Bagne de Biribi

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Biribi est un terme informel qui désigne, non un lieu réel, mais un ensemble de compagnies disciplinaires et d'établissements pénitentiaires qui étaient stationnés en Afrique du Nord, alors colonie française, et destinés à recevoir les militaires réfractaires ou indisciplinés de l'armée française.
Dans ces véritables bagnes, les soldats effectuaient divers travaux de force soumis à un régime très dur.

Sommaire

[modifier] Histoire

Les centres disciplinaires apparurent après la chute du Second empire et le début de la colonisation française en Afrique du Nord[1].

Ces centres disciplinaires pouvaient accueillir jusqu'à 15 000 prisonniers[1]. Y régnait une justice militaire arbitraire, pouvant infliger des sanctions corporelles inhumaines[1] comme la "crapaudine" (rester accroupi au soleil) ou le "silo" (une fosse où le prisonnier croupissait nu[1]).

Biribi a notamment été rendu célèbre par le livre de Georges Darien, Biribi, discipline militaire, publié en 1890[2], par la chanson que lui consacra Aristide Bruant, A Biribi (1891), et par les reportages plus tardif qu'en firent Jacques Dhur, Les bagnes militaires. Arbitraire et cruauté (1906), et Albert Londres.
Publié en 1924 dans Le Petit Parisien (puis en volume sous le titre Dante n'avait rien vu), le reportage d'Albert Londres contribua à attirer l'attention du grand public sur cette institution et participa ainsi à la réforme des pénitenciers militaires français.

En ouverture de son livre, Albert Londres, définit Biribi comme suit:

« Il s’agit des pénitenciers militaires.
C’est là que vont "payer" les condamnés des conseils de guerre.
Les bataillons d’Afrique fournissent la majorité de cette clientèle.
Le reste provient des corps de France, de l’armée du Rhin, de l’armée de Syrie, du régiment de Chine.
Désertion, bris d’armes, destruction d’effets militaires, vols, attentats sur des personnes, refus d’obéissance, outrage à des supérieurs pendant le service.
Tels sont les crimes ou les délits.
Ces condamnés sont au moins trois mille cinq cents.
On les appelle les pègres, voire les pégriots. »

[modifier] Les centres

Biribi a plusieurs maisons mères:

[modifier] Lien interne

[modifier] Références

  • Dominique Kalifa, Biribi. Les bagnes coloniaux de l'armée française, Paris, Perrin, 2009.
  • Dominique Kalifa, Biribi: histoire d'un non-lieu de l'imaginaire français, in John West-Sooby (ed), Nowhere is perfect, Newark, University of Delaware Press, 2008, p. 156-176.
  • Albert Londres, Dante n’avait rien vu, Paris, Le Serpent à plumes, coll. « Motifs », 1999. [Première édition : Paris, Albin Michel, 1924]
  • Georges Darien, Biribi, discipline militaire, Paris, Le Serpent à plumes, coll. « Motifs », 1998. [Première édition : Paris, Savine, 1890]
  • Aristide Bruant, « À Biribi », in Dans la rue. Chansons et monologues vol. 2, Paris, 1889-1895. [Il existe différents enregistrements de cette chanson dont un par Les Quatre Barbus dans leur disque Chansons Anarchistes et par Marc Ogeret dans "Ogeret chante Bruant"]
  • "1910: Meure Biribi, sauvons Rousset!" , article paru dans Alternative libertaire d'avril 2010.
  • Biribi : L'Assiette au beurre n° 227 du 5 août 1905 - dessins de Bernard Naudin.

[modifier] Notes

  1. a, b, c et d "Quand la France broyait ses soldats" de François-Guillaume Lorrain, Le Point, 2 avril 2009.
  2. En ligne sur In Libro Veritas (2006).
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