Marquage au fer

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : Navigation, rechercher
Marquage au fer d'un poney galicien

Le marquage au fer est une pratique consistant à appliquer sur une partie du corps un objet chauffé afin d'y laisser une forme particulière et durable, voire définitive.

Pratiqué entre membres d'un groupe ou en manière de tatouage, le marquage s'appelle le branding.

Sommaire

Chez l'animal [modifier]

Marques en fer.

Origines [modifier]

À l'origine, tout objet chaud ou brûlant, comme un tison ou un bâton, était utilisé pour marquer un animal. Avec l'essor de l'élevage en Europe au Moyen Âge, le marquage au fer rouge se développe pour identifier le propriétaire des animaux à peaux épaisses comme les vaches ou les chevaux.

Dans l'ouest américain, le marquage au fer se développe avec les cowboys. L'outil utilisé est composé d'une tige de fer avec à son bout la marque du propriétaire du ranch. Cette marque unique sur les animaux permettait dans l'ouest américain un mélange des troupeaux lors des convoyages, sans risques de pertes lors de leur séparation.

De nos jours [modifier]

Cheval marqué au fer

Le marquage au fer est moins commun que dans le passé. Cependant, le marquage a toujours des utilisations. Le but principal est de prouver la propriété des animaux perdus ou volés.

Aujourd'hui, le marquage à froid est également employé. Ceci implique de plonger le fer dans l'azote liquide -195,79 °Celsius (Les chevaux sont sous sédatif), créant une "marque de brûlure" (semblable à celle créée par une marque chaude). Là se forme une pigmentation de couleur et les racines du poil sont détruites. Le grand avantage de l'azote c'est que les poils repoussent blanc. Au fer rouge les poils ne repoussent pas. Une marque faite a l'azote se voit beaucoup plus le Quarter Horse et le paint sont marqués de cette façon.

En France, le marquage au fer est obligatoire pour les chevaux sortant en compétition d'élevage (cycles classiques). Dans l'armée, une marque à l'encolure caractérisait les chevaux prématurément réformés[1]. En Camargue, le marquage au fer (appelé ferrade) est utilisé pour identifier les bêtes des manades.

Plusieurs États de l'ouest des États-Unis ont des lois strictes concernant les marques au fer, y compris l'enregistrement de marque et les inspections exigées. Dans beaucoup de cas, une marque sur un animal est considérée à première vue comme une preuve de propriété.

Dans de nombreux pays, le marquage au fer a été remplacé par des étiquettes (boucles) fixées aux oreilles ou encore l'implantation de puces électroniques individualisées.

Chez l'homme [modifier]

Origine [modifier]

Le marquage au fer des hommes se pratique dans les contextes de l'esclavage, de la torture et l'emprisonnement et de certains groupes humains.

L'esclavage utilisa abondamment le marquage au fer rouge. La marque était utilisée pour désigner le propriétaire de l'esclave. L'esclave pouvait avoir autant de marques que de propriétaires consécutifs comme peut l'être une tête de bétail. Il devenait ainsi un bien pouvant être acheté et revendu pour toute fin pratique : travaux pénibles, domesticité, ou comme objet d'agrément.

Le « Code Noir » français de 1685 instaurait le marquage au fer, d'une fleur de lys, comme châtiment envers les esclaves noirs fugitifs ou coupables de vol[2].

Des marques au fer étaient également employées comme punition pour les criminels condamnés, combinant la punition physique, les brûlures étant très douloureuses, avec l'humiliation publique (d'autant plus grande si la marque est sur une partie visible du corps) qui est ici l'intention première. Cette marque était une sorte de casier judiciaire indélébile.

La forme du marquage était souvent choisie comme code pour le crime.

Par exemple dans les prisons militaires canadiennes D pour la désertion, BC (Bad Character) pour le mauvais caractère, la plupart des hommes marqués étaient envoyés dans des colonies éloignées.

En 1810, le Code Pénal français prévoyait le marquage sur l'épaule droite du condamné d'un signe distinctif de sa faute : T pour les travaux forcés, TP pour les travaux à perpétuité et F pour les faussaires. Cette pratique est abolie par la loi du 31 août 1832, ce qui conduit la police française à développer l'anthropométrie judiciaire qui débouche sur le bertillonnage mis au point en 1879.

Un marquage pouvait être requis lorsqu'une condamnation était réduite légalement, avec ou sans délai, à un statut de prisonnier esclave, comme sur les galères (marqués GAL en France), dans une colonie pénale, ou vendu aux enchères.

Initiation [modifier]

Généralement volontaire, mais souvent sous une forte pression sociale, le marquage au fer est employé comme forme douloureuse d'initiation testant la résistance et la motivation (rite de passage) du sujet.

De plus, c'est une marque permanente d'adhésion, principalement dans les cercles violents masculins.

Le Branding est ainsi pratiqué par :

Sado-masochisme [modifier]

Dans des rapports extrêmes de domination et de soumission du BDSM, un esclave volontaire peut désirer ou accepter être marqué pour signifier son appartenance ou son engagement (probablement plus à la pratique qu’au maître).

Esthétiques [modifier]

Toronto, ON. Modern strike branding by Blair, 2005. Dylan Hayward

Le marquage au fer est aussi une méthode volontaire et personnelle de modification corporelle et entre dans le cadre d'une démarche esthétique, parfois identitaire. La pratique du marquage au fer est généralement nommée branding par les adeptes des modifications corporelles.

Il est courant de rencontrer des porteurs de branding arborant des tatouages, voire d'autres modifications corporelles.
Exemple avec Glen Benton, chanteur du groupe Deicide qui arbore une croix renversée sur le front (signe de rejet du christianisme)

Personnages célèbres [modifier]

Milady de Winter, personnage de fiction, agent du cardinal de Richelieu dans le roman Les Trois Mousquetaires d'Alexandre Dumas, est marquée d'une fleur de lys, signifiant qu'elle fut voleuse et ainsi condamné à la peine capitale.

Voir aussi [modifier]

Articles connexes [modifier]

Notes et références [modifier]

  1. Manuel d'hippologie, éditions Charles-Lavauzelle
  2. art 36 et 38 du Code Noir de Louis XIV (1685)

Liens externes [modifier]