Armée de résistance du Seigneur

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Lord's Resistance Army
LRA, Uganda Peoples' Democratic Christian Army, Lord's Army, Lord's Resistance Movement
Image illustrative de l'article Armée de résistance du Seigneur

Idéologie pseudo chrétienne
Objectifs établir un gouvernement chrétien en Ouganda
Statut actif
Fondation
Date de formation 1986-1988
Pays d'origine Drapeau de l'Ouganda Ouganda
Actions
Victimes (morts, blessés) plusieurs milliers
Zone d'opération Ouganda, République démocratique du Congo, Soudan du Sud, République centrafricaine
Période d'activité 1986-aujourd'hui
Organisation
Chefs principaux Joseph Kony, Vincent Otti (en) †, Raska Lukwiya †, Okot Odhiambo, Dominic Ongwen, Odong Latek
Membres 500-3 000[1]
Répression
Considéré comme terroriste par États-Unis d'Amérique
Zone de l'Ouganda touchée par la guérilla de la LRA en 2004

L'Armée de résistance du Seigneur (LRA pour Lord's Resistance Army) est un mouvement qui se présente comme « chrétien », en rébellion contre le gouvernement de l'Ouganda, créé en 1988, deux ans après le déclenchement de la Guerre civile ougandaise.

La LRA, dont le chef est Joseph Kony, entend renverser le président ougandais, Yoweri Museveni, pour mettre en place un régime basé sur les Dix Commandements de la Bible. L'organisation est placée sur la liste officielle des organisations considérées comme terroristes par le Département d'État des États-Unis.

Le 4 août 2006, après 18 ans de combats dans le nord du pays, elle annonce la cessation unilatérale des hostilités[réf. nécessaire].

Depuis, la LRA ne commet plus d'action en Ouganda, ses éléments ayant été repoussé hors des frontières[réf. nécessaire]. Mais ses membres attaquent les populations en République centrafricaine, au Soudan du Sud, mais aussi en République démocratique du Congo où un massacre de 321 civils a été perpétré mi-décembre 2009[2] dans la région de Makombo.

Insurrection[modifier | modifier le code]

L'insurrection de la LRA a débuté en 1986. Environ deux millions de personnes sont déplacées par ce conflit, et environ 1,7 million d'entre elles vivent dans des camps où elles dépendent de l'aide humanitaire. Selon un rapport d'ONG publié fin mars 2006, 146 personnes en moyenne meurent chaque semaine de façon violente dans le nord de l'Ouganda.

L'ancien secrétaire général adjoint de l'ONU chargé des affaires humanitaires Jan Egeland avait qualifié en 2003 le conflit de « crise humanitaire la plus négligée du monde ». La LRA, qui sévit dans le nord du pays depuis 20 ans, est connue pour ses atrocités sur les civils.

En octobre 2001, les États-Unis inscrivent la LRA sur la liste des organisations terroristes.

En septembre 2010, les exactions de la LRA touchent le nord-est de la Centrafrique (région de Birao).

L'armée ougandaise est engagée depuis au moins 2009 dans une guerre secrète dans le cadre de l'opération régionale Rudia II contre l'Armée de résistance du Seigneur sur le territoire de la république démocratique du Congo « attribuant la mort de commandants importants — de l'ARS — à des actions de l'armée congolaise, même s'ils avaient été tués par l'armée ougandaise ».

Le ministre de la défense ougandais, Crispus Kiyonga, cité dans un télégramme d'avril 2009 révélé par WikiLeaks, estime que « 50 % des responsables de haut niveau de la LRA et 25 % de ses combattants ont été tués pendant les opérations. Kiyonga estime à présent le nombre de combattants [restants] à trois cents. La Mission des Nations unies au Congo (Monuc) fournit des chiffres comparables, estimant le nombre de combattants de la LRA à trois ou quatre cents, et le nombre de personnes enlevées entre six cents et mille »[3].

Le 20 mai 2013, le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon présente un nouveau rapport revoyant ces estimations à la hausse. Selon celui-ci, l'Armée de résistance du Seigneur a tué plus de 100 000 personnes en Afrique centrale ces vingt-cinq dernières années. Il estime également qu'elle a perpétré l'enlèvement de 60 000 à 100 000 enfants et le déplacement de 2,5 millions de personnes[4].

Enfants soldats[modifier | modifier le code]

Enfants se regroupant pour échapper au rapt de la LRA.

Les enfants soldats constituent 80 % des effectifs de la LRA. 30 à 40 % de ces enfants sont des fillettes[réf. nécessaire].

La LRA est accusée de nombreuses violences, notamment de l'enlèvement d'environ 25 000 enfants contraints de devenir enfants soldats, porteurs ou réduits à l'esclavage sexuel entre 1986 et 2005[5].

Le 23 mai 2005, l'Unicef a publié un rapport où il estime que 40 000 enfants sont contraints de quitter chaque nuit leur village pour aller dormir dans les rues des villes du nord de l'Ouganda, en raison des menaces de violences et d'enlèvements de la part de l'Armée de résistance du Seigneur[réf. nécessaire].

En 2006, un film documentaire canadien, Uganda Rising, est consacré aux enfants intégrés de force dans les rangs de l'Armée de résistance du seigneur (LRA). Les enfants enlevés à leurs familles ou dans les salles de classe racontent les tortures, mutilations et viols qu'ils ont subis au sein de la LRA, avant d'être parqués dans des camps par l'armée du président Yoweri Museveni[6].

Abus perpétrés contre les organisations humanitaires[modifier | modifier le code]

Le 31 mai 2005, la LRA a attaqué des démineurs de la Fondation suisse de déminage (FSD) à environ 30 km de Juba au Soudan du Sud[réf. nécessaire]. Lors de cette attaque, deux collaborateurs de nationalité irakienne et soudanaise ont été tués. La FSD a recommencé ses activités de déminage humanitaire au début 2006 avec des mesures de sécurité supplémentaires.

Fin septembre 2009, deux employés centrafricains de l'ONG italienne Cooperazione internationale (Coopi) sont tués dans une attaque de la LRA entre M'boki et Obo dans le sud-est de la République centrafricaine[réf. nécessaire]. Le chaos en Centrafrique laisse craindre un enracinement de la Lord's Resistance Army au sud de ce pays[réf. nécessaire].

Intervention des États-Unis et l’Union africaine[modifier | modifier le code]

En mai 2010, le Congrès des États-Unis votent la Lord's Resistance Army Disarmament and Northern Uganda Recovery Act of 2009 relatif au désarmement de la LRA[7]

Le 14 octobre 2011, le Président des États-Unis Barack Obama annonce l'envoi d'une centaine de conseillers militaires en Ouganda, République démocratique du Congo, Centrafrique et Soudan du Sud afin d'aider les forces de la région qui luttent contre la LRA[8].

L'objectif de cette intervention est la capture du chef de la LRA, Joseph Kony.

L'Union africaine à décidé, le 24 mars 2012, de déployer contre la LRA une force multinationale de 5 000 hommes. Composée de soldats ougandais, sud-soudanais, congolais et centrafricains. Elle est basée à Yambio, une localité du Soudan du Sud proche de la frontière avec la République démocratique du Congo[9].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  1. (en) « In-Depth: Living with the LRA: The Juba Peace Initiative », IRIN, juin 2007.
  2. « Révélations sur un massacre de civils perpétré par des rebelles ougandais en RDC », Le Monde, 28 mars 2010.
  3. Jean-Philippe Rémy, « WikiLeaks : sur la piste de la mystérieuse LRA de Joseph Kony », Le Monde, 17 décembre 2010.
  4. « La sanguinaire LRA de Joseph Kony a fait plus de 100 000 morts », lemonde.fr, le 21 mai 2013 (consulté le 21 mai 2013).
  5. « Les enfants ougandais dans les conflits armés », sur Ministère des Affaires étrangères (France),‎ 2010 (consulté le 4 avril 2005).
  6. « Uganda Rising »,‎ 2006 (consulté le 4 avril 2012).
  7. « S.1067 - Lord's Resistance Army Disarmament and Northern Uganda Recovery Act of 2009 », sur OpenCongres,‎ mai 2010 (consulté le 2 février 2012)
  8. « Obama envoie des soldats en Ouganda pour traquer l'Armée de résistance du seigneur », Le Monde, 15 octobre 2011.
  9. Philippe Chapleau, « Une brigade multinationale de 5000 hommes va traquer le chef de la LRA », sur Ouest-France,‎ 24 mars 2012 (consulté le 4 avril 2012)

Liens externes[modifier | modifier le code]