Gare de Paris-Bastille

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Gare de la Bastille
détruite
Image illustrative de l'article Gare de Paris-Bastille
La gare de la Bastille avant sa destruction en 1984.
Localisation
Pays France
Ville Paris
Adresse Place de la Bastille
75012 Paris
Coordonnées géographiques 48° 51′ 08″ N 2° 22′ 13″ E / 48.8523, 2.370164 ()48° 51′ 08″ Nord 2° 22′ 13″ Est / 48.8523, 2.370164 ()  
Gestion et exploitation
Propriétaire Compagnie des chemins de fer de l'Est puis SNCF
Exploitant Compagnie des chemins de fer de l'Est puis SNCF
Service Banlieue (Place de la Bastille)
Caractéristiques
Voies 6
Historique
Mise en service
Fermeture
Architecte François-Alexis Cendrier
Correspondances
Métro Bastille
Autobus CGO puis STCRP et enfin RATP
Tramway (Jusqu'en 1935)

La gare de la Bastille ou gare de Paris-Bastille était une ancienne gare parisienne, ouverte de 1859 à 1969, origine de la ligne reliant Paris à Verneuil-l'Étang, appelée « ligne de Vincennes » pour indiquer que sa construction avait été contemporaine de celle du fort de Vincennes.

Histoire[modifier | modifier le code]

Construction et aménagements[modifier | modifier le code]

La gare dans les années 1900.
Autre vue prise à la même époque.

La gare de la Bastille était située entre la rue de Lyon et la rue de Charenton, au niveau de la place de la Bastille dont elle tient son nom. La construction de la ligne débute en 1855 en banlieue. L'embarcadère est dessiné par l'architecte François-Alexis Cendrier (qui avait dessiné la gare de Lyon). Elle est inaugurée, de même que le reste de la ligne de chemin de fer, le 22 septembre 1859, en présence de l'empereur Napoléon III. Elle appartient alors à la compagnie de l'Est.

Le bâtiment en façade mesure 250 mètres sur 30 mètres de large. Deux nefs abritent quatre voies à quai et deux voies pour la seconde. Compte tenu de l'exiguïté des installations, un pont roulant est installé en tête de quais, afin de permettre les manœuvres des locomotives. Les voies sont surélevées dans le tronçon final par un viaduc (le « viaduc de Paris » rebaptisé « viaduc des Arts »). Celui-ci mesure alors 1 020 mètres et comprend 72 arches ; il longe les immeubles à la hauteur du premier étage[1]. En 1872, la ligne est prolongée vers Sucy-en-Brie, en 1874 vers Boissy-Saint-Léger, en 1875 vers Brie-Comte-Robert et en 1892 vers Verneuil-l'Étang. Cette gare reste une gare de banlieue[2].

Commerces[modifier | modifier le code]

De nombreux commerces étaient abrités au rez-de-chaussée de la gare, notamment un coiffeur, un bar et un grand restaurant (« Les Voûtes »[3]).

Machines hébergées[modifier | modifier le code]

Cette gare ne connaît que la traction vapeur, avec essentiellement des locomotives type 120 à tender séparé, rapidement remplacées par des locomotives-tender 120 T (no 261 à 285) construites par la société André Koechlin et Compagnie à Mulhouse. À partir de 1881, les remplacantes sont les « 031 T Est 613 à 742 » (futures 1-031 TA) et les 131 T immatriculées « 131 T Est V 613 à V 666 » (futures 1-131 TA). À partir de 1925, ce sont les « 131 T Est 32001 à 32050 » (futures 1-131 TB) qui entrent en scène. Les dernières machines à desservir la ligne, à partir de 1962, sont les célèbres « 141 T Est 4401 à 4512 » (futures 1-141 TB 401 à 512). Ces machines sont alors entretenues au dépôt de Nogent-Vincennes[4].

Abandon de la gare[modifier | modifier le code]

La gare de la Bastille est abandonnée dans le cadre de la création de la ligne A du RER d'Île-de-France, qui transforme l'antique ligne de Vincennes en une infrastructure ferroviaire moderne, électrifiée et à grande capacité, interconnectée avec la ligne de Saint-Germain-en-Laye au moyen d'un tunnel à grand gabarit traversant Paris sur un axe est-ouest.

Le départ du dernier train à vapeur de Paris-Bastille est donné le 14 décembre 1969, à h 50. Peu après, le début de la ligne de Vincennes est démantelé.

La gare après le ferroviaire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Opéra Bastille.

Après l'arrêt de l'activité ferroviaire, le bâtiment voyageurs de la gare de la Bastille sert de lieu d'exposition artistique jusqu'à sa destruction, en 1984, lorsque l'opéra Bastille est construit à son emplacement. Entre le 30 octobre et le 7 novembre 1976, la SNCF organise une exposition dans la gare désaffectée, qui rassemble 75 000 visiteurs[1].

Les anciennes voies de chemins de fer sont, elles, rachetées en 1986 par la mairie de Paris. D'une longueur de quatre kilomètres, elles sont réaménagées en promenade (dite « promenade plantée ») par les architectes Philippe Mathieux et Jacques Vergely. Cette zone s'étend de l'avenue Daumesnil au boulevard périphérique, dans le 12e arrondissement[5].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Clive Lamming, Paris au temps des gares, Parigramme, 2011, « À la Bastille, l'important c'est le trajet », pages 76-79.
  2. La ligne de Monsieur Gargan, G. Géraud et M.Mérille, Amarco éditions, p. 41
  3. Le restaurant de la gare de la Bastille sur le site du Cercle ferroviaire nogentais, consulté le 26 janvier 2011
  4. Aurélien Prévot, « La ligne de Vincennes restée fidèle à la vapeur jusqu'à la mort ! Il y a 40 ans, la fin des 1.141 TB de la Bastille », Ferrovissime, no 20,‎ octobre 2009, p. 2 à 21 (ISSN 1961-5035)
  5. La gare Bastille - Vincennes - Paris 12e, sur paris1900.lartnouveau.com. Consulté le 31 octobre 2012.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Gérard Géraud, Michel Mérille, La Ligne de M. Gargan. L’histoire ferroviaire de l’Est parisien, Les Pavillons-sous-Bois, Amarco éd., 2004, 351 p, (ISBN 2-950957-18-8)
  • Didier Leroy, La ligne de Vincennes, inoubliables panaches, La vie du rail,‎ novembre 2006, 160 p. (ISBN 978-2915034608)
  • (en) David Thomas, « Bastille, Part 1 - a living museum », Continental Modeller, vol. 33, no 2,‎ février 2011, p. 78-85 (ISSN 0955 1298)
  • (en) David Thomas, « Bastille, Part 2 - operation and modelling », Continental Modeller, vol. 33, no 3,‎ mars 2011, p. 148-54 (ISSN 0955 1298)
  • David Thomas, « La Gare de la Bastille-on aime bien...un Terminus Parisien Original ! », Rail Miniature Flash, no 576,‎ juillet 2013, p. 34-50 (ISSN 0033 8737)

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]