Pierre-François Palloy

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Pierre-François Palloy
Un des modèles de Palloy.

Pierre-François Palloy (1755-1835), dit « le Patriote », était un maître-maçon et entrepreneur de travaux publics.

[modifier] Biographie

Pierre-François Palloy naquit à Paris, rue du Petit Reposoir, le 22 janvier 1755. Fils d'un marchand de vin, il fit ses études au collège d'Harcourt puis s'engagea comme sous-officier au régiment royal-dragons. Ayant quitté l'armée, il entra comme commis chez le maître-maçon Nobillot, architecte-entrepreneur, épousa sa fille et prit sa succession.

Bien qu'il n'eut aucun mandat par l'assemblée des électeurs de Paris de démolir la Bastille après sa prise le 14 juillet 1789[1], il mit une équipe de huit cents ouvriers au travail dès le lendemain. Le chantier était à peu près achevé à la fin de novembre[2].

Palloy fit fabriquer des modèles réduits en pierre puis en plâtre mêlé de mortier de la Bastille, qui furent envoyés dans les chefs-lieux des nouveaux départements français grâce aux « Apôtres de Palloy », un réseau d'hommes qui assure la promotion de ses projets. On peut voir à Saint-Julien-du-Sault (Yonne) une de ces pierres incrustée dans une des portes de la ville avec l'inscription « je certifie que cette pièce vient de la Bastille » signée « Palloy patriote ».

Il fit également frapper des clefs à partir des chaînes en fer du pont-levis de la forteresse ainsi que de nombreux objets de pacotille (bijoux, tabatières, cartes à jouer) et de médailles commémoratives des grands événements de la Révolution, à commencer par celle de la prise de la Bastille, nommée aussi médaille Palloy[3]. Ces médailles, d'un style fruste, sont couvertes d'inscriptions rédigées dans un français amphigourique et émaillées de fautes d'orthographes. Elles sont constituées le plus souvent de deux plaques de fer ou d'étain réunies assemblées par un cerclage de laiton. Pour autant, il ne s'agit pas de « médailles populaires », car les tirages n'ont jamais dépassé 1 200 exemplaires.

Palloy fut chargé, le 11 août 1792, de travaux d'aménagement au donjon du Temple pour y emprisonner Louis XVI et sa famille.

Accusé de dilapidation, Palloy fut emprisonné du 28 décembre 1793 au 17 mars 1794.

Alors qu'il fêtait avec d'autres l'exécution de Louis XVI tous les 21 janvier, jusqu'à la Restauration, par un banquet avec au menu une tête de cochon farcie (qui plus tard sera remplacée par une tête de veau), il reçut en 1814 la décoration de l'Ordre du Lys fondée par le futur Charles X.

Une importante collection de médailles et insignes réalisés à l'initiative du « patriote Palloy » est conservée au musée Carnavalet.

[modifier] Notes et références

  1. Son courrier de demande d'autorisation ne date que du 16 juillet
  2. Héloïse Bocher, « Le patriote Palloy et la démolition de la Bastille. Un succès par les réseaux ? », Hypothèses, vol. 1, 2010, p. 247-257 
  3. Franck Ferrand, « Que fête-t-on le 14 juillet ? », émission L'ombre d'un doute sur France 3, 11 juillet 2012

[modifier] Bibliographie

  • Henri Lemoine, Le démolisseur de la Bastille, Paris, 1930.
  • Alain Weil, Histoire et numismatique du patriote Palloy, démolisseur de la Bastille, Paris-Lyon, 1976.