Bernard Picart

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Bernard Picart

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Bernard Picart (d'apres Jean-Marc Nattier, 1715)

Naissance 11 juin 1673
à Paris
Décès 8 mai 1733
à Amsterdam
Nationalité Français
Activités graveur, dessinateur,miniaturiste

Œuvres réputées

Le parfumeur,Atlas

Bernard Picart, ne le 11 juin 1673 à Paris et mort le 8 mai 1733 à Amsterdam, est un graveur et dessinateur français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Formé par son père Étienne Picart (1632-1721), dit le Romain, il ne tarde pas à se faire une brillante réputation, comme graveur et comme dessinateur. Aussi habile à manier le burin que la pointe, il exécute une foule de petits sujets, dans lesquels il combine avec adresse les deux procédés, et où l'on admirait une fécondité d'invention et une habileté de main qui le firent comparer à Sébastien Leclerc.

Il a, en outre, un talent particulier pour imiter la manière de divers maîtres ; et les pièces qu'il a exécutées dans le style de Rembrandt, du Guide, etc, ont trompé plus d'un connaisseur. Il appelait ces morceaux des impostures innocentes. On doit dire cependant, pour sa justification, qu'ils ne parurent qu'après sa mort, en un volume in-fol., publié en 1738, accompagné de 78 planches, et auquel est joint le Catalogue général de son œuvre, composé de plus de 1300 planches.

Il jouissait d'une réputation justement acquise, lorsque son père choisit Amsterdam pour son séjour. Les libraires de cette ville s'empressèrent de mettre ses talents à contribution ; mais la multitude de travaux qu'on lui commanda l'empêcha d'apporter le soin qui faisait le mérite des premiers. On exigeait de lui des ouvrages froids et léchés : Bernard adopta cette manière pour satisfaire le goût du public ; et ses productions ne s'en ressentirent que trop. Il gagna beaucoup d'argent mais ce fut aux dépens de sa réputation ; et de son vivant même, il vit les connaisseurs ne faire cas que de ses premiers ouvrages.

Il était très laborieux, et son travail était facile ; de là est résulté le grand nombre de pièces qu'il a produites : on doit même ajouter que la plupart sont gravées sur ses propres dessins, qu'il exécutait avec un soin et un fini particuliers.

Dans ses compositions, il a tâché d'imiter le faire d'Antoine Coypel : et il n'est pas moins riche ni moins abondant que lui; mais il en a pris l'afféterie et les grâces maniérées. Cependant son œuvre est extrêmement curieuse et piquante par la variété des sujets et par l'esprit avec lequel ils sont composés[1].

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Parmi ses Portraits, les plus remarquables sont ceux de son père, de Roger de Piles, du prince Eugène, et celui (en médaillon) du Régent soutenu par Apollon et Minerve, d'après Coypel.
  • Sa pièce capitale est le Massacre des Innocents, grande composition d'après lui-même.
  • On cite également ses Epithalames, suite composée de douze pièces extrêmement gracieuses.
  • Parmi les planches qu'il a gravées d'après différents maîtres, on distingue le Temps qui découvre la Vérité et les Bergers d'Arcadie, d'après Nicolas Poussin, et les Muses Calliope et Terpsichore, d'après Eustache Lesueur.
  • Mais ce qui a rendu son nom pour ainsi dire populaire, ce sont les planches qu'il a jointes au Traité des cérémonies religieuses de toutes les nations, ouvrage dont les gravures forment le seul mérite : le texte de l'édition originale (Amsterdam, 1723-43, 11 vol. in-folio), rédigé par J.-F. Bernard et Bruzen de la Martinière, défigure, pour les tourner en ridicule, les dogmes et les rites de l'Église catholique. Celui de l'édition de 1783 insulte également toutes les communions chrétiennes. On fait peu de cas des éditions suivantes, dont les planches sont absolument usées[1].
  • Atlas, gravure du géant supportant la Terre.
  • Le parfumeur, gravure scatologique très réputée.
  • La fortune des actions, dans un recueil de gravures paru à Amsterdam en 1720 et moquant la faillite de cette même année, connue sous le nom de crise de Law, Het Groote Tafereel der Dwaasheid.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Biographie universelle, Michaud, 1823

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean Housen, "Bernard Picart, trois illustrations pour les Cérémonies et coutumes religieuses de tous les peuples du monde, représentées par des figures dessinées par B. Picart, avec des explications historiques, etc", in Livres d'images, images du livre. L'illustration du livre de 1501 à 1831 dans les Collections de l'Université de Liège, (catalogue d'exposition, Liège, Musée de l'Art wallon, 1998), Bruxelles, Crédit Communal / Groupe Dexia, 1998, p. 13-16.

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