porteurs des codex. L'antichambre du paradis est symbolisée par la porte de la Jérusalem céleste avec un ange psychopompe qui accueille les élus. Un autre ange, les ailes déployées (avec le motif du type « toit à double pente », fortement récurrent), tient un élu par la main, comme s’il venait de le dérober à Satan[18]. La partie droite est consacrée à l'enfer. L'antichambre de l'enfer figure un démon hirsute et grassouillet qui brandit un pilon[19], un damné enfourné dans la gueule du Léviathan dans laquelle on voit les pieds d’un autre damné. Dans l'enfer, présidé par Satan, sont châtiés les péchés capitaux : l'Orgueil, personnifié par un chevalier désarçonné d'un cheval[20] ; l'Adultère ou la luxure représentés par une femme, poitrine dénudée, liée par le cou avec son amant[21] ; l'Avarice pendue haute et courte avec son sac d’or au cou (un démon tirant la corde qui le pend à une potence) ; la paresse avec un homme sous Satan et dont les pieds sont léchés par un crapaud ; la Médisance avec un homme assis sur le feu dont la langue est arrachée par un démon ; la gourmandise, avec un damné au ventre rebondi qui est plongé dans un chaudron[22]. La femme juchée sur les épaules d'un homme pourrait évoquer le renversement de l'autorité maritale[23]. Quatre anges voisinent à l'étage supérieur de ce registre, dans l'écoinçon central-nord : trois d'entre eux ont encore une tâche parallèle (ouverture de tombeaux)[24], l'autre est l'archange saint Michel affrontant un démon autour d'une balance pour la pesée des âmes[25]. Dans cette scène, le démon tente de tricher, en appuyant sur le plateau de la balance, mais échoue. Derrière ce démon, est représentée une âme qui descend par une trappe jusqu'aux portes. Au-dessus de la gueule de Léviathan, le désespéré (ou le coléreux) se plante un poignard dans la gorge. À droite, un démon arrache avec un crochet la langue d'un artiste de scène (troubadour, jongleur ou bateleur) dont il tient la cithare à la main. Allongé sur son dos, un autre démon lui mord la nuque. Enfin à droite, un homme est rôti à la broche par deux démons, dont l’un a une tête de lièvre, ce qui suggère que le damné est un braconnier[26].

Au registre médian, trône le Christ en majesté[27], avec les élus à sa droite, au Paradis, et les damnés à sa gauche, en Enfer. La triple mandorle constellée dans laquelle s'inscrit le Christ trônant est portée par deux anges céroféraires (porteurs de cierges). À sa tête, deux anges portent des phylactères qui annoncent la scène[28] : le cortège des élus est en marche vers le Christ. Dans cette procession des élus[29], on peut reconnaître la Vierge Marie et Saint-Pierre (personnages nimbés), qui sont suivis par des personnages, probablement ceux qui ont marqué l'histoire de l'abbaye : Dadon (son fondateur représenté en ermite), un abbé (Odolric ou Bégon) qui tient par la main un roi (Charlemagne, bienfaiteur légendaire de l'abbaye, ce que rappelleraient les deux clercs qui le suivent, porteurs de présents, un diptyque et une châsse). Dessous dans l'écoinçon, faveur insigne, Sainte-Foy est prosternée devant la main auréolée de Dieu à gauche est représentée son église (symbolisée par l'autel, le trône de la sainte et les chaînes suspendues des prisonniers qu'elle a libérés). Les troupes des anges se déploient par paires, groupées en quaternités et entourant quasi symétriquement le Christ : « l'une timbre les angles du quadrilatère central, une autre à droite monte la garde dans un territoire-tampon entre le Christ et l'enfer, une troisième à gauche surplombe un cortège d'élus »[17]. La seconde troupe comporte deux anges officiants tournés vers le Christ (le thuriféraire du bas porte un encensoir, celui du haut tient ouvert le « livre de vie » sur lequel on peut lire : SIGNATUR LIBER VITE, « Le livre de vie est scellé ») et deux anges militants tournés vers les damnés (celui du bas porte une lance à gonfanon, celui du haut une épée et un bouclier sur lequel on lit EXIBUNT ANGELI ET SEPARA[BUNT MALOS DE MEDIO IUSTORUM], « les anges sortiront pour séparer les méchants du milieu des justes ») qui essayant d'échapper à l'Enfer, ces anges-chevalier les repoussant. La dernière troupe tient dans ses mains des phylactères dont la disposition en mitre définit deux places privilégiées, la tête et le centre[30]. On peut voir parmi les damnés de mauvais moines[31] ; un damné corde au cou, probablement poignardé par un démon, tient contre lui une sorte de sac, ce qui suggère la simonie ; un damné terrassé, tenant un livre à la main, évoque l'hérésie ; un faux-monnayeur, représenté avec son matériel de travail (enclume, sébile remplie de pièces) tenant en main le coin du frappeur de monnaies. À l'étage inférieur, trois démons portant des armes (bouclier, pic, lance, masse d'armes, arbalète, glaive) s'attaquent à des damnés ; un ivrogne (ou un gourmand, un avare), pendu par les pieds, dégurgite le contenu de ses intestins dans une sorte de plat contenant une bourse fermée par un lien[32].

Le registre supérieur est dominé au centre par la croix. Le sommet de sa poutre verticale évoque le titulus avec l'inscription en latin qu'aurait fait mettre Ponce Pilate (inscription tronquée SREXIDEORUM[33]). La traverse horizontale porte des inscriptions sur deux lignes : la première est réservée pour identifier SOL (le soleil) et LUNA (la lune), deux astres personnifiés[34], et deux instruments de la Passion, LANCEA (la lance) et CLAVI (le clou) tenus par deux anges[35]. La seconde porte l'inscription OC SIGNUM CRUCIS ERIT IN CELOCUM, description de l'évangéliste Matthieu[36] de la parousie[37]. Dans les écoinçons, deux anges sonneurs de cor (ou d'olifant)[38], les ailes déployées et les jambes tournoyantes « coudées en svastika », annoncent le retour du Christ aux quatre coins du monde. Ils forment avec les deux autres anges une quaternité qui entoure la croix en combinant une convergence vers le centre avec une divergence vers les côtés[39].

Les inscriptions qui courent sur les corniches composent un poème en vers léonins[40]. Le premier bandeau porte l'inscription latine SANCTORVM CETVS STAT XPISTO IVDICE LETVS (L’assemblée des saints se tient debout, joyeuse, devant le Christ-Juge) et HOMINES PERVERSI SIC SVNT IN TARTARA MERSI (Les hommes pervers sont ainsi plongés en enfer). Le second SIC DATVR ELECTIS AD CELI GAVDIA VINCTIS (Ainsi sont donnés aux élus, unis pour les joies du ciel), GLORIA PAX REQVIES PERPETVVSQVE DIES (La gloire, la paix, le repos et la lumière perpétuelle), PENIS INVSTI CRVCIANTVR IN IGNIBVS VSTI (Les injustes sont torturés par les tourments, brûlés dans les flammes), DEMONAS ATQVE TREMVNT PERPETVOQVE GEMVNT (Ils tremblent des démons et gémissent sans fin). Les linteaux triangulaires forment des lignes brisées gravées de CASTI PACIFICI MITES PIETATIS AMICI (Les chastes, les pacifiques, les doux, les amis de la piété), SIC STANT GAVDENTES SECVRI NIL METVENTES (Se tiennent ainsi, debout, dans les joies, en sécurité et sans crainte), FVRES MENDACES FALSI CVPIDIQVE RAPACES (Les voleurs, les menteurs, les trompeurs, les cupides, les pillards), SIC SVNT DAMPNATI CVNCTISIMVL ET SCELERATI (Sont ainsi damnés tous ensemble avec les scélérats). La corniche inférieure porte l'inscription O PECCATORES TRANSMVTETIS NISI MORES (O pécheurs, si vous ne changez vos mœurs).

L'intérieur[modifier | modifier le code]

Dès l'entrée dans l'édifice, le visiteur est marqué par la verticalité de la nef principale[41] que l'arcature large et basse du narthex cachait en partie.

L'église est construite sur un plan en croix latine à chapelles rayonnantes (trois sur le chevet) et bénédictines (quatre chapelles alignées sur le transept)[42]. Elle présente une double enveloppe (nef et abside pour la première, collatéraux et déambulatoire pour la seconde), et une élévation à deux niveaux, les tribunes donnant sur le vaisseau central par des baies géminées. Elle présente des volumes ramassés en raison des contraintes topographiques, le premier ermitage ayant été fondé dans la vallée escarpée de la Dourdou. L'abside est de faible profondeur, la nef petite (longue de 20,70 m et large de 6,80 m) par rapport au transept (35 m). La voûte en berceau (contrebutée par les voûtes en demi-berceau de la galerie supérieure) de 22,10 m de hauteur[43] et les arcatures surhaussées des bas-côtés de 9,40 m de hauteur révèlent une réelle recherche de verticalité du projet architectural[44].

L'intérieur de l'abbatiale est très sobre avec le chœur, la voûte peinte et les tribunes sont peints en claire, presque blanche. Le haut des murs, l'abside et de nombreuses piles sont en pierre calcaire de Lune de couleur jaune variable. Les murs Est du Transept, du déambulatoire et des chapelles, ainsi que les murs du collatéral Sud sont en grès rouge de Nauviale[45].

La travée du narthex est la plus large (5,70 m), les trois suivantes sont identiques (4,30 m), la cinquième accuse un élargissement (5,20 m) qui semble prévenir le rétrécissement de la suivante (2,90 m) donnant sur le transept.

Le chœur est entouré d'un déambulatoire permettant aux fidèles de défiler autour des reliques de Foy d'Agen. Il est orné de grilles en fer forgé datant du XIIe siècle et qui, selon la tradition légendaire rapportée dans le Liber miraculorum sancte Fidis de Bernard d'Angers, auraient été réalisées avec les chaînes, colliers et bracelets de fer apportés par d'anciens prisonniers délivrés par l'intercession de la sainte[46]. La sacristie est décorée de fresques du XVe siècle qui racontent le martyre de la sainte. Au fond du transept gauche, on peut admirer un haut-relief représentant l'Annonciation, sculpté par le même artiste que celui qui exécuta le tympan.

Les vitraux de Pierre Soulages réalisés entre 1987 et 1994 en collaboration avec le verrier Jean-Dominique Fleury ajoutent un aspect contemporain à l'atmosphère sobre et recueillie de l'église.

L'ensemble de près de 250 chapiteaux sculptés constitue un exemple parfait de l'art roman. Alors que les chapiteaux étaient ornés jusque-là que de motifs végétaux et géométriques, ceux de Conques voient l'apparition de figures humaines, d'abord timidement prises dans le motif ornemental puis de plain-pied.

Le plus ancien de ceux-ci semble être celui de Saint-Pierre crucifié la tête en bas (un ensemble de chapiteaux constitue le cycle de saint Pierre : reniement, évasion). Sur un chapiteau du croisillon nord est représentée la scène de l'Ascension d'Alexandre le Grand grâce à deux griffons ailés. Des chapiteaux à entrelacs sont également présents. Il y a aussi l'arrestation de Sainte-Foy et des thèmes de combats entre cavaliers et hommes d'armes, peut-être liés aux croisades[47].

Le cloître[modifier | modifier le code]

Chapiteau sculpté du cloître.

Au sud de l’abbatiale subsistent quelques vestiges du cloître, dont six baies géminées de la galerie occidentale. Il servit longtemps de réserve de pierres pour construire les maisons du village.

Au centre le bassin claustral de serpentine verte. Remontée et restaurée, cette grande fontaine, de 2,72 m de diamètre, est dépourvue de sa vasque centrale. Sous la margelle, entre les colonnes décorées de motifs végétaux, animaux ou imaginaires, qui cernent le bassin, des atlantes ont été sculptés, des têtes encadrées par les bras et les mains qui les soutiennent.

La construction du cloître par l'abbé Bégon III, à la charnière des XIe et XIIe siècles, entraîna à son tour une véritable floraison de chapiteaux. Dix-neuf d'entre eux restent en place dans la galerie occidentale ouvrant sur l'ancien réfectoire. D'autres se trouvent déposés au musée lapidaire. Un certain nombre ont disparu après la ruine et la destruction du cloître, vers 1830.

Depuis 1975, l'aire du cloître a été rétablie avec un chemin dallé par Bernard Fonquernie, architecte en chef et inspecteur général des Monuments historiques. Cette aire, ainsi que les bâtiments adjacents, a été classée aux monuments historiques le 22 novembre 2002[1].

Le trésor[modifier | modifier le code]

Statue-reliquaire de Sainte-Foy Xe siècle). Trésor de l'abbatiale Sainte-Foy de Conques

Exposée dans l'ancien réfectoire des moines, la section d'orfèvrerie religieuse est la plus complète collection d'orfèvrerie religieuse française, s'étalant du IXe au XVIe siècle, avec en particulier des reliquaires dus à des artistes locaux et datant du XIe siècle.

La pièce maîtresse du Trésor est la statue reliquaire de Sainte-Foy, celle qui est à l'origine de la prospérité de l'abbaye et dont la relique a été volée à Agen. Datant du IXe siècle, elle est faite de plaques d'or et d'argent sur une âme en bois. Au cours des âges, elle a reçu de nombreux bijoux.

Dans l'ordre de la visite (et chronologique des pièces), on peut ainsi admirer :

  • le A de Charlemagne, que l'abbé Bégon III (1087 - 1107) a fait faire ;
  • la châsse de Pépin, petit reliquaire qui comprend des éléments du IXe au XIe siècle avec quelques ajouts aux XIIe, XIIIe et XVIe siècles ;
  • la plaque de la Crucifixion, découverte en 1954 sur la châsse de Pépin, date de la fin du VIIIe siècle ;
  • la lanterne de Bégon, en forme de tombeau antique, date du XIe - XIIe siècle ;
  • le reliquaire du Pape Pascal, portant une inscription qui indique l'abbé Bégon III comme commanditaire et le pape Pascal II comme donateur des reliques ;
  • le bras reliquaire de saint Georges, un moine de Conques devenu évêque de Lodève en 877[48].

Le A de Charlemagne est en argent doré sur âme de bois, selon la tradition, l'empereur dotait chaque abbaye d'une lettre de l'alphabet, il aurait attribué la lettre A à Conques, signe de son excellence. Pour qu'ils soient visibles sur toutes leurs faces, la châsse de Pépin, le A de Charlemagne et la lanterne de Bégon sont présentés sur des socles tournants, commandés par le visiteur.

Les vitraux[modifier | modifier le code]

La photo couleur montre un vitrail d'aspect blanc. Les lignes abstraites sont à l'image des œuvres du peintre.
Vitrail de l'extérieur.

À la fin des années 1980, Pierre Soulages, peintre ruthénois, a travaillé sur le verre pour doter l'abbatiale de Conques de vitraux. L'artiste voulait un verre non teinté correspondant à la règle stricte des moines réguliers : les vitraux de cathédrales étaient destinés à enseigner la Bible au peuple illettré, pas à distraire les moines érudits. Ne trouvant pas de verre a sa convenance, il a élaboré, après plusieurs centaines d'essais, un verre sur lequel des fragments de verre ont été soudés par cuisson, donnant un verre translucide. Le côté lisse est vers l'extérieur pour ne pas accrocher les impuretés et réfléchir la lumière, le côté rugueux vers l'intérieur, diffusant une lumière qui change avec les heures du jour. Le verre a été réuni en vitraux aux lignes droites et courbes reflétant les peintures de l'artiste[49]. Les dessins du projet sont exposés au musée Soulages de Rodez.
Les vitraux ont été réalisés dans l'atelier de Jean-Dominique Fleury[50].

Galerie photos[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Notice no PA00093999 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  2. Marie Renoue, Renaud Dengreville, Conques : moyenâgeuse, mystique, contemporaine, Éd. du Rouergue, , p. 22.
  3. (de) Bohmer-Miililbacher, Die Regesten des Kaiserreichs unter den Karolingern', 2e éd., 1908, no 688
  4. (en) Amy Goodrich Remensnyder, Remembering Kings Past: Monastic Foundation Legends in Medieval Southern France, Cornell University Press, , p. 56-57.
  5. Marie Renoue, Renaud Dengreville, Conques : moyenâgeuse, mystique, contemporaine, Éd. du Rouergue, , p. 24.
  6. Jean-Régis Harmel, Conques : un religieux raconte son village, Editions de l'Atelier, , p. 58
  7. Michèle Gaillard, « Les Reliques. Objets, cultes, symboles », Médiévales, vol. 20, no 40,‎ , p. 168-169
  8. Marie Renoue, Renaud Dengreville, Conques : moyenâgeuse, mystique, contemporaine, Éd. du Rouergue, , p. 25
  9. André Gybal, L'Auvergne, berceau de l'art roman, G. de Bussac, , p. 41
  10. Jean Vallery-Radot, Églises romanes : filiations et échanges d'influences, Gérard Monfort, , p. 188
  11. Marie Renoue, Renaud Dengreville, Conques : moyenâgeuse, mystique, contemporaine, Éd. du Rouergue, , p. 56-60
  12. Description du tympan du jugement dernier sur le site de l'office de tourisme de Conques.
  13. « Qui n'a pas bist Clouquié de Roudès, Pourtel de Counquos, Gleizo d'Albi, Compono dé Mondé, N'a pas res bist » (Qui n'a pas vu le clocher de Rodez, le portail de Conques, l'église d'Albi, la cloche de Mende , N'a rien vu).
  14. Marcelle Baby-Pabion, L' Art médiéval en France, Éditions Publibook, , p. 145.
  15. Description et interprétation du tympan de Conques par Pierre Séguret. Chapitre premier : la structure générale du tympan
  16. Pierre Séguret, Conques : l'art, l'histoire, le sacré, Éditions du Tricorne, , p. 87.
  17. a et b Jean-Claude Bonne, L'art roman de face et de profil : le tympan de Conques, Le Sycomore, , p. 27.
  18. Jean-Claude Bonne, L'art roman de face et de profil : le tympan de Conques, Le Sycomore, , p. 28.
  19. Cet instrument de cuisine fait l'objet de multiples interprétations : il peut être associé à l'outil carnavalesque ou du charivari, à la gueule de Léviathan qui fait de cet instrument, retourné en massue levée, un outil de gavage (symbole de voracité bestiale). Cf. Jean-Claude Bonne, L'art roman de face et de profil : le tympan de Conques, Le Sycomore, , p. 295.
  20. Le chevalier portant une cotte de mailles est désarçonné par un démon qui le tire par le bras, tandis qu’un autre lui transperce le dos avec une fourche.
  21. Le couple est lié par une corde tirée par un démon juché sur eux, qui parle à Satan. L’homme a les mains liées, et un serpent brisé s’attaque à lui.
  22. Jean-Claude Bonne, L'art roman de face et de profil : le tympan de Conques, Le Sycomore, , p. 295-305.
  23. Jean-Claude Bonne, L'art roman de face et de profil : le tympan de Conques, Le Sycomore, , p. 302.
  24. La lecture de cette scène peut aussi bien synchronique (des cercueils inégalement ouverts) que diachronique (le même cercueil s’ouvrant progressivement).
  25. Les deux plateaux de la balance dportent des figures gravées invisibles depuis le parvis, ce qui suggère un commentaire oral du tympan par un clerc qui animait une liturgie dramatique. Du côté de l'ange, la coupelle contient juste deux croix qui symbolisent la foi du défunt et la grâce divine. Du côté du démon, la coupe contient l'âme représentée par le visage du défunt, alourdie de toutes ses fautes.
  26. Jean-Claude Bonne, L'art roman de face et de profil : le tympan de Conques, Le Sycomore, , p. 301-305.
  27. Représenté dans l'apparat d'un triomphe d'empereur romain, il porte le paludamentum et le pallium.
  28. <Venite benedict>I PATRIS MEI P<oss>IDETE VO<bis paratum regnum> (Venez, les bénis de mon Père, prenez possession du Royaume préparé pour vous)/ DISCEDITE A ME [MALEDicti] (Eloignez-vous de moi [maudits]), phrases tirées de Matthieu 25
  29. Jean-Claude Bonne conteste ce terme, observant d'après les pieds des personnages que le cortège n’avance pas vraiment, et le qualifie de « déplacement sur place ». Cf. Jean-Claude Bonne, L'art roman de face et de profil : le tympan de Conques, Le Sycomore, , p. 295.
  30. Jean-Claude Bonne, L'art roman de face et de profil : le tympan de Conques, Le Sycomore, , p. 230.
  31. Trois moines, dont un abbé tenant sa crosse à l’envers, sont enserrés par un filet tendu par un démon bossu et ailé qui pose en même temps un pied sur un évêque, crosse à terre. Ce dernier est maintenu prosterné par un autre démon, qui l'agrippe par le dos et lui mord le capuce.
  32. Jean-Claude Bonne, L'art roman de face et de profil : le tympan de Conques, Le Sycomore, , p. 288-292.
  33. Le texte complet de la condamnation étant IESUS NAZARENUS REX IUDEORUM (« Jésus le Nazaréen, roi des Juifs »
  34. Ils symbolisent, selon les interprétations, l'éclipse qui eut lieu le vendredi saint à l'heure de la mort de Jésus ou leur disparition lors de la fin du monde.
  35. Bernadette Leplant, Corpus des inscriptions de la France médiévale, Éditions du CNRS, , p. 19.
  36. Mt 24. 30.
  37. La transcription complète serait : [H]oc signum crucis erit in celo, cum [Dominus ad judicandum venerit] (« Ce signe de la croix sera dans le ciel, lorsque le Seigneur viendra pour juger »). Les signes [] indiquent les caractères rajoutés, indispensables au sens mais éludés ou effacés au tympan. Cf. Bernadette Leplant, Corpus des inscriptions de la France médiévale, Éditions du CNRS, , p. 24.
  38. Sur le galon qui ourle la robe de l'ange de droite, Louis Balsan a su distinguer une inscription en coufique fleuri, où l'on déchiffre le mot arabe « al-youm », c'est-à-dire « la félicité ». Ces calligraphies de soufis persans de l'an Mil soulignent les relations suivies que l'abbaye de Conques entretenait avec l'Orient. Cf. Bernadette Leplant, Corpus des inscriptions de la France médiévale, Éditions du CNRS, , p. 20.
  39. Jean-Claude Bonne, L'art roman de face et de profil : le tympan de Conques, Le Sycomore, , p. 30.
  40. Jean-Claude Bonne, L'art roman de face et de profil : le tympan de Conques, Le Sycomore, , p. 216-217.
  41. La verticalité est également soulignée par les quatorze piliers de la nef et du transept qui montrent l'alternance de supports : se succèdent sur de large socles circulaires des piliers orthogonaux et de grosses piles dont le noyau carré est alternativement cantonné de demi-colonnes rondes ou de pilastres rectangulaires lisses. Cette alternance représente une recherche d'effet purement esthétique et apparemment la survivance d'une tradition ancienne.
  42. Marie Renoue, Renaud Dengreville, Conques : moyenâgeuse, mystique, contemporaine, Éd. du Rouergue, , p. 106
  43. Hauteur exceptionnelle pour l'époque.
  44. Marie Renoue, Renaud Dengreville, Conques : moyenâgeuse, mystique, contemporaine, Éd. du Rouergue, , p. 116
  45. Marie Renoue, Renaud Dengreville, Conques : moyenâgeuse, mystique, contemporaine, Éd. du Rouergue, , p. 128
  46. Marie Renoue, Renaud Dengreville, Conques : moyenâgeuse, mystique, contemporaine, Éd. du Rouergue, , p. 28
  47. Jean Claude Fau, Les chapiteaux de Conques, Éd. Privat, , 104 p.
  48. Descriptions et datations données par Claire Delmas, Conservateur des antiquités et objets d'art de l'Aveyron, in dépliant "Trésor de Conques", distribué aux visiteurs.
  49. « Vitraux de Pierre Soulages », Site tourisme-conques.fr (consulté le 11 novembre 2014)
  50. Atelier Fleury : Abbaye de Conques
  51. Le soubassement du chevet est en grand appareil de grès rouge et au niveau des chapelles rayonnantes en calcaire et grès jaune. Ce chevet comprend rois chapelles rayonnantes tandis que le transept compte quatre chapelles. Cette prolifération provoque un raccord malaisé entre le transept et le chevet, raccord masqué par l'adjonction d'une fenêtre.
  52. Grilles obturant les entrecolonnements de l'abside, elles sont constituées d'un réseau de brindilles (qui tiennent le rôle des poteaux de bois) qui déterminent trois types de tracés : quatre volutes reliées par un losange central, quatre volutes soudées par des embrasses et un arbre stylisé à quatre branches. Elles sont couronnées de pointes, de dards et de tête de dragons.
  53. Marcel Deyres, « Les grilles de Sainte-Foy de Conques », Cahiers de civilisation médiévale, vol. 15, no 58,‎ , p. 143-150
  54. Dans ce tableau, la Vierge donne la cordelière à François d'Assise, qui la remet lui-même, à gauche, à Élisabeth de Hongrie, et à droite, à Louis IX dont le couronne, le sceptre et les fleurs de lys sur la robe ont été grattés.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Ouvrages utilisés pour la rédaction de l'article[modifier | modifier le code]

  • Claire Delmas et Jean-Claude Fau (photogr. André Kumurdjian), Conques, Millau, Éd. du Beffroi, coll. « Tourisme et culture en Aveyron », , 79 p., ill. en coul., couv. ill. en coul. ; 22 cm (ISBN 2-908123-04-5, ISSN 1242-5052, notice BnF no FRBNF41347679)
  • Jacques Dubourg, Les abbayes de Midi-Pyrénées, Saint-Cyr-sur-Loire, A. Sutton, coll. « Passé simple », , 192 p., ill. en noir et en coul., carte, couv. ill. en coul. ; 23 cm (ISBN 978-2-8138-0020-6, ISSN 1623-118X, notice BnF no FRBNF42073273), p. 49-58
  • Marcel Aubert, Conques-en-Rouergue : Extrait du "Congrès archéologique de France", 1937, Nogent-le-Rotrou, Daupeley-Gouverneur, , 65 p., In-8° (notice BnF no FRBNF34196584), p. 459-523
  • Jean-Claude Fau, Rouergue roman : 3e éd. entièrement nouvelle, Saint-Léger-Vauban, Zodiaque, coll. « La Nuit des temps » (no 17), , 411 p., ill. en noir et en coul. ; 22 cm (ISBN 2-7369-0148-7, ISSN 0768-0937, notice BnF no FRBNF35072436), p. 29-31, 81-247
  • Congrès archéologique de France, Aveyron / Congrès archéologique de France, 167e session, 2009 ; organisé par la Société française d'archéologie : Monuments de l'Aveyron, Paris, Société française d'archéologie, , 442 p., ill. en noir et en coul., cartes, plans, couv. ill. en coul. ; 27 cm (ISBN 978-2-901837-40-4, notice BnF no FRBNF42564207), pour les articles suivants :
    • Éliane Vergnolle, Henri Pradalier et Nelly Pousthomis-Dalle, Conques, Sainte-Foy. L'abbatiale romane., p. 71-160
    • Christian Heck, Conques, Sainte-Foy. Les vitraux de Soulages., p. 161-165
    • Jean-Claude Fau, Conques, Sainte-Foy. Le cloître., p. 167-174

Autres ouvrages[modifier | modifier le code]

  • (la) Gustave Desjardins (Éditeur scientifique), Cartulaire de l'abbaye de Conques en Rouergue, Paris, A. Picard, , 518 p., in-8 (notice BnF no FRBNF34114898)
    Cartulaire de l'abbaye de Conques en Rouergue disponible sur Gallica
  • Marcel Aubert, L'église de Conques, Paris, H. Laurens, , 120 p., in-8° (notice BnF no FRBNF34196585)
  • Jean-Claude Fau, Les Chapiteaux de Conques : Extrait des "Mémoires de la Société archéologique du Midi de la France", Toulouse, É. Privat, coll. « Visions méridionales », , 108 p., In-4° (notice BnF no FRBNF32093706)
  • Jean-Claude Fau et Abbaye Sainte-Marie de la Pierre-qui-Vire (photogr. Jean Dieuzaide), Conques, Saint-Léger-Vauban, Zodiaque, coll. « Les Travaux des mois » (no 9), , 127 p., ill. en noir et en coul., couv. ill. en coul. ; 26 cm (ISSN 0493-797X, notice BnF no FRBNF35349080)
  • Noëlle Devilliers, Sainte-Foy de Conques : sa triomphale histoire, Aurillac, Éd. Gerbert, , 38 p. (notice BnF no FRBNF34855199)
  • Jean-Claude Bonne, L'Art roman de face et de profil : le tympan de Conques, Paris, le Sycomore, coll. « Féodalisme », , 361 p. (ISBN 2-86262-229-X, ISSN 0751-106X, notice BnF no FRBNF34971707)
  • Elisabeth Bolufer (ill. Alain d'Orange), Sainte Foy de Conques, Conques, Syndicat d'initiative de Conques, , 33 p., ill. en noir et en coul., couv. ill. en coul. ; 29 cm (notice BnF no FRBNF35419228)
  • Pierre Séguret, Abc de Conques, l'ineffable, Conques, Office du tourisme de Conques, , 128 p., ill., coup. ill. en coul. ; 27 cm (ISBN 2-9508479-0-0, notice BnF no FRBNF35771717)
  • Christian Heck et Pierre Soulages, Conques, les vitraux de Pierre Soulages, Seuil, , 115 p. (ISBN 9782020225939)
  • Xavier Kawa-Topor, Conques : le tympan, Toulouse, Le Pérégrinateur éd., coll. « L'esprit curieux » (no 1), , 10 p., ill. en coul., couv. ill. en coul. ; 19 cm (ISBN 2-910352-12-9, ISSN 1631-6258, notice BnF no FRBNF38807144)
  • Xavier Kawa-Topor, Conques : le trésor, Toulouse, Le Pérégrinateur éd., coll. « L'esprit curieux » (no 2), , 12 p., ill. en coul., couv. ill. en coul. ; 19 cm (ISBN 2-910352-13-7, ISSN 1631-6258, notice BnF no FRBNF38873110)
  • Danielle Gaborit-Chopin (Éditeur scientifique) et Élisabeth Taburet-Delahaye (Éditeur scientifique), Le trésor de Conques : exposition du 2 novembre 2001 au 11 mars 2002, Paris, Musée du Louvre, Paris, Monum, Éd. du patrimoine : Louvre, , 79 p., ill. en noir et en coul., couv. et jaquette ill. en coul. ; 28 cm (ISBN 2-901785-18-2, notice BnF no FRBNF37714105)
  • Dominique-Marie Dauzet, Petite vie de Sainte-Foy, Paris, Desclée de Brouwer, coll. « Petite vie », , 119 p., ill., couv. ill. en coul. ; 18 cm (ISBN 2-220-05137-4, ISSN 0991-4439, notice BnF no FRBNF38934483)
  • Pierre Soulages, Jacques Le Goff et Centre européen d'art et de civilisation médiévale (Éditeur scientifique) (préf. Xavier Kawa-Topor), De la pertinence de mettre une œuvre contemporaine dans un lieu chargé d'histoire : entretien / Pierre Soulages, Jacques Le Goff (Textes de la conférence de P. Soulages et J. Le Goff organisée par le Centre européen d'art et de civilisation médiévale de Conques le 25 septembre 1995), Toulouse, Le Pérégrinateur éd., , 30 p., ill. en coul., couv. ill. en coul. ; 24 cm (ISBN 2-910352-42-0, notice BnF no FRBNF39115620)
  • Emmanuelle Jeannin (photogr. Henri Gaud), Conques, Moisenay, Éd. Gaud, coll. « Monuments et histoires », , 80 p., ill. en coul., couv. ill. en coul. ; 26 cm (ISBN 2-84080-126-4, ISSN 1242-8299, notice BnF no FRBNF39249562)
  • Jean-Claude Fau (photogr. Pascal Moulin), Conques, Bordeaux, Éd. "Sud-Ouest", , 93 p., ill. en noir et en coul., couv. ill. en coul. ; 30 cm (ISBN 2-87901-697-5, notice BnF no FRBNF40200045)
  • Robert Taussat et Centre européen d'art et de civilisation médiévale de Conques (Directeur de publication) (photogr. Patrice Thébault), Chapiteaux, Sainte-Foy de Conques, Rodez, Éd. Au fil du temps, , 80 p., ill. en coul., couv. ill. en coul. ; 15 x 21 cm (ISBN 2-9526745-2-3, notice BnF no FRBNF40945018)
  • Paul Deschamps, Les sculptures de l'église Sainte-Foy de Conques et leur décoration peinte, p. 156-185, dans Monuments et mémoires de la Fondation Eugène Piot, 1941, volume 38, no 1 (lire en ligne)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]