Unité disciplinaire

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Une unité disciplinaire ou unité pénitentiaire est une formation militaire dont les soldats sont des condamnés purgeant en leur sein la peine prononcée par une juridiction militaire. Selon sa taille, une telle unité peut être un bataillon disciplinaire, une compagnie disciplinaire ou un régiment disciplinaire.

Histoire[modifier | modifier le code]

Les premières unités disciplinaires semblent être apparues au XIXe siècle, tant au Royaume-Uni qu'en France.

Fonctionnement[modifier | modifier le code]

Le passage au sein d'une unité disciplinaire est soit une peine prononcée directement comme telle par la justice disciplinaire, soit un mode alternatif commuant par exemple une peine capitale ou de longues peines d'emprisonnement.

La vie au sein de ces unités, constituées de repris de justice, est réputée pour être particulièrement dure : discipline de fer, missions suicides — lutte antipartisan, déminage sous le feu ennemi, etc. — et la promesse faite aux soldats-condamnés de recouvrer la liberté après leur service demeure bien souvent illusoire.

Exemples[modifier | modifier le code]

Royaume-Uni[modifier | modifier le code]

France[modifier | modifier le code]

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La France est le pays qui a le plus développé la législation sur les unités militaires de détenus et de libérés, que celles-ci soient composées de disciplinaires, c'est-à-dire de soldats chasses de leurs unités d'origine par décision du conseil de discipline et regroupes dans des unités spéciales, ou d'anciens repris de justice libérés de leurs peines de droit pénal militaire ou de droit commun et verses dans des unités de combat. Sous l'Ancien Régime, on n’avait jamais réussi a établir un système viable de longue durée pour les condamnes de l'armée. La peine de mort pour trahison à l'époque médiévale, les galères dès le seizième siècle – le service de la rame devenant une souffrance avec l’installation de l’artillerie dans les navires – ne traduisent qu'un abaissement de la pénalité. En 1748, lorsque les galères deviennent complètement obsolètes à cause des progrès de la marine et se transforment en bagnes portuaires (Brest de 1748 à 1858, Toulon de 1748 à 1873, Rochefort de 1776 à 1852) on en est toujours au même point. Les civils sont mélangés avec les militaires, et la réinsertion civile ou militaire est inexistante. Le marquage au fer rouge (fleur de lys ou l’inscription "GAL") fut dans les galeres la symbolique de l’exclusion définitive.L ex soldat recevait une "cartouche rouge d infamie" l excluant a vie de l armee.Il ne pouvait signer d engagement qu au sein du bataillon d Afrique,unite postee au Senegal depuis 1679, et dont la force varia d une compagnie a deux ou trois,soldees par les compagnies de traite negriere.Les BILA récupérèrent son nom en 1832. C'est Louis XVI, le premier, qui ordonne en 1775 la création des galères de terre afin de séparer les militaires des civils. Les places de Lille, de Metz, de Besançon et de Lyon se partagent les soldats condamnes pour délit militaire, le plus souvent la désertion. Avec la Révolution, les armées atteignent des chiffres exceptionnels et se heurtent dès la politique de la réquisition (1793) au nombre croissant de jeunes gens réfractaires ou déserteurs.De nouveaux bagnes pour militaires et marins ouvrent(Nice de 1792 a 1811,Lorient de 1796 a 1830,Le Havre de 1798 a 1803,Cherbourg de 1803 a 1815). On s'essaye en 1796 à constituer une "légion noire" composée de bagnards libérés, des Chouans du bagne de Brest et des Vendéens du bagne de Rochefort, mais l'essai tourne court. La même année de jeunes délinquants sont verses dans la marine.Comme le royaute qui recuperait naguere des liberes pour servir dans les dragons,les regimes politiques issus de la Revolution n entendent pas ecarter des servitudes militaires les repris de justice aptes au port des armes. Le consulat crée en 1801 le dépôt colonial du Havre pour les déserteurs et les réfractaires, puis l’année suivante de nouveaux dépôts à Dunkerque, Nantes, Rochefort, Bordeaux, Marseille, et enfin à Villefranche-sur-Mer et à Ajaccio. Le décret du 16 août 1803 crée 4 bataillons coloniaux (Bergues, ile Marcouff, ile d'Yeu, Belle-Ile) forts de 600 hommes, soumis à une discipline implacable ou déserteurs, réfractaires et condamnés de droit commun ont vocation à être "redressés" pour faire le service aux colonies. Les troupes partent pour Saint-Domingue, la Guadeloupe et la Martinique. Les campagnes meurtrières de 1805 à 1809 drainent vers les citadelles des divisions militaires territoriales un nombre toujours constant d’hommes rebelles à l’ordre impérial. On crée donc 5 régiments de repris et de détenus : Walcheren, Belle-Ile, ile de Ré, ainsi que les 1er et 2e régiments de la Méditerranée. Au moment de la campagne de Russie (1812) ces régiments sont transformés en 131e, 132e et 133e RI et en 35e et 36e légers. Intégrés à la division Durutte du IXe corps Augereau,ces troupes se battent bravement et se couvrent de gloire à Wolkowisck (1812) en Saxe (1813) et à Rosnay (1814). Régiments et bataillons sont tous dissous en 1814. Il n'y aura plus jamais d’unités disciplinaires à gros effectifs. On créera bien en 1870 un bataillon de marche des compagnies de discipline (4 compagnies de fusiliers et une de pionniers) mais il sera dissous le 31 décembre 1870, après quelques combats autour du Mans au sein de la IIe armée de la Loire du général Chanzy.Sources:archives du SHAT de Vincennes. Pour les petites unités de discipline, voir la suite dans la rubrique "discussions".

Nota : les bataillons d'infanterie légère d'Afrique, formés à partir de 1832, sont constitués de détenus ayant a achever leur service apres un temps de detention plus ou moins long.Il ne s'agit pas à proprement parler d'unités disciplinaires; ce rôle était réservé aux compagnies de fusiliers et de pionniers de discipline,appelees "BIRIBI".

Au 1er janvier 1849, on dénombre une douzaine de compagnie de discipline, différenciées en fusiliers et pionniers. Ces compagnies, commandées par des capitaines, tiennent garnison à Mostaganem, Dellys, El Assel, Philippeville, Tenes, Bougie, Oran et Cherchell.Elles seront dissoutes en 1910 et remplacees par les sections spéciales.

Italie fasciste[modifier | modifier le code]

Allemagne nazie[modifier | modifier le code]

Union soviétique[modifier | modifier le code]

Nota : L'autobiographie de l'auteur soviétique Vladimir Karpov évoque son passage au sein d'une unité disciplinaire de l'Armée rouge, dont il est libéré pour acte de bravoure ; il terminera la guerre comme colonel d'une unité de la Garde et sera fait Héros de l'Union soviétique.

Espagne franquiste[modifier | modifier le code]

  • 91e bataillon disciplinaire (en espagnol : batallón disciplinario), stationné à Vilaflor sur l'île de Ténérife entre 1941 et 1944

États-Unis[modifier | modifier le code]

Croatie[modifier | modifier le code]

  • Kaznjenička bojna, unité spéciale croate créée entre 1991 ayant participé aux guerres de Yougoslavie jusqu'en 1994.

Dans la fiction[modifier | modifier le code]

L'imagerie véhiculée par l'existence d'unités disciplinaires au cours de l'histoire a fait florès dans les œuvres de fiction :

  • Штрафбат (ru), série télévisée russe en onze épisodes, réalisée par Nikolai Dostal en 2004, encensée par la critique.
  • Les Douze Salopards, film américain réalisé par Robert Aldrich en 1967, basé sur le roman d'Ernest M. Nathanson ; l'intrigue porte sur un commando suicide de douze condamnés américains.
  • Sven Hassel, écrivain danois, auteur d'une série de romans portant sur une unité imaginaire, le 27e régiment disciplinaire blindé.
  • Le Temps de la colère, film américain réalisé par Richard Fleischer en 1956 ; le film porte sur un homme envoyé au sein d'une unité disciplinaire et allant combattre sur le front japonais.
  • Dans la trilogie de Paullina Simons (en) Le Chevalier de bronze (en), le personnage principal, Alexander Belov, est condamné à servir au sein d'un bataillon disciplinaire de l'Armée rouge.
  • Dans le jeu vidéo Command and Conquer : Alerte rouge 3, le camp soviétique dispose d'unités disciplinaires antiaériennes ; les commentaires de ces unités font état de leur situation contrainte au sein de ces unités.
  • Dans le jeu de figurines Warhammer 40,000, les unités intitulés « légions pénales » sont constituées de prisonniers condamnés sous n'importe quel prétexte, depuis un retard de restitution d'ouvrage à la bibliothèque jusqu'au meurtre.
  • Dans le manga Sekirei, certaines unités sont désignées comme des « escouades disciplinaires ».
  • Dans le jeu vidéo Men of War: Condemned Heroes, le joueur incarne et contrôle plusieurs sections et groupes d'unités disciplinaires soviétiques pendant la Seconde Guerre mondiale.

Sources[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Ingo Petersson. Bataillon 500, L'Enfer disciplinaire des SS.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

en anglais 
  • Conquest, Robert, Kolyma: The Arctic Death Camps, Methuen Press, (1978) ISBN 978-0-670-41499-4
  • Hatch, Gardner N., American Ex-prisoners of War: Non Solum Armis, Turner Publishing Company, (1988), ISBN 978-1-56311-624-7
  • Krivosheev, G.F. Soviet Casualties and Combat Losses in the twentieth century, London, Greenhill Books, 1997, ISBN 978-1-85367-280-4. Disponible en ligne en russe : [1].
  • Lebed, Alexander (Gen.), My Life and My Country, Regnery Publishing, Inc. (1997) ISBN 978-0-89526-422-0
  • Manazeev, Igor, A 'Penal' Corps on the Kalinin Front, Journal of Slavic Military Studies, vol. 15, Issue 3, September 2002 (OCLC 201968754)
  • Mawdsley, Evan, The Stalin Years: The Soviet Union 1929-1953, Manchester University Press (2003), ISBN 978-0-7190-6377-0
  • Suvorov, Viktor, Inside The Soviet Army, Hamish Hamilton (1982), ISBN 0-241-10889-6
  • Tolstoy, Nikolai, Stalin's Secret War, New York: Holt, Rinehart & Winston (1981), ISBN 0-03-047266-0
  • Toppe, Alfred, Night Combat, Diane Publishing (1998), ISBN 978-0-7881-7080-5

Liens externes[modifier | modifier le code]