Étienne Bacrot

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Étienne Bacrot
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Étienne Bacrot en 2015

Naissance (32 ans)
Lille, (Nord)
Nationalité Drapeau de France Français
Profession
joueur d'échecs
Distinctions

Étienne Bacrot, né le à Lille (France), est un joueur d'échecs français, grand maître international en 1997 (à 14 ans et deux mois), champion du monde des moins de 10 ans et des moins de 12 ans, et septuple champion de France.

Au , il occupe la 29e place mondiale avec un classement Elo de 2 719 points et est no 2 français derrière Maxime Vachier-Lagrave (2 757 points).

Biographie et carrière[modifier | modifier le code]

Années de formation[modifier | modifier le code]

Champion du monde des moins de 10 ans à Bratislava en 1993, Étienne Bacrot récidive en moins de 12 ans à Sao Laurenzo (Brésil) ainsi qu'en parties rapides à Disneyland Paris en 1995 et devient la même année maître international suite à d'excellents résultats en compétition.

Cette même année, il se distingue en annulant une partie face au futur champion du monde « classique », Vladimir Kramnik, en 8e de finale du tournoi Intel de Paris (0,5 – 1,5). En mars 1997, il devient à 14 ans et deux mois l'un des plus jeunes GMI de l'histoire du jeu.

Après avoir eu comme mentor Éric Prié (champion de France 1995), il commence — à partir de 1993 — à s'entraîner avec le grand maître ukrainien Iossif Dorfman (naturalisé français depuis) connu pour avoir été l’entraîneur de Garry Kasparov de 1984 à 1988. Celui-ci ne tarissait pas d'éloges sur son jeune élève : « Je n’ai jamais vu un tel prodige. Au même âge (12 ans), Kasparov était moins profond, moins fort tout simplement ». Il est le meilleur espoir français et devance de loin ses homologues nationaux.

Matches à Albert (1995 à 2004)[modifier | modifier le code]

Étienne Bacrot en 1999.

Jouant aussi bien en tournoi qu'en compétition par équipes dès son jeune âge, Bacrot jouait chaque année, de 1995 jusqu’à 2004, un match en six parties contre un joueur de classe mondiale dans sa ville d'Albert dans la Somme. Depuis, il s'exerce en participant à de nombreux tournois de première catégorie de l'élite mondiale.

Lors de ces fameux matchs, il bat en 1995 Levon Aronian, puis en 1996 l'ancien champion du monde Vasily Smyslov, sur le score de 5-1. En 1997, il perd son duel contre Viktor Kortchnoï, l'ancien candidat au titre mondial contre Anatoli Karpov, 4-2. En 1998, il bat Robert Hübner 3,5-2,5. En 1999, il perd contre Aleksandr Beliavski 3,5-2,5, mais bat Judit Polgar, la meilleure joueuse du monde, à Bastia (en semi-rapide). En 2000, il fait jeu égal avec Anatoly Karpov (Cannes 2000, rythmes multiples), puis perd 4 à 2 son match face à Nigel Short, le challenger de Garry Kasparov pour le titre mondial en 1993. En 2001, il fait match nul 3-3 contre Emil Sutovsky, l'un des meilleurs joueurs israéliens. En 2002, il bat Boris Gelfand 3,5-2,5. Enfin, en 2004, il gagne contre Ivan Sokolov 3,5-2,5.

Champion de France[modifier | modifier le code]

Étienne Bacrot remporte le championnat de France individuel à six reprises. Après cinq titres consécutifs de 1999 à 2003, il ne participe pas aux éditions des années suivantes pour diverses raisons. En 2004, il réalise une performance parfaite de 11 points sur 11 au championnat de France par équipes avec le NAO Chess Club, ce qui lui permet de devenir le premier Français à passer la barre des 2 700 points Elo.

En août 2008, après cinq années de non-participation, son retour au championnat de France, qui se déroule à Pau cette année-là, donne un nouveau suspens au tournoi, puisque Bacrot doit faire face au prodige — alors âgé de 17 ans — Maxime Vachier-Lagrave, champion de France en titre, qu'il réussit tout de même à battre aux blitz de départage pour se procurer son sixième titre national.

En 2012, il remporte son septième titre de champion de France.

Carrière internationale[modifier | modifier le code]

Vainqueur de la coupe d'Europe des clubs (2003-2004)[modifier | modifier le code]

Étienne Bacrot au 37e Festival de Bienne en juillet 2004.

Bacrot remporte à deux reprises la prestigieuse Coupe d’Europe des clubs en 2003 et 2004 avec l'équipe du NAO.

Coupe du monde 2005 et tournoi des candidats 2007[modifier | modifier le code]

Depuis cette entrée dans le club des super-GMIs, il est invité dans les plus grands tournois internationaux. En 2005 et 2011, il gagne le tournoi d'échecs de Poïkovski (|trophée Karpov-Poïkovski). Il obtient aussi son meilleur classement en avril 2005, en devenant 8e joueur mondial avec 2731 Elo. En juillet 2005, à Dortmund, il se classe 3e en battant notamment Vladimir Kramnik (champion du monde Braingames). Fin 2005, il atteint les demi-finales de la coupe du monde d'échecs 2005 et se classe troisième, se qualifiant ainsi pour le prochain cycle des candidats au titre mondial.

Étienne Bacrot lors du tournoi de Wijk aan Zee 2006.

L'année 2006 fut plus difficile pour Étienne. Invité pour la première fois dans trois des plus forts tournois fermés réservés à l'élite, les tournois de Wijk aan Zee, Linares et Sofia, il déçoit lors de l'ensemble de ces tournois en terminant régulièrement dans les dernières places.

Lors du Chess Classic Mainz 2006, Bacrot se qualifie pour le Championnat du monde 2007 d'échecs aléatoires Fischer qui l'oppose à Levon Aronian en remportant un tournoi de qualification avec la participations de joueurs comme Aleksandr Morozevitch, Aleksandr Grichtchouk ou encore Rustam Qosimjonov.

Après une saison passée au club du Paris Chess 15, il rejoint par la suite Marseille Échecs jusqu'en 2013. Il est ensuite licencié à Bischwiller.

Il se fait éliminer en juin 2007 du cycle du championnat du monde 2007 au 1er tour des matches des candidats par l'américain Gata Kamsky (sur le score de 0,5-3,5 au bout de 4 parties, le match étant arrêté à ce stade du fait de l'écart de 3 points impossible à rattraper lors des deux dernières parties prévues).

En raison notamment de cette contre-performance, il repasse brièvement sous la barre des 2 700 au classement Elo pour la retrouver au 1er janvier 2008.

Lors de la Coupe du monde d'échecs 2007, Étienne Bacrot, après avoir éliminé le Philippin Darwin Laylo, puis l'Israélien Michael Roiz, se fait éliminer au troisième tour par l'Ukrainien Sergueï Kariakine.

Dans une interview au magazine Europe Échecs (n°576 - avril 2008), Étienne Bacrot fait part de son ambition de retrouver le top 10 mondial, qu'il n'a pas revu depuis l'année 2005, déclarant tout de même que le temps n'était pas illimité face à la montée de la nouvelle génération, représentée notamment par Magnus Carlsen et Sergueï Kariakine.

En novembre 2007, il se qualifie pour la finale du championnat du monde de blitz (parties de 5 minutes) à Moscou.

Depuis 2009[modifier | modifier le code]

En 2009, Bacrot remporte l'Open Aeroflot à Moscou, considéré par beaucoup comme le plus fort open du monde, ce qui le qualifie pour le tournoi d'échecs de Dortmund, un des trois tournois majeurs de l'année, où il finit 5e sur 6 en juillet 2009. Lors de la coupe du monde d'échecs 2009, il est éliminé au quatrième tour (en huitième de finale) après avoir battu Friso Nijboer, Krishnan Sasikiran et Wang Yue.

En octobre 2010, il finit troisième du tournoi d'échecs de Nankin en battant, entre autres, le champion du monde Viswanathan Anand[1]. Lors de la coupe du monde d'échecs 2011, il bat Ray Robson au premier tour, puis Anton Filippov avant d'être éliminé au troisième tour par Radjabov. Lors de la coupe du monde d'échecs 2013, il est battu au deuxième tour par Aleksandr Moiseenko.

En 2015, il termine cinquième ex æquo du super-tournoi de Grenke de Baden-Baden.

Avec l'équipe de France[modifier | modifier le code]

En novembre 2006, Étienne Bacrot crée l'exploit lors de l'Olympiade d'échecs de 2006 à Turin. En effet, il réalise une performance à plus de 2 800 Elo en battant à plusieurs reprises des joueurs de l'élite mondiale, notamment Gata Kamsky. Il décroche ainsi une médaille de bronze.

En 2013 il fait partie, au premier échiquier, de l'équipe de France qui termine vice-championne d'Europe d'Échecs par équipes au Championnat d'Europe d'échecs des nations à Varsovie[2].

Vie privée[modifier | modifier le code]

Étienne Bacrot a un fils nommé Alexandre et une fille nommée Victoria avec sa compagne Nathalie Bonnafous, elle-même joueuse d'échecs de bon niveau avec un Elo aux alentours des 2100.

Palmarès[modifier | modifier le code]

Étienne Bacrot en 2013.
Bacrot victorieux à Quenza en 2013.
Année Fait notable
1993 Champion de France poussins
1993 Champion du monde des moins de 10 ans à Bratislava (Slovaquie)
Champion d'Europe des moins de 10 ans à Szombathely
1995 Champion du monde des moins de 12 ans à Laurenzo (Brésil)
Champion d'Europe des moins de 12 ans à Verdun
Deuxième du Masters d'échecs d'Enghien
Titre de maître international à l'âge de 12 ans
1996 Match contre Vasily Smyslov : victoire (5-1)
1997 Titre de grand maître international à l'âge de 14 ans.
Vainqueur du Masters d'échecs d'Enghien
1998 Match contre Robert Hübner : victoire (3,5-2,5)
1999 Premier titre de Champion de France à l'âge de 16 ans
Victoire au Lausanne Young Masters qui réunit les meilleurs jeunes joueurs mondiaux
2000 Deuxième titre de champion de France
2001 Troisième titre de champion de France
2002 Match contre Boris Gelfand : 3,5-2,5
Quatrième titre de champion de France
2003 Cinquième titre de champion de France
2004 Match contre Ivan Sokolov : 3,5-2,5
Score de 11 points sur 11 lors du championnat de France des Clubs 2004
Premier Français à dépasser la barre des 2 700 points Elo
2005 Premier Français à atteindre le top 10 des meilleurs joueurs mondiaux.
Troisième place au tournoi de Dortmund Sparkassen
Victoire au Tournoi Karpov de Poïkosvki
Troisième place à la Coupe du monde d'échecs 2005
Médaille de bronze par équipes au championnat d'Europe par équipes
2006 Médaille de bronze individuelle à l'Olympiade d'échecs de Turin 2006
Qualification pour le championnat du monde d'échecs aléatoires Fischer
2007 Qualification pour le championnat du monde de blitz
2008 Deuxième place au Tournoi de Wijk aan Zee B
Sixième titre de champion de France
2009 Vainqueur à l'Open Aeroflot à Moscou
Quatrième du Grand Prix FIDE de Naltchik
2010 Troisième place au tournoi de Nankin[3]
2011 Champion de France de blitz
Deuxième victoire au tournoi de Poïkovski (tournoi de catégorie 19)[4]
2012 Victoire au Corsica Masters à Bastia
Septième titre de champion de France (titre partagé)
Troisième place ex æquo au grand prix FIDE de Paris
2013 Gain du trophée Karpov au Cap d'Agde contre Anatoli Karpov
Victoire au tournoi de Quenza
Médaille d'argent par équipes au championnat d'Europe par équipes
2014 Troisième du tournoi de Poïkovski
Troisième du Tournoi d'échecs de Şəmkir B

Partie remarquable[modifier | modifier le code]

a b c d e f g h
8
Chessboard480.svg
Tour blanche sur case blanche g8
Pion blanc sur case noire a7
Pion noir sur case blanche h7
Roi blanc sur case noire b6
Pion blanc sur case blanche b5
Roi noir sur case blanche e4
Pion noir sur case noire f4
Tour noire sur case noire a3
Pion noir sur case noire g3
Pion noir sur case blanche e2
8
7 7
6 6
5 5
4 4
3 3
2 2
1 1
a b c d e f g h
J.Polgar-Bacrot, position finale

Judit Polgar (2671) – Étienne Bacrot (2592), Bastia, 1999[5].

1.e4 e5 2.Cf3 Cc6 3.Fb5 a6 4.Fa4 Cf6 5.0-0 b5 6.Fb3 Fc5 7.c3 d6 8.d4 Fb6 9.Fe3 0-0 10.Cbd2 Fb7 11.Te1 Te8 12.d5 Ce7 13.Fxb6 cxb6 14.Fc2 Dd7 15.Fd3 Tec8 16.Tc1 Tc7 17.b4 g6 18.De2 Tac8 19.c4 Cexd5 20.exd5 Cxd5 21.Fe4 f5 22.Fxd5+ Fxd5 23.Dd3 Fe6 24.Cg5 bxc4 25.Dh3 De7 26.Cxe6 Dxe6 27.Dc3 b5 28.f4 e4 29.Cf3 Df7 30.Cd4 d5 31.Tcd1 Te8 32.Rf2 Dg7 33.h4 Tce7 34.Te3 Td7 35.h5 Dh6 36.Ce2 Dxh5 37.Df6 Dh6 38.Dc6 Ted8 39.De6+ Rh8 40.Th3 Dg7 41.Cd4 Td6 42.De5 Dxe5 43.fxe5 Tb6 44.Re3 Rg7 45.Ce2 Te6 46.Cd4 Txe5 47.Cc6 d4+ 48.Rf4 Ted5 49.Cxd8 Txd8 50.Ta3 d3 51.Txa6 c3 52.Tc6 c2 53.Tc7+ Rf6 54.Tc6+ Rf7 55.Tc7+ Rf6 56.Tc6+ Rf7 57.Tc7+ Re6 58.Th1 d2 59.Txc2 d1=D 60.Txd1 Txd1 61.Tc6+ Td6 62.Tc5 Td2 63.Txb5 Txg2 64.a4 g5+ 65.Re3 Tg3+ 66.Rd4 Td3+ 67.Rc4 Ta3 68.a5 g4 69.Tb8 g3 70.Tg8 Re5 71.Rb5 f4 72.a6 e3 73.Rb6 Re4 74.a7 e2 75.b5 0-1

Notes et références[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]