Renaud de Châtillon
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| Renaud de Châtillon | |
| Titre | |
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| Prince d'Antioche avec Constance d'Antioche |
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| 1153 – 1163 | |
| Prédécesseur | Raymond de Poitiers Constance d'Antioche |
| Successeur | Bohémond III d'Antioche |
| Seigneur d'Hébron | |
| 1177 – 1187 | |
| Prédécesseur | Onfroy II de Toron |
| Successeur | Conquis par Saladin |
| Seigneur d'Outre-Jourdain avec Étiennette de Milly |
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| 1177 – 1187 | |
| Prédécesseur | Miles de Plancy Étiennette de Milly |
| Successeur | Onfroy IV de Toron |
| Biographie | |
| Date de naissance | v.1120 |
| Date de décès | 1187 |
| Lieu de décès | Hattin |
| Conjoint | (1) Constance d'Antioche (2) Étiennette de Milly |
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Renaud de Châtillon, né vers 1120, mort en 1187 à Hattin, prince consort d'Antioche (1153-1163), puis seigneur consort d'Outre-Jourdain et seigneur d'Hébron.
Sommaire |
Biographie [modifier]
Premières razzias et emprisonnement [modifier]
Certaines sources[1] font de Renaud de Châtillon le fils d'Henri Ier, seigneur de Châtillon et d'Ermengarde de Montjay mais, d'après Jean Richard[2], il aurait été fils d'Hervé II de Donzy, qui était seigneur de Gien, Châtillon (Châtillon-sur-Loing, actuellement Châtillon-Coligny) et Donzy.
C'est un cadet sans fortune, mais qui passe pour être un magnifique guerrier. Il part pour la Terre sainte et, au printemps 1153, épouse Constance, princesse régente d'Antioche, veuve de Raymond de Poitiers. Aimery de Limoges, patriarche d’Antioche, dont ce mariage diminuait l'influence sur la princesse, ayant parlé de lui avec mépris, Renaud le jette en prison, le fait torturer, puis après avoir enduit ses blessures de miel, l’enchaîne et le fait exposer au soleil et aux insectes.
Prétextant le refus du basileus Manuel Ier Comnène de lui payer une somme due pour services militaires contre le prince Thoros II d'Arménie, il décide de lancer un raid contre Chypre, qui était alors un thème byzantin. Il s'allie avec son ennemi de la veille Thoros et débarque à Chypre au printemps 1155, défait sans difficultés la garnison byzantine, puis ravage systématiquement l’île : les champs cultivés sont brûlés, les troupeaux massacrés, les églises, les palais et les couvents pillés et incendiés, les femmes violées, les vieillards et les enfants ont la gorge tranchée, les hommes riches sont emmenés en otage et les pauvres décapités. Avant de quitter l’île avec son butin, Renaud fait rassembler tous les prêtres et les moines grecs et leur fait couper le nez avant de les envoyer à Constantinople. Même en cette époque où la piraterie contre Byzance est chose ordinaire, la violence de cette razzia indigne tous les chroniqueurs.
Très vite, les exactions de Renaud le rendront odieux à ses voisins Alépins, aux Byzantins et à ses propres sujets.
Pendant les trois années qui suivent le raid sur Chypre, Renaud est aux côtés du roi Baudouin III de Jérusalem dans divers combats contre les forces musulmanes ce qui lui permet en 1158 de reprendre Harim à Salah ad-Din.
L'empereur Manuel Ier Comnène, forcé d'abandonner ses ambitions en Méditerranée occidentale, y gagne d'avoir les mains libres en Orient. Les princes francs d'Orient désirent son alliance et Baudouin III de Jérusalem épouse sa nièce. L'empereur réunit une importante armée, reconquiert la Cilicie sur les Arméniens et prend ses quartiers d'hiver à cent cinquante kilomètres d'Antioche. Renaud de Châtillon, qui sait que les autres princes francs désapprouvent sa conduite à Chypre et que Manuel Ier lui en tient rigueur, prend les devants et va demander, prosterné, pieds nus et la corde au cou, le pardon de l'empereur. L'empereur le lui accorde et, en avril 1159, fait à Antioche une entrée pacifique mais destinée à rappeler la vassalité d'Antioche envers Byzance.
Le 23 novembre 1160, Renaud est fait prisonnier par les soldats turcs au cours d’une opération de pillage. Nur ad-Din le tiendra emprisonné à Alep durant seize ans. Pendant sa captivité, Constance d'Antioche meurt et Bohémond III d'Antioche, fils du premier mariage de Constance, hérite d'Antioche.
Grâce à un échange de prisonniers, Renaud est libéré en 1176 par As-Salih Ismail al-Malik, le fils de Salah ad-Din. Selon d'autres sources, en tant que beau-père de l'impératrice Marie d'Antioche, il est racheté pour la somme extraordinaire de 120 000 dinars d'or.
Apogée [modifier]
Il offre alors ses services au roi Baudouin IV de Jérusalem qui lui donne la seigneurie d'Hébron. En épousant la jeune veuve de Miles de Plancy, Étiennette de Milly, dame d'Outre-Jourdain, il devient seigneur de Montréal et d'Outre-Jourdain. Il tient notamment les forteresses de Kerak et de Chawbak et de là, il va rançonner les caravanes passant dans les environs.
Ses années de captivité ne l'ont pas du tout assagi et il multiplie les provocations. Allié des Templiers, il exerce sur la cour de Jérusalem une influence grandissante. Il est partisan d’une politique de conquête face aux musulmans, motivée beaucoup plus par ses espoirs de pillage que par des considérations stratégiques.
Contrairement aux chroniqueurs francs, qui semblent vouloir minimiser son rôle en cette occasion, mais conformément à tous les chroniqueurs musulmans, on pense maintenant que c'est Renaud de Châtillon qui commandait l'armée des croisés lors de la célèbre bataille de Montgisard (25 novembre 1177)[3].
En 1181, malgré une trêve conclue entre Baudouin IV de Jérusalem et Saladin, il pille une caravane se rendant à la Mecque. Saladin s’en plaint à Baudouin IV de Jérusalem, qui ne trouve pas la force de sévir contre son vassal (il était alors en pleine crise dans sa maladie). Saladin, fou de rage, aurait déclaré qu'il tuerait Renaud de Châtillon de ses propres mains.
Chute et mort de Renaud de Châtillon [modifier]
En 1182, il monte une expédition en mer Rouge, pille les ports du Hedjaz et menace les villes saintes de l'Islam, La Mecque et Médine. En chemin, il coule un bateau de pèlerins musulmans se rendant vers Jeddah. Tandis que Renaud, chargé de butin, remonte vers ses terres, ses hommes continuent à sillonner la mer Rouge et pillent le Hedjaz ; l'idée de base était défendable du point de vue stratégique (menacer La Mecque pouvait créer une utile diversion en détournant les forces arabes du royaume de Jérusalem) mais l’opération manquait de moyens et son exécution, peu rationnelle, en limita les effets. Il semble d’ailleurs que Renaud de Châtillon, toute sa vie le montre, ait été incapable d'un dessein mieux suivi. Le frère de Saladin, al-Adel, qui gouverne en Égypte, lance contre eux une flotte qui écrase les pillards. Certains d’entre eux sont conduits à La Mecque pour y être décapités en public.
Saladin lance des raids sur son territoire (1183). Il assiège la forteresse de Kérak, mais fait épargner le secteur où se déroulent les noces de la belle-fille de Renaud. Celui-ci ne doit son salut qu’aux secours de Baudouin IV.
À la mort de Baudouin IV (1185), la régence du royaume de Jérusalem va à Raymond III de Tripoli, qui traite avec Saladin. La mort du jeune Baudouin V donne le trône à Guy de Lusignan (août 1186). Le pouvoir effectif passe au parti de Renaud de Châtillon.
En 1187, il attaque encore une caravane allant de l'Égypte à Damas. La trêve est rompue et Saladin engage la guerre contre le royaume de Jérusalem. La bataille entre les deux armées a lieu le 4 juillet 1187 à Hattin et les Francs sont vaincus. Renaud, fait prisonnier, est immédiatement décapité d'un coup de sabre par Saladin.
Enfants [modifier]
De son premier mariage (1153) avec Constance d'Antioche (1127 † 1163), il eut :
- Agnès d'Antioche († 1184), mariée à Béla III, roi de Hongrie
De son second mariage (1177) avec Étiennette de Milly, dame d'Outre-Jourdain, il eut :
- Alix de Châtillon († 1235), mariée à Azzo VI d'Este
Articles connexes [modifier]
Bibliographie [modifier]
- Gustave Schlumberger, Renaud de Châtillon, Prince d'Antioche, seigneur d'Outre-Jourdain, Plon, Paris, 1898
- Pierre Aubé, Un Croisé contre Saladin, Renaud de Châtillon, Fayard, Paris, 2007 (ISBN 978-2-213-63243-8)
- Alain Demurger, Les Templiers, une chevalerie chrétienne au Moyen Âge, Paris, Seuil, coll. « Points Histoire », 2008 (1re éd. 2005), poche, 664 p. (ISBN 978-2-7578-1122-1)
- Alain Demurger, Vie et mort de l'Ordre du Temple, Seuil, 1989 (pp. 150-154)
- René Grousset, L'Empire du Levant : Histoire de la Question d'Orient, Paris, Payot, coll. « Bibliothèque historique », 1949 (réimpr. 1979), 648 p. (ISBN 2-228-12530-X)
Références [modifier]
- Site généalogique
- Jean Richard, « Aux origines d'un grand lignage. Des Palladii à Renaud de Châtillon », Media in Francia... Recueil de mélanges offerts à Karl Ferdinand Werner..., Institut historique allemand, Maulévrier, 1989. Jean Richard est suivi par Pierre Aubé, Un croisé contre Saladin. Renaud de Châtillon, Fayard, 2007, p. 17 et 19.
- Pierre Aubé, Un croisé contre Saladin, Renaud de Châtillon, Fayard, 2007, p. 162, qui renvoie à G.-L. Schlumberger et à B. Hamilton et reconnaît avoir lui-même sous-estimé le rôle de Renaud dans un ouvrage précédent.
Inspiration littéraire et cinématographique [modifier]
- Jacques Thoquet, Renaud de Châtillon, Satan des Francs ou la Colère d'Allah, Société des Ecrivains 147 rue Saint Honoré 75001 Paris
- Il est également présent dans le film Kingdom of Heaven, qui montre son déclin et sa mort.