Anti-balaka

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Anti-balaka est le terme utilisé pour désigner les milices d'auto-défense qui sont apparues en République centrafricaine. Formées en 2009 pour lutter contre les coupeurs de routes, les anti-balaka prennent les armes en 2013 contre les Seleka lors de la troisième guerre civile centrafricaine.

Origines[modifier | modifier le code]

Des Anti-Balaka, a Gbaguili, village situé a quelque 340 km de Bangui, en République Centrafricaine, 1er avril 2014

Les milices anti-balaka sont formées en 2009, afin de lutter contre les « Zaraguinas », des bandits de grands chemins et des coupeurs de routes, actifs au nord et à l'ouest de la République centrafricaine. Selon une version le terme d'anti-balaka signifie « anti-machette » (balaka signifiant « machette » en sango), les miliciens s'affirment ainsi comme des combattants invulnérables aux machettes et aux sabres. Ces milices sont elles-mêmes essentiellement armées de machettes et d'arcs. Selon une autre version, le nom « anti-balaka », viendrait des colliers et des gris-gris appelés « anti-balles AK » qui protégeraient ses porteurs contre les balles des fusils AK-47. Les anti-balaka sont majoritairement animistes et se distinguent par le port de nombreux gris-gris, mais bon nombre sont également chrétiens ou musulmans[1],[2].

En 2013, les tensions entre la population chrétienne de Centrafrique, principalement sédentaire, et la population musulmane, principalement nomade, grandissent après la prise de pouvoir de la Seleka. À la suites des exactions commises entre les communautés et l'intervention de la Seleka en faveur des populations musulmanes, les anti-balaka se révoltent contre les anciens rebelles. En septembre 2013, Djotodia annonce la dissolution de la Seleka, mais la plupart de ses membres refusent de désarmer.

Lorsque débute la troisième guerre civile centrafricaine, le terme d'anti-balaka est étendu aux insurgés, majoritairement chrétiens, qui prennent les armes contre les Seleka, mais aussi aux partisans du président Bozizé et à d'anciens soldats des Forces armées centrafricaines hostiles au nouveau président, Michel Djotodia[1].

Effectifs[modifier | modifier le code]

Début février, Patrice Edouard Ngaissona surnommé le « colonel douze puissances », coordinateur politique des Anti-Balaka, et ancien ministre de Jeunesse et des Sports de Bozizé affirme que les forces des anti-balaka sont d'environ 60 000 à 70 000 hommes, dont la moitié à Bangui[3]. Un autre chef anti-balaka, Richard Bejouane, déclare le même mois que les milices sont fortes de 52 000 hommes, dont 12 000 à Bangui[4].

Exactions[modifier | modifier le code]

Les anti-balaka attaquent les forces de la Seleka et commettent également des massacres contre des civils musulmans, comme celui de Boali ou de Bohong[5],[6]. Ils prennent également part à la bataille de Bangui le 5 décembre 2013, épaulés par des anciens membres des Forces armées centrafricaines, et à la bataille de Bossangoa[7].

Début février, Patrice Edouard Ngaissona appelle cesser les violences contre les civils musulmans. Il déclare cependant que la plupart des exactions sont commises par des « faux anti-balaka. Ce sont des voleurs, des bandits qui nous imitent avec de faux gris-gris. »[3],[2]. Un autre officier cependant, le capitaine Kamizoulaye, présent dans le quarier PK9, à Bangui reconnait que de nombreux combattants anti-balaka sont indisciplinés et commettent des exactions. Selon RFI les anti-balaka sont divisés entre modérés et extrémistes. Certains condamnent les massacres contre les civils et se déclarent prêts à être cantonnés et désarmés, estimant leurs objectifs remplis avec le départ de Djotodia et des Seleka. D'autres refusent un désarmement par la force et les plus radicaux commettent régulièrement des massacres contre les civils[8].

Bien que de nombreux représentants autoproclamés des milices anti-balaka aient été des proches de l'ancien président, le colonel Patrice Edouard Ngaïssona affirme que le mouvement ne combat pas pour le retour de François Bozizé[2].

Le 12 février, Amnesty International affirme que les anti-balaka pratiquent un nettoyage ethnique contre les populations musulmanes[9].

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Ouest-France : RCA: les anti-balaka, milices vraiment chrétiennes?
  2. a, b et c Le Nouvel Observateur : Centrafrique: les anti-balaka dénoncent l'"ingratitude" des nouvelles autorités
  3. a et b Jeune Afrique : Bangui: un chef anti-Balaka dit "il ne faut pas s'en prendre aux civils musulmans"
  4. France 24 : Centrafrique : les anti-balaka défient la présidente Samba-Panza
  5. RFI : Nouvelles exactions en Centrafrique
  6. Le Nouvel Observateur : CENTRAFRIQUE. "Ils nous regardent en train de mourir"
  7. Le Figaro, 06/12/2013: Centrafrique : la France déclenche l'opération militaire
  8. RFI : La pression monte sur les anti-balaka
  9. Alwihda info : Centrafrique : Intenses combats à Boguila, 22 combattants Séléka tués