Salut (christianisme)

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Le chemin du salut (Cappella Spagnuolo), d'après la fresque de Santa Maria Novella, Florence, par Andrea di Bonaiuto

Le salut de l'âme est l'un des thèmes fondamentaux du christianisme. Son étude se nomme la sotériologie. Le salut, dans le christianisme, est associé au Christ, considéré comme le rédempteur de l'humanité ; ainsi la sotériologie est-elle liée à la christologie. Le salut est de plus associé à l’œuvre de la grâce et aux sacrements. Quant à ses fins, il est appréhendé par la théologie des fins dernières[pas clair] : l'eschatologie.

Cette notion recouvre une grande variété de thèmes, qui ont été plus ou moins développés selon les périodes de l'histoire et selon les confessions chrétiennes.

Approche thématique[modifier | modifier le code]

Constatant une variété des théologies du salut, certains auteurs ont essayé de les articuler. Le Salut ne pouvant se distinguer du Christ, par qui il est donné, les différentes conceptions du Salut correspondent à différentes conceptions de ce que le Christ change pour les hommes.

Turner, Jésus le Sauveur[modifier | modifier le code]

H.E.W. Turner propose le modèle suivant[1] :

  1. Le Christ lumière ou pédagogue. Un verset fondateur de cette vision est Jean 17,3 : « la vie éternelle, c’est qu’il le connaisse, le seul vrai Dieu ». Une autre manière de le dire est de dire que le Christ est venu faire reculer l’ignorance[2], qu'il est venu persuader l’homme (Lettre à Diognète) ou qu'il est le Révélateur de Dieu[3]. En l'exprimant par un vocabulaire juridique, Tertullien dit que le Christ « proclame une loi nouvelle »[4].
  2. Le Christ vainqueur. Le chapitre 12 de l'Apocalypse est ici fondateur. Selon Turner, l'idée du salut comme rachat peut être classé dans cette catégorie. C'est ainsi qu'Origène l'exprime (Commentaire de l’évangile de Matthieu 6.8). Grégoire de Nysse, dans sa Grande catéchèse (ch.22-23), va aussi dans ce sens. Notons que ce scénario a été critiqué dès l'Antiquité[5].
  3. Le Christ récapitulateur. Ce thème se fonde sur Éphésien 1,10, Colossien 1,20 ou la lettre aux Romains 5,12. Irénée le développe dans son ouvrage Contre les hérésies (Livre 3, ch.18, §1). L'idée est que, le Christ récapitule l’histoire du salut de l'origine à la fin du monde. Turner considère que les lectures typologiques de Méliton de Sardes entrent dans ce schéma.
  4. Le Christ divinisateur. La divinisation est l'idée selon laquelle Dieu fait participer l'homme à la nature divine (2 P 1,4). Ce thème est aussi présent chez Irénée (Contre les hérésies, 5,1) : « il s’est fait ce que nous sommes pour faire de nous ce qu’il est ». Mais on le trouve aussi chez Clément d’Alexandrie (Protreptique, 1,8,4),
  5. Le Christ victime. Turner évoque ici le thème de la satisfaction, selon lequel le Christ s'est offert en sacrifice pour rétablir la justice rompue par le péché des hommes.

Sesboué, Jésus Christ, l'unique Médiateur[modifier | modifier le code]

Sesboué propose un modèle proche, mais, à la suite de Aulen[6], il distingue un salut qui vient de Dieu et un salut qui vient par l'homme[7],[8].

  • La médiation descendante :
    1. Le Christ illuminateur : le salut par révélation.
    2. Le Christ vainqueur : la rédemption.
    3. Le Christ libérateur.
    4. Le Christ divinisateur,
    5. Le Christ justice de Dieu.
  • La médiation ascendante :
    1. Le sacrifice du Christ
    2. L’expiation souffrante et la propitiation
    3. La satisfaction
    4. De la substitution à la solidarité
  • Finalement, Sesboué conclue avec le concept de réconciliation (1 Co 5,20), qui unifie les concepts précédents.

Certains thèmes sont peu mis en avant par ces catégories. Par exemple, la résurrection et la béatitude peuvent être rapprochés de la divinisation. Un autre thème traditionnel est celui de la guérison, à travers l'image patristique du Christ médecin[9].

Approche biblique[modifier | modifier le code]

Ancien Testament[modifier | modifier le code]

L'idée de salut est présente dès la Genèse. En hébreu biblique, le verbe YSh' signifie « sauver ». Ce mot est surtout présent dans les Psaumes (46 fois) et dans le Livre d'Isaïe.

Nouveau Testament[modifier | modifier le code]

Le mot « salut » (en grec, σωτηρία) est peu présent dans le Nouveau Testament (45 fois). Mais d'autres expressions sont utilisées pour le désigner. Winling démontre comment les différentes images, métaphores et catégories du salut, dans le Nouveau Testament, s'unifient autour de la personne du Christ et désignent une relation à Dieu[10].

Au sujet de l’Évangile selon Jean, Cullmann a montré que le salut est présenté comme étant à la fois déjà accompli, mais non encore réalisé[11], or cette tension traverse tout le Nouveau Testament.

Approche historique[modifier | modifier le code]

L'Antiquité : les pères de l'Église[modifier | modifier le code]

Clément d'Alexandrie[modifier | modifier le code]

Au IIe siècle, Clément d'Alexandrie, l'un des premiers chrétiens à maîtriser la philosophie classique antique, utilise de nombreuses images pour décrire le salut apporté par le Christ. Il utilise par exemple celle de la lumière qui donne l'intelligence[12], ou de la musique qui adoucit les cœurs, apprivoise les animaux sauvages que sont les hommes[13], et leur redonne la vie[14].

Athanase d'Alexandrie[modifier | modifier le code]

Au IVe siècle, Athanase d'Alexandrie décrit le salut comme étant le fait que Dieu, Père, Fils et Esprit habite en l'homme, déjà en cette vie[15].

Augustin[modifier | modifier le code]

Au Ve siècle, l'évêque africain Augustin d'Hippone développe le thème du salut dans son livre La Cité de Dieu. Ici aussi, le salut, exprimé en termes de régénération, commence au baptême et s'accomplit à la résurrection[16].

Par ailleurs, Augustin s'était opposé au moine britannique Pélage. Ce dernier soutenait que l'Homme a en lui la force de vouloir le bien et de pratiquer la vertu, une position relativisant l'importance de la grâce divine. Augustin refuse cette vision et déclare que Dieu est le seul à décider à qui il accorde (ou non) sa grâce. Les bonnes ou mauvaises actions de l'Homme (sa volonté et sa vertu, donc) n'entrent pas en ligne de compte, puisque le libre-arbitre de l'Homme est réduit par la faute originelle d'Adam. Dieu agit sur l'Homme par l'intermédiaire de la grâce efficace, donnée de telle manière qu'elle atteint infailliblement son but, sans pour autant détruire la liberté humaine[17]. L'Homme a donc un attrait irrésistible et dominant pour le bien, qui lui est insufflé par l'action de la grâce efficace. Mais le salut de l'âme après la mort ne vient que de la seule volonté de Dieu (Sola gratia).

Au Moyen Âge[modifier | modifier le code]

La théologie médiévale, dominée par la pensée augustinienne, laisse peu de place à la liberté humaine : Thomas d'Aquin tente cependant d'organiser autour de la pensée d'Augustin un système métaphysique permettant de concilier grâce et liberté humaine. Il lui faut tenir à la fois l'affirmation de l'action divine dans chaque action de l'Homme, et l'affirmation de la liberté de ce même Homme.

Le jansénisme[modifier | modifier le code]

Le jansénisme est issu d'un courant théologique s'inscrivant dans le cadre de la Réforme catholique, apparu dans les années qui suivent le Concile de Trente mais qui puise ses sources dans des débats plus anciens.

S'il tire son nom de Cornelius Jansen dit Jansenius, il se rattache à une longue tradition de pensée augustinienne. Jansenius, alors étudiant à l'université puis professeur, entreprend la rédaction d'une somme théologique visant à régler le problème de la grâce en faisant une synthèse de la pensée de saint Augustin.

Ce travail, un manuscrit de près de mille trois cents pages intitulé « Augustinus », est presque achevé lorsque son auteur, devenu évêque d'Ypres, meurt brusquement en 1638. Il y affirme, en conformité avec la doctrine augustinienne de la Sola gratia, que depuis le péché originel, la volonté de l'homme sans le secours divin n'est capable que du mal. Seule la grâce efficace peut lui faire préférer la délectation céleste à la délectation terrestre, c'est-à-dire les volontés divines plutôt que les satisfactions humaines. Cette grâce est irrésistible, mais n'est pas accordée à tous les hommes. Jansen rejoint ici la théorie de la prédestination de Jean Calvin, lui-même très augustinien.

Approche confessionnelle[modifier | modifier le code]

L'enseignement catholique[modifier | modifier le code]

Le Salut peut être défini ainsi dans l’Église catholique : « Libération définitive du mal et du péché et communion complète avec Dieu. Dans l’Ancien Testament, le salut est espérance d’un sauveur annoncé. L’acte de salut par excellence est, pour la théologie et la vie spirituelle, la résurrection du Christ. Il se réalise sur la croix par le don total que Jésus fait de lui-même par amour. Ce salut n’est pas uniquement à venir, mais il est déjà accessible aujourd’hui, par la grâce de Dieu »[18].

La dimension « négative » de l'enseignement catholique sur le salut l'explique comme la réparation du péché de l'homme. Par le péché originel, « l'homme a fait choix de soi-même contre Dieu »[19]. Après sa chute, l’homme n’a pas été abandonné par Dieu : l'homme étant incapable de se rapprocher de Dieu par lui-même[20], étant incapable de réparer une telle faute, Dieu a envoyé son Fils qui est l'instrument de la réconciliation : sa vie sur terre et son sacrifice sont le moyen pour Dieu de prendre le péché des hommes et de leur accorder possibilité d'accomplir la finalité de l'homme rappelé par Ignace de Loyola : « L'homme est créé pour louer, respecter et servir Dieu notre Seigneur ».

Deneken a montré comment, au XXe siècle, les théologiens catholiques ont critiqué une conception trop sacrificielle et juridique du salut par le Christ. Ils ont alors mis l'accent sur les figures du salut de l'Ancien Testament (prophètes...) et sur les autres aspects de la vie du Christ qui révèlent le salut qu'il apporte[21].

La dimension « positive » de la théologie catholique évoque le salut comme vision béatifique, adoption filiale, réconciliation avec Dieu, divinisation[22].

Doctrines protestantes[modifier | modifier le code]

Article principal : Protestantisme.
Croyances protestantes sur le salut
Ce tableau résume les points de vue classiques de trois croyances protestantes à propos du salut[23].
Thème Calvinisme Luthéranisme Arminianisme
Le libre arbitre Dépravation totale[24] : L’humanité possède le « libre arbitre »[25], mais il est sous l'esclavage du péché[26], jusqu'à ce qu'il soit « transformé »[27]. Péché originel[24] : L'humanité possède le libre arbitre à l’égard des « biens et possessions », mais est pécheresse par nature et est incapable de contribuer à son propre salut[28],[29],[30]. Dépravation totale : L'humanité possède la liberté vis-à-vis de la nécessité, mais non la « liberté vis-à-vis du péché », et ce, à moins que l'arbitre ne soit libéré par la « grâce prévenante »[31].
L'élection Élection inconditionnelle au salut et à la damnation. Élection inconditionnelle au salut seulement[24],[32]. Élection conditionnelle sur la base de la prescience de la foi où de l'incroyance[33].
La justification et l'expiation Justification par la foi seule. Plusieurs vues concernant la portée de l'expiation[34]. (Expiation limitée pour le calvinisme en 5 points). Justification pour tous[35], accomplie à la mort du Christ et effective au travers de la foi seule[36],[37],[38],[39]. Justification possible pour tous au travers de la mort de Christ; mais effective seulement par le choix de croire en Jésus[40].
La conversion Conversion monergiste[41], à travers les moyens de grâce, irrésistible. Conversion monergiste[42],[43], à travers les moyens de grâce, résistible[44]. Conversion synergiste, résistible du fait de l'arbitre libéré par la grâce prévenante.[45] (Possibilité de conversions irrésistibles cependant.)
La préservation et l'apostasie Persévérance des saints, les élus en Christ depuis l'éternité persévéreront obligatoirement dans la foi[46]. S'éloigner de Dieu est possible[47], mais Dieu donne l'assurance de la préservation[48],[49]. Préservation conditionnelle à une foi continue en Christ; avec la possibilité d'apostasie[50].
(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Template:Comparison_among_Protestants » (voir la liste des auteurs).


Luther[modifier | modifier le code]

En lisant l'Épître aux Romains, Martin Luther élabore la doctrine de la justification par la foi: « le juste vivra par la foi. Dieu ne réclame rien, au contraire, c'est lui qui donne, sa justice infinie est un don »[51]. Luther prend la formule dans un sens absolu qui l'amène à adopter le doctrine de la prédestination, car « la foi est l'œuvre de Dieu et non de l'homme »[52].

Calvin[modifier | modifier le code]

Jean Calvin pense qu'en désobéissant à Dieu, l'homme est esclave du péché, il n'a plus qu'un « serf arbitre » ; il a gardé sa volonté, mais il a été dépouillé d'une volonté pour le bien. Citant Bernard de Clairvaux, Calvin déclare : « Vouloir est de l'homme. Vouloir le mal est de nature corrompue. Vouloir le bien est de grâce »[53]. Calvin dénie à l'homme toute volonté de chercher Dieu. Dieu se penche vers les êtres humains et leur ouvre ses bras tel un père miséricordieux. Toute l'œuvre de justice et de justification est en Dieu. Continuant son raisonnement, Calvin pense que la foi elle-même vient de Dieu. Si dieu fait tout et l'homme rien, c'est dieu qui choisit. Les êtres humains ne choisissent rien[54]. À peine mentionnée dans l'édition de 1536 de l'Institution, elle a pris peu à peu une place croissante dans les éditions suivantes. Le chrétien n'a plus aucune responsabilité dans son destin après la mort. Son destin est entre les mains du souverain divin à qui il doit s'abandonner en toute confiance.

Jacobus Arminius[modifier | modifier le code]

Jacobus Arminius (vers 1560 - ) est un théologien protestant néerlandais[55]. Il fut ministre de l'Église réformée hollandaise reconnue par l'État. Il est le fondateur de la notion d'arminianisme qui amènera à la fondation de la Fraternité remonstrante, il prétend, contre la doctrine de Calvin sur la prédestination, que la détermination de la destinée de l'homme par Dieu n'est pas absolue. L'acceptation ou le refus de la Grâce par l'homme joue aussi son rôle dans la justification. Il défend le libre examen comme supérieur aux doctrines des Églises établies. En cela, il se montre un précurseur du libéralisme théologique. D'abord nommés « arminiens », ses partisans soumirent une « remonstrance » aux gouvernements et aux assemblées de Frise et de Hollande afin d'obtenir plus de tolérance à leur égard, en particulier de la part des gomaristes (du nom de François Gomar). D'où le nom de « remonstrants ».

Position chrétienne évangélique[modifier | modifier le code]

La majorité des Églises chrétiennes évangéliques considère la notion du salut (être sauvé par Jésus), comme la base de la Bonne Nouvelle[56]. Le salut s'obtient par la grâce, après la repentance (reconnaître ses péchés et son besoin de Dieu) et en donnant sa vie à Jésus le Sauveur[57]. Dans certaines Églises, une invitation au salut est régulièrement faite. En effet, l'assurance du salut est le point de départ de la vie chrétienne (Jn 3:3). Le croyant qui possède le salut est délivré et libéré du péché et de la condamnation éternelle (enfer). Cette expérience commence dans la vie terrestre de la personne (paix, joie et assurance) et continue après la mort; accès direct au paradis[58],[59],[60],[61].


Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Turner, Henry Ernest William, Jésus le sauveur : Essai sur la doctrine patristique de la Rédemption., Paris, Cerf,
  2. Justin, Première apologie, §12
  3. Irénée, Contre les hérésies, 4.11.4
  4. Tertullien, Apologétique, ch.21 §7
  5. (Grégoire de Nazianze, Discours 45, 22, Jean Damascène, De la vrai foi, 3,27).
  6. Aulen (trad. Segel), Christus Victor, Paris, Aubier, (1re éd. 1931)
  7. Bernard Sesboué s.j., Jésus-Christ l'unique médiateur-Essai sur la rédemption et le salut., Paris, Desclée,
  8. Bernard Sesboué s.j., « Esquisse critique d'une théologie de la Rédemption », Nouvelle Revue Théologique de Louvain, no 106.6,‎ , p. 801-816 (lire en ligne)
  9. Philippe Gauer, Le Christ médecin, Paris, C.L.D., Éditions de l'Emmanuel, (lire en ligne)
  10. Charles Wackenheim, Raymond Winling, La Bonne Nouvelle du salut en Jésus-Christ. Sotériologie du Nouveau Testament. Paris, Éd. du Cerf, 2007, 527 p. Revue des sciences religieuses 82/2 (2008): 275-276.
  11. Oscar Cullmann, L'Évangile johannique et l'histoire du salut, New Testament Studies 11.02 (1965): 111-122.
  12. Qu'elle inonde les hommes de sa lumière, et dissipe les ténèbres où ils sont ensevelis. Qu'elle leur tende une main amie, c'est-à-dire qu'elle leur rende l'intelligence. (Protréptique, ch.1, §1, trad. Genoude, lire en ligne)
  13. Eh bien ! toutes ces natures si féroces, toutes ces pierres si dures se sont amollies, sont devenues les hommes les plus doux. Et voilà l'œuvre de notre chantre céleste et de ses divins accords. (Clément d'Alexandrie, Protréptique, ch.1, §4, trad. Genoude, lire en ligne)
  14. Ceux qui étaient comme morts, ils n'avaient plus part à la véritable vie, n'eurent pas plutôt entendu ce chant céleste, qu'ils se sentirent renaître, et sortirent de leur tombeau. (Protréptique, ch.1, §4, trad. Genoude, lire en ligne)
  15. Et, l’Esprit nous étant donné, - car le Seigneur disait : « Recevez l’Esprit Saint » (Jn 20,22), - Dieu est en nous ; voici en effet comment Jean a écrit : « Si nous nous aimons les uns les autres, Dieu demeure en nous. Nous connaissons que nous demeurons en lui et qu’il demeure en nous en ce qu’il nous a donné son Esprit. » (1 Jn 4,12). Et Dieu étant en nous, le Fils aussi est en nous, puisque le Fils dit : « Nous viendrons, moi et le Père, et nous ferons chez lui notre demeure. » (Jn 14,23).  (Athanase, Lettre à Sérapion, trad. Lebon, Cerf, SC 15, 1947, §19, p. 117)
  16. Ce que dit ici l’Apôtre commence maintenant en nous par le sacrement de la régénération, ainsi qu’il le témoigne ailleurs par ces paroles : « Tous, tant que vous êtes, qui avez été baptisé en Jésus-Christ, vous vous êtes revêtus de Jésus-Christ » (Ga 3,27) ; mais la chose ne s’accomplira entièrement que lorsque ce qu’il y a d’animal en nous par la naissance sera devenu spirituel par la résurrection; car, pour me servir encore des paroles de saint Paul : « Nous sommes sauvés par l’espérance » (Rom 8,24). (saint Augustin, Cité de Dieu, livre 13, ch.23, lire en ligne)
  17. Louis Cognet, Le jansénisme, Que sais-je ?, p. 8.
  18. Glossaire du site de la Conférence des évêques de France.
  19. Catéchisme de l'Église catholique §398.
  20. Pourquoi suis-je sauvé par la mort d’un homme, Jésus-Christ, il y a 2.000 ans ?
  21. Michel Deneken, Le salut par la croix dans la théologie catholique contemporaine. 1930-1985, thèse de doctorat en science des religions. Strasbourg 2, 1986.
  22. Bernard Sesboué s.j., Jésus-Christ l'unique médiateur-Essai sur la rédemption et le salut, Paris, Desclee,
  23. (en)Lyle W. Lange, God So Loved the World: A Study of Christian Doctrine, Milwaukee, Northwestern Publishing House, 2006, p. 448. Tableau adapté avec addition de citations spécifiques.
  24. a b et c (en) « Calvinism and Lutheranism Compared » [archive du ], sur WELS Topical Q&A, Wisconsin Evangelical Lutheran Synod (consulté le 26 janvier 2015) : « Les luthériens et les calvinistes s'accordent sur le caractère dévastateur de la chute et le fait que l'homme, par nature, n'a pas le pouvoir de contribuer à sa conversion [...] et sur le fait que l'élection au salut se fait par grâce. Dans le luthéranisme, le terme allemand utilisé pour l'élection est « Gnadenwahl », élection par grâce; il n’en existe pas d’autre. »
  25. (en)John Calvin, Institutes of the Christian Religion, trans. Henry Beveridge, III.23.2.
  26. (en)John Calvin, Institutes of the Christian Religion, trans. Henry Beveridge, II.3.5.
  27. (en)John Calvin, Institutes of the Christian Religion, trans. Henry Beveridge, III.3.6.
  28. (en)WELS Topical Q&A: WELS vs Assembly of God: « Les gens, par nature, sont morts dans leurs transpressions (sic) et leurs péchés et n'ont donc aucune capacité de se décider pour Christ (Éphésiens 2:1,5). Nous ne choisissons pas Christ, mais il nous a choisis (Jean 15:16) Nous croyons que les êtres humains sont purement passifs dans la conversion. »
  29. (en)Augsburg Confessional, Article XVIII, Of Free Will, déclaration : « La volonté de l'homme a une certaine liberté de choisir la justice civile et de traiter les choses soumises à la raison. Mais elle n'a pas le pouvoir, sans le Saint-Esprit, d'oeuvrer pour la justice de Dieu, c'est-à-dire la justice spirituelle; étant donné que l'homme naturel ne reçoit pas les choses de l'Esprit de Dieu (1 Cor. 2:14); mais cette justice est exercée dans le cœur lorsque le Saint-Esprit est reçu par la Parole. »
  30. (en) Henry Cole, trans., Martin Luther on the Bondage of the Will, London, T. Bensley, 1823, p. 66. Le terme controversé « liberum arbitrium » a été traduit par le « libre arbitre » par Cole. Cependant, Ernest Gordon Rupp et Philip Saville Watson, Luther et Erasmus: volonté libre et salut, Westminister, 1969, ont choisi « libre choix » comme traduction.
  31. (en)Keith D. Stanglin and Thomas H. McCall, Jacob Arminius: Theologian of Grace, Oxford University, 2012, p. 157-158.
  32. (en)The Book of Concord: The Confessions of the Lutheran Church, XI. Election. « Prédestination » signifie « l'ordination de Dieu pour le salut ».
  33. (en)Roger E. Olson, Arminian Theology: Myths and Realities, InterVarsity Press, 2009, p. 63. « Les Arminiens acceptent l'élection divine, [mais] ils croient qu'elle est conditionnelle. »
  34. (en)The Westminster Confession, III:6, dit que seuls les « élus » sont « effectivement appelés, justifiés, adoptés, sanctifiés et sauvés ». Cependant, dans Calvin et la tradition réformée, Baker, 2012, p. 45. Richard A. Muller observe qu'« un corpus considérable de littérature a interprété Calvin comme un enseignement « d'expiation limitée », mais « un corps tout aussi important [...] [interprète] Calvin comme enseignant « l'expiation illimitée ».
  35. (en) « Justification / Salvation » [archive du ], sur WELS Topical Q&A, Wisconsin Evangelical Lutheran Synod (consulté le 29 janvier 2015) : « Ro 3:23-24, Ro 5:9, Ro 5:18 D’autres passages nous amènent à dire qu’il est plus approprié et exact de dire que la justification universelle est un fait fini. Dieu a pardonné les péchés du monde entier, que les gens le croient ou non. Il a fait plus que « rendre le pardon possible. » Tout cela au nom de l'oeuvre de substitution parfaite de Jésus-Christ. »
  36. (en) « IV. Justification by Grace through Faith », sur This We Believe, Wisconsin Evangelical Lutheran Synod (consulté le 29 mai 2019) : « Nous croyons que Dieu a justifié tous les pécheurs, c'est-à-dire qu'il les a déclarés justes pour l'amour de Christ. C'est le message central de l'Écriture dont dépend l'existence même de l'église. C’est un message pertinent pour les personnes de tous les temps, de tout lieu, de toutes les races, de toute classe sociale et de tous les âges, car « le résultat d’une violation fut la condamnation de tous les hommes » (Ro 5:18). Tous ont besoin du pardon des péchés devant Dieu, et les Écritures proclament que tous ont été justifiés, car « le résultat d'un acte de justice était une justification qui donnait la vie à tous les hommes ». (Ro 5:18). Nous croyons que les individus reçoivent ce don gratuit du pardon non pas sur la base de leurs propres œuvres, mais uniquement par la foi. (Eph 2:8-9). [...] D'un autre côté, bien que Jésus soit mort pour tous, les Ecritures disent que « celui qui ne croira pas sera condamné. » (Mr 16:16). Les incroyants perdent le pardon gagné par le Christ (Jn 8:24). »
  37. (en) Siegbert W. Becker, « Objective Justification », Wisconsin Lutheran Seminary (consulté le 26 janvier 2015), p. 1.
  38. (en) « Universal Justification » [archive du ], sur WELS Topical Q&A, Wisconsin Evangelical Lutheran Synod (consulté le 5 février 2015) : « Christ a payé pour tous nos péchés. Dieu le Père leur a donc pardonné. Mais pour bénéficier de ce verdict, nous devons en entendre parler et y croire. Si je dépose de l'argent à la banque pour que vous puissiez en bénéficier, vous devez en entendre parler et l'utiliser. Christ a payé pour vos péchés, mais pour en bénéficier, vous devez en entendre parler et y croire. Nous devons avoir la foi, mais nous ne devrions pas penser à la foi comme notre contribution. C'est un don de Dieu que le Saint-Esprit opère en nous. »
  39. (en)Augsburg Confession, Article V, Of Justification. Les gens « ne peuvent pas être justifiés devant Dieu par leurs propres forces, leurs mérites ou leurs oeuvres, mais sont librement justifiés pour l'amour de Christ, par la foi, quand ils croient qu'ils sont reçus en faveur et que leurs péchés sont pardonnés pour l'amour de Christ [...] . »
  40. (en) Keith D. Stanglin and Thomas H. McCall, Jacob Arminius: Theologian of Grace, Oxford University, 2012, p. 136. « La foi est une condition de justification ».
  41. (en)Paul ChulHong Kang, Justification: The Imputation of Christ's Righteousness from Reformation Theology to the American Great Awakening and the Korean Revivals, Peter Lang, 2006), p. 70, note 171. Calvin défend généralement la « vision monergiste » d’Augustin.
  42. (en) Walter A. Diehl, « The Age of Accountability », Wisconsin Lutheran Seminary (consulté le 10 février 2015) : « En plein accord avec les Ecritures, les confessions luthériennes enseignent le monergisme. « De cette manière aussi, les Saintes Écritures attribuent conversion, foi en Christ, régénération, renouveau et tout ce qui appartient à leur début et à leur accomplissement efficaces, et non aux pouvoirs humains du libre-arbitre naturel, ni entièrement, ni à moitié, ni en partie. toute partie, même la plus infime ou la plus insignifiante, mais in solidum, c'est-à-dire entièrement, uniquement, à l'œuvre divine et au Saint-Esprit » (Trigl. 891, F.C., Sol. Decl., II, p. 25). »
  43. (en)Monergism; thefreedictionary.com
  44. (en) « Calvinism and Lutheranism Compared » [archive du ], sur WELS Topical Q&A, Wisconsin Evangelical Lutheran Synod (consulté le 9 février 2015).
  45. (en)Roger E. Olson, Arminian Theology: Myths and Realities, InterVarsity Press, 2009, p. 18. « Synergisme arminien » se réfère à un « synergisme évangélique, qui affirme la prévenance de la grâce ».
  46. (en)The Westminster Confession of Faith, Chap. XVII, « Of the Perseverance of the Saints ».
  47. (en) « Once saved always saved » [archive du ], sur WELS Topical Q&A, Wisconsin Evangelical Lutheran Synod (consulté le 7 février 2015) : « Les gens peuvent déchoir de la foi. La Bible avertit : « que celui qui croit être debout prenne garde de tomber » (1 Corinthiens 10:12). Certains parmi les Galates avaient cru pendant un certain temps, mais étaient tombés dans une erreur qui détruisait l'âme. Paul les avertit : « Vous êtes séparés de Christ, vous tous qui cherchez la justification dans la loi; vous êtes déchus de la grâce. » (Galates 5:4). Dans son explication de la parabole du semeur, Jésus dit : « Ceux qui sont sur le roc, ce sont ceux qui, lorsqu’ils entendent la parole, la reçoivent avec joie; mais ils n’ont point de racine, ils croient pour un temps, et ils succombent au moment de la tentation. » (Luc 8:13). Selon Jésus, une personne peut croire pendant un certain temps puis tomber. Alors qu'ils croyaient posséder le salut éternel, ils ont perdu le don gracieux de Dieu lorsqu'ils ont perdu la foi. »
  48. (en) « Perseverence of the Saints (Once Saved Always Saved) » [archive du ], sur WELS Topical Q&A, Wisconsin Evangelical Lutheran Synod (consulté le 7 février 2015) : « Nous ne pouvons contribuer en aucun point à notre salut, mais nous pouvons le rejeter par arrogance ou par négligence. Par conséquent, les Ecritures nous exhortent à plusieurs reprises à combattre le bon combat de la foi. (Eph 6 et 2Ti 4 par exemple). Mes péchés menacent et affaiblissent ma foi, mais l’Esprit par l’évangile en paroles et en sacrements renforce et préserve ma foi. C’est pourquoi les luthériens parlent généralement de la préservation de la foi par Dieu et non de la persévérance des saints. La clé n'est « pas notre persévérance mais la préservation de l’Esprit ». »
  49. (en) Bruce Demarest, The Cross and Salvation: The Doctrine of Salvation, Crossway, 1997, p. 437-438.
  50. (en) Bruce Demarest, The Cross and Salvation: The Doctrine of Salvation, Crossway, 1997, p. 35. « Beaucoup d'Arminiens nient la doctrine de la persévérance des saints ».
  51. Michel Péronnet, Le XVIe siècle, Hachette U, 1981 p. 137.
  52. Émile Léonard, Histoire générale du protestantisme PUF, Tome 1, p. 45 .
  53. Jean Calvin, Institution de la religion chrétienne, Vrin, Paris, 1957-1963 II, III, 5.
  54. André Dumas, article « Calvinisme », Encyclopaedia Universalis, DVD, 2007.
  55. http://www.universalis.fr/encyclopedie/arminius-jacob-harmeszoon-dit-jacobus/
  56. http://journalchretien.net/10-monde/9-multimedia/290-videos/18011-pour-l-amour-de-dieu-un-reportage-de-france-2-sur-les-evangeliques
  57. http://www.gotquestions.org/Francais/assurance-salut.html
  58. http://www.gotquestions.org/Francais/doctrine-salut.html
  59. http://www.promesses.org/arts/83p8-11f.html
  60. http://www.atoi2voir.com/atoi/visu_article.php?id_art=27&n1=1&n2=50&n3=91
  61. http://www.info-bible.org/question/salut.htm

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Emmanuel Durand, L'offre universelle du salut en Christ, Éd. du Cerf, 2012, 448 p.
  • Bernard Sesboüé, Le Dieu du salut Vol. 1, Paris, Fleurus, 2012.
  • Bernard Sesboüé, Jésus-Christ l'unique médiateur - Essai sur la rédemption et le salut : JJC 33, Paris, Fleurus, 2011.
  • Raymond Winling, La Bonne Nouvelle du salut en Jésus-Christ. Sotériologie du Nouveau Testament, Paris, Éd. du Cerf, 2007, 527 p.

Articles connexes[modifier | modifier le code]