Bataille du défilé de Pisidie

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Bataille du défilé de Pisidie
Informations générales
Date 6 janvier 1148
Lieu Pisidie
Issue Défaite croisée
Belligérants
Croisés francs Sultanat de Roum
Commandants
Blason pays fr FranceAncien.svg Louis VII Masud Ier
Deuxième croisade
Batailles
Première croisade

Nicée · Dorylée · Antioche · Jérusalem (1er) · Rama (1er) · Ascalon · Rama (2e) · Haran · Rama (3e) · Tripoli · Champ du Sang


Deuxième croisade
Dorylée · Pisidie · Damas · Inab · Ascalon (2e)


Troisième croisade
Mont Gisard · Hattin · Jérusalem · Saint-Jean-d'Acre · Arsouf


Quatrième croisade


Cinquième croisade


Sixième croisade


Septième croisade
Damiette · Mansourah · Fariskur


Huitième croisade
Tunis


Neuvième croisade


Tripoli · Saint-Jean-d'Acre (2e)

La bataille du mont Cadmos ou bataille du défilé de Pisidie ou bataille de Laodicée est une défaite de l'armée franque de Louis VII de France face aux Turcs seldjoukides de Rum lors de la deuxième croisade, le 6 janvier 1148.

Contexte[modifier | modifier le code]

L’indiscipline de l’élément populaire, surtout dans la croisade allemande, provoque des incidents au passage de l’armée croisée dans les Balkans. Le basileus craint que les troupes des croisés ne renforcent la principauté d'Antioche, où il veut rétablir sa suzeraineté, et qu’elles affaiblissent l’alliance germano-byzantine contre Roger II de Sicile. En effet, pendant que Conrad II et Louis VII refusent de prêter hommage au basileus à l’automne 1147, et retiennent ainsi les troupes byzantines, Roger II s’empare de Corfou et de Céphalonie, pille Corinthe et Thèbes. Manuel Ier Comnène doit conclure un traité avec le sultan de Rum. Sans l’appui byzantin, la traversée de l’Asie mineure est difficile. Français et Allemands, qui ne s’entendent pas, cheminent séparément. L’armée de Conrad est battue à la bataille de Dorylée, le 25 octobre 1147.

Les débris de l'armée de Conrad parviennent à se réunir à l'armée du roi de France. Les deux armées laissent sur la gauche le chemin suivi par les premiers croisés, s'avancent ensemble jusqu'à Philadelphie, en Lydie ; mais dans cette ville les Allemands, qui avaient perdu leur bagage, et se voyaient encore exposés à de nouvelles calamités, se décident en grand nombre à retourner à Constantinople ; l’empereur, réconcilié avec Manuel, gagne Acre sur des vaisseaux byzantins. Les troupes de Louis VII suivent le littoral, se reposent sur les bords de la mer Égée, et prennent ensuite la route de l'Orient. Les Francs rejettent l'offre que leur fait Manuel de les protéger contre les Musulmans, et continuent leur marche. Les Turcs, après avoir mis en lieux sur le butin fait sur l'armée de Conrad, les attendent sur les rives du Méandre, mais les Francs forcent le passage et marchent sur Laodicée du Méandre, qu'ils atteignent le 6 janvier, jour de l'Épiphanie, puis s'engagent dans les montagnes qui séparent la Phrygie de la Pisidie.

La bataille[modifier | modifier le code]

L'avant-garde franque, commandée par le Poitevin Geoffroy de Rancon, dépasse imprudemment le lieu fixé pour le rendez-vous général de l'armée ; la colonne où se trouve le roi, ignorant cette circonstance, et n'apercevant pas ceux qui la précédent, lorsqu'elle arrive à l'endroit convenu, se porte plus en avant. Les guerriers français marchent avec confiance, persuadés que leurs compagnons occupaient les hauteurs devant eux. Mais les Turcs profitent d'un moment où les Francs avaient rompu leurs rangs, jettent de côté arcs et carquois, et se précipitèrent sur eux, le sabre à la main. Les Francs se trouvent alors dans un étroit défilé, bordé d'un côté de précipices profonds et de l'autre de rochers escarpés. Chevaux, hommes, bagages, tout est poussé dans l'abime. Le roi Louis VII parvient à s'échapper de la mêlée, gagne une éminence, s'adosse contre un arbre et résiste seul à plusieurs assaillants. La nuit venue, le roi profite de l'obscurité pour rejoindre l'avant-garde de son armée, où déjà on le croyait mort. Après la bataille, l'armée du roi de France, qui a subi de lourdes perdes, parvient difficilement à rejoindre Attalia le 20 janvier. Le roi de France doit abandonner les non-combattants et s’embarquer pour Antioche avec ses chevaliers. Les mauvais rapports entre les croisés et Byzance et entre les croisés eux-mêmes ont réduit de trois-quarts les forces de la croisade.

Liens internes[modifier | modifier le code]

Sources et bibliographie[modifier | modifier le code]