Bohémond de Tarente

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Bohémond de Tarente
Bohémond et ses troupes escaladant les défenses d'Antioche, gravure réalisée par Gustave Doré
Bohémond et ses troupes escaladant les défenses d'Antioche, gravure réalisée par Gustave Doré
Titre
Prince de Tarente
1085 – 1111
Prédécesseur Robert Guiscard
(duc d'Apulie et de Calabre)
Successeur Bohémond II d'Antioche
(prince)
Prince d’Antioche
1098 – 1111
Prédécesseur Yâghî Siyân
(émir d'Antioche)
Successeur Tancrède de Hauteville
(régent d'Antioche)
Biographie
Dynastie Maison de Hauteville
Date de naissance vers 1054
Date de décès
Lieu de décès Canosa en Apulie
Père Robert Guiscard
Mère Aubrée de Buonalbergo
Conjoint Constance de France
Enfant(s) Bohémond II d'Antioche

Bohémond de Tarente

Bohémond de Tarente ou de Hauteville ou encore Bohémond Ier d'Antioche le Grand (autant par sa taille que par son prestige) (vers 1054 - 6 ou ), prince de Tarente et prince d'Antioche, est un des meneurs de la première croisade.

Il est le fils aîné de Robert Guiscard, et de sa première épouse Aubrée de Buonalbergo.

Biographie[modifier | modifier le code]

Bohémond de Tarente participe aux expéditions de son père et le seconde entre 1081 et 1085 dans sa guerre contre Byzance en territoire byzantin. À la mort de celui-ci en juillet 1085, il est écarté de la succession sur les duchés d’Apulie, de Calabre et de Sicile au profit de son demi-frère, le jeune et faible Roger Borsa, favorisé par la mère de ce dernier, Sykelgaite de Salerne mais s’empare du sud de l’Apulie et du comté de Tarente avec ses partisans la même année.

Mausoleum de Bohemond à Canosa di Puglia.

En 1096, alors qu’il participait aux côtés de son oncle Roger Ier de Sicile, comte de Sicile, au siège de la principauté indépendante d’Amalfi, il apprit qu’une grande expédition pour l’Orient était en route, un bon moyen pour lui d’aller se tailler un fief plus vaste et plus riche que son comté et s’embarqua avec des troupes et des proches dont son neveu le jeune Tancrède de Hauteville et Roger de Salerne, pour la première Croisade, dont il fut l’un des principaux chefs. Il s’empare par ruse d’Antioche le 2 juin 1098 et conserve la ville, malgré les véhémentes protestations de Raymond IV, comte de Toulouse. Il fait de la ville le centre d’une principauté où ses descendants indirects gouvernent tant bien que mal durant plus de deux siècles. Cependant la situation de Bohémond, devenu le prince « Bohémond Ier d’Antioche », est précaire entre les ambitions d’Alexis Comnène, l’empereur byzantin, qui lorgne sur ses possessions autrefois byzantines, mais aussi la volonté des Arabes et des Turcs, de reprendre le contrôle de la Syrie du Nord.

Au mois d’août de l’an 1100 Bohémond est fait prisonnier par l'émir de Sivas et n'est libéré qu’en mai 1103 : Tancrède de Hauteville gouverne Antioche à sa place durant cette période.

Après sa libération Bohémond repart en Europe en 1104 afin d’obtenir des renforts. En fait il ne revient plus jamais dans sa principauté. En effet il épouse la fille de Philippe Ier, roi de France, Constance et tente d’attaquer l’Empire byzantin avec un débarquement en Dalmatie comme son père plus de vingt ans plus tôt 1105. À la fin de l’année 1107, il prend Avlona et assiège Durazzo. Malheureusement, un an plus tard, les Byzantins le tiennent en échec et son expédition tourne court ; humilié, il doit traiter avec l’empereur qui lui fait reconnaître l’autorité de Byzance sur sa principauté d’Antioche (Traité de Déabolis, 1108). En tant que prince d’Antioche il doit se reconnaître vassal d’Alexis Ier. Ce traité est mal accepté par Tancrède qui s’empresse de le dénoncer après la mort de Bohémond en Apulie, à Canosa le 26 mars 1111, laissant un jeune fils, Bohémond.

La princesse byzantine Anne Comnène, témoin oculaire de l’époque de la Croisade, qui l’a rencontré pour la première fois alors qu’elle avait quatorze ans, fut très fascinée par Bohémond a laissé, dans l’Alexiade une description détaillée de lui pareille à nulle autre prince croisé :

« II dépassait les plus grands d’une coudée ; il était mince du ventre, large des épaules et de la poitrine ; il n’était ni maigre ni gras. Il avait les bras vigoureux, les mains charnues et un peu grandes. À y faire attention, on s’apercevait qu’il était tant soit peu courbé. Il avait la peau très blanche, et ses cheveux tiraient sur le blond ; ils ne passaient pas les oreilles, au lieu de flotter, comme ceux des autres barbares. Je ne puis dire de quelle couleur était sa barbe ; ses joues et son menton étaient rasés ; je crois pourtant qu’elle était rousse. Son œil, d’un bleu tirant sur le vert de mer, laissait entrevoir sa bravoure et sa violence. Ses larges narines aspiraient l’air librement, au gré du cœur ardent qui battait dans cette vaste poitrine. Il y avait de l’agrément dans cette figure, mais l’agrément était détruit par la terreur. Cette taille, ce regard, il y avait en tout cela quelque chose qui n’était point aimable, et qui même ne semblait pas de l’homme. Son sourire me semblait plutôt comme un frémissement de menace… Il n’était qu’artifice et ruse ; son langage était précis, ses réponses ne donnaient aucune prise. »

Sources[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]