Partis politiques néerlandais

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Politique aux Pays-Bas
Image illustrative de l'article Partis politiques néerlandais
  • Partis politiques
Membres de quatre des principaux partis: PvdA, D66, CDA et VVD, à Ulft, en 2010.

Les Pays-Bas sont une monarchie constitutionnelle. La consultation de la population par référendum ne s'y fait que très rarement (au niveau national, l'unique consultation organisée fut celle sur la constitution européenne, en 2005). Les formations politiques jouent donc un rôle primordial dans la vie politique, comme elles sont les seules à représenter les citoyens dans la prise de décision dans tous les échelons du pays. En théorie, les néerlandais ne votent donc pas pour une personne mais pour une idéologie exprimé par un parti politique.

Au niveau national, la personne qui dirige le pays (le ministre-président ou premier ministre), est désigné par le roi (ou actuellement la reine) après les élections parlementaires et un long processus de formation de gouvernement. Traditionnellement, la couronne choisit une personne appartenant à la formation qui a gagné les élections législatives, le plus grand parti dans le parlement néerlandais donc. Cette personne va ensuite former une coalition de partis ayant ensemble la majorité dans le parlement. Le gouvernement est constitué de politiciens appartenant à ces partis. Ce gouvernement de coalition va ensuite assurer le gouvernement du pays, livrant un ou plusieurs ministres au cabinet ministériel chacun. Actuellement, le pays est dirigé par une coalition de trois partis : deux partis chrétien-démocrates CDA et le CU, et le PvdA (travailliste), c'est-à-dire un gouvernement de centre-gauche.

Depuis les élections de mai 2001, certaines personnalités politiques et leurs discours ont tendance à remplacer la fonction idéologique et organisatrice des formations politiques. Dans le même période, on observe un envol des partis à visée locale. Ces partis existaient depuis toujours, mais étaient condamnés à une vie dans la marge de la vie politique nationale. Or, depuis les élections de mai 2001, les campagnes électorales semblent préférer mettre en valeur une personne au lieu d'un courant idéologique ou politique.

Partis anciens[modifier | modifier le code]

Le suffrage universel a été adopté aux Pays-Bas en 1848, avec la constitution de Thorbecke. Les grandes formations de nos jours, celles qui sont susceptibles de gagner assez de voir pour pouvoir partager la direction du pays, ont leur racines dans cette période.

Les grandes formations anciennes[modifier | modifier le code]

  • le parti chrétien-démocrate, CDA (Christen Democratisch Appèl, 'Appel démocrate-chrétien' en français) reprend les courants politiques les plus anciens du pays. Ce parti est né en 1980 d'une fusion de trois partis chrétiens-démocrates, dont un fut le plus ancien parti du pays, l'ARP, le parti anti-révolutionnaire. Les deux autres partis qui ont formé le CDA étaient le KVP, le parti populaire catholique, et le CHU, le parti protestant réformé. Jan Peter Balkenende, membre du CDA fut ministre-président de 2002 à 2010. Grâce à sa position intermédiaire entre la droite et la gauche néerlandaises, ce parti a fait partie de toutes les coalitions gouvernementales hormis deux. Pour former un gouvernement, on vire tantôt à gauche, tantôt à droite, mais pour obtenir une majorité parlementaire l'appui de ce grand parti du centre est indispensable. Par une réelle volonté de se passer des démocrates-chrétiens, la gauche (le parti travailleur) et la droite (le parti libéral) ont su surmonter leurs différences, avec l'appui des libéraux de gauche. C'est ainsi que le pays a connu sa période 'mauve' (allusion aux couleurs politiques qui se sont combinées pour former un gouvernement à deux reprises consécutives).
  • le parti travailliste, PvdA (Partij van de Arbeid, 'Parti du Travail') est fondé en 1946 pour remplacer le SDAP. Quoique de signature clairement travailliste et à défaut d'un véritable parti socialiste pendant longtemps, les membres de ce parti sont considérés comme socialistes aux Pays-Bas. Il est pourtant plus apparenté au socialisme anglosaxon qu'au socialisme européen.

Même si ce parti fait actuellement partie du gouvernement avec les chrétiens-démocrates et les libéraux de gauche, il traverse actuellement un certain nombre de crises fondamentales et perd de son influence depuis le dernier gouvernement 'mauve', jugé comme défenseur de la classe politique.

  • le parti libéral, VVD (Volkspartij voor vrijheid en democratie, 'parti populaire pour la liberté et la démocratie') existe depuis 1948. Actuellement un parti bien stable, le courant libéral a eu beaucoup de peine à s'organiser pendant un siècle, le libéralisme néerlandais étant traditionnellement très individualiste. Des trois grandes formations politiques, ce parti est le plus petit. Pourtant il a plus souvent fait partie du gouvernement que les travaillistes, les chrétiens-démocrates ayant une préférence de virer à droite. L'actuel minisitre-président Mark Rutte est membre du VVD.

Les petits partis anciens[modifier | modifier le code]

Hormis ce jeu de trois partis, il y a historiquement d'autres (petits) partis. À droite, ces partis sont de caractère confessionnel, à gauche il y a un regroupement de partis qui revendiquent des valeurs plus progressistes que celles du parti travailliste.

À gauche:

À droite:

  • le CU, Christen Unie, « Union chrétienne ». Ce parti existe depuis 2001 et est issu d'une fusion de deux petits partis protestants (le RPF et le GPV). Historiquement, on considérait ces partis comme étant fondamentalistes ou presque, mais depuis leur fusion ils se sont ouverts, et ils ont cherché et trouvé une entrée dans la conscience de l'électorat en général, même dans celle de ceux qui ne votent normalement pas pour la démocratie chrétienne. Surtout leurs vues plus traditionnelles sur les mœurs (les 'normes et valeurs' dans le discours politique néerlandais) ont une grande attirance dans ce pays qui est à la recherche de soi-même. Depuis 2007, ce parti fait même partie du gouvernement pour la première fois.
  • le SGP, Staatkundig Gereformeerde Partij, « Parti politique réformé » se situe véritablement dans le fondamentalisme chrétien: c'est le seul parti à appeler à une théocratie. Ce parti existe depuis 1918. Dernièrement, ce parti a fait l'objet d'une polémique, en interdisant aux femmes de devenir membre.

Partis fondés pendant l'après guerre, jusqu'en 2000[modifier | modifier le code]

Les formations politiques qui ont vu le jour depuis la Seconde Guerre Mondiale sont en règle générale issues de mouvements protestataires. Les deux qui ont fait feu depuis plusieurs décennies, et qui se sont donc installés durablement dans la scène politique du pays, sont le D66 et le SP.

  • le D66, le 'D' signifiant democraten, 'démocrates'. Ce parti se définit comme les libéraux-sociaux. Comme l'indique son nom, ce parti a été fondé en 1966, d'un mouvement protestataire qui exigeait des réformes d'état pour avoir plus de démocratie. Dans le discours idéologique C'est le plus important parti protestataire du pays, le seul à avoir survécu à plus de quarante années d'existence et (à part du LPF) à avoir participé à un certain nombre de gouvernements. Quoique l'existence de D66 a été menacée sérieusement dans le passé, il semble avoir trouvé une place fixe dans la vie politique du pays.
  • le SP, Socialistische Partij, 'parti socialiste'. D'origine maoïste, ce parti fondé en 1972 a englobé toute l'extrême gauche qui ne trouva pas sa place dans le parti travailliste ou dans celui des verts. Ce parti siège au parlement national depuis 1994, et depuis l'instabilité politique du début de ce siècle, qui a fait voir le jour à beaucoup de partis contestataires, il est même devenu très important, interprétant avec succès un grand nombre des préoccupations de l'électorat contemporain.

Sinon, il y a eu un certain nombre de partis contestataires qui n'ont pas survécu jusqu'à nos jours. Quelques exemples :

  • le Boerenpartij, 'le parti des agriculteurs', fondé pendant les années 50, ce parti a survécu jusqu'en 1982 sous la direction inspirée de boer koekoek, 'paysan coucou'. Les membres ont surtout milité contre l'interférence de l'état.
  • le DS70, Democratische Socialisten, 'socialistes démocratiques', fondé après une scission du parti des travailleurs (PvdA). Ce parti a siégé une fois au gouvernement, ce qui n'a pas empêché sa disparition au début des années 80.