Reguibat

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Les Reguibat (ou Rgaybāt[1]) sont une tribu arabophone d'origine sanhadjie[2] , établie sur le Sahara occidental (est), le Maroc (sud de Oued Noun), la Mauritanie (nord) et l'Algérie (Tindouf). Ils parlent un dialecte arabe, le hassaniyya. Les Reguibat appartiennent à la branche malékite de l'Islam sunnite.

Ils revendiquent comme fondateur de la tribu Sidi Ahmed al-Rgibi[3], qui vivait dans la région de Saguia el-Hamra(Sahara Occidental) au XVIe siècle, et qui était lui-même présenté comme descendant du saint Abdeslam Ben Mchich Alami. Ils se considèrent chérif par cette ascendance.

Les Reguibat forment la tribu la plus importante du Sahara occidental et la tribu sahraouie la plus importante du royaume du Maroc. Lors du recensement espagnol de 1974, ils représentaient plus de la moitié de la population du Sahara occidental. Les deux principaux groupes sont les Reguibat al-Sahel, à l'ouest, et les Reguibat al-Sharq ou Reguibat Legouacem, à l'est.

La tribu étant nomade à l'origine, elle a voyagé du Maroc au Mali en passant par la Mauritanie et l'Algérie actuelle. Aujourd'hui les individus de cette tribu se sont sédentarisés dans tout le Maroc, le Sahara occidental, la Mauritanie, ainsi qu'en Algérie dans la région de Tindouf.

Les plus célèbres Reguibat sont El-Ouali Moustapha Sayed, fondateur du Front polisario, Khalli-Henna Ould Errachid, président du Conseil royal consultatif pour les affaires sahariennes (CORCAS), et Mohamed Abdelaziz, chef du Front polisario et président de la République arabe sahraouie démocratique (RASD).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • François Beslay, Les Réguibats : de la paix française au Front Polisario, L'Harmattan, Paris, 1984, 189 p.
  • Sophie Caratini, Les Rgaybāt : 1610-1934, L'Harmattan, Paris, 1989, 2 vol., 1, Des chameliers à la conquête d'un territoire, 289 p. (ISBN 2-7384-0014-0) ; 2, Territoire et société, 289 p. (ISBN 2-7384-0385-9), texte remanié d'une thèse de doctorat de sociologie (note de lecture de Pierre Bonte dans L'Homme, 1994 [2])
  • Sophie Caratini, La dernière marche de l'Empire : une éducation saharienne, La Découverte, Paris, 2009, 305 p. (ISBN 978-2-7071-5681-5)
  • R. Cauneille, Les Reguibat Legouacem, CHEAM, Paris, 1943, 110 p. (mémoire)
  • Pierre Denis, Les Derniers nomades, L'Harmattan, Paris, 1989, 631 p.(ISBN 2-7384-0297-6)
  • Attilio Gaudi, Histoire, structures traditionnelles et conditions de développement actuelles des populations nomades du Sahara occidental ou « Trâb Reguibât », EHESS, Paris 7, 1974 (thèse de 3e cycle d'Ethnologie)
  • Le Cros (Lieutenant), L'Évolution de la Mauritanie et particulièrement chez les Regueibat, 1955- à 1960, CHEAM, Paris, 1961
  • Michel Lessourd, Les Rgueibat du Sahara occidental, CHEAM, Paris, 1964
  • Vincent Monteil, Notes sur les R'guibatt, MIRLEFT, Maroc, 1944, 18 p.
  • J. Paillard, Le problème des Regueibat, CHEAM, Paris, 1967 (mémoire)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. On trouve de nombreuses autres graphies : Rgueibat, Regueibat, Réguibats, R'guibatt, etc.
  2. Attilio Gaudio, Les Populations du Sahara Occidental : histoire, vie et culture, Karthala éditions, 1993, page 36
  3. note de lecture de Pierre Bonte sur Les Rgaybāt : 1610-1934 de Sophie Caratini, publiée dans L'Homme, 1994 [1]