Colonne de Juillet

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Colonne de Juillet
Colonne de Juillet sur la place de la Bastille.
Colonne de Juillet sur la place de la Bastille.
Présentation
Type Colonne commémorative
Architecte Jean-Antoine Alavoine
Joseph-Louis Duc
Date de construction 1835-1840
Dimensions 50,52 m
Destination initiale Commémoration des Trois Glorieuses
Protection Logo monument historique Classé MH (1995)
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Île-de-France
Localité Paris
Localisation
Coordonnées 48° 51′ 11″ N 2° 22′ 09″ E / 48.853142, 2.369086 ()48° 51′ 11″ Nord 2° 22′ 09″ Est / 48.853142, 2.369086 ()  

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Colonne de Juillet

La colonne de Juillet est une colonne élevée sur la place de la Bastille à Paris, entre 1835 et 1840 en commémoration des Trois Glorieuses. Ces trois journées de la révolution de juillet 1830 amenèrent la chute de Charles X et du régime de restauration, puis l'instauration de la monarchie de juillet, avec le règne de Louis-Philippe Ier, duc d'Orléans, devenu roi des Français.

Sur une plaque, au bas de la colonne, il est écrit :

« À la gloire des citoyens français qui s'armèrent et combattirent pour la défense des libertés publiques dans les mémorables journées des 27, 28, 29 juillet 1830. »

Le fût de la colonne porte le nom des victimes des journées révolutionnaires de juillet 1830 et le sommet est orné d'une sculpture en bronze doré d'Auguste Dumont : Le Génie de la Liberté. Enfin, la colonne est construite au-dessus d'une nécropole accueillant les corps de révolutionnaires tombés pendant les journées de juillet.

Les monuments prédécesseurs[modifier | modifier le code]

La Guillotine de l'an II[modifier | modifier le code]

En prairial de l'an II, pendant la Grande Terreur, la guillotine quitte la place de la Révolution, pour s'installer sur le terrain en friche de la place de la Bastille. Les habitants protestèrent et celle-ci ne put fonctionner que trois jours et faire seulement 75 victimes, avant d'être réinstallée Place du Trône-Renversé.

La Fontaine de la Régénération[modifier | modifier le code]

Dès le , il est décidé que l’emplacement de la Bastille formerait une place dite « de la Liberté » et qu’une colonne y serait élevée, mais on y installa d'abord la Fontaine de la Régénération pour le , elle était au cœur de la fête de l'Unité et de l'Indivisibilité de la République. Cette fête révolutionnaire grandiose, organisée par Jacques Louis David et conçue par Hérault de Séchelles, fut la plus importante des cérémonies révolutionnaires. Un budget de deux millions lui fut alloué par la Convention. Le parcours prévu pour le cortège avait cinq « stations » symboliques de la Révolution : des Champs de Mars à la Bastille en passant par la place de la Concorde.

La fontaine commémorait la prise des Tuileries de 1792. Cette fontaine de style égyptien était une allégorie de la Nation, dont l'eau sortait des mamelles en deux jets recueillis dans un bassin. Elle fut attribuée au peintre et sculpteur néo classique Jacques-Louis David[1].

L'éléphant de Napoléon[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Éléphant de la Bastille.
L'Éléphant de la Bastille

Sous l'Empire, on projeta d'agrémenter la place d'une grande fontaine, alimentée par le canal de l'Ourcq au cœur des grands travaux entrepris alors pour alimenter Paris en eau potable. On imagina alors au-dessus de la fontaine une sculpture d'éléphant militaire à l'antique en bronze. L'éléphant devait mesurer 16 mètres de long, 15 mètres de haut (24 mètres sur le socle de la fontaine). La première pierre du socle fut posée le , par le ministre de l'intérieur, pour commémorer le 4e anniversaire du Sacre de Napoléon Ier. Un escalier à vis devait permettre de remonter à l'intérieur de l'animal pour accéder à une plateforme d'observation aménagée en haut de sa tour. Jean-Antoine Alavoine reprit le travail de l'architecte Jacques Cellerier et planta le soubassement de la fontaine, qui est la base actuelle de la Colonne de Juillet. Il dressa au sud de la place une maquette grandeur nature, en bois et en plâtre, qui subsista jusqu'en 1846.

L'histoire de la Colonne[modifier | modifier le code]

La Colonne des Trois Glorieuses[modifier | modifier le code]

Le , Louis-Philippe posa la première pierre de la Colonne, en l'honneur des Trois Glorieuses. Elle fut inspirée par la colonne Trajane de Rome. Elle fut dessinée par l'architecte Jean-Antoine Alavoine, et les travaux ne commencèrent qu'en 1835, où l'on procéda à la fonte des pièces en bronze. La décoration fut réalisée en 1839 par l'architecte Joseph-Louis Duc et la colonne fut terminée en 1840 pour célébrer les dix ans de la révolution[2].

Pour son inauguration, le , le gouvernement français voulut célébrer en grandes pompes le transfert des corps des révolutionnaires de 1830. Le ministre de l'intérieur Charles de Rémusat commanda une symphonie à Hector Berlioz qui composa la Grande symphonie funèbre et triomphale. Berlioz, en uniforme de la Garde Nationale et en marchant à reculons, dirigea lui-même une grande fanfare militaire de deux cents musiciens qu'il engagea pour accompagner le cortège[3]. Une médaille commémorative fut gravée pour l'occasion par Jean-Pierre Montagny[4],[5]. Une autre médaille fut gravée par Caunois.

La Révolution de 1848[modifier | modifier le code]

Après la révolution de 1848, on y ajouta 196 dépouilles des victimes des émeutes qui renversèrent Louis-Philippe, les 23 et 24 février. Et le 27 février, la Deuxième République fut proclamée devant la Colonne. En juillet 1848, les Parisiens promenèrent le trône du roi Louis-Philippe parti en exil. Ce trône fut finalement brûlé au pied de la Colonne de Juillet.

La Commune de Paris[modifier | modifier le code]

Le , les communards tentèrent de détruire la Colonne de Juillet, comme ils avaient réussi à mettre à bas la Colonne Vendôme. À partir du Canal Saint-Martin, ils engagèrent sous la voûte sur laquelle repose la Colonne une péniche remplie de pétrole. Des flammes de près de 50 mètres de long sortirent par les extrémités des tunnels, et d'autres grimpèrent en haut de la Colonne. Finalement on tira sur la colonne près d'une trentaine d'obus depuis le pont d'Austerlitz et des Buttes Chaumont, mais en vain, la Colonne restait intacte[6],[7].

Epoque contemporaine[modifier | modifier le code]

Inscrite une première fois en 1926, la colonne fut classée au titre des monuments historiques par arrêté du 29 septembre 1995[8]. Ce classement inclut la colonne elle-même ainsi que les aménagements funéraires souterrains, les soubassements, la grille de clôture et les petits pavillons d'entrée attenants[8]

Description physique[modifier | modifier le code]

La hauteur totale de l'édifice est de 50,52 m. en comptant l'ensemble de la structure qui enjambe le canal.

  • La voûte ogivale enjambant le Canal Saint-Martin, était destinée à la fontaine de l'éléphant, et renferme les anciens caveaux bâtis afin de renfermer les canalisations, ceux-ci furent affectés aux restes des 504 victimes des journées révolutionnaires de juillet 1830 transférées depuis le jardin de l'infante, et environ 200 dépouilles de la Révolution de 1848.
  • Premier soubassement en marbre rouge, circulaire
  • Deuxième soubassement en marbre blanc, circulaire et haut de 3 mètres. Sur sa corniche: 24 têtes de lions dont la gueule ouverte décharge les eaux de pluie.
  • Troisième soubassement carré, en marbre blanc, porte 24 médaillons circulaires représentant : la Croix de Juillet, une tête de Méduse, la Charte de 1830 et la balance de la justice.
  • Le socle de la colonne est en bronze. Il est surmonté de 4 coqs gaulois, placés aux angles et comporte une sculpture de lion par Antoine-Louis Barye.
  • Le fût de la colonne est en bronze, d'une hauteur de 23 mètres et est formé de 21 tambours cylindriques. 4 colliers divisent le fût en trois parties symbolisant les Trois Glorieuses, et où sont gravés les noms des 504 victimes des journées révolutionnaires de juillet. Sur ces colliers sont 16 têtes de lions, qui éclairent l'intérieur de la colonne.
  • Chapiteau composite, avec au milieu de chacun des côtés du tailloir une tête de lion surmontant un petit Génie qui orne la corbeille du chapiteau.
  • La balustrade qui sertit le tailloir entoure un lanternon que surmonte une boule, portant elle-même Le Génie de la Liberté.
  • Le Génie de la Liberté représente « la Liberté qui s’envole en brisant des fers et semant la lumière ». Il est nu, le pied gauche posé sur la sphère, la jambe droite levée, les ailes déployées, une étoile sur le front. Il tient dans la main gauche une chaîne brisée, et de la droite le flambeau de la civilisation. Cette sculpture en bronze doré a été réalisée par Auguste Dumont[9]
Le socle de la Colonne
La colonne et le génie

Anecdotes[modifier | modifier le code]

  • L'œuvre originale du Génie de la Liberté a été réalisée en 1833, avant la commande publique faite à Auguste Dumont pour la Colonne de Juillet. La sculpture réalisée en plâtre en demi grandeur est exposée au musée de Semur-en-Auxois[10]. Une reproduction du Génie de la Liberté est exposée au Musée du Louvre, et fut réalisée en fonte d'après le modèle en plâtre en 1885, après la mort de l'artiste [9].
  • Au Mexique, la Columna de la Independencia (Colonne de l'Indépendance), surnommée Ángel de la Independencia (Ange de l'Indépendance), construite en 1910 à Mexico pour célébrer les héros de l'indépendance mexicaine, est une copie quasi-conforme de la Colonne de Juillet, surplombée par son Génie de la Bastille (ici, un Ange de l'Indépendance).
  • La dernière pièce de dix francs, Dix francs Génie de la Bastille, représente donc le Génie de la Liberté. La pièce a été produite entre 1988 et 2001[11].
  • Le premier suicidé saute de la colonne un an après son inauguration en 1841[6].

La Colonne de Juillet dans la littérature et au cinéma[modifier | modifier le code]

Littérature[modifier | modifier le code]

  • Dans les Misérables de Victor Hugo, Gavroche habite dans l'éléphant de la Bastille. Et on y voit la Colonne de Juillet : « Ce tuyau de poêle, qu’on a baptisé d’un nom sonore et nommé la colonne de Juillet, ce monument manqué d’une révolution avortée, était encore enveloppé en 1832 d’une immense chemise en charpente que nous regrettons pour notre part, et d’un vaste enclos en planches, qui achevait d’isoler l’éléphant. » (Tome IV, Livre 6, Chapitre 2, « Où le petit Gavroche tire parti de Napoléon le Grand »)[12]

Au cinéma[modifier | modifier le code]

  • Une scène du film Le Viager (1973) où Louis Martinet et la famille Galipeau montent sur le balcon en haut de la colonne en 1949. Cet accès est aujourd'hui fermé au public.
  • Lors de la séquence du cauchemar de Chacun cherche son chat de Cédric Klapisch, l'héroïne se retrouve au sommet de la Colonne de Juillet.
  • Lors de la séquence du collage parisien de Shepard Fairey dans Faites le mur !, la Colonne apparaît subrepticement, ce qui permet de situer le lieu d'intervention de l'artiste.
  • Le film Les Chansons d'amour (2007) de Christophe Honoré contient une chanson d'Alex Beaupain intitulée "La Bastille", qui évoque le Génie de la Liberté sous la pluie de Paris.

Accès[modifier | modifier le code]

  • L'accès en haut des 140 marches de la Colonne est désormais fermé au public.
  • (M) Ce site est desservi par la station de métro Bastille.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://www.piasa.fr/FR/vente_peintures_arts_graphiques/v12208_piasa/l1889989_thomas_charles_naudet_paris_1773_1810_fete_de_unite_.html
  2. Marcel Banassat, PARIS AUX CENT VILLAGES, Editions BEREP. Paris. Avril 1979.
  3. http://www.hberlioz.com/Scores/symfunf.htm
  4. http://multicollec.net/2-me-h/2h1-02.php
  5. http://multicollec.net/2-me-h/2h1-03.php
  6. a et b http://ecrits-vains.com/ballades/balade25/balade25.html
  7. http://www.luminous-lint.com/app/image/5574328605592956013577337/
  8. a et b « Colonne commémorative dite Colonne de Juillet », base Mérimée, ministère français de la Culture
  9. a et b http://www.louvre.fr/llv/oeuvres/detail_notice.jsp?CONTENT%3C%3Ecnt_id=10134198673390678&CURRENT_LLV_NOTICE%3C%3Ecnt_id=10134198673390678&FOLDER%3C%3Efolder_id=9852723696500823&baseIndex=7
  10. http://www.ville-semur-en-auxois.fr/semur/menu_haut/temps_libre/musee
  11. http://www.monnaiedeparis.fr/fonds_doc/f10francs.htm
  12. http://www2b.ac-lille.fr/weblettres/productions/heros/gavroche_dans_elephant.htm

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Artistes et architectes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]