Coupe du monde de football de 2022

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Coupe du monde de la FIFA 2022

alt=Description de l'image Logo Coupe du Monde de Football - Candidature Qatar 2022.svg.
Généralités
Sport Football
Organisateur(s) FIFA
Éditions 22e
Lieu Drapeau du Qatar Qatar
Date 12 juin 2022
Participants 32 équipes
Épreuves 64 rencontres
Site(s) 12 stades
Site web officiel

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La Coupe du monde de football de 2022 est la 22e édition de la Coupe du monde de football, compétition organisée par la FIFA et qui réunit les meilleures sélections nationales. Elle se déroulera au Qatar. Lors de cette compétition, cela fera 28 ans que l'Amérique du Nord n'a plus organisé la coupe du monde (1994 aux Etats-Unis), 20 ans que l'Asie ne l'avait plus accueillie (2002 en Corée du Sud et au Japon), 12 ans en Afrique (2010 en Afrique du Sud), 8 ans en Amérique du Sud (2014 au Brésil) et 4 ans en Europe (2018 en Russie). L'Océanie n'aura quant à elle toujours pas organisé la compétition à ce jour.

Désignation du pays organisateur[modifier | modifier le code]

Cinq pays étaient candidats pour l'organisation de la Coupe du monde 2022 : l'Australie, le Japon, le Qatar, la Corée du Sud et les États-Unis.

Le Qatar a été officiellement désigné comme pays hôte le 2 décembre 2010. En choisissant ce petit pays du Moyen-Orient la FIFA continue à varier la géographie des pays organisateurs, après avoir opté pour l'Asie en 2002 (Japon-Corée du Sud), l'Europe en 2006 (Allemagne) l'Afrique en 2010 (Afrique du Sud), l'Amérique du Sud en 2014 (Brésil) puis l'Europe en 2018 (Russie).

État pétrolier, mais surtout troisième producteur mondial de gaz naturel, l'émirat a tout misé sur sa puissance financière et son positionnement géographique, au centre d'un marché télévisuel qu'il estime à près de 3,2 milliards de téléspectateurs.

Nombre de voix[1]
Fédération Tour 1 Tour 2 Tour 3 Tour 4
Drapeau du Qatar Qatar 11 10 11 14
Drapeau des États-Unis États-Unis 3 5 6 8
Drapeau de la Corée du Sud Corée du Sud 4 5 5 -
Drapeau du Japon Japon 3 2 - -
Drapeau de l'Australie Australie 1 - - -
Total 22 22 22 22
Légende :
  •      Victoire
  •      Élimination

Villes et stades[modifier | modifier le code]

Afin de lutter contre les températures extrêmes de la région, le Qatar développe un système de climatisation dans les stades. Il est prévu de construire neuf nouveaux stades et d'en moderniser trois autres. Le Lusail Iconic Stadium accueillera le match d'ouverture, ainsi que la finale.

Le stade Al-Khawr est situé à Al-Khor, à 50 kilomètres au nord de Doha. Le stade aura une capacité totale de 45 330, avec 19 830 des places (sièges) faisant partie d'un niveau supérieur modulaire et temporaire. Le stade Al-Wakrah situé à Al-Wakrah, dans le sud du Qatar, aura une capacité totale de 45 120 places. Il contiendra au niveau supérieur, une tribune temporaire de 25 500 places. Le stade sera entouré par de grands panneaux solaires et décoré de l'art Islamique. Les stades d'Al-Wakrah et d'Al-Khawr auraient été construits même si la Coupe du monde n'avait pas été attribuée au Qatar. Cependant, les tribunes temporaires des niveaux supérieurs, non prévues initialement, seront ajoutées dans le cadre de l'accueil du tournoi en 2022.

Liste des stades retenus pour l'accueil du tournoi :

Lusail Doha Doha Doha
Lusail Iconic Stadium Khalifa International Stadium Sports City Stadium Education City Stadium
Capacité: 86 250
(à construire)
Capacité: 40 000
(à moderniser → 68 030)
Capacité: 47 560
(à construire)
Capacité: 45 350
(à construire)
Al-Khor Ash Shamal
Al-Khawr Stadium Ash Shamal Stadium
Capacité: 45 330
(à construire)
Capacité: 45 120
(à construire)
Al Wakrah Umm Salal
Al-Wakrah Stadium Umm Salal Stadium
Capacité: 45 120
(à construire)
Capacité: 45 120
(à construire)
Doha Doha Al Rayyan Doha
Doha Port Stadium Stade Thani bin Jassim Stade Ahmed bin Ali Qatar University Stadium
Capacité: 44 950
(à construire)
Capacité: 21 282
(à moderniser → 44 740)
Capacité: 21 282
(à moderniser → 44 740)
Capacité: 43 520
(à construire)

Équipes qualifiées[modifier | modifier le code]

Les 32 équipes nationales qualifiées pour la phase finale par confédération et par expérience.
Les demi-places correspondent à des places de barragistes qui nécessiteront des confrontations intercontinentales.
Carte Europe (UEFA)
13 places
Amérique du Sud (CONMEBOL)
4,5 places
Afrique (CAF)
5 places
Océanie (OFC)
0,5 place
Amérique du Nord, Centrale et Caraïbes (CONCACAF)
3,5 places
Asie (AFC)
5,5 places dont une au pays hôte

Controverses[modifier | modifier le code]

Conditions d'attribution[modifier | modifier le code]

Une enquête est ouverte par la FIFA sur les conditions d'attribution des Mondiaux 2018 en Russie et 2022 au Qatar suite aux accusations de corruption des membres de la Fédération qui ont voté le 2 décembre 2010 pour le Qatar et la Russie[2]. Le 3 décembre 2010, au lendemain de l'attribution de la compétition au Qatar, des accusations de corruption sont lancées par le Sunday Times puis par la BBC. The Sun fait sa une en affichant « Truqué ! », The Times écrit quant à lui que « le système de désignation des pays-hôtes de la Coupe du monde est atrocement corrompu ».

Ce choix du Qatar a été vivement critiqué, notamment par le président américain Barack Obama, indiquant que c'est une « mauvaise décision »[3]. L'État du Qatar est aussi le pays organisateur le moins peuplé à ce jour, après l'Uruguay en 1930[4]. De plus, il n'a jamais participé à une Coupe du monde de football et est classé 101e au classement FIFA de février 2013. Bien qu'ayant vocation à être démontés à la fin de la compétition et remontés dans des pays en voie de développement, les stades sont aussi sujet à controverse à cause de leur impact environnemental. Ils seront en effet totalement fermés et climatisés, la température moyenne au Qatar pouvant atteindre les 50 °C en été[5]. Les critiques de corruption justifiant le choix qatari se répandent dans la presse dès 2010[6].

En janvier 2013, la polémique rebondit en France avec la publication dans le bi-hebdomadaire France Football d'une enquête intitulée Qatargate[7] reprenant les propos de Guido Tognoni comparant la FIFA à « une petite mafia »[8]. En mai 2014, dans une interview accordée à la télévision suisse, Sepp Blatter reconnaît que le fait d’avoir accordé au Qatar l’organisation du Mondial 2022 était une erreur en précisant que « c'était la volonté politique, aussi bien en France, qu’en Allemagne. […] De grandes entreprises françaises et allemandes interviennent au Qatar, vous savez[9]. »

En 2013, l'hebdomadaire France Football et le mensuel So Foot évoquent une réunion secrète à l'Élysée organisée le 23 novembre 2010, soit une dizaine de jours avant le vote de la FIFA, entre Nicolas Sarkozy, alors le président de la République, Tamim ben Hamad al-Thani, prince du Qatar, Michel Platini, président de l'UEFA, et Sébastien Bazin, représentant de Colony Capital, alors propriétaire du PSG[10]. Le journal France Football écrit :

« Au cours de cette réunion, il a tour à tour été question du rachat du PSG par les Qataris (devenu effectif en juin 2011), d'une montée de leur actionnariat au sein du groupe Lagardère, de la création d'une chaîne de sport (la future BeIn sports) pour concurrencer Canal+ - que Sarkozy voulait fragiliser -, le tout en échange d'une promesse : que Platini (président de l'UEFA) ne donne pas sa voix aux États-Unis, comme il l'avait envisagé, mais au Qatar[2]. »

Sepp Blatter, président du comité d'éthique sur les conditions d'attribution, déclare à l'hebdomadaire allemand Die Zeit :

« Des chefs de gouvernement européens ont conseillé à leurs membres qui pouvaient voter de se prononcer pour le Qatar, parce qu'ils étaient liés à ce pays par des intérêts économiques importants. »

Michel Platini démentira certaines informations, et en minimisera d'autres. On évoque également des tensions entre Sepp Blatter et Michel Platini, tous deux candidats probables au poste de directeur de la FIFA en 2015[11].

Fin 2013, le journal Lequipe affirme que la FIFA pourrait retirer l'organisation du mondial au Qatar, pour la confier finalement aux États-Unis[12] sans refaire un nouveau vote, ce qui enfreindrait le règlement de la FIFA qui stipule que si un membre votant est corrompu, alors les attributions des deux coupes du monde 2018 et 2022 devront être remises en cause puisque les mêmes membre ont voter pour l'attribution des coupes du monde 2018 et 2022.

En mai 2014, le Sunday Times précise être en possession de milliers d'emails et d'autres documents qui attestent des versements d'argent présumés effectués par le Qatarien Mohammed Bin Hammam, alors membre du Comité exécutif de la Fifa et radié à vie en 2012 pour corruption [13]. Ce que ce dernier dément, parlant lui de simples cadeaux tel que des montres de luxe.

Polémique sur le calendrier : été ou hiver ?[modifier | modifier le code]

En raison des fortes chaleurs durant les mois d'été au Qatar (près de 50 °C), une polémique a éclaté concernant la date de l'organisation de la compétition, habituellement jouée aux mois de juin et juillet. Après s'être rétractés, les responsables entérinent l'idée d'une compétition en hiver. Sepp Blatter déclare en juillet 2013 :

« Vous ne pouvez pas jouer sous cette chaleur estivale. Bien qu'il soit possible de climatiser les stades, il est impossible de climatiser tout un pays ou l'ambiance d'une Coupe du monde. C'est pourquoi nous devons faire preuve de courage et jouer cette Coupe du monde en hiver[11]. »

Jérôme Valcke, le secrétaire général de la FIFA, a déclaré que la Coupe du monde serait jouée « entre le 15 novembre et le 15 janvier au plus tard. » Il n'a en revanche pas indiqué quelle serait l'année de l'organisation de la compétition (2021-2022 ou 2022-2023). Cependant, la FIFA a tenu à se démarquer de son secrétaire en déclarant que la date n'était toujours pas fixée. Une consultation auprès de toutes les parties concernées (joueurs, clubs, ligues, fédérations, sponsors, diffuseurs) a été lancée par la FIFA. Les conclusions ne seront pas présentées avant décembre 2014[14].

Mort de plus de 900 ouvriers sur les chantiers[modifier | modifier le code]

Article connexe : Droits de l'homme au Qatar.

La préparation de cette coupe du monde nécessite de gigantesques chantiers et Vinci intervient dans certains d'entre eux. En septembre 2013, des documents transmis par l'ambassade du Népal font état de la mort d'au moins 44 ouvriers népalais travaillant sur les chantiers de construction dans des conditions proches de l'esclavage[15].

En octobre 2013, une délégation internationale de syndicats de travailleurs du bâtiment appartenant à la Confédération syndicale internationale[16] (CSI) a souhaité accéder aux chantiers sur le principe de contrôles inopinés. Ce droit leur été refusé. D'après des informations locales, le droit du travail local ne serait pas respecté : aucune plainte d'un ouvrier n'a été enregistrée, et, en cas de plainte, l'ouvrier est expulsé[17].

Fin 2013, le quotidien britannique The Guardian relaie l'estimation de la CSI qui déclare qu'au rythme actuel des décès sur les chantiers, 4 000 ouvriers mourront avant l'inauguration de la compétition. Le journal dénonce l'« exploitation et les abus s'apparentant à de l'esclavage moderne » que connaîtraient les ouvriers, privés de leur passeport, en attente d'être payés et entassés à 12 dans des chambres d'hôtel insalubres. Sharan Burrow, secrétaire général de la CSI, affirme alors :

« Sans les changements nécessaires, plus d'ouvriers mourront à construire les infrastructures de la Coupe du monde que de footballeurs qui fouleront les pelouses lors de ce Mondial. »

Le Monde, en octobre 2013, publie un reportage sur le quotidien de ces ouvriers, qui travaillent onze heures par jour, six jours par semaine, parfois sous une chaleur jusqu'à 50 °C[18].

En février 2014, selon un rapport du comité de coordination népalais Pravasi et The Guardian, 400 ouvriers népalais et 500 ouvriers indiens sont morts sur les chantiers de la coupe du monde[19],[20].

En mai 2014, The New Republic reprend l'estimation de ESPN selon laquelle, « à la cadence actuelle », 4 000 travailleurs immigrés mourront d'ici au début de la Coupe du monde de 2022, en soulignant que « le plus effrayant » de cette estimation, c'est que le Qatar n'en est qu'au tout début des travaux nécessaires. Un seul nouveau stade a en effet été mis en chantier, alors que 12 nouveaux stades doivent être construits d'ici à 2022 : que se passera-t-il, se demande The New Republic, lorsque, comme toutes les nations organisatrices, le Qatar sera en retard sur le planning prévu[21] ?

Face à ces accusations, le Qatar promet l'abolition du système de parrainage qui met les travailleurs étrangers à la solde de leurs employeurs[11] (la règle du sponsor interdit aux employés étrangers, y compris les Occidentaux, de rompre leur contrat sans l'autorisation d'un tuteur, qui se trouve être dans la plupart des cas leur patron[18]).

Vente et consommation d'alcool[modifier | modifier le code]

En mars 2012, le Qatar, bien qu'ayant l'Islam comme religion officielle d'État et la Charia comme principale source d'inspiration juridique, a fait savoir par la voix de Hassan Al Thawadi, secrétaire général du Comité d’Organisation, que l'alcool ne serait pas proscrit durant la Coupe du monde [22]. En attendant la date de la manifestation sportive, la tendance locale semble pourtant être au durcissement des restrictions en matière d'alcool, puisque après en avoir interdit la consommation sur l'île artificielle Pearl Qatar[23], l'émirat l'a interdite aussi aux abords des plages et des piscines[24].

"Racisme anti Qatar" ?[modifier | modifier le code]

En 2014, le président de la FIFA, Sepp Blatter dénonce un "racisme" anti-Qatar, il déclare: « Il y a une sorte de déchainement contre la Fifa concernant la Coupe du monde au Qatar, a-t-il lâché. Malheureusement, c’est beaucoup lié à la discrimination et au racisme et ça me rend triste. » [25]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « La Russie et le Qatar accueilleront respectivement les Coupes du Monde de la FIFA 2018 et 2022 », sur fr.fifa.com,‎ 2 décembre 2010
  2. a et b Ce "Qatargate" qui ébranle la FIFA sur lemonde.fr du 29 janvier 2013
  3. Barack Obama déplore la désignation du Qatar pour 2022, tf1.fr
  4. L'étrange choix du Qatar pour la Coupe du Monde 2022, Site de Libération
  5. Coupe du Monde 2022 : le Qatar OK, l’environnement KO ?, Zegreenweb.com
  6. Qatar 2022 : les vendus de la coupe du monde, François Touminet, VSD no 1739, 23 au 29 décembre 2010
  7. Tognoni : «La FIFA, comme une petite mafia», francefootball.fr, 29 janvier 2013
  8. Qatar 2022 : merci au vertueux Zidane !, Joris Karl, bvoltaire.fr, 1er février 2013
  9. Qatar 2022, Blatter reconnait une erreur, lefigaro.fr, 16 mai 2014
  10. L'attribution du Mondial de football au Qatar influencé par des intérêts économiques sur lemonde.fr du 18 septembre 2013
  11. a, b et c Pourquoi la tenue de la coupe du monde au Qatar fait polémique ? sur lemonde.fr du 16 mai 2014
  12. L'équipe.fr, « Les Etats-Unis, le plan B pour l'organisation du Mondial 2022 ? »
  13. Mondial 2022: Le Qatar de nouveau accusé de corruption, Challenges, 2 juin 2014
  14. « La Coupe du Monde 2022 aura lieu entre novembre et janvier », sur www.dhnet.be,‎ 8 janvier 2014
  15. « Des “esclaves” népalais morts au Qatar sur les chantiers de la Coupe du monde » sur lemonde.fr.
  16. « La CSI propose à la FIFA une mission conjointe au Qatar » sur force-ouvriere.fr.
  17. « Qatar: chantier interdit », sur sports.fr.
  18. a et b « Mondial 2022 : les damnés de Doha » par Benjamin Barthe sur lemonde.fr du 18 octobre 2013.
  19. « Plus de 400 travailleurs népalais morts dans les chantiers du Qatar » sur lemonde.fr.
  20. « More than 500 Indian workers have died in Qatar since 2012, figures show » sur theguardian.com.
  21. FIFA Needs to Take the 2022 World Cup Away from Qatar. Now., sur newrepublic.com (consulté le 2 juillet 2014).
  22. Coupe du Monde 2022 au Qatar : même de l’alcool…, sur le site bakchich.info (19/03/2012).
  23. (en) Qatar, Unveiling Tensions, Suspends Sale of Alcohol, sur le site du Wall Street Journal (7/01/2012)
  24. (en) Qatar in clampdown on alcohol sales in hotel pools and beaches, Arabian business (10/11/2013).
  25. [1]