Sepp Blatter

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Sepp Blatter

Description de l'image Sepp Blatter Nov 2013 Zurich.jpg.
Nom de naissance Joseph Blatter
Naissance 10 mars 1936 (79 ans)
Viège (Drapeau de la Suisse Suisse)
Nationalité Drapeau de la Suisse Suisse
Pays de résidence Drapeau de la Suisse Suisse
Profession
Activité principale

Joseph « Sepp » Blatter, né le 10 mars 1936 à Viège[1] dans le canton du Valais (Suisse), est le huitième président de la FIFA (nommé le 8 juin 1998).

Biographie[modifier | modifier le code]

Né prématuré de deux mois, Sepp grandit dans une famille germanophone, son père est contremaître dans l'usine chimique de Lonza, sa mère au foyer élève ses deux autres frères Peter et Marco, et sa sœur Ruth[2].

Il fait ses études dans les collèges de Sion et de Saint-Maurice avant d'obtenir un diplôme de commerce et d'économie politique à HEC Lausanne. Footballeur amateur de 1948 à 1971, il commence sa carrière professionnelle en tant que directeur des relations publiques à l'office du tourisme valaisan. En 1964, il devient secrétaire général de la Ligue suisse de hockey sur glace. Il s'intéresse également au journalisme : en 1956, il adhère à l'Association des journalistes sportifs suisses. En 1970, il entre au sein de la direction du Neuchâtel Xamax FC. Il reste à ce poste jusqu'en 1975. Il est devenu entre-temps directeur des relations publiques de la marque d’horlogerie Longines. À ce titre, il participe à l'organisation des Jeux olympiques de Munich en 1972 et de Montréal en 1976, dans le domaine du chronométrage, où ses qualités commerciales sont remarquées par Horst Dassler (en), fondateur d'Adidas qui le recommande à João Havelange, président de la FIFA[3]. Durant l'été 1975, la FIFA lui attribue le poste de directeur des programmes de développement. Sous la direction de João Havelange, il met en place plusieurs compétitions :

Au début des années 1980, Sepp Blatter grimpe dans la hiérarchie de la FIFA. En novembre 1981, il est nommé secrétaire général de l'association. Selon la journaliste Barbara Smit et le professeur Alan Tomlinson, cette nomination est due à Dassler afin d'écarter Helmut Käser, secrétaire général depuis 1961. Le patron d'Adidas aide Havelange puis Blatter dans leur conquête du pouvoir, payant une partie du salaire de Blatter qui a son bureau à Landersheim, au siège d'Adidas France, quand il entre à la FIFA[4],[5]. Le journaliste d'investigation Andrew Jennings (en) prête ce commentaire à Dassler « on va installer ce type [Blatter] dans la place, il est bien, il est des nôtres »[6]. D'abord marié à Liliane Biner, avec qui il a sa fille unique, Corinne, Blatter se remarie avec Barbara, la fille d'Helmut Käser, avant de divorcer dix ans plus tard et de vivre un dernier mariage, entre 2002 et 2004, avec une amie de sa fille, Graziella Bianca, ancienne dresseuse de dauphins d’un parc aquatique[7].
En 1990, il est nommé directeur exécutif et s'occupe de plusieurs coupes du monde. Au printemps 1998, il se porte candidat à la présidence de la FIFA. Il accède à ce poste le 8 juin de la même année alors que Lennart Johansson était favori, ce qui suscite des rumeurs de tentative de corruption de la part de l'entourage de Blatter, le président de la Fédération de Somalie de football Farah Weheliye Addo (en) étant chassé de la FIFA après avoir dénoncé ces pratiques[8],[9].

Polémiques[modifier | modifier le code]

La présidence de Sepp Blatter est marquée par la publication de deux livres très critiques envers sa gestion de la FIFA. David Yallop publie ainsi en 1999 How They Stole the Game (Comment ils ont volé le jeu). Il y dénonce la gestion de João Havelange. Dans la même veine, Andrew Jennings publie en 2006 Carton rouge !, où il dénonce la gestion de Sepp Blatter en reprenant nombre de données déjà publiées par Yallop (élections « truquées » en 1996 et 1998, par exemple), ainsi que des accusations de corruption liée à la société de marketing ISL (spécialisée dans les droits TV et commerciaux de la FIFA). ISL a été mise en faillite en 2001 puis liquidée judiciairement. La FIFA tente, en vain dans les deux cas, de faire interdire la publication de ces ouvrages. Dès l'année 2001, le juge d'instruction du canton de Zoug Thomas Hildbrand, spécialisé dans les crimes et délits économiques, mène son enquête sur la société désormais en faillite ISL. Ses investigations l'amènent à perquisitionner dans les bureaux de la FIFA à Zurich en novembre 2005, en raison de forts soupçons de détournement de fonds et de corruption. En mai 2002 déjà, le secrétaire général de la FIFA, Michel Zen-Ruffinen, avait publiquement dénoncé les dysfonctionnements au sein de l'association de football et critiqué le « système Blatter ». Un mois plus tard, il était contraint de démissionner.

Lors de la finale de la Coupe du Monde 2006, le président de la FIFA refuse de remettre le trophée au capitaine de l'équipe d'Italie Fabio Cannavaro[10].

Interviewé par France Télévisions[11] en septembre 2006, Blatter nie l'existence du dopage dans le foot, en soutenant que la pratique du dopage dans les sports collectifs en général « n'existe pratiquement pas puisqu'elle ne serait d'aucune utilité ». En décembre 2012, interviewé lors de l'émission Canal football club, il réitère ses déclarations en se disant « certain qu’il n’y a pas de dopage organisé dans un sport collectif » puis ajoutant en mimant le geste que la plupart des cas détectés concernait « la drogue, la marijuana ou un peu de schnouf » [1].

En 2010, il invite les homosexuels à « s'abstenir de toute activité sexuelle » pendant la Coupe du monde de football de 2022 (organisée au Qatar, pays où l'Islam, considérant l'homosexualité comme un péché, est la religion d'État). Ces propos ont provoqué la colère d'associations gay. [2].

En 2011, lors de son élection à la présidence, il est informé par Jack Warner, alors président de la Concacaf, de versements en liquide de la part Bin Hamman, son adversaire à l'élection, son principal concurrent. Celui-ci doit alors se retirer et Sepp Blatter reste l'unique candidat à l’élection[12].

En 2013, quelques jours après la publication des nominés pour le Ballon d'or 2013, Blatter affirme publiquement préférer Lionel Messi à Cristiano Ronaldo le qualifiant de « commandant » et disant qu'il « dépense davantage que l’autre chez le coiffeur »[13]. Le joueur visé répondra par la suite : « Cela montre clairement le respect et la considération de la FIFA, pour moi, pour mon club et mon pays. Beaucoup de choses s'expliquent désormais... Je souhaite à M. Blatter la santé et une longue vie, avec la certitude qu'il continuera, comme il le mérite, à assister aux succès de ses équipes et joueurs favoris »[14]. Blatter finira par s'excuser publiquement dans un communiqué adressé au Real Madrid puis par des tweets personnels à Cristiano Ronaldo[15].

En 2014, la FIFA dépense 25 millions de francs pour la participation à un film fiction qui a couté 28 millions de francs, "United Passions" supposé être à la gloire d'un Sepp Blatter incarné par Tim Roth. Présenté au festival de Cannes le 18 mai 2014[16], le film noté récolte une note de 2.8 sur 10 par le site IMDB[17].

En 2014, l'ancien président de la fédération anglaise de football lord David Triesman, compare à la chambre des lords Sepp Blatter à Vito Corleone, et dit de la FIFA qu': "Elle possède une longue tradition de pots-de-vin, magouilles et de corruption", La Fifa se conduit comme une "famille de mafieux", "La corruption a été érigée en système et soutenue par l'absence d'investigations et où la plupart des accusés échappe aux enquêtes. Des douzaines de travailleurs immigrés tués dans la construction des stades au Qatar sont ainsi ignorées"[18].

En 2014, un vaste trafic de billets d'entrées pour les matchs est démantelé par la police brésilienne. Un membre de la FIFA, Mohamadou Lamine Fofana ainsi que le directeur de la société Match Hospitality, Ray Whelan, sont arrêtés. Le trafic pèse 70 millions de dollars et date des quatre dernières coupes du monde. La société suisse Match Hospitality est un prestataire exclusif de la FIFA, cette société suisse appartient à la société suisse Infront Sports and Media, dirigée par Philippe Blatter, le neveu de Sepp Blatter[19],[20].

En 2014, Sepp Blatter déclare qu'il n'y a pas de racisme dans le football, assimilant ces actes à des faits de jeu[12].

Distinctions et prix[modifier | modifier le code]

Sepp Blatter a reçu de nombreux prix et distinctions dont :

La Bolivie, la Jordanie, la Tunisie, le Yémen, le Soudan, Djibouti et la République centrafricaine lui ont également décerné des ordres et des titres pour ses services[22]. Il est élevé chevalier de l'Ordre du croissant vert comorien le 3 mars 2010[23].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Sepp Blatter en quelques dates », LeTemps.ch,‎ 17 juillet 2009 (lire en ligne)
  2. (de) Thomas Kistner, Fifa maffia, Karakter,‎ 2014, p. 57
  3. (en) Alan Tomlinson, Sport and Leisure Cultures, University of Minnesota Press,‎ 2005, p. 68
  4. (en) Barbara Smit, Pitch Invasion: Adidas, Puma and the Making of Modern Sport, Penguin UK,‎ 2007, p. 191
  5. (en) Alan Tomlinson, FIFA (Fédération Internationale de Football Association): The Men, the Myths and the Money, Routledge,‎ 2014, p. 72
  6. Andrew Jennings, Carton rouge! Les dessous troublants de la FIFA, Presses de la Cité,‎ 2006, p. 117
  7. (en) David Jones, « From wedding singer to FIFA's Godfather: The hidden secrets of Sepp Blatter », sur The Daily Mail,‎ 4 juin 2011
  8. (en) Oshebeng Alpheus Koonyaditse, The Politics of South African Football, African Books Collective,‎ 2010, p. 123
  9. (en) David Yallop, How They Stole the Game, Hachette UK,‎ 2011, p. 101
  10. Sepp Blatter: Le top 5 de ses casseroles
  11. L'interview a été retransmise entre autres dans "Soir 3", le journal télévisé de France 3, le jeudi 7 décembre 2006.
  12. a et b http://www.20minutes.fr/sport/football/825910-sepp-blatter-top-5-casseroles
  13. Blatter se moque de Ronaldo
  14. CR7 répond avec classe à Blatter
  15. Blatter s'excuse auprès du Real
  16. http://www.lematin.ch/loisirs/cinema/fifa-s-achete-film/story/30513255
  17. http://www.imdb.com/title/tt2814362/
  18. http://www.lalibre.be/sports/football/la-fifa-est-une-famille-de-mafieux-et-jospeh-blatter-don-corleone-5398bf9e3570d60b4dc5de82
  19. http://www.francetvinfo.fr/sports/foot/coupe-du-monde/coupe-du-monde-un-membre-de-la-fifa-serait-a-l-origine-d-un-trafic-de-billets_638771.html
  20. http://lci.tf1.fr/monde/amerique/bresil-le-directeur-de-match-hospitality-arrete-soupconne-de-8448921.html
  21. Le président de la FIFA honoré pour la paix et la tolérance, www.rds.ca, 19 mars 2002.
  22. http://www.fifa.com/aboutfifa/federation/president/honours.html
  23. Blatter élevé chevalier du croissant vert comorien, 8 mars 2010, sur www.alwatwan.net.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (de) Bruno Affentranger, Sepp - König der Fussballwelt. Das System Joseph S. Blatter: seine Tricks, seine Tore, Xanthippe-Verlag,‎ 2007, 156 p.

Lien externe[modifier | modifier le code]