Troisième guerre civile centrafricaine

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Troisième guerre civile centrafricaine
Informations générales
Date Septembre 2013 - en cours
Lieu Drapeau de la République centrafricaine République centrafricaine
Issue
Belligérants
Drapeau de la France France
FOMAC (MICOPAX)
(jusqu'au 15 décembre 2013)

MISCA

Drapeau de la Belgique Belgique
Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni
Drapeau du Maroc Maroc
Drapeau de la République centrafricaine République centrafricaine
(depuis janvier 2014)

Anti-balaka Drapeau de la République centrafricaine République centrafricaine
(septembre 2013 - janvier 2014)
Commandants
Drapeau de la République centrafricaine Catherine Samba-Panza
Drapeau de la France François Hollande
Drapeau de la France Francisco Soriano
Drapeau de la République du Congo Jean-Marie Michel Mokoko
Drapeau du Maroc Mohammed VI
Drapeau de la République centrafricaine Michel Djotodia White flag icon.svg Démissionne le 10/1/2014
Drapeau de la République centrafricaine Général Yahia †
Forces en présence
Drapeau de la France 2 000

ECCAS logo.gif 2 694

6 000

Drapeau du Maroc 250[5]

~ 60 000[6] Seleka :
~ 25 000[7]
Pertes
Drapeau du Tchad 13 morts[9]
Drapeau de la République du Congo 5 morts[9]
Drapeau de la France 3 morts[10]
Drapeau de la République démocratique du Congo 1 mort[9]
inconnues inconnues
2 000 morts
1 000 000 déplacés
(en décembre 2013 et en janvier 2014, selon l'ONU)[8]
Batailles
Première guerre civile centrafricaine (2004-2007)

Deuxième guerre civile centrafricaine (2012-2013)
1er Bangui

Troisième guerre civile centrafricaine (2013-)
Bouca · Gaga · Bouar · Massacre de Bouar · Incendie de Camp Bangui · Massacre de Boali · 2e Bangui · Bossangoa · Opération Sangaris · Bozoum · Massacre de Bohong · Massacre de Bossembélé‎ · Massacre de Bossemptélé · Massacre de Baoro · Boali · 1er Grimari · 2e Grimari · Boguila · Batangafo

La troisième guerre civile centrafricaine est un conflit inter-communautaire apparu au cours de l'année 2013 en République centrafricaine.

Elle oppose notamment les milices de la Seleka, à majorité musulmane et fidèle au nouveau président Michel Djotodia, à des groupes d'auto-défense chrétiens, peut-être soutenus par des anciens militaires des Forces armées centrafricaines fidèles à l'ancien président François Bozizé.

Le conflit se caractérise par de nombreuses exactions contre les civils, musulmans ou chrétiens. Un grand nombre d'entre-eux fuient les villages pour se réfugier dans la brousse. La situation débouche sur une crise humanitaire importante, aggravée par le chaos sécuritaire.

Le 5 décembre 2013, alors que des violents combats éclatent à Bangui et Bossangoa, une résolution de l'ONU autorise le déploiement de la MISCA, appuyée par la France afin d'intervenir pour stabiliser la situation.

Contexte[modifier | modifier le code]

À la suite de la victoire militaire de Michel Djotodia sur François Bozizé en mars 2013 à l'issue de la deuxième guerre civile de Centrafrique, la stabilité n'est pas revenue dans le pays. Les combats entre milices d'autodéfense (parfois appelées anti-balaka, « antimachettes ») et forces armées centrafricaines se multiplient à partir d'octobre 2013 et l’État ne semble plus en mesure de faire régner l'ordre[11]. La force multinationale de l'Afrique centrale déployée par la Communauté économique des États de l'Afrique centrale pour aider à sécuriser la région est dépassée[12].

Le 5 décembre 2013, par la résolution 2127, le conseil de sécurité des Nations unies autorise le « déploiement de la Mission internationale de soutien à la Centrafrique sous conduite africaine (MISCA) pour une période de 12 mois » officiellement pour mettre fin à la « faillite totale de l'ordre public, l'absence de l'état de droit et les tensions interconfessionnelles »[13]. La MISCA est appuyée par des forces françaises autorisées à prendre « toutes les mesures nécessaires ».

Déroulement[modifier | modifier le code]

Violences des Seleka[modifier | modifier le code]

Entre mars et juin 2013, de très nombreuses exactions sont commises par les membres de la Seleka, milice musulmane. Human Rights Watch, présent sur place, chiffre à un millier le nombre de maisons ou habitations détruites, et dénombre des dizaines de victimes. Un total de 34 villages comme Bogoro, Bobafio, Kadi ou Gbadene ont été entièrement brûlés[14]. Plusieurs dizaines de cas de viols ont été recensés[15].

Le 27 mars, la Seleka tue 17 habitants du quartier Damala, de Bangui. Le 13 avril, une voiture de la Seleka fonce dans un cortège funéraire, déclenchant de la part de la foule des hostilités avant que les miliciens n'ouvrent le feu, tuant 18 civils. Les 13 et 14 avril, les membres de la Seleka investissent le quartier de Boy-Rabé, majoritairement chrétien, tuant 28 personnes dont des enfants[14]. Le 15 avril, voulant réquisitionner de force un camion, des miliciens abattent l'épouse et l'enfant de 8 mois du chauffeur. Courant avril, des habitants découvrent les corps de nombreux membres des Forces armées centrafricaines, exécutés. Le 19 mai, 12 personnes tentant de fuir sont abattues sur la route de Bossangoa-Boguila[15].

En juin 2013, Claude Guéant est reçu par Djotodia à Bangui en compagnie de Laurent Foucher, collaborateur du groupe pétrolier français Maurel et Prom[16].

Début juillet 2013, une vingtaine d’employés d’une société de sécurité privée prennent en charge la protection rapprochée de Djotodia[17],[18]. Jérôme Gomboc, commande cette petite armée privée au camp Roux, à Bangui, pour le compte de la société Roussel, basée à Fréjus[17]. Selon Jeune Afrique, l’ambassade de France à Bangui ne parvient pas à convaincre le président Djotodia de les renvoyer, la société Roussel G-Sécurité, étant immatriculée dans l’État du Delaware, aux États-Unis[18].

Le 18 juillet Jean-Christophe Mitterrand rend visite au président centrafricain putchiste Djotodia. Parmi ses accompagnateurs figurent l’homme d’affaires Ibrahim Aoudou Paco connecté aux milieux miniers, ex-député de la ville diamantifère de Carnot, Emile Gros Raymond Nakombo, ex-directeur général adjoint de la Banque populaire maroco-centrafricaine (BPMC) et candidat à la présidentielle de 2011 pour le Rassemblement démocratique de Centrafrique (RDC) d’André Kolingba, et le linguiste centrafricain Marcel Diki-Kidiri[19].

Début août Gomboc est nommé conseiller spécial chargé de la sécurité du président de la transition Djotodia[20].

Le 7 septembre, 2 membres d'une ONG française sont tués, probablement par des membres de la Seleka. Devant les critiques, le président par intérim, Michel Djotodia, déclare dissoudre la coalition Seleka, mais la majorité des miliciens refusent de désarmer[14].

L'insurrection anti-balaka[modifier | modifier le code]

Début septembre 2013, des villageois, excédés par les exactions de la Seleka, créent des milices d'auto-défense, les anti-balaka. Ils sont surtout concentrés dans la région de Bossangoa, ancien fief du président Bozizé[7]. Le 6 septembre, ces milices attaquent des bases de la Seleka et des communautés musulmanes, tuant plusieurs dizaines de personnes[21]. Ces premières attaques ont lieu notamment à Zéré[22]. Des réfugiés commencent à arriver à Bossangoa le 8 septembre. Le 15, ils sont 15 000 à être réunis sur les terrains de l'archevêché[23]. Le 9 septembre, des heurts à Bouca sont provoqués par une attaque d'anti-balaka. Une quarantaine de musulmans sont tués, 250 maisons brûlées. En représailles, la Seleka investit à son tour la ville, tuant une trentaine de chrétiens, et détruisant 300 maisons[22].

Début octobre, à quelques jours de la visite de Laurent Fabius, les agents de sécurité français engagés par Michel Djotodia, le président de la transition, quittent la Centrafrique. Nommé en août conseiller spécial chargé de la sécurité du président de la transition, Gomboc reste pour sa part à Bangui[20].

Le 26 octobre, des miliciens anti-balaka attaquent la ville de Bouar où sont présents des membres de la Seleka. Les combats font 5 morts chez ces derniers, et 6 miliciens anti-balaka. Deux membres de la Seleka visent une maison où se seraient retranchés des anti-balaka, tuant en réalité 18 civils et en blessant 12 autres.

Le 10 novembre, les forces de la Seleka incendient le village de Camp Bangui, détruisant 235 habitations[24].

Le 2 décembre, des anti-balaka attaquent des éleveurs peuls musulmans, tuant une douzaine d'entre-eux dont des enfants. Plusieurs civils sont tués en représailles par la Seleka.

Le 5 décembre, les milices anti-balaka prennent part à la bataille de Bangui, épaulés par des anciens membres des Forces armées centrafricaines. Selon Amnesty International, les Anti-Balaka tuent environ 60 hommes musulmans. Par la suite les hommes de la Seleka tuent en représailles environ 1 000 chrétiens en deux jours, dont quelques femmes et enfants. Des exactions se poursuivent les jours suivants, au moins 90 personnes sont assassinées entre le 8 et le 18 décembre[25].

Des combats ont aussi lieu à Bossangoa[26].

Déploiement de l'Opération Sangaris et la MISCA[modifier | modifier le code]

À la suite de l'adoption à l'unanimité de la résolution 2 127 du conseil de sécurité des Nations unies, la France annonce, le 5 décembre 2013, l'envoi de 1 200 soldats pour rétablir la sécurité dans le pays dans le cadre de l'Opération Sangaris[27] et le conseil de sécurité des Nations unies décide la mise en place de la mission internationale de soutien à la Centrafrique sous conduite africaine (MISCA).

Fin décembre 2013, les civils tchadiens fuient Bangui, la capitale de la Centrafrique. En effet, le Tchad et son président Idriss Déby sont considérés comme des « faiseurs de roi » dans cette partie de l'Afrique, et ont successivement soutenu François Bozizé pour emporter la présidence centrafricaine en 2003 puis Michel Djotodia et la rébellion de la Séléka (musulmane) en 2013, que de nombreuses exactions contre les civils centrafricains (chrétiens) ont rendu impopulaires[28].

Le conflit s'étend[modifier | modifier le code]

Début janvier 2014, un nouveau groupe armé est créé dans le nord du pays ; Révolution et Justice, avec une branche armée ; les Forces Spéciales de Révolution Justice (FS-RJ), dirigé par le commandant Sayo et qui entre en guerre contre la Seleka[29]. Le mouvement publie plusieurs communiqués dans lequel il prétend avoir remporté plusieurs combats contre les Seleka. Selon eux, le 17 janvier, ils battent les Seleka entre Boguila et Goré[30]. Le 19, un nouvel affrontement a lieu à à Sido, entre Markounda et Bossangoa[31]. Le 22, les FS-RJ déclarent avoir tué 22 combattants des Seleka à Boguila après des combats de deux jours contre aucune perte dans leurs rangs, puis s'être emparé de Bodjomo[32],[33].

Plusieurs massacres sont commis en janvier. Selon un rapport d'Amnesty International publié le 12 février 2014, les massacres commis par les anti-balaka contre les musulmans font environ 30 morts à Boyali le 8 janvier, cinq à Boali le 17, au moins 43 à Bossemptélé du 16 au 18 janvier, plus de 100 à Bossembélé le 18 janvier. De leurs côtés, les Selekas massacrent 24 chrétiens à Bata le 31 décembre 2013, puis plus de 100 autres à Baoro le 22 janvier 2014[34]. Le 29 des affrontements à Boda font au moins 84 morts dans les deux camps selon la Croix Rouge[35].

Le 23 février, un soldat français est tué à Bouar, dans un accident de la route. Deux autres soldats à bord du VBL sont blessés[36].

Le 24 mars, des soldats congolais de la MISCA repoussent une attaque d'Anti-Balaka (Combat de Boali). L'affrontement fait un mort du côté des Congolais, douze chez les assaillants[37].

Le 3 avril, après un incident à Bangui qui fait plusieurs morts, le Tchad annonce le retrait de ses forces de la République centrafricaine, dénonçant un « un lynchage médiatique et politique »[38].

Le 10 avril, des affrontements à Dékoa entre Seleka et Anti-Balaka font au moins 37 morts[39].

Du 13 au 16 avril, des combats à Grimari entre Seleka et Anti-Balaka font plusieurs dizaines de morts[40]. Les Français interviennent mais ils sont attaqués le 20 par une vingtaine d'Anti-Balaka, les militaires répliquent et tuent cinq assaillants[41].

Le 26 avril, un groupe de Seleka attaque Boguila après avoir assassiné plusieurs personnes en chemin. Les rebelles tuent 16 personnes dans l'hôpital, dont trois employés de Médecins sans frontières. Ils se replient ensuite sur Bémal[42],[43].

Le 1er mai, Markounda est attaquée par des rebelles Peuls qui tuent 20 à 30 personnes, 15 000 habitants prennent alors la fuite et se réfugient à Komba, au Tchad[44],[45]. Au début du mois, d'autres violences à Paoua font au moins 55 morts[46].

Entre le 1er et le 5 mai, des affrontements ont également lieu à Mala entre Seleka et Anti-Balaka, faisant au moins 30 morts et environ 10 blessés[47].

Article détaillé : Combat de Boguila.

Après ces violences, les forces françaises de l'Opération Sangaris lancent une mission de reconnaissance entre Bossangoa et Paoua. Mais le 5 mai, à Boguila, les Français sont attaqués par un groupe d'une quarantaine d'hommes armés qui feraient peut-être parti des Seleka venus de Bémal. L'attaque est repoussée après trois heures de combats et 10 à 15 assaillants sont tués. Les Français ne déplorent ni mort ni blessé[48],[49],[50],[51],[52].

Le 6 mai, des combats entre Seleka et Anti-Balaka font 13 morts à Kaga Bandoro, dont deux civils[53]. Le 10 mai, des Seleka et des Peuls insurgés attaquent le village de Dissikou, près de Kaga Bandoro, et tuent plusieurs habitants, 13 personnes sont notamment brûlées vives dans une maison[54] .

Le 11 mai, à Gallo, un village situé sur la frontière camerounaise, entre Bouar et Garoua-Boulaï, des Anti-Balaka tombent dans une embuscade tendue par des Seleka et des Peuls insurgés. L'affrontement fait au moins quatre morts du côté des Anti-Balaka et six chez les Seleka et les Peuls. Camille Lepage, une photojournaliste française, qui voyageait avec les Anti-Balaka est également tuée dans ce combat. Son corps est retrouvé le 13 mai, dans un véhicule conduit par des Anti-Balaka lors d'une fouille effectuée par des soldats français dans la région de Bouar[55],[56].

Le 5 juin, des combats ont lieu à Boyo, selon un officier Seleka, un homme de son mouvement est tué, ainsi que 18 anti-balaka[57]. Les 9 et 10 juin, des combats entre Seleka et anti-balaka font au moins 22 morts au village de Liwa, près de la ville de Bambari, où après l'affrontement, les Seleka exécutent publiquement deux prisonniers[58].

Le 30 juin, au village de Kono, dans la région de Nzako au sud-est de la République centrafricaine, l'armée ougandaise attaque des soldats Seleka en les prenant à tort pour des hommes de l'Armée de résistance du Seigneur. Le combat fait au moins 15 morts chez les Seleka et plusieurs tués du côté des Ougandais[59].

Vers la fin du mois de juin des combats entre Seleka et anti-balaka dans le centre de la ville Bambari font une centaine de morts. Deux semaines plus tard, le 7 juillet, des Seleka attaquent la cathédrale catholique Saint-Joseph, 26 personnes, dont 11 femmes, sont tuées et 35 autres sont blessées selon la Croix-Rouge[60].

Négociations et affrontements[modifier | modifier le code]

Le 23 juillet 2014, un accord de cessation des hostilités est signé à Brazzaville après trois jours de négociations. Le texte est signé par Mohamed Moussa Dhaffane pour les Seleka, par Patrice-Edouard Ngaissona pour les Anti-Balaka et par une quarantaine d'autres délégués, dont Denis Sassou-Nguesso, président de la République du Congo, l'archevêque de Bangui Dieudonné Nzapalainga, et l'imam Layama Kobine, président de la communauté islamique de République centrafricaine[61].

Cependant une faction des Seleka menée par le général Joseph Zoundéko rejette l'accord de cessez-le-feu. Installé à Bambari avec plusieurs centaines d'hommes, ce dernier réclame la partition de la République centrafricaine. Un autre groupe de Seleka, basé à Birao, n'a quant à lui pas pris part aux négociations[62].

Le 30 et le 31 juillet, des combats éclatent à Batangafo lorsque des anti-balaka attaquent des bases Seleka. Les violences font au moins 22 morts et des dizaines de blessés, en majorité des civils[63].

Article détaillé : Bataille de Batangafo.

Le 4 août, des affrontements éclatent entre une mission de reconnaissance française et une centaine de soldats Seleka près de Batangafo. Soutenus par des avions de chasse Rafale et des hélicoptères, les Français prennent l'avantage sans subir de pertes. Plusieurs Seleka sont tués[64]. Mais plusieurs combattants de la Séléka ont été tués[65],[66],[67]. Les combats reprennent le lendemain à Batangafo deux soldats français sont blessés, deux soldats congolais tués, ainsi que plus de 60 soldats seleka[68],[69].

Du 13 au 15 août, les Seleka et des Peuls insurgés attaquent huit villages des envions de Mbrès et massacrent 30 à 40 habitants[70],[71].

Les 25 et 26 août, des affrontements opposent à Bambari deux factions de la Seleka, celle du général Ali Darass et celle du général Joseph Zoundéko. Les combats font au moins 17 morts et 24 blessés. Le calme revient le 28, les deux partis déclarent s'être réconciliés[72],[73],[74]. Les 27 et 28, des combats entre miliciens peuls et anti-balaka font au moins 11 morts dans le village de Ngakobo[75].

Le 15 septembre 2014 la totalité des forces africains de la MISCA passent sous l'autorité de la MINUSMA. Lors d'une cérémonie à Bangui, au Camp M’Poko, les soldats africains échangent leurs bérets verts pour des bérets bleus[76].

Conséquences[modifier | modifier le code]

Courant octobre 2013, environ 40 000 chrétiens ont trouvé refuge sur les terrains de l'archevêché de Bossangoa. De même, dans la même ville, près de 2 000 musulmans se sont réfugiés dans une école, à l'intérieur de la ville[23].

Fin octobre, une journaliste de TV5 Monde estime à 300 000 le nombre de déplacés, éparpillés pour la plupart dans la brousse. Des cas de viols nombreux sont évoqués[24]. Au 6 décembre, alors que la situation est extrêmement tendue après les attaques de Bangui et Bossangoa, Valérie Amos, secrétaire générale adjointe des Nations unies chargée des affaires humanitaires, parle de 415 000 déplacés, et 1 300 000 personnes ayant besoin d'une assistance alimentaire, soit près de la moitié du pays. Elle dénombre 68 000 réfugiés dans les pays voisins[77]. Ce nombre s'établit à 480 000 selon l'UNICEF[24].

Début janvier 2014, on relève 100 000 habitants chrétiens de Bangui dans le camp de réfugiés de l'aéroport de la ville, pour échapper aux massacres des milices (contre 55 000 le 23 décembre). Il s'agit du plus grand camp de la capitale et, bien qu'il n'y a ni sanitaires, ni eau potable, c'est l'un des seuls endroits sous protection de l'armée française[78].

Le 10 janvier 2014, le président de la transition centrafricaine Michel Djotodia et son premier ministre Nicolas Tiangaye annoncent leur démission lors d'un sommet extraordinaire de la communauté économique des États de l'Afrique centrale (CEEAC)[79],[80].

Le 20 janvier 2014, le conseil national de transition de la République centrafricaine élit Catherine Samba-Panza comme Chef de l'État de transition de la République centrafricaine[81]

De fin décembre 2013 à début février 2014, 17 000 musulmans de la République centrafricaine ont fui au Cameroun et 52 000 ont trouvé refuge au Tchad[82].

Le 12 février, Amnesty International dénonce un nettoyage ethnique commis par les anti-balaka contre les populations musulmanes[35].

Les massacres commis contre les civils musulmans provoquent également des réactions de la part des djihadistes. Dans un communiqué publié le 14 février, le groupe armée nigérian Boko Haram « promet de venger le sang des musulmans massacrés en Centrafrique ». Le 20, le mouvement armé Révolution et Justice prétend d'ailleurs avoir capturé deux hommes de Boko Haram à Sido, au nord du pays[83]. Le 16 février, AQMI dénonce un « nettoyage ethnique » en citant le rapport d'Amnesty International, et un « un nouvel épisode après le Mali dans la série de croisades haineuse contre l'Islam ». Le mouvement salafiste déclare également aux dirigeants français : « Vos crimes ne resteront pas impunis, la guerre entre vous et nous se poursuit ». Le 22 février, les Taliban afghans publient également un communiqué dans lequel ils dénoncent un « un génocide de musulmans » commis par des « bandits chrétiens criminels »[84].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Articles annexes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Infodéfense: La MISCA prend le relais à Bangui
  2. Jeune Afrique : Centrafrique : la Misca prend officiellement le relais de la Fomac
  3. a, b, c, d et e Philippe Chapleau, Lignes de Défense, Ouest-France : RCA: la MISCA renforcée par 850 soldats de RDC
  4. Le Monde : Centrafrique : 850 soldats rwandais en renfort
  5. : Conflit centrafricain : Le Maroc avance sur un terrain très sensible
  6. Jeune Afrique : Bangui: un chef anti-Balaka dit "il ne faut pas s'en prendre aux civils musulmans"
  7. a et b France 24, 20/09/2013: Les "anti-machette" se soulèvent contre la Séléka
  8. Arcinfo : Nouvelles violences en Centrafrique: 16 morts
  9. a, b et c Xinhua : Centrafrique : 3 morts dans des heurts à Bangui entre les soldats tchadiens de la MISCA et la population
  10. Centrafrique : deux soldats français tués dans un accrochage, Le Figaro, 10 décembre 2013
  11. Vincent Duhem, « Le régime de Djotodia face à la multiplication des groupes armés hostiles », Jeune Afrique,‎ 29 octobre 2013 (ISSN 1950-1285)
  12. Peter Bouckaert, « Silence, on tue », Jeune Afrique,‎ 3 décembre 2013 (ISSN 1950-1285)
  13. « RCA : le Conseil de sécurité autorise le déploiement de la MISCA, avec l'appui des forces françaises », sur http://www.un.org, Centre d'actualités de l'ONU,‎ 5 décembre 2013 (consulté le 7 décembre 2013)
  14. a, b et c Human Rights Watch, 18 SEPTEMBRE 2013: République centrafricaine : Les nouveaux dirigeants commettent de terribles exactions
  15. a et b Rapport d'HRW, « Je peux encore sentir l’odeur des morts » : La crise oubliée des droits humains en République centrafricaine
  16. "Françafrique : que cherche Guéant à Bangui ?", JeuneAfrique, 05/07/2013 [lire en ligne]
  17. a et b "Des mercenaires français pour protéger le président centrafricain", Rue89, 19/07/2013 [lire en ligne]
  18. a et b "Sécurité : des retraités français très spéciaux débarquent en Centrafrique", Jeune Afrique, 17/07/2013 [lire en ligne]
  19. "Centrafrique: J-C Mitterrand soigne ses réseaux à Bangui", La Nouvelle Centrafrique, 22/07/2013 [lire en ligne]
  20. a et b "Centrafrique : les privés français lâchent Djotodia", Jeune Afrique, 11/10/2013 [lire en ligne]
  21. HRW, 19 NOVEMBRE 2013 : “Ici, on vit et on meurt comme des animaux”
  22. a et b Le Monde, 02.10.2013: En République centrafricaine, Bossangoa face à ses démons
  23. a et b France 24, 17/10/2013 : En images : situation dramatique dans les camps de réfugiés de Centrafrique
  24. a, b et c Slate.fr, 02/12/2013 : CENTRAFRIQUE: COMMENT UN CRIME DE GUERRE EST VISIBLE DE L'ESPACE
  25. Amnesty International : République centrafricaine. Crimes de guerre et crimes contre l'humanité à Bangui
  26. Le Figaro, 06/12/2013: Centrafrique : la France déclenche l'opération militaire
  27. Le Point - 26/11/2013 - Centrafrique : pourquoi la France entre en guerre
  28. Tanguy Berthemet, « Les Tchadiens n'ont plus la cote en Centrafrique », in Le Figaro, mardi 31 décembre 2013, page 7.
  29. Cameroonvoice : Vidéo. Naissance d'un nouveau mouvement rebelle en Centrafrique
  30. Alwihda info : RCA/Tchad : Une section motorisé de la Séléka attaque une ligne de défense des FS-RJ, "de sérieuses pertes"
  31. Alwihda info : RCA : Violents combats à la frontière tchadienne, "2 hommes de Boko Haram" capturés
  32. Alwihda info : RCA : Des hommes armés pénètrent la frontière tchadienne, treize morts dans des combats
  33. Alwihda info : Centrafrique : Intenses combats à Boguila, 22 combattants Séléka tués
  34. Amnesty International : "Ethnic cleansing and sectarian killings in the Central African Republic"
  35. a et b Le Nouvel Observateur : CENTRAFRIQUE. Amnesty international dénonce un "nettoyage ethnique"
  36. Le Parisien : Centrafrique : un soldat français meurt dans un accident de la route
  37. APO : La MISCA condamne fermement le meurtre d’un soldat de la paix dans la ville de Boali au nord de la RCA
  38. RFI : Centrafrique: le Tchad dénonce «un lynchage médiatique et politique»
  39. Afrik : Centrafrique : de violents heurts entre anti-balaka et ex-séléka font 37 morts
  40. Reuters : Centrafrique-Combats dans une ville au nord de Bangui, 22 morts
  41. Ministère de la Défense : Opération SANGARIS : point de situation du 25 avril 2014
  42. RFI : Centrafrique: attaque sanglante contre des locaux de MSF
  43. RFI : RCA: traversée meurtrière de l’Ouham par d’ex-Seleka
  44. RFI : RCA: Markounda attaquée par des assaillants venus du Tchad
  45. RFI : Centrafrique: les habitants de Markounda fuient les violences
  46. Ouest-France : Centrafrique. Plus d'une centaine de morts au cours d'affrontements
  47. Le Parisien : Centrafrique : près de 30 tués dans des affrontements en province
  48. Ministère de la Défense : Sangaris : attaque par un groupe lourdement armé au Nord-Ouest du pays
  49. Reuters : Accrochage entre forces françaises et un groupe armé en RCA
  50. France Info : Combats en Centrafrique : "Le maire a dit que nous avions sauvé son village" (Colonel Damien Waellart)
  51. RFI : RCA: violent accrochage entre Sangaris et des rebelles à Boguila
  52. Le Figaro : Centrafrique : l'armée française affronte les rebelles
  53. Jeune Afrique : Centrafrique : des affrontements entre ex-Séléka et anti-Balaka font treize morts
  54. AFP et L'Express : Centrafrique: 13 personnes brûlées vives
  55. Le Nouvel Observateur : Camille Lepage, journaliste tuée en Centrafrique : que s'est-il passé ?
  56. Le Monde : Une photojournaliste française de 26 ans tuée en Centrafrique
  57. Koaci : Centrafrique : Des affrontements entre seleka et anti-balaka font au moins 20 morts
  58. AFP : Centrafrique: au moins 22 tués dans des affrontements entre groupes armés
  59. AFP : Centrafrique : 15 ex-rebelles Séléka tués par l'armée ougandaise
  60. Jeune Afrique : Centrafrique : trois jours de deuil national en mémoire des victimes de l'attaque de Bambari
  61. AFP et Le Monde : Signature d'un accord de fin des hostilités en Centrafrique
  62. Jeune Afrique : Centrafrique : une faction de l'ex-Séléka rejette l'accord de paix de Brazzaville
  63. AFP et Le Monde : Centrafrique : nouveaux combats entre miliciens malgré l'accord de paix
  64. http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2014/08/04/97001-20140804FILWWW00317-l-armee-francaise-prise-a-partie-en-centrafrique.php
  65. http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2014/08/05/97001-20140805FILWWW00077-centrafrique-des-soldats-francais-pris-a-partie.php
  66. RFI : Combats entre Sangaris et Seleka à Batangafo, Bambari coupée en deux
  67. AFP : Centrafrique: violents accrochages entre soldats français et ex-Séléka
  68. http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2014/08/06/97001-20140806FILWWW00245-centrafrique-violents-accrochages-au-nord.php
  69. RFI : RCA: les habitants de Batangafo fuient les combats
  70. RFI : RCA: au moins 30 personnes tuées dans le nord, selon des villageois
  71. Le Monde et AFP : Nouveau massacre en Centrafrique, le cessez-le-feu encore un peu plus menacé
  72. RFI : Centrafrique: violents combats entre factions de la Seleka à Bambari
  73. RFI : Centrafrique: le calme est revenu à Bambari
  74. Le Monde : Centrafrique : au moins 17 morts dans des violences entre deux factions de l'ex-rébellion Séléka
  75. Le Figaro : Centrafrique: 11 morts dans des affrontements
  76. RFI : Centrafrique: la Minusca prend le relais de la Misca
  77. USG/ERC VALERIE AMOS ON THE WORSENING HUMANITARIAN SITUATION IN THE CENTRAL AFRICAN REPUBLIC [1]
  78. Anguy Berthemet, « Le grand désarroi des réfugiés de l'aéroport de Bangui », in Le Figaro, jeudi 2 janvier 2014.
  79. Rémy Ourdan, Cyril Bensimon, « En Centrafrique, le président Michel Djotodia est sur la sellette », Le Monde,‎ 8 janvier 2014
  80. « Centrafrique: le président Michel Djotodia et son Premier ministre Nicolas Tiangaye ont démissionné », AFP,‎ 10 janvier 2014
  81. Centrafrique: la maire de Bangui élue présidente de transition, lexpress.fr, le 20 janvier 2014.
  82. RFI : L'exode des musulmans de Centrafrique se poursuit
  83. Alwihda info : Centrafrique : Boko Haram déclare la guerre aux Anti-Balaka "pour venger les musulmans"
  84. RFI : Aqmi menace la France pour son intervention en Centrafrique